geodiversitas fait suite, avec la même tomaison, au Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, 4® série, section C, Sciences de la Terre. Rédacteur en chef : Hervé Lelièvre Conseil éditorial ; Annemarie Ohler (Nomenclature) Assistante de rédaction : Florence Kerdoncuff Corrections-relecture : Hélène Bertini Sandrine Hoffart-Muller Juliette Thomas Comité scientifique : Jean Broutin (UPMC, Paris) Bruno David (CNRS, Dijon) Jean-François Deconinck (USTL, Lille) Patrick De Wever (MNHN, Paris) Jean Marcoux (U. Denis Diderot, Paris) Christian Ravenne (IFP, Paris) Abonnements pour l’année 1998 (prix HT) Annual subscription rates 1998 (excluding VAT) Abonnement général / General subscription : 1800 FF zoosystema : 800 FF adansonia : 500 FF geodiversitas : 800 FF geodiversitas peut être obtenu par voie d’échange. Pour toutes informations s’adresser à : geodiversitas may be obtained on an exchange basis. 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In USA, contact the Copyright Clearance Center, 27 Congress Street, Salem, Massachusetts 01970. Les sédiments métallifères des fosses Atlantis II, Néréus et Commission I de la mer Rouge. Campagne MD 29 du Marion Dufresne (1981). Collections Lithothèque marine du Muséum. Pierre CLÉMENT & Pierre-Jean GIANNESiNi Laboratoire de Géologie, CNRS-ESA 7073, Muséum national d’Hisîoire naturelle. 43 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France) Clément P. & Giannesini P.-J. 1998. — Les sédiments métallifères des fosses Atlantis II, Néréus et Commission I de la mer Rouge. Campagne MD 29 du Marion Dufresne (1981). Collections Lithothèque marine du Muséum. Geodiversitas 20 (2) : 153-228. RÉSUMÉ Les caronagcs effectués dans les fosses de la zone centrale du rift de la met Rouge (AiUntis IL Ncréüs et Commission I) ont prélevé sur le socle ba.sal- tique des séries scdimcntaircs métallifères d'âge 1 lolo-Pléistocène. Les phases minérales principales, cristallisées et amorphes, de ces sédiments sont décrites dans leur contexte lithologique et la répartition verticale des faciès qu’elles caraciérisenr esr comparée à la séquence lithologique de référence établie par Backer &; Richrer en 1973. L'analyse géochimique de certains éléments majeurs (Ni, C>u, Co, Fe, Mn, Pb et Zn) a permis de mieux définir les phase.s porteuses de ces éléments. À titre d’hypothèse, le litage k différentes échelles (métrique et centimétrique, voire même millimétrique) est rnis en relation avec les phénomènes de stratification et d'homogéneisation des saumures qui tapissent le fond de ces fosses, ainsi qu’avec les fluctuations bathymétriques des interfaces hydrologiques. ABSTRACT The metalliferoîis sédiments from different deeps of the Red Sea (Atlantis //, Nereus and Commission I) collnted dtmng the Leg 29 of the Marion Dufresne (J981). Collections of the marine core repository of the Muséum national d'Histoire naturelle. During the Leg 29 of the Marion Dufresne (1981), thir- ty-foui piston corcs wert collected in the metalliferous sédiments deeps of the Central Rift Valley of the Red Sea (Atlantis II, Nereus and Commission I). The main amorphou.s or crysiallized minerais from these sédiments arc rccognized and permit proposing a vertical distribution of sedi- mentülogical faciès in reg-ard to lithological séquencés of Backer Richccr (1973). A chcmical analysis of Ni, Cu, Co, Fe, Mn, Ph and Zn is used ta idenrify ihe origin of thèse major éléments. Metric, centimetric and even millimetric hedding of deposits k relared to stratification and liomogcniza- tion processes within the hot brines pool. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) KEYWORDS Red Sea- deeps, metalliferous sédiments, beddings, hor brines, ox>'-hydroxydes, sulphidcs, sulphatcs, carbonates, authigenic silicates. MOTS CLÉS mer Rouge, fosses, sédiments métallifères, litages, saumures, oxy-hydroxydes, sulfures, sulfates, carbonates, silicates de néoformation. Clément P. & Giannesini P.-J. HISTORIQUE ET OBJECTIFS Le rift de la mer Rouge, dont la formation remonte au Miocène inférieur (Hall et al. 1977), est jalonné de fosses (Fig. 1) dont l'hydn^logie est caractérisée pour certaines d^entrc elles (Atlantis IL Néréus) par une stratification de saumures chaudes correspondant à un lessivage des dépôts évaporitiques mes.sinicns qui bordent Taxe du rift (Craig 1966 ; Schoell &c Faber 1978). Le socle basaltique de ces lusses est soumis à une activité hydrothermalc qui entretient Tanomalie thermique des saumures et leur enrichissement en métaux dissous. Il e.st recouvert d une faible épaisseur de sédiments (0 h 50 m) dont l'âge de la base est Holo-Pléistocène. Il s'agit d'une strati¬ fication de dépôts métallifcres d'origine hydro- thermale (à oxydes et/ou à sulfures) et de carbo¬ nates pélagiques et détritiques caractérisant la sédimeiuaiioii normale de la mer Rouge. En 1965, un premier échantillonnage des depots minéralisés dans une fosse à saumures chaudes (Atlantis II) a été réalisé par VAtlarHis (Miller et al 1966). L’intérét suscité par cette découverte a été tel que, depuis lors, de nombreuses cam¬ pagnes océanographiques ont permis de recon¬ naître et d'inventorier de nouvelles fosses minéralisées s'échelonnant le long de la zone axiale, et d'échantillonner à la fois les sédiments métallifères et les saumure.s qui leur étaient par¬ fois associés. Parmi routes les études effectuées, il faut retenir plus particulièrement celles de Backer & Richter (1973) qui ont établi la première syn¬ thèse lirhosrratigraphique relative aux corps sédi- mentaires minéralisés de la fosse Atlantis 11 (Fig. 2). Les horizons lithologiques caractéris¬ tiques ont été définis à la suite de l'inventaire des principaux faciès (pélagiques et dérririques, oxy¬ hydroxydes, sulfures, sulfates, carbonates et sili¬ cates), et confirmés par Backer en 1976, alors que l’intérêt minier devenait évident compte tenu des concentrations en métaux comme le Fe, Zn, Cu, Pb, Mn, Ag, Au et Cd. Avec cerre double préoccupation (minière et lithostratigraphique), la campagne MD 29 du Marion Dufresne (Fig. 1) avait pour objectifs principaux d'éiudier : 1. Les dépôts métallifères de la fosse Atlantis IL — Identification des différents faciès : leur réparti- 38° Fiq. 1 . — Carte balhymétrique simplifiée de la zone centrale de la mer Rouge Sites de carottages dans les fosses Néréus, Hatiba, Atlantis II et Commission I (campagne MD 29. 1981 ). tion verticale et la comparaison avec la zonation établie par Backer Ôi Richter (1973) ; leur répar¬ tition horizontale sur les différentes morpho- structures de la fosse (bassins, seuils, bordures). - Etudes géüchimiques et évaluation des teneurs en métaux des différentes unités métallifères identifiées. 2. Les produits de la sédimentation normale de là mer Rouge, pélagiques et détritiques. - PréJèvcmcjtcs hors fosse métallifère Atlantis II (faciès de bordure), donnant la référence de cette sédimentation normale. - Prélèvements dans d'autres fosses possédant (Néréus) ou ne possédant pas (Commission I) de saumures. Le Laboratoire de Géologie du Muséum avait pour charge l’étude détaillée de la lithologie et de la biostratigraphie des séries sédimentaires, niveau par niveau, permettant la constitution 154 GEODIVERSITAS - 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Roug< 1 BASSINS NORD. OUEST ET EST BASSIN SUD-OUEST | NM AMORPHOU8 SILICATIC ZONC SMIA SULFIDIC-AMORPHOOS SILICATIC ZONE Slllcatss a* f«r wnorp4Ms Sulfures Silicates de fer amorphes Sulfures OM OnOIC-ANHYORfTIC ZONE 3-4 ni Brèches Sii2 UPPER SULFIOIC ZONE AnhyOme oam Sulfures SIlicales fenifères Sulfates SQM SULROIC-OXIDIC ANHVOnmC ZONE i-6 m 6 m CO CENTRAL OXIOIC ZONE CO Oxydes de fer et de manganèse 1.11 m 8i1 LOWER SULFIEHC ZONE lOOOOans Sulfurva - Sulfates SMieaiM terrrfères Carbonates 2s-« m OOP orrRmcAL.oxio*c-PYRmc zone Carberuitea ailceies dèfritlques Sulfuras Oxydea 25 000 ans 13athymétrlqucs existantes, tan¬ dis que la position du navire était donnée par le système de navigation satellitaire. Avec ce double système de repérage, la précision de po.sition a été estimée à un demi-mille. Enfin, Futllisation d’un pinger pour l’approche du fond a été nécessaire, surtout en présence des saumures dont les diffé¬ rences de den.sité ont joué le rôle de réflecteurs. Les carottages L’uiilisacion d’un carorticr à piston dans une zone de tàiblc épaisseur scdiinenlaîre a nécessité des réglages délicats de hauteur de chute du carottier et de longueur de tubes (celle-ci devant être intérieure à cette épaisseur) de manière à évi¬ ter les torsions' et les pistonnages. Quelques carottages ont cependant atteint et échantillonné le basalte (MD 81384, 81395, 81398. 81400, 81401, 81403, 81406. 81409), provoquant dans tous les cas Fécrasement de l'ogive et parfois sa perte et/ou la torsion des tubes de carottage. Les anomalies observées dans la série sédimentaire, conséquentes à l’Impact: d’un carotriex sur un fond dur (basalte, niveaux compactés, .sables et graviers) sont connues et ont été répertoriées à partit des 517 carottages Kullenberg effeciués à cc jour par le Laboratoire de Géologie du Muséum. [I s’agit : — de figures concaves dues à un pistonnage ; — d’étiretneni vertical du sédiment faisant penser à des structurés dites en « cheminée » (exemple : base de la carotte MD 81399) ; — de mélange de faciès i — de ruptures dans la série sédimentaire au niveau des variations brusques de la cohésion tcxturale (changements de faciès), créant des vides remplis d’eau de mer à l'origine d’aquifères artificiels ; — de présence de débris d’ogive ou de plastique dans le sédiment. GEODIVERSiTAS « 1998 • 20(2) 155 Clément P. & Giannesini P.-J. Tableau 1. — Stations de prélèvements (extrait de « Geocores *>•, Caulet ef ai 1992). LEG. campagne MD 29 du Marion Dufresne. ECHANT. échantillon : GS. carottier Kullenberg ; SI. caroTtier boîte de 1 tSIPAN) ; CS. caméra sous-marine : ST. sites des sta¬ tions : 1-11, fosse Commission I : 12 33. fosse Afiantls II et environs ouest ; 34, fosse Hatiba : 35. 36, fosse Nôréus : LAT, latitude nord ; LONG, longitude est ; MAR. carré de Marsden ; PROF, profondeur en mètres ; LCAR, longueur de la carotte en centimètres ; LPVD pour les carottages (GS et SI), longueur du contrepoids en centimètres ; pour les prises de vue sous-marines (CS), nombres de photographies. FOSSES LEG ECHANT ST DATE LAT LONG MAR PROF LCAR LPVD COMMISSION I MD 29 GS 810379 1 181081 19.157 36.504 69 1725 87 15 MD 29 GS 810380 2 181081 19.159 38.511 69 1910 1490 0 MD 29 GS 810381 3 181081 19.165 38.522 69 1910 1650 0 MD 29 GS 810382 4 181081 19.216 38.544 69 2030 1644 42 MD 29 GS 810383 5 191081 19.186 38.576 69 2075 1450 0 MD 29 GS 810384 6 191081 19.206 38.582 69 2220 15 0 MD 29 GS 810385 7 191081 19.233 39.064 69 1830 900 0 MD 29 GS 810386 8 191081 19.251 39.041 69 1900 1130 0 MD 29 GS 810387 9 191081 19.250 39.028 69 1898 1660 57 MD 29 GS 810388 10 201081 19.173 38.564 69 2108 1370 0 MD 29 GS 810389 11 201081 19.145 38.535 69 1915 1111 0 ATLANTIS tl MD 29 GS 810390 12 201081 21.201 38.061 105 1900 885 65 MD 29 GS 810391 13 211081 21.196 38.050 105 2045 1630 110 MD 29 GS 810392 14 211081 21.199 38.057 105 2152 1275 50 MD 29 GS 810393 15 211081 21.206 38.049 105 2160 103 56 MD 29 GS 810394 16 211081 21.201 38.067 105 1925 530 26 MD 29 GS 810395 17 211081 21.220 36 062 105 2050 575 70 MD 29 GS 810396 18 211081 21.222 38.035 105 2120 1270 97 MD 29 GS 610397 19 221081 21.214 38-036 105 2140 1200 95 MD 29 GS 810398 20 221081 21-221 38.042 105 2120 1160 83 MD 29 GS 810399 21 221081 21.222 38.040 105 2125 1075 110 MD 29 GS 810400 22 231081 21.215 38.048 105 2170 0 100 MD 29 GS 810401 23 231081 21.219 38,055 105 2060 0 1Ü0 MD 29 GS 810402 24 231081 21.218 38.057 105 2070 750 96 MD 29 GS 810403 25 231081 21.222 38.057 105 2070 1550 96 MD 29 GS 810404 26 231081 21.241 38.042 105 2090 880 96 MD 29 GS 810405 27 231081 21.248 38.036 105 2090 900 0 MD 29 GS 810406 28 241081 21 -264 38.029 105 1950 30 65 MD 29 GS 810407 29 241081 21.260 38.042 105 2080 830 100 MD 29 GS 810408 30 241081 21.215 38.016 105 2000 525 100 MD 29 GS 810409 31 241081 21,201 38.050 105 2170 470 100 MD 29 CS 810025 32 251081 21.369 38.005 105 1535 0 372 MD 29 SI 810027 32 251081 21 369 38.005 105 1535 70 0 MD 29 SI 810028 33 251081 21.420 37.560 105 1700 100 0 MD 29 CS 810026 33 251081 21.240 37.560 105 1700 0 358 HATIBA MD 29 GS 810410 34 251081 22.027 37.527 105 2180 300 0 NÉRÉUS MD 29 GS 810411 35 261081 23.110 37.150 105 2390 0 50 MD 29 GS 810412 36 261081 23.120 37.140 105 2355 300 60 L’une ou plusieurs de ces anomalies peuvent n’affecter quune partie de la colonne sédimentaire qui reste donc en partie exploitable. D’autre part, Tutilisation d'un cible en acier pour le carottage provoque un phénomène connu et inévitable de rappel élastique entraînant un étire¬ ment du matériel (TAAF 1980). Cette dilatation mécanique est fréquemment observée au cours des carottages à piston, de même qu’il n’est pas exclu qu’il y ait introduction d’eau de mer à la base de la série sédimentaire (Urs^ois 1987). Les OBSERVATIONS À BORD La fréquence des opéraiion.s, ainsi que la nature complexe du matériel récolté, n’ont pas permis d’effectuer, au cours de la campagne, les descrip- 156 GEODIVERSITAS ■ 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge tiens visuelles détaillées habituelles, de même que les observations au microscope optique desti¬ nées à dresser le t» log lithostratigraphique de chaque série prélevée. Une description rapide a cependant été faite à bord pour tenter d’identi¬ fier les différents faciès rencontrés, par référence aux travaux en cours (ThLssc 1982). ST()c:kagh Compte tenu de l’instabilité de certaines phases minérales (.sulfurées et argileuses), il a été néces¬ saire de maintenir sous atmosphère neutre (azote gazeux) le matéxicl récolté, au moins jusqu’à l’échantillonnage réalisé plus tard en laboratoire. Ucnsemble de ces prélèvemeAts a été stocké à basse température et intégré à la lithothèque marine du Muséum (Laboratoire de Géologie). SÉLECl'lON DES CAROri ES Dl:S riNf:E.S AUX ETUDES EN LABORATOIRE (Hg. 3) L’examen lithostratigraphique préliminaire des irentc-six carottes prélevées a montré qu’il n’était pas possible d’envisager, dans un premier temps, un dépouillement sy.stématique de la totalité de la collection, en raison de la complexité des sédi¬ ments. Il a donc fallu effectuer une sélection, la plus représentative possible, de ces séries sédi- mentaircs, de manière à définir des séries-types pouvant être extrapolées à l'ensemble des prélève¬ ments. Sur la base des premières observations effectuées à bord, sept prélèvements ont été sélec¬ tionnés en fonction : — de leur répartition géographique ; — de leur longueur et de la diversité des unités traversées ; — des problèmes de pistonnage et des perturba¬ tions du sédiment liées au carottage, plus parti¬ culièrement fréquents dans la fosse Atlantis IL Fosse AtUnth II MD 81399 : 2125 m, bassin ouest (BO). MD 81403 : 2070 m, bassin est (BE). MD 81404 ; 2090 m, Nord Passage (NP). MD 81409 : 2170 m, bassin sud-ouest (BSO). MD 81408 ; 2000 m, hors fosse, à l’ouest, bassin de Wando (BW). Fosse Commission I MD 81388: 2108 m. 38°02’ 38"04’ 38°06’ Fig. 3. — Sites de carottage dans la fosse Atlantis II. Fosse Néy’éus (Bassin est) MD 81412: 2355 m. Avant tout échantillonnage, il s’est avéré indis¬ pensable, vu la stratification multi-échelle des niveaux (allant du millimètre au mètre) et l'insta¬ bilité des couleurs de certains sédiments, d’effec¬ tuer la couverture macrophotographique de l’ensemble des carottes. Les « logs » photo, établis par montage de tirages papier (réduction de un tiers), ont ainsi permis de positionner avec préci¬ sion les points de prélèvements et d’archiver les couleurs initiales de.s sédiments. Uélaboration d’un protocole analytique (résumé dans l’annc.xc 1) a été long ; il devait à la fois tenir compte : — des faibles prises d’échantillon dans les niveaux d’épaisseur millimétrique ; GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) 157 Clément P. & GiannesinI P.-J. - des teneurs élevées en eau et en sels dissous, nécessitant le dessalage systématique des sédi¬ ments avant toute analyse ; - de rimportancc de la phase amorphe dans cer¬ tains niveaux, non rdcntifiahle en microscopie optique ; - de la dissolution sélective (à HCl et HNO,) de certains minéraux, et de la fragilité des compo¬ sants argileux et amorphes aux attaques acides ; - de rinsiabilicé des phases réduites en milieu ambiant, ayant nécessité la conservation des échantillons à analyser sous vide ; - de l'importance de la fraction de petite taille (parfois plus de 75 % inferieure à 2 pm). Les techniques mises en oeuvre ont fait appel à : - Tobserv'ation optique sur frottis au microscope et sur la fraction supérieure à 20 pm à la loupe binoculaire ; - la microscopie à balayage (MEB) sur le maté¬ riel brut et la fraction granulométriquc supé¬ rieure à 20 pm, avec sonde X attelée ; - la calcimétrie, pour connaître les taux de CaCO^ des niveaux carbonates : - la diffraction X (sur poudre et fraction argi¬ leuse orientée) pour rideniification des phases cristallisées ; - la spectrométrie d'absorption dans Tinfrarouge (IR) sur l'échaatillon brut, pour la détermination des phases amorphes et argileuses (cette méthode n*a pu être mise en œuvre pour la carotte MD 81388) : - la spectrométrie d’absorption atomique (AA), pour le dosage des cléments majeurs (Ni, Cu, Co, Fe, Mn, Pb, Zn) solubilisés par double attaque acide HCl puis HNO^. Les mesures physiques (teneurs en eau, en sels dissous, porosité, densité...) ont été obtenues de manière pondérale sur chaque niveau. Ces techniques sont décrites dans l'annexe 2. RÉSULTATS : IdTHOLOGIE ET MINÉRAl.OGIE La description des différents faciès identifiés (le plus souvent en mélange dans les niveaux étu¬ diés), leur composition, ainsi que leurs distribu¬ tions verticale et horizontale, sont résumées dans les tableaux 2 à 5. Les annexes 6 (microscope optique), 7 (diffraction X) et 8 (spectrométrie infrarouge) donnent pour chaque carotte la com¬ position minéralogique des niveaux étudiés. Les logs synthétiques des séries étudiées figurent dans l'annexe 3. Les caractéristiques minéralogiques ayant trait à chacun des composants majeurs de ces faciès font Lobjet des commentaires ci- dessous. Les fACIÈ-S À OXY-HVDROXYPHS ('Fableau 2) La goethile C’est rhydroxyde le plus répandu dans rensemblc des séries scdirnentaircs. 11 présente plusieurs faciès minéralogiques suivant son degré de crisrallinité, qui apparaît indépendant de Pàge du sédiment. Dans les niveaux ocre ou orange (teneurs en goe- fhite inferieure à 95 %), ce minéral est bien cris¬ tallisé. Il se présente sous forme de cristaux micro-aciculaires de taille inférieure à 2 pm, s'organisant parfois en sphérules de 5 à 10 pm (Fig. 4) ou sous forme cryptocristailine. Plus rare¬ ment, cette goerhite bien cri.stallisée peut former de-s plaquettes indurées (faciès aciculaircs) asso¬ ciées à de la manganite. L’analyse inirarouge a montré que cette gv.icihlie pouvait être fortement hydratée (en particulier dans son faciès ciyptocri.s- taliin), s'apparentant en ce sens à de la limonite. Dans les niveaux bruns k rouge.s, la goethiie peut être bien cristallisée (structure aciculairc fibro- radiée), mais elle est le plus souvent mal cristalli¬ sée. Il en est de même dans les unités silicatées supérieures (MD 81403, MD 81404) où elle est Fig. 4. — Agrégats aciculaires de goethite. Fosse Atlantis II, bassin ouest, MD 81399. 502 cm. Échelle : 10 pm. 158 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Tableau 2. — Les oxy-hydroxydes : répartition géographique des composants majeurs (en gras) ; en italique sont indiquées les phases minérales assodées. COMPOSANTS MAJEURS ATLANTIS II MD 81399/409/403/404/408 COMMISSION 1 MD 81388 NÉRÉUS MD 81412 Goethite Oxy-hydroxydes de fer amorphes Hématite Manganiîe Toute ta fosse : - lits bien individualisés de taille dm de couleur ocre (goethite pure), -dans les 2Qnes finement lilées (mm) en alternance avec les niveaux carbo¬ nates. - à la base de toutes les séries en alternance ou en mélange avec les dépôts calcaires. - dans la zone sillcatée amorphe (goethite moyennement abondante). En litage dans les niveaux bruns et à la base, associés aux boues carbonatées. En alternance avec les lits carbonatés. Hématite Goethite Dans le bassin W : (au contact du basalte) en bancs rouges bien marqués. Dans les bassins W et SW : en association avec la goethite. Hors fosse : colore les carbonates en rouge. Non détectées. Deux lits intercalés dans la série carbonatée. Lépidocrocite Dans les bassins W, SW, E : - en lits rares de couleur orange dans les niveaux à goethite (MD 81403) ou carbonatés (MD B1399). - dans la zone AM de MD 81409. Non détectée. Non détectée. Manganite Todorokite Argiles Manganosidérite Relativement rare ; associée ou en alternance avec les oxy-hydroxydes de fer. Rares. Composés amorphes dans les niveaux noirs. Présents dans la zone litée supérieure. Dioxyde de Mn amorphe associée à des composés amorphes dont elle semble dériver par cristallisation. Les oxy-hydroxydes de fir amorphes Ils ne peuvent être détectés que par spectrométrie IR. Etant souvent associés aux silicates amorphes et à la goechite mal cristallisée, leur identification au microscope optique est particulièrement diflV cile. Ils apparaissent sous forme de globules bruns à rouges dont le diamètre esr de l'ordre de quelques microns, s'agglomérant en amas, et imprégnant les autres particules. Dans les séries étudiées, il semble que c’est dans Atlantis II qu’ils soient les plus rares ; ils sont fréquents hors fosse (bassin de Wando, MD 81408), et abondants dans les fosses Commission I (MD 81388) et Néréu.s (MD 81412), avec les premiers dépôts carbonates. Lhématite Elle se présente sous deux lormes. 1 . Mal cristallisée, en faible quantité et toujours associée à la goethite ; difficilement identifiable au microscope optique et par spectrométrie infrarouge (seule la diffraction X lève fambiguï- té), elle est constituée de globules de grande taille GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 159 Clément P. 6c Giannesini P.-J. fortement colorés en brun-rouge (bassin ouest, MD 813^9 et bassin sud-ouest, MD 81409). 2. Très bien cristallisée lorsque c'est un compo¬ sant majeur (près de 90 % du sédiment) dans les bancs de couleur rouge brique (MD 81408, MD 81409, MD 8l4l2), elle est constituée alors de grains de petite taille (quelques microns) ayant une forme parfaitement rhomboédrique lorsque cette raille est supérieure à 10 pm (MD 81408). La lépidocrocite Uniquement présente dans la fosse Atlantis II, c’est un hydroxyde relativement rare pouvant constituer quelques lits de couleur orange lors¬ qu’il est le composant majeur. 11 est souvent bien Fig. 5. — Assemblage de cristaux prismatiques de manganite. constituant des plaquettes noires indurées dans les niveaux rpanganésifères de la carotte MO 81403 (Atlantis II, bassin est). Échelle : 10 pm. Fig. 6. — Cristaux aciculatres de manganite. Fosse Atlantis II, bassin est, MD 81403, 586 cm. Échelle : 10 pm. cristallisé, excepté dans la zone AM (Amorphous- Silicate Zonc)^ et se présente sous forme de glo¬ bules jaunes de taille inférieure à 1 pm, avec un faciès voisin de la goethite cryptocristallinc. La r7iangavirv Les lits manganésifères, de couleur noire (MD 81399, MD 81403, MD 81408), sont constitués de manganite pure (environ 100 % du sédiment), parfois associée à de la goethite et/ou de la rodorokitc. La manganite présente deux faciès cristallins pouvant coexister r — cristaux noirs prismatiques et massifs (taille supérieure à 100 pm), identiques à ceux de la todorokite (Fig. 5) ; — sphcrules de couleur brun loiicc, d’une taille d’environ 10 pm, tormées de fines baguettes ou d’acicules disposés en bouquet (Fig. 6). La manganite forme aussi de fines plaquettes indurées con.stiuiées d’un assemblage de crisCaux aciculaires et prismatiques (bassin ouest, MD 81399 et bassin est, ML) 81403). L’étude a la microsonde électronique (Camebax), l’analyse inlrarougc et l'observation de lames minces' polies de certains niveaux à oxydes de manganè.se de la carotte MD 81399 (230 cm et 270 cm) munirent que ces oxydes sont étroite¬ ment associés aux reliques carbonatees. Ces reliques contiennent non seulement du fer et du manganèse, mais aussi du zinc et du cuivre (0,4 à 0,5 %), carâciérisiique géochimique qui s’est transmise aux ox)^des (Perseil comm. écrite). Lt dioxyde de manganhe amorphe L’analyse infrarouge a permis de détecter ce com¬ posé amorphe assez rare (MD 81399, MD 8l403, MD 81412 et vraisemblablement MD 81388), toujours associé â de la goechiçe et de la manganosidéritc, Il se présente sous forme de sphérules d'a.spect granuleux de couleur brun foncé, pouvant constituer près de 50 % du .sédi¬ ment (MD 81403). Les* faciès à suli-UW^S (Tableau 3) Les sulfures les plus fréquents sont la pyrite et la blende, qui se trouvent toujours associées ; il n’a pas été observé, comme cela a été décrit par Backer ÔC Richeer (1973), de faciès monosulfuré (à pyrite seule). 160 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Tableau 3. — Les sulfures : répartition géographique des composants majeurs (en gras) : en italique sont indiquée les phases miné¬ rales associées. COMPOSANTS ATLANTIS II COMMISSION 1 NÉRÉUS MAJEURS MD 81399/409/403/404/408 MD 81388 MD 81412 Pyrite Dans toute la fosse. Quelques traces Absents. Présents à la base de Blende hors fosse {MD 81408). la série. Chalcopyrite Disséminés dans l’unité silicatée Sulfures amorphes récente (zone AM), se concentrant à Glauconie la base. Manganosidérite Anhydrite, Gypse En bancs d’échelle dm à cm, généra¬ lement intercalés dans des unités sili- catées. Ces deux minéraux se détectent bien par diffrac¬ tion X, bien que le pic principal de la pyrite à 1,63 soit géncralement moins marqué que celui à 2,70. et que ccs deux pics se superposent à ceux de la blende. En spectrométrie inFrarouge, la blende absorbe dans des fréquences trop basses pour être identifiée. En microscopie optique, seules les formes les plus grandes peuvent être observées, la pyrite en particulier sur les résidus d'attaque HCl. Par contre, le MEB et la sonde X attelée ont permis robservanon détaillée de ces minéraux, ainsi que leur composition chimique. La pyrite Dans les boues silicatées récentes {Amorphous- Silicate Zone)^ ce minéral se préxenre sous forme de petits grains cubiques (quelques microns), ayant tendance à s'agglomérer vers la base (Fig. 7). Dans cette unité, les comptages effectués à la sonde X indiquent que la pyrite n a jamais sa composition stoechiométrique^ (Fe/S - 1,2 avec des teneurs variables en Cu et Zn)^ Dans les bancs sulfurés plus marqués de couleur noire, la taille des cristaux de pyrite devient plus impor¬ tante : il s'agit de cristaux ou d’amas cristallins de caille supérieure à \ 5 pm, imprégnant souvent les organismes siliceux (Fig. 8) et ayant sa composi¬ tion stoechiométrique (Fe/S = 0,86). Ce sulfure est bien cristallisé sous sa forme cubique, plus rarement tnmqué en octaèdre. Il est très bien conservé et s’altère exceptionnelle¬ ment en limonite et goerhite (Nord Passage, MD 81404). 1. Composition stoechiométrique : Fe/S = 0,87. Fig. 7. — Mélange de petits cristaux de pyrite et de chalcopyrite, dans un lit sulfuré à silice biogène (diatomées et radiolaires]. Fosse Atlanlis II. Nord Passage. MD 81404, 585 cm. Échelle : 10 pm. Fig. 8. — Amas subsphériques polycristallins de pyrite, avec 44 % de fer et 51 % de soufre (Sonde X). Fosse Atlantis 11, bas¬ sin est. MD 81403, 883 cm. Échelle : 10 pm. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 161 Clément P. ôd Giannesini P.-J. Fig. 9. — Cristal de blende à structure lamellaire recouvert de petits grains de silicates de fer. Fosse Atlantis (I. bassin ouest. MD 81399, 552 cm. Échelle : 100 pm. La blende Plus abondante et grossière dans les bancs sulfu¬ rés noirs qu'à la base de la zone AM (formant des amas de quelques microns), on l’obscn'e bien sur les résidus de tamisage à 20 pm : il s’agit de gros cristaux plus ou moins automorphes (Fig- 9) dont la taille peut atteindre 500 pm, ou de grains xénomorphes a aspect alvéolaire figurant vrai¬ semblablement des phénomènes de dissolution. Les comptages effectués à la sonde X indiquent que ce sulfure n^a jamais sa composition stoe¬ chiométrique Cf qifil peut contenir jusqu’à 10 % de fer (variété ferrifère : marmatite). Autres sulfures (Perscil comm. écrite) Lérude de lames minces polies des niveaux à sul¬ fures de la carotte MD 81404 (Nord Passage), complétée par des analyses en spectrométrie IR et à la microsonde électronique (Camcbax), a mon¬ tré I existence de cbalcopyrire proche du pôle stoechiométrique (CuFcSi) et d'une population moins Importante voisine de la cubanite (CuFeS 3 ). Les nombreux points intermédiaires indiquent un passage progressif de Fun à l’autre pôle. LtS FACIES À -SUI.FATES (Tableau 4 ) Les compo.sants principaux sont le gypse et Fanhydriie (pouvant coexister) et, plus accessoi¬ rement, la barycine. Le gypse et Fanhydriie se différencient difficilement en spectrométrie infrarouge et au microscope optique (chauffage), mais s’identifient bien à la diffraction X. Ils for¬ ment de gros cristaux tabulaires donc la taille est supérieure à 20 pm, très raremenr màclés, en bouquet ou fer de lance. Excepté dans Tuntté de base de la carotte MD 81404 (constituée presque exclusivement d’anhydrite), on les trouve en mélange avec d’autres faciès (sulfurés et silicatés à influence .sulfurée). La barytine est un sulfate assez, rare. On la trouve dans les niveaux à influence sulfurée (MD 81399, MD 81403 et MD 81404). Elle se pré- Tableau 4. — Les sulfates : répartition géographique des composants majeurs (en gras) ; en italique sont indiquées tes phases minérales associées. COMPOSANTS ATLANTIS II COMMISSION 1 NÉRÉUS MAJEURS MD 81399/409/403/404/408 MD 81388 MD 81412 Anhydrite Dans toute la fosse. Absents. Absents. Gypse Disséminés ou en amas noduliformes dans des niveaux à influence sulfurée, Barytine plus rarement dans les niveaux silica¬ tés. Sulfures Constituent une unité d’échelle dm Argiles au Nord Passage (MD 81404) 162 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Tableau 5. — Les carbonates ; répartition géographique des composants majeurs (en gras) : en italique sont indiquées les phases minérales associées. COMPOSANTS MAJEURS ATLANTIS II MD 81399/409/403/404/408 COMMISSION I MD 81388 NÉRÉUS MD 81412 Manganosidérite Abondante dans toute la fosse. Plus rare hors fosse (MD 81408) Rare. Rare. Rhodocrosite Sidérite Calcite Quartz, Feldspaths Haiite Sulfures Carbonates biogènes En amas mono- ou polycristallins épars dans toute la série. En niveaux beiges plus ou moins lithi- fiés, surtout dans les zones silicatées en alternance. Sous forme de plaquette et nodules surtout dans les zones sulfurées. Calcite (Nannos et Forams) Calcite magnésienne Manganosidérite Quartz. Feldspaths Aragonite Présente dans toute la tosse. Abondante hors fosse. Éparse dans tous les faciès, mais rarement associée aux sulfures. Abondante à la base des séries, constituant les marnes de la DOP ou les lits fins des zones litées. Abondante dans toute la série. Rare. Aragonite Calcite Rare. En lits indurés dans les dépôts carbonatés de la base. En lits indurés. Rare. sente sous hirme de sphérules ^ structure fibro- radiaire dont la taille e>st supérieure à 20 pni. Elle peut apparaître aussi dans des niveaux à oxydes associée à de la goethite (MD 81404, niveau 390 cm et MD 81403, niveau 1177 cm). Les EACiJis c:arbonatrs (Tableau 5) Les carbonates atuhigènes Ces carbonates forment un groupe isomorphe qui se situe entre quatre pôles : ferritere, manga- nésifère, calcique et magnésien, avec un taux de substitution du Ca très variable. La série la plus répandue esc celle comprise entre les pôles ferri- fere (sidérite) et manganésiftre (rhodocrosire). Les critères qui ont été retenus pour le rapport Fe/Mn sont : supérieure à 9,2 pour la sidérite, inférieure à 0,1 pour la rhodocrositc, et compris entre 2,4 et 9,2 pour la manganosidérite. Toujours très bien cristallisés, ces carlionates sont identifiés par diffraction X et au MEB grâce aux comptages effectués avec la .sonde X ; l’analyse infrarouge ne peut identifier que les tendances manganésifère et ferrifère. La manganosidérite est de loin le plus répatidu de ces carbonates mixtes dans Atlantis 11, en beiès pur ou en mélange. Il s’agit, lorsqu'elle est éparse, de cristaux rhomboédriques de quelques microns, devenant coaiescenrs pour former soit des empilements dont la longueur peur atteindre 100 pm, soit des amas polycristallins dont la taille esc supérieure à 20 pm (Fig. ! 0) et qui sont fréquents dans les lits d’épaisseur centimétrique. Plus rarementt mais particulièrement dans les niveaux sulfurés, ces amas s’agglomèrent en pla¬ quettes lithifiées. En dehors d’une précipitation vraisemblablement directe d’une grande partie de la nianganosidé- rite, ce carbonate peut trouver .son origine ou son support de croissance dans des débris carbonates pélagiques (coccolithes et toraminifères, Fig. 11) ; on observe alors des teneurs en Ca supérieures à 40 %, alors que dan.s le.s autres cas elles ne dépassent pas 10 %. Les comptages effec- tué.s .sur les cristaux de manganosidérite mon¬ trent que le rapport Fe/Mn, dans les niveaux à influence réductrice (sulfures, smectites ferreuses) GEODIVERSITAS « 1998 • 20(2) 163 Clément P. & Giannesini P.-J. Fig. 10. — Assemblage de cristaux de manganosidérite, avec Fe/Mn voisin de 4.7 (Sonde X). Fosse Atlanîis II Nord Passage. MD 81404. 525 cm. Echelle ; 10 pm. Fig. 11. — Loge de foraminifère avec recristallisations de man* ganosidériîe. Fosse Atlantls II. bassin est, MD 81403, 648 cm. Echelle : 10 pm. est relativement élevé (7 à 8), par rapport à ce que Ton observe dan.s les autres faciès (silicates ou à oxy-hydroxydes) où il ne dépasse pas 4. La rhodocrosite et la sidcrirc sont des minéraux rares. Ils présentent le meme faciès que la manga- nosidérite et semblent se localiser, pour le pre¬ mier dans les faciès à oxy-hydroxydes et les silicates amorphes (bassin sud-ouest, MD 81409) où il SC trouve associe aux oxydes de Mn amorphes, et pour le second dans les sédiments à influence sulfurée. Les carbonates bioclasiicjues Ils correspondent à la sédimentation carbonatée pélagique normale : nannofossiles (coccolithes) et foraminifères. Ces bioclastes sont épars dans les faciès minéralisés à oxy-hydroxydes et silicates (mais rares dans les niveaux sulfurés), ce qui indique pour ces faciès un fore taux de .sedimen- tacion. AbondaJîts vers la base dc.s séries et en litages, ils montrent souvent un degré élevé de recristallisation, à meure en relation avec une fraction « microcarbonate » importante et la pré¬ sence de calcire magnésienne (détectée par dif¬ fraction X). Dans le bassin de Wando (MD 8I408). ces faciès carbonates subissent un début de diagenèse r du sommet vers la base de la série, les organismes calcaires recrisfallisent, deviennent coalescents pour (ormer des plaquettes donc la taille e.si supé¬ rieure à 20 pm, dans lesquelles ils sont difficile¬ ment reconnaissables, tandis que le manganèse entre dans le réseau cristallin calcitiquc, avec des teneurs pouvant aneindre 30 % (voir tableau en annexe 9). Les niveaux aragoniiiques sont rares ; ils consti¬ tuent des lits millimétriques indurés formés de fines baguettes parfois visibles à Toei! nu, et cor¬ respondent le plus souvent à des débris de ptéro- LKS l-ACrf-S Ml.lCAIllS DU nUoi-ormai ion Les phases silicatécs cristallisées (argiles) et amorphes sont les plus abondantes de la fosse Atlanris II ; elles ont une large répartition hori¬ zontale et verticale, bien que nues dans la DOP. Elles témoignent de Pimportance de Phydro- rhermalisme dans cette fosse. Les argiles Deux types d'argiles ont pu être identifiés par diffraction X et spectrométrie infrarouge ; les smcccues si (argiles gonflantes mal ou bien cris¬ tallisées de couleur brune ; montmorillonite ; nontronite , glauconie ma! anstalliséc proche en iafraa>uge des nonirunites) et les glauconies ss (argiles vertes bien cristallisées peu aptes au gon¬ flement). Cependant, ces deux méthodes n'ont pas toujours donné des résultats concordants (surtout dans le.s zones silicatées supérieures, MD 81399 dans le bassin ouest, MD 81403 dans le bassin est, et MD 81409 dans le bassin sud-ouest) comme Pattestent à nrre d'exemple les résultats de la carotte MD 81399 (voir tableau 164 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge en annexe 10). Ces deux phases minérales peu¬ vent coexister et présentent deux faciès : 1. Un faciès brun-rouge formé de grandes plages à structures entrecroisces, à smeedees et/ou glau¬ conie. 2. Un faciès vert ayant une texture spongieuse à glauconie (pouvant .s’apparenter à de la cclado- nire), cristallisant soit en feuillets, soit en globules de taille supérieure à 20 pm, riches en inclusions pyriteuses et composés amorphes (siillures ?). Ce faciès vert s'observe fréquemment en alternances fines avec de la manganosidérite (MD 81399). La cristallochimie de ces phases argileuses, ainsi que leur répartition spario-remporellc (Badaut, Blanc & Decarreau 1990) montre ejue dans la fosse Atlantis II, on trouve à la base des séries une argile de type ferripyrophyllitc, surmontée dans les bassins est et ouest d^'unc nontronite (Fe'**’), et dans le bassin sud-ouest d'une smeedte ferreuse qui témoigne de conditions plus réduc¬ trices dans ce bassin. Les températures de cristal- lisacion de ces argiles (d'après la composition isotopique de l’oxygène) sont de 60 °C pour la nontronite et 130 °C pour la smectite ferreuse, permettant de supposer des températures relati¬ vement faibles pour la formation des dépôts métallifères (Decarreau, Badaut & Blanc 1990), Les silicates amorphes Ce sont des silicates de fer. Ils sont présents dans toutes les séries étudiées, principalement dans les faciès silicates argileux rouge sombre (zone AM) et à oxy-hydroxydes, de même que dans les niveaux carbonatés des fosses Hatiba ci Commission 1. Leur idenüficaticin s'appuie sur¬ tout sur les analyses intiarouges. Au MEB et au micros-cope optique, il esc particulièrement diffi¬ cile de les différencier, d’une part des composés .silicates mal cristallisés (smectites et glauconie), et d’autre part des oxy-hydroxydes amorphes. Ils se présentent au microscope optique .sous forme de globules fortement colorés en jaune et mon¬ trent parfois un débuc de cristallisation. Leur association fréquente avec des smectites mal cris¬ tallisées laisse supposer qu’ils constiruent le pre¬ mier stade de cristallisation de ces argiles. Les comptages effectués sur oes composés indiquent des teneurs très variables en Fe et Si, le rapport Si/Fe variant de 1 à 6. Autres i-aciLs Silicates d'origine détritique La fraction .silicatée héritée est constituée essen¬ tiellement de quartz, de feldspaths (plagioclases surtout), de minéraux lourds et d’un cortège argilcu.v composé d’illites, de chlorites, et de kao- linitc (plus rare). Il n’existc pas de niveau pure¬ ment détritique : ces élémems hérités sont souvent associés aux carbonates biogènes, consti¬ tuant la sédimeutatiou biodécritique normale de la mer Rouge. On les trouve épars dans toutes les séries de l’Atlanris H (plus abondants à leur base : DOP), et le long des colonnes .sédimenraires des fusses Hatiba et CA'>mrnission l où, dans certains niveaux, ils représcincni près de 40 % du sédi¬ ment. Cetre fraction s’observe bien sur les résidus d’atraques acides (FICl et HNO^), et .ses teneurs peuvent être obtenues de manière pondérale lorsque les niveaux étudiés sont dépourvus de silicates néoftumés. De même, sur les relus de ramis a 20 pm, on observe que cette fraction est constituée de t|uartv. (dont certains grains présen¬ tent au microscope des caractéristiques d eolisa- tion), de feldspaths, mais aussi de grands feuillets de type chloritc ou muscovite. Enfin, il faut noter dans rrois carottes la pré¬ sence, entre 5 et 6,5 m, de verre volcanique rhyo- licique non altéré dans des faciès à smectites si (MD 81399, MD 81403) et des faciès carbona¬ tés (MD 81408). La silice biogène Il s’agit essentiellement de diatomées et de radio¬ laires, plus rarement de silicoflagellés. Ces orga¬ nismes sont très bien conservés et n’ont été détectés que dans la fosse Atlantis IL Ils n’appa¬ raissent que dans les niveaux sulfures bien mar¬ qués, parfois en forte concentration, candis que les niveaux carbonates pélagiques en sont totale¬ ment dépourvu.s. La conservation de la silice hiogène dans ces niveaux entièrement décarbonatés témoignerait de conditions physico-chimiques particulières des saumures : fortes teneurs en silice dissoute et action corrosive sur les particules carbonatées d'origine biodétritique (Anschutz 6<: Blanc 1993). GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 165 Clément P. & Giannesini P.-J. GÉOCHIMIE Les éléments tels que Ni, Cu, Co, Fe, Mn, Pb et Zn ont été dosés par spectrométrie AA (voir pro¬ tocole analytique dans l'annexe 2). Ces résultats, ainsi que les teneurs en CaCO^ figurenc dans l’annexe 5 et sont exprimés par rapport au poids sec dessalé- Ces données sont présentées ci- dessous de manière synthétique et partielle (à minéralogie dominante). En effet, l’analyse minéralogique a montré qu’une grande partie des niveaux étudiés en géochimie sont composés sou¬ vent d'un mélange de plusieurs faciès» ce qui signifie que ces teneurs sont le reflet de l'impor¬ tance du mélange des différentes phases miné¬ rales porteuses de ces éléments. Le fer Le tableau 6 indique les teneurs en fer dans les différents faciès pour chaque carotte. Les teneurs maximales (70 à 75 %) s’enregistrent dans les niveaux à oxydes purs (goethite, héma¬ tite, lépidocrocite). Dans les faciès silicates, les teneurs varient entre 25 et 45 %. Hiles dépen¬ dent à la (ois du degré de cristallinité des smec- tites (plus faibles lorsqu’elles sont bien cristallisées : environ 25 %) et des concentrations en glauconie et mangauosidérite. Dans la fosse Atlantis II. les bancs sulfurés de la base montrent des teneurs bien plus faibles en fer total (15 a 20 %) que Tunicé sulfurée supérieure (SU 2 de Backer & Richter 1973) où les compo¬ sés amorphes perturbent le signal (teneurs com¬ prises entre 25 et 35 %). Par contre, les valeurs du fer lie à la pyrite (de 5 à 15 %) indiquent que c’est à la base de ces séries que l'influence sulfu¬ rée CSX- la plus marquée, alors qu’elles sont de Tordre de 0,5 à 1,5 % dans les faciès sulfurés supérieurs. Les niveaux carbonatés enregistrent les teneurs les plus faibles, entre 2 et 10 %. Dans lés dépôts calcaires hors fosse Atlantis II (MD 81408, MD 81388, MD 81412), les teneurs en fer dépendent essentiellement de la fraction carbonaréc en général peu ferrifère (car¬ bonates biogènes) qui dilue les minéraux por¬ teurs : oxy-hydroxydes (goethite, hématite), silicates amorphes et smectites. Ll- MANGANESE Excepté dans les faciès purs à oxy-hydroxydes (manganire, todorokire, dioxyde amorphe) où les teneurs sonr de l’ordre de 35 à 50 % (MD 81399, MD 81408), les valeurs mesurées dans les autres niveaux dépendent principale¬ ment de l'abondance relative de la manganosidé- riie et. plus accessoirement, de la rhodocrosirc. La manganosiderite en particulier est extrême¬ ment répandue en proportions très variables dans tous les autres faciès : les teneurs en Mn varient de 5 % dans les lits à manganosiderite dominan¬ te à 0,5 % dans les niveaux à oxydes de fer et sul¬ furés où elle a été détectée. Dans les dépôts calcaires biogènes où les carbo¬ nates manganésilcres ne .sont pas détectés (base de la carotte MD 81408), mais où les teneurs en Mn sont comprises entre 2 et 5 %. oti élément se substitue au Ca des réseaux calciüques, attestant là un début de diagenèse. Dans la fosse Commission I (MD 81388) où la rnanganosidé- rile est un minéral rare, les valeurs élevées (10 à 20 %) des boucs carbonatées sont à mettre en relation avec des composés amorphes qui colo¬ rent en noir les sédiments. Le /inc Cet élément est un très bon indicateur de Tinfluence .sulfurée, même lorsque Tanalyse minéralogique ne détecte pas la blende. Ce n’est en général que lorsque les teneurs en Zn sont supérieures à 2 % que ce sulfure apparaît en dif- ftacrion X. Dans la fosse Atlantis II où la blende est toujours présente dans les niveaux sulfurés, les teneurs en zinc se concentrent dans deux unités : 1 . Dans les niveaux silicatés supérieurs (MD 81409, MD 81403, MD 81404), Les valeurs croissent de 0,7 à 2 % du top à 2 à 5 % vers la base, marquant un passage continu de plus en plus sulfuré dans cerre zone sÜicatée supérieure. 2. Dans les bancs sulfurés plus marqués de la base des séries, les teneurs sont très élevées, de 15 à 20 % (MD 81399, MD 81409, MD 81403), parfois plus importantes que celles du fer (MD 81399). Dans le Nord Passage (MD 81404), ces teneurs tombent à 2 %. Certains lits à sul¬ fures de la carotte MD 81409 (niveaux 320 cm 166 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt Tableau 6. — Pourcentage en fer total. Les valeurs entre parenthèses correspondent au fer lié à la pyrite et à la chalcopyrite. COMPOSANTS ATLANTIS II Hors fosse COMMISSION 1 NÉRÉUS MAJEURS % MD 81399 MD 81409 MD 81403 MD 81404 MD 61408 MD 81388 MD 81412 Silicates = 30 25 à 35 30 à 45 30 à 40 Teneurs très amorphes (1.5 à 2) (0,1 à 0,5) (0,5 à 1) variables de 4 à 15%. Composés 2 25 à 30 25 à 35 36 Fer lié aux amorphes Sulfures (SU 2 ?) (12) (2 à 3) (0.5 à 2) (0,5) composés amorphes, à la Mn- Goethite 60 à 70 65 50 à 55 55 57 sidérite et la 66 goethite. Hématite 70 48,5 Lépidocrocite 44 43 45 Glauconie ss 18 à 20 10à25 35 12 26 (0.5 à 2.5) (1 à 1.5) (0,5 à 1) (2,5) (0,4) Manganosidérite 20 à 40 2,5 (0à6) (0,5) Silicates 20 à 50 (smeclites)des zones litées Sulfures (bancs 15 à 25 12à25 15à20 20 de base : SU 1 ?) (5 à 15) (5 à 10) (5 à 10) (15) et 338 cm) montrent des teneurs exceptionnelle¬ ment élevées (26 et 15 %), à mettre en relation, non seulement avec la présence de blende, mais aussi avec celle d’hydroxyde Zn(OH), détecté en composant majeur par spectrométrie infrarouge. Dans les séries hors fosse Atlantis [I (MD 8l408 et MD 8l4l2), les teneurs décelées en zinc, de l’ordre de 1 à 1,5 %, ont permis de mettre en évidence une faible influence sulfurée dans les dépôts carbonates. Le cuivre Mis à part les rares niveaux légèrement sulfurés des séries carbonatées des carottes MD 81408 (niveau 448 cm avec 3800 ppm) et MD 81412 (niveau 272 cm avec 1.4 %), cet élément appa¬ raît surtout dans les dépôts minéralisés de la fosse Atlantis 11. Les valeurs en Cu total varient de 0,5 % à 1 % dans les zones siljcatées supérieures (exceptionnellement 2 % dans le bassin ouest, MD 81399), et entre 1 et 2 % dans les boues sulfurées où la chalcopyrite est détectée. Dans certains niveaux où la glauconie est un élément majeur, ces teneurs varient entre 0,5 et 0,8 % (atteignant presque 3 % dans un lit à céladonite). Le cuivre montre un comportement particulier vis-à-vis des attaques acides ; une partie de cet élément est lié à la phase soluble à HCl. en parti¬ culier dan.s les niveaux silicatés à glauconie et dans certains niveaux sulfurés où la cltalcopyrite n est pas détectée ; l’autre partie est solubilisée par attaque nitrique, principalement là où la chalcopyrite est détectée (RX et infrarouge). Peu de sulfures, du moins ceux reconnus dans les dépôts hydrothermaux marins, sont solubles à HCl (exceptée la covellice non identifiée dans les sédinierus d'Atlantis II). Cet élément est donc hé à deux phases minérales : l’une sulfurée cristalli¬ sée (pyrite, chalcopyrite), l’autre présente plus particulièrement dans les faciès silicatés réduits à glauconie et aussi à manganosidérîte. Uexamen au microscope optique des glauconies montre GEODIVERSrtAS • 1998 • 20(2) 167 Clément P. & Giannesini P.*J. que celles-ci sont riches en petires inclusions amorphes de couleur brun-verr, disparaissant après attaque chlorhydrique et correspondant vraisemblablement à des sulfures de cuivre amorphes. De tels composés ont déjà été obser¬ vés dans des sédiments riches en nontronice et carbonates de la fosse Atlantis 11 (Brockanip et ai 1978 ; Missacker^/. 1989). Le cuivre esr donc un élément caractéristique des dépôts réduits, meme lorsque 1 analyse minéralo¬ gique ne détecte pas de phase minérale porteuse. Le cobalt, le nickel, le plomb Le cobalt est un clément trace dans toutes les séries étudiées (quelques ppm à 200 ppm maxi¬ mum). Le nickel montre des teneurs très faibles dans rcnsemblc des dépôts (quelques dizaines de ppm), passant localement à quclque.s centaines de ppm dans les niveaux sullurés. Les teneurs les plus élevées en plomb (1500 à 3000 ppm) appa¬ raissent également dans les niveaux à pyrite et blende. Aucun minéral porteur n'a pu être iden¬ tifié et les variations des valeurs enregistrées (hor¬ mis celles des niveaux sulfurés) ne sont pas significative.s, vu l'erreur autorLsée par les méthodes d’analyse mises en œuvre. MESURES PHYSIQUES Les teneurs en eau, en sels dissous et en CaC 03 , les poids de particules en gi7cm-'^> les porosités ainsi que les pourcentages de la fraction infé¬ rieure à 20 pm figurent dans l'annexe 4. Les calculs effectués ont montré que la porosité était corrélable avec les teneurs en eau et partiel¬ lement avec la granulométrie. La fraction supé¬ rieure à 25 pm est plus importante dans les niveaux sulfurés de la base (entre 6 et 10 % du matériel sec dessalé), d.ins les niveaux à manga- nosidérite ei dans les boues carbonatées (de 15 à 20 %). Dans les autres faciès, cette fraction ne dépasse pas I %. Le séchage et le dessalage des échantillons étant nécessaires pour l'analyse minéralogique, les teneurs en eau et en sels dissous ont été systéma¬ tiquement déterminées pour chaque niveau étu¬ dié. En valeurs absolues, ces teneurs dépendent du temps de stockage des carottes avant leur échantillonnage (ici de l’ordre de deux ans), les teneurs en sels devant théoriquement augmenter avec ce temps de stockage pat suite de la déshy¬ dratation du matériel. Cependant, à titre de comparaison, des mesures effectuées peu de temps après les carottages de la campagne Hydrntherm (Blanc 1987) ont montré que, sur un même site (bassin ouest d’Arlanrts II) et sur deux séries présentant des unité.s lithologiques analogues (MD 81399 et MD 85684), ces teneurs étaient sensiblement identiques (voir annexe 11), à 2 % près, Il apparaît donc que les conditions de stockage du matériel dans les chambres froides du Laboratoire de Géologie du Muséum (vsoiis atmosphère neutre et à ♦ 4 °C) n om pas modifié ces paramètres, au moins durant les deux ans qui ont précédé réchantillon- nage. Les résultats de ces mesures sont résumés dans le tableau 7- Dans toutes les séries étudiées, les teneurs en eau sont importantes’ et comprises entre 30 et 70 % suivant les faciès rencontrés (minimum dans les dépôts carboiiatés de la base et maximum dans les unités silicatées supé¬ rieures). Ces faciès ayant une distribution verti¬ cale, il est difficile de faire la part, dans ces variations, de l’importance de la lithologie et de celle de la compaction due à la charge sédimen- laire. Cependant, les profils de poids de parti- culc.s en gr/cm*^, et de porosité en fonction de la profondeur d’enfouis.sement ne montrenr aucune corrélation significative. Les salinités des eaux interstitielles sont extrême¬ ment élevées dans la fosse Atlantis II, et bien sou¬ vent supérieures à celle de U saumure inférieure (de 265 à 320 %u selon Miller et al. 1966 ; Brewer & Spencer 1969 ; Blanc 1987) qui se trouve à la limite de saturation NaCl. il est donc probable que cenains sels, en particulier les chlo¬ rures, soient exprimés minéralogiquement dans le sédiment brut humide, mats Indécelablcs par suite des traitements subis par l'échantillon (séchage et lavages). Hors fosse (MD 81408), les salinités sont relativement élevées (l40 à 160 %o) par rapport à celle de l'eau de mer normale, ce qui laisse sufîposer un débordement de.s sau¬ mures de la fosse Atlantis II ei un mélange avec les eaux de fond de la mer Rouge. Dans la fosse Néréus, les salinités des eaux interstitielles .sont 168 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Tableau 7. — Pourcentage en eau par rapport au poids humide et salinité (en g/l : valeurs entre parenthèses). MINÉRALOGIE DOMINANTE MD 81399 ATLANTIS II MD 81409 MD 81403 MD 81404 Hors fosse MD 81408 NÉRÉUS MD 81412 Silicates (unité sup.) 70 à 72 (285 à 310) 68 à 70 (345 à 350) 68 à 70 (340 à 360) 68 à 70 (350 à 360) 70 (85) Sulfures et sili¬ cates (SU 2 ?) id. id. id. Goethite 60 à 65 (320 à 350) 61 à 65 {340 à 350) 55 à 65 (360 à 370) Glauconie 68 à 70 (337 à 380) 62 à 72 (310 à 340) 70 (350) 80 (150) Manganite 58 à 62 (345 à 360) 70 (140) Sulfures (unités inf.) 50 à 60 (360 à 400) 55 à 70 (345 à 360) 53 à 60 (340 à 360) 63 à 65 (350) Anhydrite 38 à 57 (400 à530) 20 (500) Carbonates (DOP) 30 à 35 (350 à 400) 35 à 50 (320 à 350) 30 à 55 (150 à 160) 44 à 60 (50 à 60) faibles (50 à 80 'Kh)), alors que des saumures à chlorinité élevée (188 %o) ont été reconnues dans le bassin est de cette fosse (Backer & Schoell 1972), Iæs corrélations linéaires teneurs en cau/teneurs en sels dissous (tous faciès confondus) sont extrê¬ mement bonnes pour certaines séries (MD 81399, MD 81403, MD 81408, MD 81412, voir annexe 11), indiquant une relative constance de la salinité des eaux interstitielles le long de la colonne sédimentaire. DISCUSSION Synthèse i.ithostratigraphique ET CORRÈIATION.S AVEC LES SÈQÜENCE.S TYPI-S L’étude minéralogique et chimique a permis d’identifier les differents faciès et de dresser les « logs lithologiques en marge desquels (voir annexe 3) a été tentée une corrélation avec les unités de référence établies pour la fosse Atlantis II par Backer 6c Richter (1973). Dans Atlantis 11 (MD 81399. MD 81403 et MD 81404), les dépôts les plus anciens, datés du Pléistocène supérieur, sont les boues carbonatées qui constituent la Detriiical-Oxydic-Pyritic ZoNe (DOP) de la base des séries. Cette zone est absente dans le bassin sud-ouest (MD 81409), tandis que dans le Nord Passage (MD 81404), le niveau à anhydrite lui Cvsr attribué (Backer 6c Richrer 1973). Les dépôts carbonatés représentent la sédimenta¬ tion normale de la mer Rouge. Il s’agit de boues marneuses sans silice biogcnc, composées de bio- clastes calcaires (nannofossiles, foraniinifèics, ptéropodes) subissant des évolutions diagéné- tiques (calcitc magnésienne, carbonates de fer et de manganèse) Ct d'une fraction silicatée détri¬ tique (quartz, fcldspaths, illites, chloritcs, kaoli- nite). Dans Néréus (MD 81412), les dépôts carbonatés de la base de ta série sont relarivement homo¬ gènes et rappelicni ceux d’Atlantis IL Ils se pour¬ suivent par une alternance centimétrique de lits carbonatés plus ou moins enrichis en GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 169 Clément P. & Giannesini P.-J. oxy-hydroxydes amorphes de fer ou de manganè¬ se, à goethitc ou manganire, aragonite et calcite magnésienne^ smectites et silicates amorphes. Ces dépôts sont comparables à ceux décrits dans l’ensemble de la fosse par Rignell & Shabbir (1976). Dans Commission I (MD 81388), on observe à la base une sédimentation « normale f> à hémi- pélagiccs sans influences hydrothermales. Ces dernières n’apparaissent qu’a partir d’environ 10 000 ans (Schneider et ai 1983), sous la forme d’alternances de lits peu e'pais carbonates « nor¬ maux ') et de lits enrichis en oxy-hydroxydes amorphes de Mn et Fe et très riches en eau. La goethite a une large répartition verticale et horizontale dans les séries carbonatées du bassin de Wando (MD 81388), ainsi que dans celles des fosses Commission I et Nércus où elle est asso¬ ciée aux oxy-hydroxydes de manganèse. Dans la fosse Atlancis II, un la trouve aussi en abondance dans les lits de la partie supérieure de la DOP où elle témoigne de la première installation de Pacti- vité hydrothermale. A cette époque, une saumure existait vraisemblablement déjà et devait remplir toute la fosse (Ansthur/ & Blanc 1995a), mais les condition.s devaient être sufl'isamment oxy¬ dantes pour entraîner le dépôt de ces oxydes, en particulier des oxy-hydrox)'des de manganèse qui caractérisent les faciès de bordure et un environ¬ nement proche du « pôle eau de mer » (Anschutz 1993). C'est aussi dans les sédiments détritico-carbona- tés (DOP de Atlancis 11, Néréus et bassin de Wando) que les premiers indices sulfurés se manifestent par la présence de pyrite dans des lits de faible épaisseur. Cette pyrite, dont la taille est parfois supérieure à 30 pm, pourrait èta- d’ori¬ gine détritique, mais pourrait aussi résulter de l'activité bactérienne sulfeto-réductrice (Wayne et ai 1980 ; Anschutz bc Blanc 1995a). Dans la fosse Atlantu Jï> la séquence carbonatée est surmontée par les premiers dépôts importants de sulfures. Ceux-ci apparaissent vers 12- 15 000 ans (Wayne et ^/. 1980 ; Anschutz &C Blanc 1995b) et sont constitués par des boues enrichies en pyrite et en blende correspondant à la zone SU 1 [Lower-Sulfidic Zone). Dans le bas¬ sin ouest (MD 81399), cette zone est caractérisée par deux niveaux sulfurés séparés par environ 1 m de sédiments finement lires à sulfures, sili¬ cates et nianganosidcritc. Ce double niveau à sul¬ fures a été également observe dans ce bassin (Anschutz 1993). C’est dans le bassin est (MD 81403) que la zone SU 1 est la plus homo¬ gène et épaisse, confirmant l'importance de cette unité dans ce bassin (IJrvois 1987). Dans le Nord Pa.ssage (MD S1404), la première influence sulfurée apparaît après le dépôt à anhydriie (lui- méme légèrement pyririsé), suivie, après une alternance de niveaux à goethitc et de zones litées carbonatées, d'un niveau riche en pyrite et chai- copyrite, sans blende L’atrribucîon de cette séquence à la zone SU 1 est difficile, en ntison de nombreuses intercalarions de niveaux à goechite et de séquences finement litées (voir annexe 3). Le milieu correspondant à ces dépôts minéralisés devait être lortement réducteur avec la présence d’une saumure stable dont la profondeur du toit était plus faible (1920-1950 m) qu’elle ne l’est actuellement (Backer& Richter 1973). Les dépôts d’ordre métrique à oxy-hydroxydes constituent la Central-Oxydic Zone (CO), pou¬ vant être localement contaminée par des silicates {Centrül-Oxydic’Silicativ Zone : COS). Ces sédi¬ ments sont présents dans tous les sites étudiés, avec de fortes influences sÜicatées (silicates amorphes, smectites, glauconie) marquant la transition avec la zone SU 1 (COS). C’e^st dans le bassin ouest que cette unité est la plus épaisse : environ 3,6 m pour CO + COS. Dans le bassin sud-ouest, ces dépôts, constitués de goethite et d'hcmatitc bien cristallisée» ont une faible épais¬ seur et reposent directement sut un basalte. Cette unité marque dans la fosse Adantis II une déstabilisation des conditions redox avec une réoxygénation du milieu qui a affecté toute la fosse. Le retour à des conditions réductrices est marqué par le dépôt des sédiments sulfurés de la zone SLJ 2 {Upper-Snlfidic Zone) \ argiles vertes (smec¬ tites et glauconie) passant progre^ssivement à l'unité terminale à silicate.s et oxy-hydroxydes amorphes [Amorphom-SUicaticZone : AM). Cette séquence a été nettement identifiée dans le bassin est et le Nord Passage. Dans le bassin ouest 170 GEODIVEHSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Fig. 12. — Coupe schématique de la fosse Atlantis 11 et localisation des zones de précipitation des principales phases minérales. D'après Cole (1983) et Hartmann (1985). (MD 81399), la zone AM n'a pas été échan¬ tillonnée ; en effet, en raison de sa consistance liquide, son prélèvement par carottage est diffi' cile. Dans le bassin sud-ouest (MD 81409) où les zones DOP et SD 1 sont absentes, la séquence est conforme à celle de Backer & Richrer (1973). La zone SU 2 est rempl.icce par la Sulfidic- Arnorphons-Silicutic Zone (SOAN) très riche en blende (teneurs en zinc voisines de 26 %). Elle repose suc des dépôts finement lités à sulfates et est surmontée par une boue silicatéc à sulfures {Sulfîdic-Amorphous-Siliciiiic Zone : SAM) a blende et pyrite. LA SI RATIMCAI’ION MUI.Tl-f.CHFXLE L’étude lithologique a montré que les dépôts d’échelle métrique sont ceux qui sont nettement sulfurés (SU 1 et SLJ 2) ou oxydés (CO), Ces niveaux se présentent sous un aspect relativement homogène, de meme que la couche terminale à silicates de fer, oxy-hydroxydes amorphes à bary- tine et sulfxires dilués (zone AM). La précipitation des sédiments métalhftres dans la fosse Atlantis II dépend de la stratification des saumures, de leurs propriétés physico-chimiques (température, potentiel d’oxydoréduction, teneurs en métaux dissous), de l’importance des arrivées de fluides minéralisatcurs ayant porcolé i travers le socle environnant (basalte et roches evapori- tiques) et de la position des .sources hydro- thermales. La figure 12 présence un schéma de la stratification des masses d’eaux et des niveaux principaux de précipitation des sédiments. L’emplacement des sources hydrothermalcs semble avoir migre au cours du temps du nord vers le sud et se situerait actuellement dans le bassin sud-ouest (Backer üe Richter 1973 ; Urvois 1987), ce que confirment des travaux plus récents (Blanc et ni. 1995 ; Anschur/ & Blanc 1995h) et les teneurs élevées en zinc (26 %) dans ce bassin (zone SOAN de MD 81409). Uarrivée de ces fluides pourrait s’eflFectuer sous forme d’un panache minérali.sateiir qui traverserair, en pé¬ riode paroxysmale, lensemble des saumures, pro¬ voquant leur réoxygénation et la précipitation des oxy-hydroxydes, et qui serait piégé en période d'activité plus faible dans les saumures sous-oxy¬ génées où les sulfures se déposeraient (Urvois 1987). Les différents modèles d’expansion verticale et de GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 171 Clément P. ôc Giannesini P.-J. refroidissement d*un panache hydrorhermal au sein d’un système hydrologitjuemeni stratifié [in Urvois 1987) n indiquent pas la destruction de la stratification des saumures. Cependant, on observe dans la zone CO de la carotte MD 81399, située dans la saumure inférieure par 2125 m de profondeur, la présence de manganite et de todorokite (qui caractcrisenc les faciès de bordure dans Ailantts II et/ou un milieu très oxy¬ géné), ce qui laisse supposer un événement hydrochermal singulier susceptible d’avoir oxydé la totalité de la fosse et profondément déstabilisé le corps des saumures (l.eclaire et ai 1988). Les stratifications d’ordre centimétrique ou milli¬ métrique sont fréquentes dans les séries étudiées et semblent généralement constituer des séquences de transition entre les grands faciès : - sommet de la DOP : alternances de goetbite et de carbonates, puis de ctrbonates et de sulfures (MD 81403); - SU ) à CO : alternances de manganosidérite- smecrites et de glauconie (MD 81399), lit à manganosidérite pour MD 81403 ; - CO à SU 2 : alternances de glauconie et de manganosidérite (MD Sl403) er de goethite- glauconie pour MD 81404 ; - SOAN du bassin sud-ouest (MD 81409) : litages de sullures et de glauconie. Ces fins litages témoignent de variations de l’cnvironnement sur de courtes échelles de temps. Les interfaces entre les differentes couclies hydrologique.s qui tapissent la fosse Atlantis II délimitent des zones où rognent des conditions physico-chimiques différentes (Fig, 12), et leurs profondeurs déterminent donc les limites bathy- métriques des diiréretns dépôts méiallilères. Pour les prélèvements de fiiible profondeur, on n’observe aucune influence bydrotliermale nette dans les sédiments des bordures jusqu’à 1960 m environ, profondeur limite en raison du déverse¬ ment des saumures vers le sud dans les fosses voi¬ sines « Chiiin Deepi >> et dans « Disvovery Deep *> (Pugh 1969). La présence d’oxydes de manganèse et de couches épaisses de goetbite dans le bassin de Wando implique un débordement de la tranche d’eau intermédiaire et/ou de la saumure supé¬ rieure, franchissant là un seuil vers 1980-1990 m. Les seules mesures concernant les fluctuations en profondeur des interfaces hydrologiques concer¬ nent la période récente durant laquelle des rele¬ vés barliymétriques et de température ont montré une augmentation de l’activité hydro- thermale, s’accompagnant d’une élévation de température des saumures cr du toit de la sau¬ mure inférieure d'au moins 2 m entre 1965 et 1972 (Schoell Ôc Hartmann 1978 ; Hartmann 1980 ; Moniii 6c Plakhin 1982). D’autres auteurs ont constaté des variations récentes de température des saumures et aussi l'apparition de nouvelles stratifications entre 1977 et 1992 entre les deux saumures (Blanc 6i Anschutz 1995) ; le sommet de la zone de transition avec Peau de mer se serait également élevé d’cnviion 80 m en 26 ans (Anschutz 6c Blanc 1996). Ces observations à réchelle de quelques années montrent que les variations de l’activité hydro- chcrniâle se manifestent pur des fluctuations de profondeur des limites hydrologiqucs et/ou parallèlement par des changements dans l’épais¬ seur des saumures. 11 est vraisemblable que de telles variations dans la stratification des sau¬ mures se soient produites au cours dcvS 10- 12 000 uns de I histoirê de la fosse Atlantis IL de manière pluii ou moins intense selon l’impor- rance de Parrivée des fluides hydrothcrinaux. Bien que l’inventaire de5 fines laminaiions centi¬ métriques et milliméinques ne soit pas complet, il apparaît que cette échelle de dépôt caractérise plutôt les séries de moyenne profondeur (2050- 2100 m ; MD 81403 et MD 81404), là où les intersections avec les toits des saumures et celui de la zone de transition sont les plus probables, CONCLUSIONS Les prélèvements effectués dans les fosses Néréus (MD 81412) et Commission I (MD 81388) caractérisent la sédimentation biodétririque nor¬ male de la mer Rouge II s'agit de bassins de décantation ox'ygéncs recevant de manière inter¬ mittente des iy bouffées » de fluides hydro- thermaux à Poriginc des concentrations en fer et manganèse, et de l’influence sulfurée de la base de la carotte MD 81412. Le. bassin de Wando (MD 8l408) a enregistré les débordements des saumures de la fosse Atlantis IL 172 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Sur la base des données minéralogiques et gco- chimiqucs, les séries de la fosse Aciantis II (MD 8 1399, MD 81403. MD 81404, MD 81409) ont pu être comparées aux séquences types établies par Backer & Richter (1973). L’ensemble des unirés (DOP, SU 1, CO, SU 2 et AM) a pu être reconnu, avec une unité silicatéc COS (située à la base de la zone CO) bien plus développée. Dans le bassin vSud-ouesc (MD 81409) ou se trouve actuellement le débou¬ ché des sources hydrothermales, on retrouve la zonation de référence (CO-SOAN-SAM). Dans le Nord Passage (MD 8l404) par etnure. les zones SUl et CO ont été difficiles a identifier en raison des nombreux litages affectant la zone CO. Ces unités sont caractérisées par les paragenèses les plus simples et sont généralement d’ordre métrique ou décimétrique. Les niveaux sulfurés témoignent de la « stratification » des saumures qui se sont établies dès les premiers dépôts sulfu¬ rés sur la DOP. Un événement majeur au moins a cependant été susceptible de détruire cette « stratification » avec les dépôt.s' à goethite et oxydes de manganèse de la zone CO, par près de 2125 rn de profondeur. De nombreuses influences carbonatées et silica- tées, plus rarement oxydées, d'échelle millimé¬ trique ou centimétrique caractérisent les dépôts de transition. Ces laminues, qui représentent un court intervalle de temps, pourraient être signifi¬ catives des fluctuations verticales qui auraient affecté les corps des saumures au cours de varia¬ tions intermittentes de ractivité hydrothermale. Les M logs » lichologiqucs ec phorographique.s, ainsi que les données physiques et géochimiques des éléments majeurs (fer, cuivre, manganèse, zinc, CaCO^) constituent une base de données détaillée représentative des différents faciès reconnus dans cette zone centrale de la mer Rouge, actuellement archivés dans la collection marine du Laboratoire de Géologie du Muséum. Remerciements Nous remercions particulièrement L. Leclaircf (professeur au Laboratoire de Géologie du Muséum) qui a été le chef de projet et de mission de la campagne océanographique en mer Rouge, et aussi l’inidateur de ces travaux. Nous remer¬ cions également J.-P. Gauler (Laboratoire de Géologie du Muséum) pour ses critiques et rcmarque.s, D. Badaui (Laboratoire de Géologie du Muséum) et L. A. Perseil (Laboratoire de Minéralogie du Muséum) pour leur contribution à ce travail. Nous remercions aussi L Frohlicb (Laboratoire de Géologie du Muséum) pour les déterminations minéralogiques par speciro- scopie infrarouge. 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Soumis pour publication le 6 février 1997 ; accepté le 23 juillet 1997. 174 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt ANNEXE 1 PROTOCOLE ANALYTIQUE ANNEXE 2 MÉTHODES D’ANALYSES MESURES PHYSIQUES Teneurs en eau Une étude préliminaire sur les différents faciès de la carotte MD 81404 (faciès à glauconie, à goethi- te, à sulfures, à anhydrite) ainsi que sur des unités lithologiques reconnues (DOP de MD 81391, CO de MD 81392. AM de MD 81396, SU 1 de MD 81397) a permis de déterminer les modalités de séchage de l'échannllon. Lexamen des courbes de la perte en eau en fonction de la température (température ambiante sous vide, 60 "^C et 100 ”C en étuve) a montré que le mode de séchage à 60 ”C pendant quatre jours était le plus approprié et naltérerait pas l’échantillon. Celui-ci, une fois séché, peut récupérer jusqu’à 25 % de son poids sec par absorption de l’humidité ambiante, ce qui nécessite sa conservation sous vide à température ambiante. Teneurs en sei^ Elles sont calculées de manière pondérale, après lavages successifs dans de l'eau déminéralisée (de conductivité inferieures à 4 pS) et centrifuga¬ tions. Une vérification de la salinité des eaux de lavage de l’échantillon de référence à l’aide d’un salinomètre a montré un écart de 1 % avec la méthode pondérale. Les phénomènes de déflocu- GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 175 Clément P. & Giannesini P.-J. lation interviennent au quatrième lavage et affec¬ tent surtout les faciès à oxydes. L’erreur relative sur ces teneurs est de l'ordre de 6 %. Pour la carotte MD 81388 (Commission 1), les teneurs en sels sont faibles (0,5 à 3 %), comprises dans la marge d'erreur. Hiles n'oni pas été prises en compte pour le calcul des teneurs en métaux. Poids df particui.es kn gr/cm ' Il n a pu être calculé que sur les niveaux suffisam¬ ment tendres et épais (supérieurs à 0,5 cm) par prélèvement volumétrique du sédiment humide. Porosité C’est le pourcentage volumétrique occupé par l’eau interstitielle avec ses sels divssous. Elle se déduit du poids volumétrique du sédiment humide et de son poids sec salé. Fraction .supérikurk à 20 micron.s Cette fraction destinée à robser\^ation au MEB a été estimée de manière pondérale par tamisage sous eau. Les niveaux argileux bien cristallisés (smectites et glauconie) se sont avérés intami- sables du fait de leur texture spongieuse. TENEURS EN CaC03 Ces teneurs ont été calculées par mesure du vo¬ lume dégagé par attaque HCl 4N à froid. Cette méthode permet de doser les teneurs en calcicc, calcite magnésienne et aragonite. Les autres car¬ bonates (manganosidéritc, rhodocrosite. sidérite, dolomie et ankéritc) sont très faiblement solubles dans HCl à froid. Le dégagement gazeux lent et tardif correspondant à ces carbonates n a donc pas été pris en compte. L’erreur relative maxi¬ mum est de 1,5 %. DOSAGE DES ÉLÉMENTS MAJEURS (Ni, Cu, Co, Fe, Mn, Pb, Zn) La méthode utilisée a pour objectif la mise en solution des métaux contenus dans les phases carbonatées, oxydées et sulfurées tout en ména¬ geant au maximum la phase silicatée (détritique et argileuse authigène). Cette mise en solution s'est effectuée par double attaque acide : HCl d’abord, puis HNO^ ensuite pour solubiliser certains sulfures comme la py¬ rite. Des essais préalables sur des échantillons de réference ainsi que sur les faciès CO et AM des houes métallifères de la fosse Atlaniis II ont per¬ mis de déterminer les temps d'attaque, les tempé¬ ratures et les concentrarions acides les mieux adaptées. Un tel protocole avait d'ailleurs été en partie testé précedeminem sur des échantillons de boues rouges de l'océan Indien (Verges 1979) pour ménager les phases néoformées comme les smectites et les glauconies. Le choix s'est porté sur une première mise en solution de l’échanrillon (dessalé et séché) par HCI 4N pendant une heure au bain-marie, avec reprise du résidu pour une attaque HNO^ 7N au bain-marie pendant une heure. Les solutions d'attaque ont été do.sées par .spectroscopic d'absorption atomique (Perkin-Elmcr 272, série X60i. Un échantillon de référence mer Rouge a suivi systématiquement la chaîne de traitement (de la phase de dessalage à celle de l’analyse des solutions en spectrométrie AA), de manière à détecter toute anomalie. Les résultats obtenus sur cet échantillon ont permis de préci¬ ser l’ordre de grandeur des erreurs relatives, égales (pour un inters^alle de confiance au seuil de 5 %)à : _ 1 _ 1,96 X E. type ~ Moyenne Ces erreurs sont de 6 % pour les teneurs en sels, 9 % pour l’insoluble total, 5 % pour le cuivre total, 10 % pour le fer total, 8 % pour le manga¬ nèse et 9 % pour le zinc. Les valeurs obtenues pour le nickel, le cobalt et le plomb sonr trop faibles pour être significatives. Les erreurs sont importante.s pour le fer et le cuivre liés à la phase soluble lï HNÜ 3 en raison de la reprise du résidu HCl pour La mise en solution HNO 3 . Cependant, ces valeurs ont été reportées sur les tableaux de résultats de manière a repérer les niveaux ou les teneurs sont les plus fortes. Les observations au microscope optique des rési¬ dus d’attaque chlorhydrique et des résidus finaux, ainsi que le contrôle de leur composition minéralogique par spectrométrie infrarouge et 176 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge diffraction X ont permis de tester la validité de la méthode. — Les oxy-hydroxydes cristallisés (magnétite, lépi- docrocite, goethite, limonitc, manganite) et amorphes, la blende, les carbonates (calcite, sidé- rite, manganosidérice, rhodocrosirc, ankérice, dolomite), et le gypse sont solubilisés par la pre¬ mière attaque chlorhydrique, — L'anhydrite est faiblement solubilisée par le.s deux acides et se retrouve en partie dans le résidu final. — La pyrite et la chalcopyrite sont insolubles dans Tacide chlorhydrique et totalement solubles dans l'acide nitrique. — La baiytine nest pas solubilisée. — Les smectires et glauconies bien cristallisées sont insolubles, mais on observe pour les smec- rites en particulier une décoloration indiquant une perte en métaux qui n affecte pas leur struc¬ ture cristalline. Ces mêmes composés peu ou mal cristallisés deviennent solubles dans les acides. — La fraction .silicatée détritique (quartz, feld- spaths, minéraux lourds, verre volcanique, illites) n est pas touchée par ces attaques acides. L’ANALYSE INFRAROUGE (Spectromètre Pye Unicam SP 2000) Les échantillons analysés ont été séchés à tempé¬ rature ambiante sous vide et n’ont pas subi le dessalage. Une double dilution dans le KBr (0,25 % de sédiment sec salé pour 99,75 % de KBr) a etc nécessaire pour la confection de pas¬ tilles à 200 mg en raison de l’absorption par cer¬ tains composés (silicatés et argileux) de l’humidité ambiante. Un premier balayage de la totalité du spectre IR sur la pastille brute a permis l'idenrificarion de l'ensemble des' composés. Un deuxième passage plus' restreint dans les Irét|uences comprises entre 2700 et 3800 cm"' (en enregistrement normal et dilaté) a été effectué sur la pastille étuvée 48 h à 110 °G. Ce chauffage élimine Toxhydryle OH (3430 cm ') dû à la présence de molécules d’eau, tout en conservant les OH liés aux silicates et carions métalliques, la présence de vscl n’est pas gênante dans la gamme de fréquence 600- 4000 cm"' où il est transparent ; entre 200- 600 cm ', il montre une absorption linéaire pro¬ voquant un abaissement de la ligne de base. Le quartz, les sulfates et la calcite sont facilement identifiable.s, tandis que les tendances (ferrilère et/ou mangané.sifère) des carbonates authigèues sont détectées. Les sulfures nabsorbenr pas dans les fréquences infrarouges, sauf pour la pyrite et la marcassite. Les ox}^-hydroxydes de fer crtsralli- sés sont identifiés, et leur degré d’hydratation peut être approché (distinction entre goetlute et limonitc). Les oxy-hydroxydes amorphes sont repérés, mais le faible nombre de leurs bandes d'absorption (larges et mal définies) ne permet pas de juger de leur état de cristallinité. Les sili¬ cates amorphes et les familles argileuses glauconie- smectites sont reconnus. Par contre, il na pas été possible de différencier un sédiment constitué de silicates amorphes dont une partie est cristallisée d'un autre sédiment constitué d’un mélange de glauconie et de silicates amorphes. Pour des raisons techniques, l’analyse IR rfa pu se faire sur les échantillons de la carotte MD 81388. L'ANALYSE DIFFRACTOMF.TRIQUE (Diffractomètre Siemens D 501) Des diagrammes ont été effectués sur des poudres de l’échantillon brut dessalé. La phase argileuse a été étudiée sur agrégats orientés à l’érat brut, glycolé et chauffé (500 ®C), scion la méthode préconisée par le Laboratoire de Sédimentologie et Géochimie de Lille (Holizapffel 1985). Des diagrammes types ont été établis à partir des niveaux monocristallins et/ou présentant le minimum de phases miné¬ rales de manière à. établir des références pour les niveaux (nombreux) constitués d’un important mélange minéralogique. Ces références ont été comparées à celles établies sur les mêmes échan¬ tillons par l’analyse infrarouge. LES OBSERVATIONS AU MEB La fraction supérieure à 20 pm a été observée sur des préparations métallisées à For-palladium (MEB JSM 35C). La sonde X attelée (ORTEC GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) 177 Clément P. &C Gîannesini P.-J. syst 5000) a permis de déterminer la composi¬ tion chimique de Tobjet observé. LES OBSERVATIONS OPTIQUES Des frottis ont été confectionnés à partir des dif¬ férents faciès caractéristiques rencontrés. Leur observation au microscope optique (sédiment brut et résidus d’attaque HCl et HNO 3 ), ainsi que les informations fournies parallèlement par les analyses infrarouge et RX, ont servi à l’identi¬ fication des phases minérales (dont la taille est supérieure à 5 pm) et de leur comportement aux attaques acides. Ces lames de référence ont per¬ mis d étendre les observations optiques à rcnscmble des unités et à limiter au maximum les analyses complémentaires, La fraction supérieure à 20 pm a été observée à la loupe binoculaire, en complément des observa¬ tions faites au MEB. ANNEXE 3 « LOGS » LITHOSTRATIGRAPHIQUES DES CAROrrES ÉTUDIÉES En marge de ces « logs » (fosse Atlantis II) figure la correspondance avec la zonation établie par Backer & Richter (1973). Goethite Symboles : I B I Blende EZl Boue argileuse Lépidocrocite I P I Pyrite FFl Niveaux carbonatés indurés I M H I Hématite Icfn Boue silicatée Détritique Oxy-hydroxydede de Boue sulfurée H Zone litée ou à alternances \ & ^ \ Sulfates -^l Boue carbonatée |Mns| Manqanosidérite 178 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) UNITÉ 1 : UNITÉ 2 Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt FOSSE COMMISSION I ALTERNANCE DE LITS 1) Beige à orange COMPOSITION MINÉRALOGIQUE COMPOSANTS MAJEURS COMPOSANTS PRÉSENTS OU EN TRACE Nannolossiles hardie . CaldteK Foramlnrteres Quartz lllites-Chlorites Composés amorphes jaunes Détritiques Calcile Spiculés aragonitiques (parfois Calcite Ma ^ncentrés localement) ^ Kaolinfle Dolomtie Minéraux opaques s jaunes Anhydrite Verre volcanique 2) Marron foncé à noir 3) Gris-beige/gris-vert (moins fréquents) Composés amorphes bruns et jaune Nannofossiles t dissous Micarb. Foraminrlères Spiculés aragonitiques Kaolinite Oxydes Mn amorphes ? Délntique (Ouartz, Féldspaths, Manganite ? (localement) illiles, Chionies) Goethtte Hématite (localement) Nannolossiles * mrcarb. Quartz. Feldspattts. IMites, Chlorrtes. Métaux lourds Spécules aragonitiques Foraminifères Kaolinite Composés amorphes Pyrite (localement et très rare) Minéraux opaques Anhydrite Verre basaltiques (localement) 4} Faciès mixtes BOUE CALCAIRE BEIGE Nannofossiles Micarb. Foraminifères Détritiques (Quartz. Feldspaths) lllile. Chlonte Composés amorplies jaunes Minéraux opaques Dolomite Kaolinite Discoasters Verre volcanique GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 179 TRANSITION Clément P. & Giannesini P.-J. MD 81399 FOSSE ATLANTIS II - BASSIN OUEST FACIES COMPOSITION MINÉRALOGIQUE COMPOSANTS MAJEURS COMPOSANTS PRÉSENTS OU EN TRACE Glauconie Quartz Smectite Feldspaths BOUE SILICATÉE SULFURÉE Blende Pyrite Calcite Gypse BRUN-ROUGE Manganosidérite en lits Silice biogène Carbonates biogènes S < Z) CO O O 3 H' Goethite ocre, jaune ou orange Manganosidérite Hématite BOUE A OXYDES Todorokite Mar>ganite (jôêtFite ocre jaune TcxJorokile Goethite rouge, orange Manganosidérite Silicates de 1er amorphes Quartz Oxy-hydroxydes de Mn Quartz Rematite Manganosidérite Rhodocrosite Quartz. Détritique Foraminifères Gypse Verre yolcanique Smectites Glauconie Manganosidérite Carbonates biogônes Silices biogènes Gypse V— H.-.- CO O ü lé ^ '5 k llnfiuence sutturée BOUE SILICATEE ±LITÉE Blende, Pyrite. Silice. Carbonates biogènes Détritique (localement) Verre volcanique ZONE LITÉE À OXYDES Goethite, Hématite. Todorokite. Manganite Manganosidérite Quartz ZONE LITÉE Manganosidérite ou Smectite. Glauconie Détritique. Calcite Oxyde de Mn. Silice biogêne BOUE SULFURÉE Blende Pyrite Chalcopyrite Silice biogéne Carbonates brogènes (localement) Manganosidénte Détritique Gypse Smectite Glauconie ZONE LITÉE SILICATÉE (AVEC LITS SULFURÉS) Glauconie c Manganosidérite ^ ^ Pyrite (en lits localement) > § Blende (localement) Silice biogène Détritique Gypse Cart)onates 180 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge MD 81399 (suite) FACIÈS COMPOSITION MINÉRALOGIQUE * * COMPOSANTS MAJEURS COMPOSANTS PRÉSENTS OU EN TRACE -* BOUE SULFURÉE Blende, Pyrite. Chalcopyrite, Silice biogène A û A ^ Zk /k A Pyrite. Gypse, Mnsidérite BOUE CARBONATÉE LITÉE À OXYDES Goethite Carbonates biogènes Détntique * Manganosidérlte Composés amorphes Quartz Glauconie 1 —- m Pyrite (dans les lits noirs) Argiles détritiques ■Jt Lépidocrocite (dans les * ** -tm BOUE CARBONATÉE LITÉE lits orange) Carbonates biogènes Détritique Pyrite (dans les lits noirs) Calciîe Mg (localement) Pyrite Argiles détritiques Goethite ■* BLOC DE BASALTE Sx\(/y STRUCTURES VERTICALES 'm # il DITES DE « CHEMINÉE » ik -f* Im • 1998 • GEODIVERSITAS 20 (2) 181 cos CO . TRANSITION , SU 2 Clément P. &C Giannesini P.-J. MO 81403 FOSSE ATLANTIS II - BASSIN EST COMPOSANTS 1 2 3 4 5 6 FACIES COMPOSANTS MAJEURS PRÉSENTS OU EN TRACE Nannofossiles calcaires Foraminifères Manganosidérite GoôthrJe FeWspaths Quartz Métaux lourds SuHates Blende (de plus en plus abondante vers la base) Silicates amorphes Oxy-hydroxydes amorphes Smectrte Glauconie BOUE SILICATÉE AMORPHE BRUN-ROUGE Métaux opaques, Pyrite, ^nh^driîe^ C^b^DéUi^ue Glauconie ZONE LITEE Mnsidérite Pyrite Goethite Hématite Sidérite Smectite Glauconie Composés amorphes Blende BOUE SILICATÉE À SULFURES Goethite Oxy-hydroxydes amorphes Silcates amorphes Silice biogène Foraminifères Nannofossiles calcaires Quartz. Minéraux lourds Minéraux opaques Glauconie Manganosidérite ZONE LITEE Goethite brun-rouge à ocre Manganite (plaquettes) Nannofossiles calcaires, Foraminifères. Détritiques NIVEAU CARBONATE Goethite Gypse Silice biogène Nannofossiles calcaires Foraminifères Minéraux détritiques Manganosidérite BOUE SILICATEE BRUN-ROUGE Smectite Glauconie Silicates amorphes 182 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) DOP TRANSITION SU 1 Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge MD 81403 (suite) "LIT A MANGANOSIDERITE BOUE SULFUREE boue à goethite OCRE-JAUNE ALTERNANCE DE BOUES SILICATÉES ET DE BOUES À SULFURES (VERS LA BASE) ZONE LITEE ZONE LITEE Pyrite Blende Silice biogène (vers la base) Manganosidérlte (en plaquettes) Chalcopyriie Plus riche en goethite Smectite Glauconie Silicates amorphes Bietxie Pyrite Goethite Organismes calcaires Lépidocrocite Pyrite Goethite Lits carbonatés Nannofossiles calcaires Foraminifères Silicates amorphes Glauconie Minéraux détritiques Manganosidérite Gypse Quartz, mx détritiques Silice biogène (dans niveaux sulfurés) Goethite Micarb,. Foraminifères Chalcopyrite - Silicates amorphes - Quartz, mx détritiques - Glaucome - Quartz Micarbonates Nannofossiles calcaires Smectite Silicates amorphes Glauconie, Quartz ALTERNANCE DE BOUES À GOETHITE (ORANGE OU OCRE) ET DE BOUES CARBONATÉES Goethite Micarbonates Nannofossiles calcaires Calcite magnésienne Silicates amorphes Quartz Verre volcanique Minéraux détritiques Calcite Kaolinite Iliite Minéraux opaques Hématite BOUE CALCAIRE ORANGE À COCCOLITHES ET FORAMINIFÈRES BLOC DE BASALTE Calcite magnésienne Silicates amorphes Quartz Minéraux détritiques mite Kaolinite Minéraux opaques Smectite Rhodocrosite GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 183 DOP I ? SU 1 ? ' COS CO I TRANSITION Clément P. & Giannesini P.-J. MD 81404 FOSSE ATLANTIS II > NORD PASSAGE FACIÈS COMPOSITION MINÉRALOGIQUE COMPOSANTS COMPOSANTS MAJEURS | PRÉSENTS OU EN TRACE | Nannofossiles calcaires Foraminifères Manganosidérite Pyrite, BlerxJe Gypse Quartz. Feidspattis Verre volcanique BOUE SILICATÉE AMORPHE BRUN-ROUGE Silcates amorphes Oxy-hydroxydes amorphes Glauconie Goethite idem -r Barytine Sulfures plus abondants idem PIlts ncne en sulfures «Btenoe t Pynîej Silicates amorphes Oxy-hydroxydes amorphes Manganosidérite Sulfates Nannotossiies calcaires Oxy hydroxydes amorphes Barylirw Alternance Goethite et Glauconie ZONE LITÉE Goethite hydratée (Limonlie) BOUE A GOETHITE OCRE-JAUNE Goethite Glauconie jbettute I M^ngarK)S Magnétite Mnsidérite Goethite Maghémite ? Silicates amorphes ' lits à hématite [influence sulfurée Pyrite. Blende Chalcopyrite GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 187 Clément P. & Giannesini P.-J. ANNEXE 4 MESURES PHYSIQUES, TENEURS EN SELS ET CaC03 Niveau : profondeur en centimètres de l’échantillon dans la colonne sédinientaire. % Eau : les pourcentages en eau sont exprimés par rapport au poids humide. PP gr/cm^ : poids de particules en gr/cm^ (sédiment dessalé). % sels : les pourcentages en sel sont exprimés par rapport au poids sec non dessalé, tr ; traces. Porosité : elle est exprimée en pourcentage du volume humide. % CaCO^ : les pourcentages en CaCO^ sont exprimés par rapport au sédiment dessalé. MD 81388 ; Commission I. Niveau % Eau PP gr/cm^ % sels Porosité % CaC 03 2 41,5 0,91 tr 65 28,8 7 51,4 0,73 tr 78 23,2 30 43,2 0,95 tr 73 30,8 54 45,0 0,83 tr 68 27,0 80 63,0 0,46 tr 78 34,3 119 58,4 0,58 tr 81 32,2 134 40,7 0,99 tr 68 37,9 146 61,5 0,49 tr 78 29.4 187 62,2 0,54 tr 87 189 60.6 0,53 tr 81 38,4 214 50,1 0,80 tr 80 37,5 230 44,5 0,87 tr 70 40,7 236 39,7 0,97 tr 64 40,6 247 62,0 0,52 tr 39,9 251 43,9 0,90 tr 70 39,9 257 65,0 0,44 tr 81 38,3 261 46,4 0,82 tr 71 35,2 292 71.4 0,34 tr 84 31,8 315 48,5 0.77 tr 72 38,2 320 46,8 0,78 tr 69 35,2 325 39,2 0,94 tr 61 30,2 330 66,4 0,40 tr 66 38,9 373 46,4 0,84 tr 73 27,2 389 46,9 0,78 tr 69 44,1 409 45,6 0,83 tr 70 24,4 418 49,1 0,76 tr 73 15,2 426 36,5 1,21 tr 70 9,0 444 35,4 tr 48.2 450 46,4 0,85 tr 74 46,2 455 33,7 tr 51,3 467 57,1 0,63 tr 83 28,3 476 49,7 0,73 tr 73 35,9 506 44,9 0,85 tr 69 36,4 519 38,7 0,96 tr 60 35,8 535 52,7 0,62 tr 69 25,4 560 38,4 0,88 tr 55 33,4 577 56,6 0,62 tr 80 32,6 609 25,0 1,43 tr 48 12,0 623 48,3 0,81 tr 76 31,3 630 33,9 1,10 tr 56 14,3 188 GEODIVERSITAS • 1998 * 20(2} Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Niveau % Eau PP gr/cm^ % sels Porosité % CaC 03 639 58,4 0,53 tr 75 11,4 646 29,0 1,23 tr 50 9,5 653 44,4 0,88 tr 71 40,3 664 52,6 0,66 tr 74 14,4 672 48,3 0,75 tr 70 16,5 677 29.5 1,25 tr 52 7,0 681 48,7 0,75 tr 71 44.3 684 47,0 0,84 tr 75 20,7 691 60,0 0,54 tr 80 16,3 694 42,5 0,94 tr 69 20,2 697 51.2 tr 12,8 704 39,5 0,99 tr 65 37,2 715 52,5 tr 9,5 730 49,4 0,73 tr 72 21.4 732 29,9 tr 13,9 734 48,5 0,79 tr 74 11,2 745 32,5 tr 15,5 746 30,6 751 39,4 tr 53,1 757 50,8 0,79 tr 81 29,9 763 41,9 0,93 tr 67 25,8 777 59,1 0,63 tr 92 18,5 792 30,3 tr 13,6 799 61,8 0,45 tr 74 9,7 816 47,3 tr 28,4 837 29,1 tr 21,0 845 57,8 0,59 tr 80 24.6 851 36,1 tr 38.4 857 59,0 0,59 tr 85 19,1 871 29,9 878 47,6 0,76 tr 69 31,8 890 56,0 0,61 tr 78 23,8 893 61,9 0,50 tr 80 21,3 900 31,6 22,7 909 38,9 tr 15,3 919 63,9 0,80 tr 5,2 922 48,8 0,75 tr 71 18,4 924 39,7 0,99 tr 64 23,3 929 57,3 0,59 tr 79 953 29,1 1,44 tr 59 19,1 956 43,6 44,1 962 40,0 1,16 tr 77 49.2 969 36,0 1,15 tr 65 22,2 984 39,8 tr 28,0 987 40,9 0,98 tr 67 44,5 1021 41,5 0,92 tr 66 44.9 1106 41,4 0,95 tr 67 43,6 1131 42,1 0,89 1176 40,2 0,99 tr 66 41,8 1257 39,4 0,97 tr 63 41,4 1337 39,6 1,01 tr 66 42,0 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 189 Clément P. & Giannesini P.-J. MD 81399 : Atlantis II, bassin ouest. Zonation Backer & Richter (1973) Niveau % Eau PP gr/cm^ % sels Porosité > 20 pm % CaCOg AM 8 70,7 0,10 76,4 99 tr 30 71,8 0,08 79,4 95 5,3 tr 82 67,1 88 tr 112 62,9 tr 116 61,9 58,1 10,8 tr SU 2 138 68,2 0 142 67,7 71,0 0 CO 172 64,6 0,18 61,4 83 tr tr 180 64,4 0,18 61,2 87 0 187 60,6 0,26 52,4 81 0,2 0 203 62,5 0,22 56,7 83 0 223 61,2 0,28 54,0 96 0 225 42,3 0 261 59,3 0,31 49,7 86 11.2 0 275 1.6 tr 280 56,5 0,36 44,2 87 tr 317 64,8 0,18 64,1 89 4,5 0 COS? 371 60,6 81 0 380 66,9 0,14 70,3 93 tr 407 60,9 0,29 53,7 77 0 410 72,3 81,6 tr 420 68,9 0,08 79,4 85 0 450 68.6 0,11 75,1 97 tr 458 65,1 0,14 64,1 83 0 482 69.4 0,07 81,1 90 tr 496 66,0 0,13 69,4 86 0 500 61,8 58,7 0 502 66,0 0,12 69,2 75 0,8 tr TRANSITION 544 54,3 0,35 44,3 77 67,2 SU 1 552 56,6 0,60 85 8,4 567 48,4 0,23 69,0 77 18,8 tr 599 57,1 0,28 54,0 81 13,4 tr 645 61,3 0,25 57,7 87 0 654 67,6 0,11 75,9 94 tr 682 65,9 0,05 87,7 83 tr 709 69,1 0,08 80,3 93 0 738 67,5 0,12 73,4 94 0 752 52,7 0,43 40,7 78 7,6 tr DOP 787 56,3 0,35 44,7 79 8,2 31,5 805 44.9 0,61 30,2 75 19,3 6,8 812 52,5 0,50 40,9 89 1,9 0 828 50,0 0,55 35,4 84 tr 840 50,4 0,50 39,5 86 9,7 tr 863 33,8 0,75 36,4 63 22,9 70,7 891 34,4 0,94 18,6 60 16,4 48,3 893 42,4 0,69 27,3 70 15,4 894 32,9 18,1 65,2 895 33,2 19,9 21,4 897 34.2 19,3 900 55,3 0,37 44,2 84 tr 944 49.7 0,51 35,4 79 974 30,0 33,4 21,8 70,8 190 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge MD 81403 : Atlantis II, bassin est. Zonation Backer & Richter (1973) Niveau % Eau PP gr/cm^ % sels Porosité % CaCOg AM 61 69,9 0,08 79,5 91 tr 122 70,4 0,06 83,9 89 0 147 70,5 87 0 192 69,7 0,08 80,8 96 tr 286 70,0 0,06 83,1 86 tr 342 69,4 0,06 83,2 85 tr SU 2 451 68,8 89 tr 487 69,8 0,09 78,3 92 0 TRANSITION 514 69,1 95 tr 555 68,1 72,6 tr CO 569 58,1 86 tr 598 68,3 87 0,0 609 66,1 70,0 622 52,0 0,41 36,2 65 21,9 COS 635 64,3 85 tr 648 71,4 80 tr 781 70,9 0,06 85,7 99 0 826 37,2 0,68 20,7 69 0 SU1 842 50,2 0,32 37,8 85 4,9 885 58,7 0,24 51,2 86 15,2 907 55,3 68 tr 937 55,4 72 tr TRANSITION 965 66,3 0,14 66,7 79 0 984 65,3 84 0 1052 51,8 0,45 40,0 84 tr 1109 61,8 55,1 0,0 1125 59,2 51,4 tr DOP 1157 45,2 0,61 30,5 73 18,2 1177 47,5 0,53 33,5 80 tr 1200 62,7 0,22 57,5 83 tr 1280 62,5 0,21 58,5 89 tr 1355 36,1 0,90 19,6 62 61,3 1368 48,0 68 1421 47,4 0,55 31,0 71 21,6 1433 35,0 0,86 18,7 56 69,1 1458 62,7 0,22 55,8 81 tr 1467 31,8 45 1544 31,9 1,04 13,5 55 51,6 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 191 Clément P. &C Giannesini P.-J. MD 81404 : Atlantîs H, Nord Passage. Zonation Backer & Richter (1973) Niveau % Eau PP gr/cm^ % sels Porosité > 20 pm % CaCOg AM 20 68,0 75 0 40 69,0 0,06 80,8 74 10,7 0 60 68,8 0,08 78,0 74 0 80 69,1 0,07 80,1 71 tr 100 69.1 0,07 80,1 76 tr 120 68,9 0,07 79,1 73 11,4 tr SU 2 140 69,3 0,06 80.6 72 11,4 tr 210 69,1 0,07 80,8 73 8,6 tr TRANSITION 278 68,5 0,06 77,7 68 2,6 0 320 67,1 0,10 73,6 73 6,7 0 CO 350 65,8 0,13 69,3 77 0,4 0 390 67,1 0,11 73.7 76 2,4 0 COS 435 64.8 0,13 69,4 75 15,2 0 460 69,4 0,07 79,4 80 4.5 0 480 69.8 0.06 80.3 73 9.0 0 525 70.3 0,09 76,0 78 11,6 0 560 70,2 0,07 81,4 86 17.1 0 SU1 585 61.4 0,18 58,0 73 6,8 0 DOP 700 56,9 0,30 47,0 72 0.6 0 825 18,3 1,42 11,0 35 84,4 0 MD 81408 : bassin de Wando. Séquence Niveau % Eau PP gr/cm^ % sels Porosité > 20 pm % CaCO^ UNITÉ 5 0 20,6 tr 91,5 10 68,8 0,21 31,9 76 tr 26 79,2 0,10 55,6 79 tr UNITÉ 4 53 77.5 0,13 50,1 90 tr 84 69,4 0,24 33.8 81 tr 95 34,4 7,8 46,8 121 29,4 6.2 26,6 70,9 UNITÉ 3 197 38,6 0,93 9,5 62 9.7 60,3 UNITÉ 2 281 40,8 0,85 11.0 66 65,3 48.5 298 30,7 7,1 61,9 311 35,0 1,02 8,5 59 28,9 56,4 329 33,5 1,09 8,0 60 6,5 68,2 342 30,9 1,23 7,1 56 3,5 72,2 353 54,9 0,46 20,3 69 25,7 42,0 393 27,7 0,97 6.1 62 1.3 67,9 UNITÉ 1 434 56,5 0,50 19,7 78 14.3 38,3 448 53,5 0,51 17,1 65 tr 480 56,8 0,48 19,8 75 15,7 29,5 489 45,9 0,74 12,9 68 12,3 51,0 499 43,5 0,72 11,8 64 37,8 40,5 527 53,9 18,4 44,9 48,2 192 GEODIVERSÎTAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge MD 81409 : Atlantis II, bassin sud-ouest. Zonation Backer & Richter (1973) Niveau % Eau PP gr/cm^ % sels Porosité > 20 pm % CaCOg SAM 10 71,4 0,08 79.5 90 4,6 tr 30 70,5 0,08 78,7 86 5,5 tr 64 72,8 0,06 82,2 85 0 68 70,4 78,4 0 105 71,3 0,08 79,1 84 9,3 tr 132 69,8 0,08 78,9 86 10,5 tr 186 69,6 0,07 79,7 79 7,0 0 220 70.9 0,06 84,5 87 tr 0 240 69,5 0,07 80,8 92 0 SOAN 255 70,1 0,08 79,5 87 10,1 0 295 68,9 0,08 78,3 82 9,0 tr 320 56,6 0,31 47,0 73 7,3 tr 338 62,4 0,22 59,1 83 0 356 62,7 0,18 56,7 66 0 388 59,3 0,25 56,3 77 13,5 tr 402 38,7 0,66 33,4 62 0 425 62,6 0,17 65,2 82 11,9 tr CO 440 65,8 0,15 66,9 83 0,3 tr 488 55,5 0,14 79,2 75 14,2 tr MD 81412 : Néréus. Séquence Niveau % Eau PP gr/cm^ % sels Porosité > 20 pm % CaCOj UNITÉ 2 5 42,1 0,92 tr 71 2,7 65,4 19 65,3 0.48 10,4 84 11.7 47,4 27 77,1 31 62,9 0,48 8.8 89 42 53,6 0,69 6.7 57 25,8 36,2 63 21.0 tr 78 67,5 0,44 11,4 92 2.2 17,4 92 43,0 0,92 tr 68 9.2 64,2 107 59,6 0,41 9,0 83 6,8 UNITÉ 1 115 54,0 0,65 9,1 82 10,2 48,0 140 53,9 0,68 8.3 76 11,7 45,9 156 73,3 0,31 22.8 99 11,7 19,6 187 57,6 0,64 10.4 95 9,2 34,1 220 61,9 0,50 9.6 89 1,3 225 36,9 1,22 6.0 77 1,3 230 44.9 0,86 4,1 73 60,2 244 66,8 0,40 20,6 93 260 47,7 0,78 5,6 70 5,4 47,6 272 39,1 1,18 tr 73 2,5 296 44,5 0,82 9,9 72 16,5 70,4 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 193 Clément P. & Giannesini P.-J. ANNEXE 5 MESURES GÉOCHIMIQUES, EXPRIMÉES PAR RAPPORT AU POIDS SEC DESSALÉ Niveau : profondeur en ceniimètres de l’échantillon dans la colonne sédimentaire. 1 ns total : pourcentage pondéral du résidu des deux atiai.|ue.s acides. Cu total (ppm) et Fc total {%) sont les teneurs en cuivre et fer mis en soludon par les deux attaques acides. Mn (ppm) et Zn (ppm) sont le.s teneurs en manganèse et en zinc entièrement solubilisés par la première attaque chlorhydrique. Cu HNO 3 (ppm) et Fe HNO^ (%) sont les teneurs en cuivre et fer solubilisés par la deuxième attaque nitrique, tr : traces. MD 81388 : Commission I. Séquence Niveau Ins total Cu total Fe total Mn Zn UNITÉ 2 2 46,5 76 4,5 13415 532 7 48,2 84 6,2 22046 754 30 43,9 tr 4,9 5314 tr 80 25,2 94 9,5 33992 1569 134 50,4 tr 3,5 7203 tr 146 28,3 117 9,0 49700 1657 189 22,9 100 8.9 48617 1486 230 33,6 tr 5,0 9734 tr 236 38,9 tr 2.9 5919 624 257 22,6 92 8,8 42138 1400 292 10.8 165 13,9 80890 2750 325 50,9 tr 2,7 2590 tr 330 6,3 168 13,8 93960 3188 373 38,9 tr 9,5 26070 978 426 72,3 tr 3,2 tr tr 444 35.9 tr 3,1 16564 488 450 26,4 75 6,8 12197 651 455 24,0 tr 3,6 8897 tr 467 23,4 70 11,7 98681 2277 519 41,9 tr 4,4 8123 406 577 29,2 86 9,8 36942 1609 609 73,1 tr 3,4 5814 tr 630 66,4 tr 3,1 2822 1006 639 39,4 109 10,5 45666 1588 664 48,3 101 8,9 28321 1047 681 30,9 73 5,3 60703 813 697 49,2 124 8,1 35911 1077 715 50,6 123 8,1 53996 1289 730 43,9 175 15,3 103887 3167 751 27,4 tr 3,0 1153 3062 777 33.3 tr 6,6 18022 802 792 71.2 179 7,2 117017 1933 799 26,1 87 12,6 159661 2976 845 33,6 tr 12,2 14918 2102 851 42,4 tr 3,2 20504 2179 890 28,9 90 10,1 73219 3591 909 61,0 125 3,8 1280 3906 919 9.8 126 19,5 201811 5352 984 45,4 tr 4,7 4520 tr UNITÉ 1 987 32,9 tr 4,6 7790 tr 1106 33,8 tr 4,5 7411 tr 1337 34.7 tr 4,6 7106 tr 194 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt MD 81399 : Atlantis 11, bassin ouest. Zonation Backer & Richter (1973) Niveau Ins total Cu total Cu HNO 3 Fe total Fe HNO 3 Mn Zn AM 8 30,8 6407 536 33,2 1.9 8969 53855 30 31,5 7486 422 33,4 1,7 2401 48761 SU 2 116 40,1 21328 15942 24.6 12,0 7859 61491 142 46,5 530 117 31,8 2.2 2593 5450 CO 172 3.5 315 0 59,2 tr 2103 3229 180 6,0 243 0 58,3 tr 51516 4139 187 tr 287 tr 60,3 tr 8996 4822 203 2.8 tr tr 61,2 0.6 6035 3866 223 7,1 720 tr 11,6 tr 414839 1587 261 tr 1088 tr 22.8 tr 370190 2355 280 6,1 222 tr 57.0 tr 33044 1416 317 11,0 1424 tr 53.3 tr 16515 3140 CO? 380 20,6 1186 tr 60,3 tr 2061 3000 407 50,3 1844 474 18,9 5.6 19084 22624 410 35,7 976 tr 28.2 0.9 29568 3031 420 20,3 2708 136 33.2 tr 59741 6259 450 27.6 763 tr 39,9 0,7 30953 3280 458 18,5 1453 tr 48,3 tr 20909 3613 482 34,9 3280 172 18,7 0.5 72732 1640 496 3,7 143 0 68,5 0 10390 1740 500 tr 691 0 10,1 0 508922 1219 502 tr 556 0 71,4 0 4398 2238 TRANSITION 544 11.6 688 tr 37,5 tr 59848 4919 SU 1 552 37,5 23199 17566 14.7 8.7 4361 136054 567 33,5 34082 26309 17,7 6,1 12197 81617 599 38,2 38591 26051 22,0 15.7 tr 92171 645 27,0 827 tr 34,1 tr 33202 2678 654 46,4 16451 4246 26,5 13,9 tr 1321 682 19.1 3927 1187 35,9 2,0 tr 1370 709 61,3 31916 1070 18,4 2.6 tr 1220 752 31,0 25576 23893 13,0 7.1 4629 215635 DOP 787 28,8 tr tr 24,3 tr 45487 2454 805 39,4 231 tr 13,3 8.9 2316 3139 812 9,5 233 153 45,5 5,1 7321 2021 828 4,6 tr tr 50,0 tr 4335 1561 840 17,1 129 tr 51,4 tr tr 842 863 27,3 tr tr 6.5 tr 4470 420 891 28,8 tr 0 5.4 tr 5759 439 893 52,4 604 155 9.6 1.0 tr 784 894 20,9 tr tr 4.0 0.4 4497 899 895 46,1 114 77 14,8 10,3 2340 4241 897 40,8 1140 85 5,3 2,3 3164 1091 900 13,5 tr 0 43,7 tr 2843 1579 944 18,0 105 0 28,5 tr 4575 915 974 27,6 tr 0 4,8 tr 10092 329 GEODIVERSITAS « 1998 • 20(2) 195 Clément P. & Giannesini P.-J. MD 81403 : Atlantis II, bassin est. Zonation Backer & Richter (1973) Niveau Ins total Cu total Cu HNO 3 Fe total Fe HNO 3 Mn Zn AM 61 28,4 4288 160 37,8 0,6 4445 24549 122 29,7 2403 259 44,3 0,9 2327 5081 192 30,4 7799 tr 34,5 tr 6415 23405 286 33,0 4819 tr 31,3 tr tr 13979 SU 2 342 37,9 6113 474 30,5 1,2 tr 21700 487 37,4 9899 639 26,7 1,7 2741 69907 TRANSITION 555 27,1 676 0 36,4 0,5 28946 5144 CO 609 4.4 tr tr 45,3 tr 47697 3910 622 22,2 127 0 5,5 tr 144583 1585 COS 781 41,9 1065 tr 34,6 0.7 1673 2074 826 10,8 409 tr 24,2 tr 86609 1667 SU 1 842 40,0 16928 16892 14,5 9.2 5156 124982 885 44,2 761 122 14,3 0.9 14574 4474 TRANSITION 965 32,3 2612 357 36,2 1>4 tr 1569 1052 26,8 22877 22779 14,9 5.4 10220 165780 1109 3,8 242 tr 53.9 tr tr 1408 1125 13,6 133 tr 45,1 tr tr 1421 DOP 1157 42,9 246 183 16,0 11,4 2862 2544 1177 8,4 1186 168 42,8 1,1 5564 885 1200 tr tr 0 54,3 tr tr 1612 1280 tr 474 tr 54,0 tr 2065 2639 1355 30,6 tr 0 3,7 tr 4264 tr 1421 38,6 435 tr 13,9 tr 9168 486 1433 24,6 tr 0 2,6 tr 4174 tr 1458 tr tr 0 51.2 tr 1930 564 1544 34,9 tr 0 3,7 tr 2463 tr 196 GEODIVERSITAS 1998 • 20 (2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt MD 81404 : Atlantis II, Nord Passage. Zonation Backer & Rtchter (1973) Niveau Ins total Cu total Cu HNO3 Fe total Fe HNO3 Mn Zn AM 40 23,1 3148 249 41,0 0.8 5521 6695 60 28,5 3702 174 36,3 0.6 9616 6738 80 28,6 3718 174 35,9 0.5 6940 11074 100 32,5 4645 104 29,6 0.4 5030 15720 120 34,0 4342 tr 27,5 tr 4615 16111 SU 2 140 34,0 3519 305 28,2 0,5 4412 10226 210 32,1 4868 353 23,8 1,6 3839 20589 TRANSITION 278 75.7 530 121 11,9 2.4 tr 1606 320 22,3 2876 tr 39,8 0,3 15806 3787 CO 350 4,9 tr 0 52,8 tr tr 4350 390 9,5 251 tr 45,7 tr 7355 3727 COS 435 20,3 1515 tr 34,0 0.3 30727 2216 460 48,0 5688 191 20,1 1.5 15913 2236 480 24,1 713 tr 35,1 0.3 24407 1611 525 30,3 2250 150 36,7 0.7 14851 2200 560 48,4 762 tr 28,6 4.5 5066 2357 SU 1 585 48,9 18208 6546 20,6 15,2 3959 18135 DOP 700 tr 212 0 56,2 tr tr 2372 825 66,6 325 tr tr 0.8 tr tr MD 81408 : bassin de Wando. Séquence Niveau Ins total Cu total Cu HNO3 Fe total Fe HNO3 Mn Zn UNITÉ 5 0 4,3 tr 0 tr 0 tr tr 10 17.2 185 0 5,4 tr 349601 8231 26 40,8 963 tr 26,2 0.4 13166 1354 UNITÉ 4 53 tr tr 0 56,7 0 4737 677 84 tr tr 0 57,2 tr 3391 3243 95 15,2 tr 0 16,3 tr 17487 1050 121 16,9 tr 0 tr tr 3309 tr UNITÉ 3 197 22,8 tr 0 5,9 tr 3368 tr UNITÉ 2 281 30,2 tr tr 9,0 tr 3020 tr 298 20,2 107 tr tr tr 3623 404 311 26,7 265 tr 6,1 0.3 11850 1262 329 20,6 tr 0 4,2 tr 7335 409 342 19,8 tr 0 tr tr 3531 tr 353 33.4 tr 0 8,1 0.3 3173 11390 393 54,6 tr 0 tr tr 6297 309 UNITÉ 1 434 22,5 254 tr 16,5 tr 48694 5497 448 31,2 3830 112 12,2 tr 37684 13247 480 13,8 796 tr 29.8 tr 38311 4933 489 19,6 tr 0 12.3 tr 19670 1122 499 17,9 tr 0 13,2 tr 49497 781 527 24,7 544 104 18,7 tr 33112 2667 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 197 Clément P. & Glannesini P.-J. MD 81409 : Atlantis II, bassin sud-ouest. Zonation Backer & Richter (1973) Niveau Ins total Cu total Cu HNO 3 Fe total Fe HNO 3 Mn Zn SAM 10 23,0 8121 455 36,9 1,5 tr 22295 30 23,4 8262 390 38,0 1,7 tr 24769 64 41.1 6357 528 29,1 1,9 ir 7566 68 23,4 905 0 42,7 0,4 tr 7637 132 32,1 8943 530 23,0 1,9 3448 80046 186 27,9 6127 429 31,8 1.8 13051 25549 220 36,0 10637 639 27,5 2,9 tr 49023 240 51,4 614 134 25,4 1.6 tr 3312 SCAN 255 37.7 10716 1138 25.9 4,8 tr 67397 295 37,3 11391 1135 25,2 4,9 tr 54446 320 28,8 19199 11756 11.0 6,9 tr 263364 338 35,2 21563 9808 17,7 10,0 tr 154650 356 73,6 1148 tr 10,0 1,1 tr 4102 388 17.3 1523 183 35.1 0,6 18529 1639 402 16,3 8812 1903 18,0 5,1 16292 4431 425 11,2 4315 668 44,0 1.0 7655 946 CO 440 4.0 2739 0 66,3 tr 1180 965 488 6,3 4772 303 70,5 tr 1959 893 MD 81412 : Néréus. Séquence Niveau Ins total Cu total Cu HNO3 Fe total Fe HNO3 Mn Zn UNITÉ 2 5 17,5 141 0 6.5 tr 15925 527 19 7.6 155 0 19,1 tr 97800 5536 42 37,6 tr tr 6,8 2.6 11916 704 63 3,4 tr tr 2.8 tr 7003 tr 78 6,8 221 0 44,2 tr 7176 1128 92 24,4 tr 0 4,5 tr 11679 389 107 17.7 760 tr 28,1 tr 10716 2778 UNITÉ 1 115 23,4 368 tr 10,2 tr 9006 234 140 32,6 tr tr 5,8 1.1 2698 663 156 33,5 201 tr 21,8 1.6 3088 tr 187 17,8 2280 tr 22,1 0,8 5370 tr 225 tr 1240 0 65,6 tr 5921 tr 244 12.4 tr 0 48,6 tr 3815 354 260 16,1 4011 tr 15,7 1.0 6259 1486 272 9,4 25092 268 37,1 2,9 3645 15288 198 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt ANNEXE 6 OBSERVATIONS AU MICROSCOPE OPTIQUE Le niveau cumulé correspond à la cote en centimètres de Péchantillon dans la colonne sédimentaire. Les composants sont indiqués par ordre d'importance. Nannos : nannofossilcs calcaires ; (BC), bien conservés i (MC), mal conservés. Composant : TBC, très bien cristallisé ; BC, bien cristallisé ; MC, mal cristallisé. Forams : foraminilcres Micarb : « Micarbonate Fraction fine (quelques pm) carbonatée d'origine indéterminable. Mnsidérice : Manganosidérite. MD 81388 : Commission l. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 2 Nannos. Micarb, Aragonite (baguettes), Forams. Détritique, Composés + ou - amorphes (globules bruns) Composés amorphes 7 Nannos. Micarb. Aragonite (baguettes), Globules (MC), Détritique, Argiles Forams 30 Nannos. Micarb. Aragonite (baguettes), Détritique, Argiles, Composés amorphes (globules jaunes). Forams 51 Micarb. Forams. Nannos, Aragonite (baguettes), Détritique grossier, Composés amoiphes {globules jaunes), Argiles Opaques 54 Nannos, Micarb, Aragonite (hagueiles), Composés amorphes. Détritique, Forams, Argiles Opaques 62 Globules bruns MC. Composés amorphes. Argiles, Micarb. Nannos (MC). Aragonitr> (baguettes) Détritique 80 Nannos (MC), Micarb, Aragonite (baguettes)* Argiles. Globules bruns MC, Foranis Détritique fin 119 Argiles, Micarb. Aragonite (baguettes). Nannos (MC), Détritique grossier. Amorphes (globules jaunes) Forams 134 Forams. Détritique grossier, Argiles (gds mx), Micarb, Aragonite (baguettes). Opaques Nannos (MC) 140 Composés MC, Détritique grossier, Forams. Micarb, Aragonite (baguettes) Nannos (MC) 146 Globules bruns amorphes. Nannos (MC), Micarb, Aragonite (baguettes), Composés MC, Détritique fin Opaques. Forams 155 Micarb. Nannos (BC), Composés amorphes. Détritique. Forams 161 Forams. Détritique. Nannos (BC). Micarb. Aragonite (baguettes), Amorphes Opaques 170 Amorphes, Micarb, Nannos (MC). Détritique, Forams 178 Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes). Amorphes, Détritique. Forams Opaques 188 Globules bruns MC. Amorphes. Micarb. Nannos (BC), Aragonite (baguettes). Forams, Détritique grossier Opaques 196 Globules bruns MC. Amorphes, Micarb. Nannos (BC), Aragonite (baguettes). Forams, Détntique grossier Opaques 205 Micarb, Nannos (MC). Aragonite (bagueltes), Amorphes, Détritique. Forams Opaques 213 Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes), Amorphes, Détritique, Forams Opaques 225 Nannos (BC), Micarb, Forams, Aragonite (baguettes), Détritique grossier, gros mx argileux Opaques, Amorphes 229 Nannos (BC), Micarb, Forams. Aragonite (baguettes). Détritique, Amorphes Opaques, 234 Nannos (BC). Micarb, Forams, Aragonite (baguettes), Détritique grossier, grands mx argileux Opaques, Amorphes GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) 199 Clément P. & Gîannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 244 Amorphes, Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes), Forams, Détritique Opaques 247 Micarb, Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Amorphes, Forams. Détritique Opaques 251 Micarb, Nannos (BC), Forams, Aragonite (baguettes). Détritique grossier Opaques, Amorphes 252 Micarb, Nannos (BC), Aragonite (baguettes), Détritique grossier, Forams. Amorphes Pyrite, Opaques anguleux 257 Amorphes. Micarb, Nannos (MC), Forams, Aragonite (baguettes), Détritique 265 Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes). Amorphes, Détritique grossier 267 Micarb. Nannos (BC). Aragonite (baguettes). Forams, Amorphes, Détritique fin Opaques 292 Amorphes, Micarb, Nannos (BC), Forams Détritique fin. Opaques 315 Micarb. Nannos (BC). Aragonite (baguettes), Détritique grossier, Amorphes, Forams Opaques 320 Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes). Détritique grossier, Forams. Amorphes Opaques anguleux 325 Détritique grossier. Forams. Nannos (BC), Micarb. Amorphes 330 Amorphes. Micarb. Nannos (MC), Aragonite (baguettes) Détritique fin 332 Goethite (?), Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Forams Détritique 336 Goethite (?). Micarb, Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Forams Détritique 360 Micarb. Aragonitu (baguettes), Amorphes, Nannos, Détritique, Forams Opaques 373 Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes). Amorphes. Détritique grossier. Forams Opaques 376 a Forams, Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Détritique grossier, Amorphes, Opaques anguleux 376 b Détritique grossier, Mx argileux. Forams. Micarb, Nannos (MC). Aragonite (baguettes) Opaques 384 Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes). Détritique grossier, Forams. Opaques. Amorphes Discoasters 389 Micarb, Nannos (BC). Aragonite (baguettes), Détritique. Forams Amorphes, Opaques 400 Détritique grossier, Forams, Opaques anguleux, Amorphes, Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes) 402 Aragonite (baguettes). Micarb. Forams. Détritique grossier. Nannos (MC), Opaques, Amorphes 410 Aragonite (baguettes), Micarb, Forams. Détritique grossier, Nannos (MC), Opaques, Amorphes 418 Amorphes, Détritique, Opaques. Forams, Nannos (MC), Micarb, Aragonite (baguettes) 427 Opaques (Pyrite ?). Détritique grossier, Amorphes, Forams. Micarb, Nannos (MC)* Aragonite (baguettes) 443 Micarb, Aragonite ^baguettes). Forams. Détritique. Verre volcanique, Nannos (MC) Opaques. Amorphes 451 Amorphes, Micarb, Forams, Oêtrillque grossier, Nannos (MC) Opaques 455 Aragonite (baguettes). Amorphes, Micarb, Nannos (MC). Détritique fin Opaques 461 Micarb, Aragonite (baguettes), Amorphes, Nannos (MC), Détritique fin Opaques 468 Amorphes. Détritique grossier, MIcart), Aragonite (baguettes), Forams, Nannos (MC) 476 Aragonite (baguettes), Micarb, Amorphes, Nannos (MC), Forams. Détritique lin Opaques 492 Amorphes, Micarb, Aragonite (baguettes). Détritique fin. Verre volcanique Opaques 500 Micarb, Aragonite (baguettes). Nannos (MC). Forams, Détritique grossier Amorphes, Opaques 503 Amorphes, Miçarb, Aragonite (baguettes), Nannos (MC), Détritique fin 200 GEODIV6RS1TAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 506 Amorphes, Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes), Forams. Détritique fin Opaques 510 Mx argileux, Micarb, Aragonite (baguettes), Forams, Amorphes, Détritique grossier Opaques 513 Détritique grossier, Mx argileux, Forams, Micarb, Aragonite (baguettes), Nannos Opaques 519 Micarb. Nannos (MC), Aragonite (baguettes), Détritique grossier, Forams. Amorphes, Opaques anguleux 525 Amorphes, Aragonile (baguettes), Micarb. Forams, Détritique grossier, Nannos (MC) Opaques 535 Amorphes, Micarb. Nannos (MC), Aragonite (baguettes), Détritique tin. Forams 560 Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Amorphes, Détritique fin, Forams. Opaques 578 Amorphes. Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes), Détritique fin Opaques 609 Détritique grossier. Forams, grands mx argileux, Amorphes (jaunes), Micarb, Nannos (MC), Opaques 621 Amorphes (jaunes), Micarb, Détritique grossier, Aragonite (baguettes), Nannos (MC) Opaques 629 Verre basaltique altéré. Détritique grossier, Forams, Argiles, Opaques Micarb, Nannos 639 Amorphes (brun-jaune), Micarb. Nannos (MC), Forams, Aragonite (baguettes), Détritique fin. Globules bruns MC Opaques 646 Détritique grossier, Argiles. Vérre basaltique, Forams, Opaques, Micarb. Nannos 653 Micarb. Aragonite (baguettes), Nannos (MC), Globules amorphes (jaunes), Forams. Opaques, Détritique Globules amorphes (bruns) 664 Détritique grossier. Globules amorphes ou MC (brun-jaune), Forams, Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes) Opaques 672 Globules amorphes (jaunes), Détritique grossier. Micarb, Nannos (MC), Forams, Aragonite (baguettes) Opaques 681 Micarb. Nannos, Forams, Détritique grossier. Aragonite (baguettes), Globules amorphes (jaunes) Opaques 684 Détritique grossier. Micarb. Aragonite (baguettes), Forams, Globules amorphes (jaunes), Nannos (MC) Opaques 691 Composés amorphes ou MC (brun), Détritique. Forams Micarb, Nannos 694 Micarb. Globules MC (brun-jaune), Détritique grossier, Forams. Nannos Gros Opaques anguleux 697 Composés amorphes (jaune-brun), Globules bruns MC, Détritique grossier. Forams. Micarb. Nannos (MC), Aragonite Opaques 704 Micarb, Globules + ou - amorphes (jaunes), Forams, Détritique, Opaques 715 Globules bruns MC. Détritique grossier. Micarb. Nannos (MC) Opaques 720 Micarb. Forams, Détritique grossier, Opaques 730 Globules amorphes (brurvjaune), Détritique grossier, Micarb. Globules bruns MC Nannos (MC). Forams Opaques 732 Détritique grossier, Forams, Argiles. Verre basaltique, Micarb, Nannos (MC), Amorphes (jaunes) 734 Globules amorphes (jaune-brun), Détritique grossier, Forams, Micarb, Nannos (MC) Opaques 745 Détritique grossier. Opaques. Forams, Micarb. Nannos (MC), Argile brune 746 Micarb, Forams, Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Détritique grossier, Opaques Globules jaunes amorphes 751 Micarb,. Globules jaunes amorphes, Nannos (MC), Détritique fin Forams, Opaques 757 Amorphes jaunes + ou - globuleux, Micarb. Nannos (MC), Forams. Détritique grossier Opaques GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 201 Clément P. & Giannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 763 Globules jaunes amorphes. Micarb. Nannos (MC). Forams, Détritique fin, Opaques 777 Argiles brunes. Globules bruns opaques. Détritique grossier, Micarb. Nannos. Forams 789 Micarb. Nannos (MC), Détritique grossier. Forams, Globules jaunes amorphes Opaques 792 Détritique grossier. Argiles, Opaques. Forams, Globules bruns opaques. Globules jaunes amorphes Micarb, Nannos (MC) 799 Composés brun-jaune et Globules bruns amorphes, Détritique 1m, Forams. Micarb Nannos 816 Composés brun-jaune et Globules bruns amorphes. Détritique fin. Micarb. Nannos (MC). Forams, Opaques 834 Micarb, Nannos (MC). Détritique fin, Globules jaunes amorphes Opaques 837 Détritique grossier. Argiles, Forams, Grands Opaques, Micarb, Nannos (MC) Globules jaunes amorphes 845 Globules jaunes amorphes. Micarb, Nannos, Forams, Détritique fin Opaques 851 Micarb, Nannos. Argiles. Opaques. Détritique grossier, Forams 857 Composés bruns amorphes. Globules bruns MC. Détritique fin Micarb, Nannos (MC), Forams 871 Composés bruns amorphes. Globules bruns MC, Détritique fin Micarb, Nannos (MC). Forams 878 Composés jaunes amorphes, Micarb. Nannos (MC), Détritique tin, Forams, Globules brun-jaune amorphes Opaques 890 Composés bruns amorphes, Globules bruns MC, Détritique fin Micarb, Nannos (MC), Forams 893 Composés bruns amorphes, Globules bruns MC, Détritique fin Micarb. Nannos (MC), Forams 900 Détritique grossier. Argiles. Micarb. Nannos Aragonite (baguettes) 909 Détritique grossier. Argiles. Opaques. Composés amorphes jaunes, Forams, Micarb. Nannos (MC) 915 Composés jaune-brun amorphes, Globules bruns. Détritique fin, Micarb, Nannos (MC), Forams Opaques 916 Composés jaune-brun et Globules bruns amorphes. Nannos, Aragonite (baguettes), Dé-tntique grossier 919 Composés jaune-brun amorphes, Détritique fin, Micarb, Globules incolores de silice amorphe Nannos 922 Compo5é.s jaunes et Globules brun-jaune amorphes. Opaques, Aragonite Nannos (MC). Micarb, Détritique lin (baguettes) 924 Détritique grossier. Micarb. Nannos. Aragonite (baguettes). Globules jaunes amorphes, Forams, Opaques 929 Composés rouge brun amorphes (Goethite ou Hématite MC) Micarb, Nannos, Détritique 946 Composés brun-jaune amorphes. Globules bruns -r ou - opaques, Détritique fin, Nannos (MC). Forams Opaques 953 Détritique grossier. Forams. Gros Opaques Micarb, Nannos 956 Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Forams, Détritique fin, Globules jaunes amorphes Opaques 962 Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Forams, Globules jaunes amorphes. Détritique fin 969 Globules jaunes amorphes. Détritique grossier, Micarb, Nannos. Forams Opaques 984 Micarb, Nannos, Forams, Aragonite (baguettes), Globules jaunes amorphes, Opaques, Détritique fin Discoasters 987 id. id. 1021 id. id. 1106 id. id. 1176 id. id. 1257 id. id. 1297 id. id. 1337 id. id. 202 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge MD 81399 : Atlantis 11, bassin ouest. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 0 Smectite, Glauconie, Mnsidérite, Pyrite Quartz, Feldspaths 8 Smecîite. Glauconie, Pyrite. Mnsidérite Quartz 30 Smedite, Glauconie. Mnsidérite. Pyrite Quartz, Feldspaths 65 Glauconie TBC 82 Mnsidérite, Glauconie BC Silice biogène, Quartz 112 Pyrite. Silicates amorphes. Silice biogène, Forams, Anhydrite, Sphérules de silice amorphe Barytine, Détritique 121 Smedite brune BC, Glauconie 138 Glauconie BC Silicates amorphes 154 Goethile ou Lépidocrocite MC Mnsidérite 155 Silicates amorphes ou MC, Mnsidérite, Barytine Gypse 160 Goethile MC. Mnsidérite Quartz, Barytine 168 id. id. 172 Goethite BC Mnsidérite 180 Goethite BC (ou Hématite ?), Mnsidérite Détritique 187 Goethile TBC Mnsidérite, Détritique 194 Goethite BC Mnsidérite 197 Goethite BC Quartz 200 Goethile BC 203 Goethite TBC 206 Goethite BC 208 Goethite BC Détritique 228 Oxydes de Mn BC Quartz 243 Goethite TBC 247 Goethite BC Oxydes de Mn BC 249 Oxydes de Mn BC Quartz 251 Goethite MC ou Hématite Quartz 261 Oxydes de Mn BC Détritique, Mnsidérite (?) 275 Goethile MC, Forams, Quartz, Mnsidérite 277 Goethite MC, Mnsidérite Détritique 280 Goethite TBC Mnsidérite, Détritique 283 Goethite MC, Oxydes de Mn Quartz 297 Goethile MC. Silicates amorphes, Mnsidérite, Forams recristallisés Quartz 317 Goethite MC, Silicates amorphes, Forams recristallisés, Mnsidérite Glauconie. Détritique, Verre volcanique 334 Smectite brune MC, Glauconie BC. Mnsidérite Quartz 351 Goethite MC, Oxydes de Mn BC, Micarb, Mnsidérite Silice biogène, Quartz 364 Smectite brune MC. Carbonates biogènes recristallisés. Mnsidérite Quartz 371 Détritique. Smectite BC, Silicates amorphes, Carbonates recristallisés, Mnsidérite, Opaques Glauconie 380 Goethite MC Mnsidérite, Glauconie, Détritique 402 Smectite brune TBC Mnsidérite 404 Micarb, Nannos (BC), Forams. Glauconie BC. Opaques. Mnsidérite Silice biogène, Quartz 405 Micarb. Nannos (BC). Forams, Aragonite (?), Glauconie ou Smectite, Silice biogène, Silicates amorphes. Opaques Quartz 406 Silice blogéne, Micarb, Nannos (BC). Forams. Silicates + ou - amorphes. Aragonite, Détritique, Pyrite 407 Mnsidérite, Glauconie BC, Détritique, Pyrite 410 Smectite BC Mnsidérite, Pyrite 420 Glauconie BC. Mnsidérite Forams recristallisés, Détritique 424 Smectite brune. Glauconie. Mnsidérite Pyrite, Quartz, Silice biogène 430 Mnsidérite, Smectite brune Quartz 438 Smectite brune TBC, Mnsidérite Quartz, Verre volcanique 450 Smectite brune TBC, Mnsidérite Quartz GEODIVERSITAS * 1998 • 20(2) 203 Clément P. &c Giannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 458 Glauconie ou Smectite BC, Goethite MC, Mnsidérite Quartz, Pyrite 462 Smectite TBC 467 Glauconie TBC, Mnsidértte, Quartz Forams, Micarb 471 Smectite MC Nannos. Mnsidérite 475 Goethite TBC Quartz, Mnsidérite Ail Smectite brune TBC, Mnsidérite Quartz 482 Glauconie TBC. Mnsidérite 489 Goethite TBC Mnsidérite. Quartz 491 Goethite BC ou Hématite Mnsidérite 493 Goethite BC ou Hématite, Oxydes de Mn, Smectite brune, Glauconie Quartz. Mnsidérite 496 Goethite TBC, Hématite (?) Mnsidérite, Quartz 500 Oxydes de Mn TBC 502 Goethite TBC Mnsidérite, Quartz 522 Smectite brune TBC Mnsidérite 530 /ûf. id. 535 Mnsidérite 538 Glauconie TBC Quartz 542 Smectite ou Glauconie MC, Pyrite, Silice biogène, Micarb, Forams, Aragonite (?), Nannos (MC), Quartz Mnsidérite 544 Mnsidérite Détritique. Pyrite, Silice biogène 552 Mnsidérite, Carbonates biogènes, Sphérules de silice amorphe. Pyrite Silice biogène, Détritique, Blende 567 Pyrite, Silice biogène, Sphérules de silice amorphe, Micarb, Nannos (MC) Quartz, Blende 581 Pyrite, Silice biogène MC Gypse. Détritique 599 Pyrite, Silice biogène Forams, Blende. Détritique 612 Micarb, Nannos (MC), Mnsidérite. Silicates amorphes, Silice biogène, Pyrite, Glauconie, Sphérules de silice amorphe Détritique 617 Pyrite, Silice biogène, Glauconie Forams, Micarb. Détritique 618 Pyrite, Silice biogêne. Sphérules de silice amorphe, Glauconie Détritique 622 Mnsidérîte. Pyrite. Quartz, Smectite brune Sphérules de silice amorphe 635 Mnsidérite, Pyrite Quartz. Silice biogène 639 Pyrite. Mnsidérite, Silice biogène MC 641 Verre volcanique, Smectite brune, Mnsidénle, Glauconie Pyrite. Silice biogène 645 Glauconie TBC, Mnsidérite Pyrite 647 Mnsidérite. Verre volcanique, Smectite ou Glauconie Opaques 654 Glauconie MC. Pyrite. Silice biogéne 666 Smectite borne MC, Glauconie BC, Verre volcanique. Mnsidérite Forams 674 Silicates amorphes. Pyrite. Mnsidérite Silice et Carbonates biogènes, Quartz 682 Smectite brune TBC, Verre volcanique Mnsidérite 706 Mnsidérite. Glauconie BC Verre volcanique, Quartz 709 Glauconie BC Pyrite 716 Glauconie BC. Pyrite, Mnsidérite Silice biogène, Micarb 725 Glauconie TBC, Pyrite Silice biogène 728 Pyrite, Silice biogène, Micarb Nannos (MC), Sphérules amorphes 734 Mnsidérite, Micarb. Carbonates biogènes recristallisés, Pyrite 738 Glauconie TBC 752 Pyrite, Sphérules de silice amorphe, Silice biogène Micarb. Détritique, Blende, Gypse 761 Gypse, Pyrite, Mnsidérite, Silicates amorphes Silice biogène, Verre volcanique, Quartz 766 id id. 778 Goethite TBC Mnsidérite 783 Composés amorphes, Débris carbonatés recristallisés, Mnsidérite Quartz 204 GEODIVERSITAS 0998 • 20(2} Sédiments métallifères des fosses de la mer Roug( Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 787 Micarb, Forams, Aragonite (?), Composés amorphes, Détritique, Glauconie, Amas carbonatés Nannos (MC) 797 Pyrite grossière. Détritique Forams 805 Carbonates et Silice biogènes. Pyrite. Détritique Verre volcanique 812 Goethite ou Lépidocrocite, Mnsidérite, Pyrite Détritique, Silice biogène 817 Goethite BC. Mnsidérite Micarb, Quartz 819 Carbonates bïogènes recristallisés en Mnsidérite, Composés amorphes Quartz 822 Micarb, Nannos (BC)^ Aragonite (?), Forams, Quartz Opaques 828 Goethite BC. Mnsidérite Micarb, Quartz 830 Micarb. Nannos (BC). Aragonite (?), Quartz, Composés amorphes 840 Composés rouges MC, Barytine (?), Mnsidérite 847 Micarb Aragonite, Quartz, Nannos recristallisés 855 Micarb, Nannos (BC), Forams, Aragonite, Amas carbonatés, Pyrite, Détritique 860 Micarb. Aragonite (?). Quartz 863 Carbonates biogènes recristallisés, Amas carbonatés, Quartz Opaques. Composés amorphes 880 Carbonates biogènes recristallisés, Amas carbonatés. Quartz, Composés amorphes 886 Micarb, Détritique 890 Carbonates biogènes + ou - recristallisés, Amas carbonatés, Détritique. Composés amorphes Opaques 893 Carbonates biogènes + ou - recristallisés. Smectite ou Glauconie, Détritique, Opaques (Pyrite?) 894 Carbonates biogènes. Aragonite. Pyrite Quartz 895 Pyrite. Glauconie ou Smectite, Carbonates biogènes. Détritique 897 Nannos, Micarb. Forams. Aragonite (?). Détritique, Pyrite 898 Lépidocrocile ou Goethite MC, Micarb, Nannos, Forams, Aragonite (?), Détritique 900 Goethite ou Lépidocrocite BC Nannos et Forams recristallisés 901 Micarb. Nannos. Forams. Aragonite (?), Lépidocrocite ou Goethite MC, Détritique Nannos 905 Micarb. Nannos. Forams. Aragonite (?). Quartz Pyrite 909 Goethite ou Lépidocrocite BC Nannos et Forams recristallisés 911 Micarb. Forams, Aragonite (baguettes), Nannos (MC), Quartz Composés amorphes 913 Lépidocrocite MC, Micarb, Nannos (MC), Forams, Aragonite (?) 915 Micarb, Nannos. Forams, Aragonite (?), Détritique Pyrite 916 ià. id. 925 Cartxinates très recristallisés 936 Micarb, Nannos, Forams, Aragonite (?), Détritique 944 Lépidocrocite ou Goethite Carbonates MD 81403; : Atlantis II, bassin est. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 0 Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Smectite Forams, Nannos, 61 id. Détritique, Mnsidérite id. 147 Smectite Quartz, Nannos, Mnsidérite GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 205 Clément P. & Giannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 192 Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Smectite, Micarb, Mnsidérite. Opaques Forams. Nannos, Détritique, Glauconie 218 Micarb, Nannos, Silicates et Oxy-Hydroxydes amorphes, Forams Mnsidérite, Opaques. Détritique,Glauconie 232 Smectite, Oxy-hydroxydes amorphes. Micarb Glauconie Quartz* Forams. Opaques, 249 Smectite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Micarb, Quartz, Opaques, Glauconie 286 Smectite, Oxy-hydroxydes amorphes Carbonates biogènes. Opaques. Glauconie 331 Smectite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Micarb. Quartz 342 Smectite. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Glauconie Détritique. Micarb, Opaques 352 Glauconie. Mnsidérite Opaques. Pyrite 353 Mnsidérite, Glauconie Opaques. Carbonates. Anhydrite 375 Smectite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Glauconie Micarb. Nannos. Forams, Quartz 451 Opaques. Smectite. Glauconie Quartz. Nannos. Silicates amorphes 464 Smectite Quartz. Glauconie, Silicates amorphes 487 Smectite, Glauconie, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Opaques. Pyrite, Quartz 488 Goethite Oxy-hydroxydes amorphes, Opaques 505 Glauconie Micarb. Nannos. Opaques, Pyrite 507 Mnsidérite, Glauconie Détritique, Opaques. Pyrite, Anhydrite 518 Mnsidérite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Anhydrite Opaques, Pyrite Nannos, Glaucome 525 Mnsidérite. Glauconie Opaques. Quartz, Forams 546 Glauconie. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Micarb, Nannos, Forams, Silice biogène Sphérules amorphes. Anhydrite. Opaques 555 Smectite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Mnsidérite Micarb, Nannos, Glaucome, Opaques 560 Mnsidérite, Silicates amorphes. Détritique fin Glauconie, Silice et carbonates biogènes 569 Smectite, Carbonates authigènes et détritiques Oxy-hydroxydes amorphes, Détritique 576 Goethite Détritique, Opaques 586 id. id. 592 Goethite, Opaques Détritique Mnsidérite 598 Goethite Opaques. Quartz. Micarb 600 id. id. 616 Micarb, Nannos, Forams, Détritique, Verre volcanique Opaques 617 Micarb. Nannos. Silicates amorphes Forams. Détritique, Opaques, Verre vole. 622 Opaques, Goethite, Composés amorphes Carbonates biogènes. Détritique 625 Micarb, Forams. Nannos. Silicates amorphes, Détritique, Verre volcanique Discoasters, Opaques 635 Silicates amorphes. Smectite, Micarb, Nannos Quartz. Opaques 648 Glauconie Carbonates et Silice biogènes, Mnsidérite 650 Mnsidérite, Micarb, Nannos, Carbonates authigènes Détritique. Glauconie. Forams, Amorphes 206 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 658 Mnsidérite, Silicates amorphes Détritique, Smectite, Pyrite. Glauconie 659 Glauconie Opaques. Pyrite, Diatomées 669 Smeclite, Glauconie, Silicates amorphes Micarb, Forams, Opaques 682 Smectite, Silicates amorphes Glauconie, Détritique, Bioclastes 776 Smectite Glauconie, Opaques, Micarb. Quartz 826 Mnsidérite Détritique, Glauconie. Opaques, Micarb 828 Glauconie Opaques, Silice biogène 834 Micarb, Nannos, Opaques, Silice biogène, Sphérules de silice amorphe Forams. Glauconie, Silicates amorphes 842 Opaques. Pyrite Détritiquei Nannos, Micarb, Silice biogène 856 Silicates amorphes, Micarb, Nannos, Mnsidérite, Opaques Diatomées. Glauconie. Anhydnte, Forams 860 Mnsidérite, Opaques Quartz. Silicates amorphes. Glauconie 873 Opaques. Pyrite, Silice biogène Micarb, Forams. Sphérules amorphes 885 Glauconie, Micarb. Nannos, Mnsidérile, Opaques Forams, Détritique, Silice biogène 890 Mnsidérite, Opaques, Micarb, Silice biogene Détritique, Smectite. Sphérules amorphes 901 Micarb, Nannos, Opaques, Silicates amorphes, Détritique Mnsidérite, Sphérules amorphes 904 Opaques, Silicates amorphes, Smectite, Détritique Mnsidérite, Silice biogène. Verre vole. 907 Opaques. Sphérules de silice amorphe Silice biogène. Micarb. Forams 912 Mnsidérite. Opaques Quartz, Silicates amorphes, Diatomées 916 Opaques (Pyrite ?), Micarb, Nannos, Mnsidérite, Silice biogène Forams. Silicates amorphes. Glauconie 923 Smectite Mnsidérite, Micarb 933 Calcite aulhigène Détritique. Silicates amorphes, Diatomées 940 Opaques (Pyrite ?), Sphérules amorphes, Silice biogène, Micarb Quartz. Mnsidérite 945 Smectite Opaques, Quartz. Mnsidérite 958 Smectite. Mnsidérite (?) Forams. Opaques. Détritique, Verre vole. 963 Opaques (Pyrite ?). Silice biogène, Sphérules de silice amorphe Micarb. Mnsidérite, Détritique 973 Silicates amorphes, Mnsidérite Micarb. Opaques. Verre volcanique 984 Opaques, Silice biogène. Mnsidérite. Micarb Détritique. Silicates amorphes. Glauconie 994 Opaques, Micarb, Nannos Détritique, Mnsidérite, Amorphes. Diatomées 1003 Smectite. Micarb. Nannos Verre volcanique. Quartz 1012 Silicates amorphes, Mnsidérite, Micarb, Smectite Forams, Opaques, Quartz, Verre volcanique 1034 Mnsidérite Opaques. Quartz, Micarb 1041 Mnsidérite, Opaques Smectite, Amorphes, Quartz, Glauconie GEODIVERSITAS • 1998 « 20(2) 207 Clément P. & Giannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 1052 Opaques (Pyrite ?), Silice biogène Micarb, Quartz, Forams, Verre volcanique 1062 Goethite, Silicates amorphes Micarb, Nannos, Forams, Quartz 1064 Silicates amorphes, Micarb, Nannos, Forams Opaques, Quartz, Smectite. Mnsidérite 1065 Micarb, Nannos. Forams Glauconie, Opaques, Quartz. Verre vole. 1067 Goethite Nannos, Micarb, Opaques 1069 Micarb, Nannos. Forams Quartz, Glauconie. Silicates amorphes 1071 Micarb, Nannos, Forams. Silicates amorphes. Opaques Quartz. Glauconie. Verre volcanique 1075 Micarb, Nannos, Forams, Glauconie, Quartz. Opaques Silicates amorphes 1080 Micarb. Nannos. Opaques. Smectite, Quartz, Forams Silicates amorphes 1109 Goethite Quartz, Micarb. Nannos 1120 Goethite. Silicates amorphes Quartz, Opaques. Micarb 1125 Goethite ou Lépidocrocite Détritique, Micarb. Opaques 1129 Micarb, Nannos. Forams Détritique, Silicates amorphes. Verre vole. 1133 Micarb, Nannos. Détritique, Opaques, Forams Smectite. Mnsidérite, Silicates amorphes 1138 Micarb. Nannos. Forams, Opaques Quartz, Glauconie, Silicates amorphes 1150 Goethite Mnsidérite. Forams, Opaques 1157 Opaques, Forams, Micarb, Nannos. Quartz Smectite. Silicates amorphes 1162 Goethite Mnsidente, Forams 1177 Goethite, Mnsidérite Opaques. Forams. Barytine 1213 Micarb, Nannos. Forams. Silicates amorphes Opaques, Glaucome. Quartz 1228 Goethite, Mnsidérite Micarb, Opaques 1234 Mnsidérite, Opaques Quartz. Silicates amorphes 1244 Goethite Verre volcanique. Opaques 1256 Mnsidérite Quartz. Silicates amorphes. Forams 1261 Goethite, Verre volcanique Forams. Mnsidérite, Quartz. Opaques 1280 Goethite Mnsidérite, Opaques 1310 Goethite Opaques. Mnsidérite. Nannos, Forams 1325 Micarb, Nannos, Silicates amorphes. Détritique Opaques, Glauconie, Verre volcanique 1335 Micarb, Nannos, Forams Silicates amorphes. Détritique, Verre vole. 1355 Micarb, Nannos. Silicates amorphes Détritique. Opaques. Glauconie. Verre vole. 1368 Composés amorphes (Oxy-hydroxydes ?) Carbonates biogénes, Détritique. Mnsidérite 1380 Micarb, Nannos, Carbonates détritiques, Détritique, Calcite authigène, Silicates amorphes Verre volcanique. Opaques 1400 Micarb, Nannos, Carbonates détritiques Opaques, Détritique, Silicates amorphes 208 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 1408 Goethite, Micarb, Nannos Quartz, Opaques 1417 id. id. 1421 1433 Micarb. Nannos. Forams. Silicates amorphes, Opaques, Détritique Micarb, Nannos. Forams, Silicates amorphes Verre vole., Opaques. 1458 Goethite Glauconie, Détritique Détritique. Opaques, 1467 1494 Micarb, Nannos. Forams. Opaques, Silicates amorphes Micarb, Nannos, Forams, Détritique Quartz, Barytine (?) Opaques, 1544 Micarb, Nannos. Forams, Silicates amorphes, Opaques Silicates amorphes Quartz MD 81404 ; Atlantis II, Nord Passage. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 0 Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes. Glauconie Carbonates biogènes. 20 id. Détritique, Diatomées id. 37 Goethite Carbonates biogènes, 40 Glauconie, Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes, Smectite Détritique. Glauconie Carbonates biogènes, 43 Glauconie Détritique, Mnsidérite Silicates amorphes, 60 Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes. Glauconie, Mnsidérite Quartz. Opaques Carbonates biogènes. 80 id. Quartz, Opaques id. 100 id. id. 120 Glauconie, Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes, Mnsidérite, Détritique, Opaques 140 Micarb, Nannos, Forams id. Quartz, Opaques, 170 Glauconie. Silicates amorphes. Micarb, Nannos, Forams, Opaques Barytine (?) Quartz 190 Glauconie, Micarb, Nannos. Forams. Opaques, Détritique, Mnsidérite 210 Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes Glauconie. Silicates amorphes, Micarb, Nannos, Forams, Opaques Mnsidérite, Détritique 230 id. id. 250 id. id. 270 id. id. 278 Glauconie Opaques 287 Opaques. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes. Carbonates biogènes, Sphérutes de silice amorphe Diatomées, Barytine 290 id- id. 307 Glauconie. Silicates amorphes Détritique, Barytine (?) 320 Goethite, Mnsidérite. Glauconie Quartz 323 Silicates amorphes, Glauconie MC, Mnsidérite, Quartz, Nannos, Opaques 336 Oxy-hydroxydes amorphes Goethite MC. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Mnsidérite, Glauconie 350 Goethite BC Détritique, Mnsidérite 366 Goethite. Silicates amorphes Quartz, Opaques. 375 Glauconie, Goethite MC Mnsidérite, Glauconie Détritique, Opaques 377 id. id. 390 Goethite MC, Barytine, Mnsidérite Détritique GEODIVERSITAS • 1990 • 20(2) 209 Clément P. & Giannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 413 Mnsidérite. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Détritique, Opaques. Glauconie 422 Goethite MC Glauconie. Mnsidérite, Détritique, Opaques 424 Goethite id 430 a Mnsidérite, Micarb Détritique, Amorphes, Glauconie. Nannos 430 b Smectites, Silicates amorphes id 437 Smectite. Silicates amorphes. Mnsidérite. Glauconie Quartz. Micarb. Opaques 446 Glauconie. Mnsidérile Quartz, Opaques. Silicates amorphes 456 Glauconie, Oxy hydroxydes amorphes. Mnsidérite Détritique, Diatomées, Silicates amorphes 460 Glauconie. Opaques, Mnsidérite, Sulfures amorphes ?. Oxy-hydroxydes amorphes 480 Smectite, Silicates amorphes, Mnsidérite. Oxy-hydroxydes amorphes Micarb. Opaques, Glauconie 506 Goethite, Oxy-hydroxydes amorphes Détritique. Barytme, Mnsidérite, Glauconie 525 Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Mnsidérite, Glauconie Micarb, Quartz Opaques 560 Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes. Glauconie Détritique. Mnsidérite. Nannos. Opaques 565 Glauconie Amorphes. Opaques. Mnsidénte. Micarb 567 Mnsidérite, Micarb Opaques, Nannos 577 id id 585 Opaques (Pyrite ?), Silicates amorphes, Silice biogène, Glauconie Détritique. Sphérutes amorphes. Verre vote. 595 Opaques. Silicates amorphes, Mnsidérite Détritique. Silice biogène 606 Glauconie, Carbonates détritiques, Silicates amorphes Micarb, Nannos. Diatomées, Mnsidérite 625 Smectite. Silicates amorphes, Glauconie, Oxy-hydroxydes amorphes Quartz. Micarb. Mnsidérite 640 Glauconie. Opaques Sulfures amorphes ? 659 Glauconie Opaques, Sulfures amorphes 670 Mnsidérile, Glauconie. Opaques Détritique. Verre vole., Diatomées, Amorphes 680 Micarb, Aragonite (Baguettes), Nannos, Forams, Détritique, Mnsidérite Glauconie. Opaques, Verre volcanique 684 Goethite. Mnsidérite, Micarb Opaques. Carbonates biogènes, Glauconie 700 Goethite Quartz, Opaques. Mnsidérite, Verre vole. 730 Micarb, Aragonite (baguettes), Nannos, Forams. Détritique, Mnsidérite Glauconie, Opaques. Verre volcanique 732 Opaques, Micarb. Détritique, Nannos, Silicates amorphes Forams. Glauconie. Mnsidérite 735 Micarb, Calcite authigène Détritique, Opaques, Verre vole.. Glauconie 738 id id. 746 Goethite Opaques 760 Goethite Mnsidérite, Opaques. * Verre volcanique 770 Goethite, Silicates amorphes, Mnsidérite Quartz, Opaques, Micarb, Nannos 774 Opaques (Pyrite), Silicates amorphes, Micarb Quartz. Mnsidérite, Nannos. Verre vole. 210 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 777 Opaques (Sulfures ?) Micarb, Nannos, Amorphes, Mnsidérite 780 Opaques, Mnsidérite, Carbonates détritiques Silicates amorphes, Quartz. Micarb 825 Anhydrite, Opaques (Pyrite ?) 877 id. Silicates amorphes MD 81408; ; bassin de Wando. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 0 Aragonite. Nannos. Forams. Goethite MC Détritique, 10 Oxydes de Mn BC, Mnsidérite Verre volcanique Détritique. Nannos 13 Goethite MC, Carbonates aulhigènes. Détritique, Nannos 19 Glauconie (?). Nannos, Micarb, Forams, Composés amorphes Détritique, Opaques 26 Smeclite, Nannos, Micarb Glauconie BC, Opaques, 44 Goethite MC, Mnsidérite (?) Détritique Quartz. Nannos, Forams 45 Oxydes de Mn BC. Nannos. Micarb. Carbonates authigènes Quartz, Forams 47 Calcite aulhigène, Micarb et Nannos recristallisés 48 Nannos. Micarb, Forams. Aragonite, Composés amorphes Quartz 53 Goethite BC Quartz, Nannos 65 Forams. Micarb, Nannos. Aragonite. Composés amorphes, Quartz 72 Micarb. Forams. Aragonite Nannos 84 Goethite BC Mnsidérite, Quartz 95 Mnsidérite, Aragonite (?). Quartz Détritique, Nannos, 127 Forams, Nannos (MC). Micarb. Aragonite, Quartz Composés amorphes 138 Goethite BC. Mnsidéhle 142 Nannos. Micarb, Aragonite, Goethite, Quartz, Forams 147 Nannos. Micarb, Smectite MC ou Goethite MC Quartz 207 Nannos Micarb, Smeclite ou Goethite MC Quartz 266 Nannos. Micarb. Aragonite. Forams. Goethite ou Smectite MC Quartz 281 Forams. Goethite ou Smectite MC, Micarb, Nannos, Quartz 288 Forams recristallisés. Amas carbonates, Micarb, Nannos, Aragonite Quartz, 290 Smectite Carbonates authigènes Nannos 291 Goethite BC Nannos 298 Nannos. Micarb, Aragonite, Forams recristaltisés Quartz, 311 Composés amorphes, Micarb, Nannos. Forams. Quartz. Aragonite (?) Composés amorphes 329 Nannos, Micarb, Forams. Composés amorphes, Quartz Calcite authigène 333 Composés amorphes, Forams. Micarb. Amas carbonatés. 340 Nannos (MC), Aragonite (?). Quartz Forams. Micarb. Amas carbonatés. Nannos recristallisés, Quartz Aragonite (?) 342 Nannos recristallisés. Aragonite (?). Micarb. Forams Détritique, Argiles 353 Opaques (Sulfures), Composés amorphes, Forams, Nannos, Micarb Détritique 368 Composés amorphes. Nannos. Micarb, Forams, Aragonite, Quartz 372 Micarb, Forams et Nannos rechstallisés, Opaques. Quartz Aragonite (?) 379 Nannos et Forams recristallisés, Aragonite (?), Composés amorphes, 393 Opaques, Quartz id. 410 Micarb, Forams et Nannos recristallisés, Micarb, Calcite authigène, Discoasters Opaques, Quartz GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 211 Clément P. & Giannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 411 Amas carbonalés, Hématite, Micarb Quartz, Nannos, Aragonite 416a Micarb, Forams, Nannos recristallisés, Aragonite (?), Composés amorphes, Quartz 416 b Sphérules opaques. Composés amorphes. Amas carbonatés, Forams- Nannos, Quartz 434 Hématite. Amas carbonatés, Micarb. Quartz. Nannos recristallisés Calcite authigène, Opaques 442 Hématite. Mnsidérile, Opaques (Oxydes de Mn ?)„ Forams, Micarb Quartz. Nannos 446 Hématite. Micarb. Nannos recrislallisés. Amas carbonatés Quartz 448 Opaques (Sulfures). Composés amorphes, Micarb, Nannos recristallisés, Smectite Quartz, Verre volcanique 457 Hématite, Micarb Nannos recristallisés, Quartz 469 Hématite, Micarb id. 475 Hématite Micarb, Amas carbonatés 478 Smectite, Opaques Détritique, Micarb 480 Hématite, Smectite Forams. Micarb. Quartz 489 Hématite, Micarb. Aragonite (?). Amas carbonatés Quartz. Nannos, Mnsidérite, Opaques 499 Micarb, Amas carbonatés. Composés + ou - amorphes Détritique 507 Verre volcanique Smectite, Opaques Quartz, Amas carbonatés 510 Hématite Quartz 512 Smectite. Pyrite Micarb, Amas carbonatés 513 Micarb, Amas carbonatés. Pyrite (?) 518 Hématite, Amas carbonatés, Micarb. Opaques MD 81409: : Atlantis II, bassin sud-ouest. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 9 Oxydes et Silicates amorphes, Smectite MC Glauconie, Nannos 10 Smectite MC. Composés amorphes Mnsidérite, Pyrite. Forams, 30 Smectite MC, Corrrposés amorphes, Glauconie Gypse Nannos, Pyrite, Mnsidérite, 51 Smectite BC Quartz Glauconie, Verre 58 Pyrite, Opaques, Anhydrite volcanique, Opaques Quartz. Nannos 60 Glauconie ou Smectite, Hématite Nannos. Pyrite 72 Glauconie ou Smectite, Mnsidérite Verre volcanique, Nannos, 105 Smectite, Composés amorphes, Glauconie BC Quartz Détritique, Mnsidérite, 113 Smectite MC, Composés amorphes Gypse. Forams Glauconie. Forams. 124 Smectite BC. Glauconie. Pyrite Nannos. Mnsidérile Calcite, Quartz 132 Glauconie BC. Pyrite, Opaques, Smectite BC, Anhydrite Détritique, Mnsidérite, 149 Glauconie BC. Smectite MC, Composés amorphes, Opaques, Nannos Quartz 160 Pyrite, Nannos. Micarb. Mnsidérite (?) Glauconie, Pyrite, Opaques, Micarb. Nannos, Forams, Quartz. Anhydrite 186 Mnsidérite, Srnectite. Composés amorphes Smectite, Pyrite, Composés amorphes, Mnsidérite Micarb. Nannos 214 Silicates amorphes, Amas carbonatés Micarb, Quartz 220 Smectite MC, Pyrite, Mnsidérite (?) Quartz. Forams, Micarb, Nannos 212 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 240 Smectite, Glauconie, Composés amorphes, Micarb, Nannos, Forams Quartz, Pyrite 253 Smectite, Pyrite, Mnsidérite Anhydrite, Micarb 255 Pyrite, Blende, Glauconie BC Silice biogéne. Quartz, Composés amorphes 260 Glauconie ou Smectite, Pyrite Détritique 267 Smectite BC, Pyrite Nannos, Micarb 295 Glauconie. Smectite. Pyrite, Blende Détritique, Forams, Diatomées. Détritique 320 Blende, Pyrite Quartz. Silice biogène 338 Blende, Pyrite Quartz, Silice biogène, Smectite 348 Glauconie BC Pyrite 372 Pyrite, Blende, Mnsidérite Quartz, Anhydrite, Barytine 374 Composés amorphes, Goethite MC Mnsidérile. Pyrite 381 Anhydrile. Mnsidérite (?), Pyrite Détritique 384 Goethite ou Smectite MC. Mnsidérite Quartz 390 Composés amorphes. Carbonates Nannos, Quartz 395 Smectite BC, Mnsidérite. Micarb Composés amorphes, Quartz 399 Anhydrite, Mnsidérite. Composés amorphes, Pyrite Quartz 402 Pyrite, Anhydrile. Mnsidérite Quartz, Silice biogène 403 Pyrite, Composes amorphes. Mnsidérite Quartz 410 Goethite BC, Composés amorphes, Mnsidérite Quartz, Anhydrite 425 Anhydrite. Composés amorphes, Mnsidérite, Goethite MC 440 Goethite, Verre volcanique Détritique, Mnsidérite 446 Goethite MC, Mnsidérite Quartz 451 Goethite BC Mnsidérite 488 Hématite MD 81412 ; ; Néréus. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 5 Micarb, Nannos, Aragonite (baguettes), Oxy hydroxydes amorphes Détritique, 7 Oxy-hydroxydes de Fe et de Mn + ou - amorphes. Silicates amorphes Silicates amorphes Nannos. Quartz. 9 Nannos, Forams, Micarb. Aragonite (baguettes). Silicates amorphes Carbonates détritiques Détritique, Opaques 13 Micarb. Carbonates détritiques, Nannos. Forams Pyrite, Oxy-hydroxydes et 18 Oxy-hydroxydes de Fe et de Mn + ou - amorphes, Nannos, Silicates amorphes Forams, Quartz 23 Aragonite (baguettes). Silicates amorphes Glauconie BC. Détritique, Micarb. Nannos, Opaques (Pyrite ?), 27 Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Glauconie BC. Détritique, Micarb. Carbonates détritiques, Nannos 34 Opaques (Pyrite), Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Nannos, Micarb Forams, Glauconie, 36 Composés amorphes. Smectite MC, Nannos, Micarb Détritique, Opaques Forams, Quartz, 38 Composés amorphes. Nannos, Micarb, Smectite Calcite authigène id. 42 Nannos, Micarb, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Smectite, Calcite authigène, Forams, Détritique, Opaques Glauconie (?) GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 213 Clément P. 6c Gîannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 43 Nannos, Micarb, Opaques Composés amorphes. Quartz, Glauconie 44 Nannos, Micarb, Glauconie. Oxy-hydroxydes amorphes Opaques. Quartz 48 a Oxy-hydroxydes amorphes, Nannos, Micarb Forams, Quartz, Opaques 48 b Carbonates recristallisés, Nannos Opaques. Smectite 51 id. id. 52 Goethite MC Nannos, Micarb 80 Nannos, Micarb, Forams Glaucome Composés amorphes. Détritique 82 Oxy-hydroxydes amorphes, Nannos, Micarb Quartz, Opaques, Forams 83 Nannos, Micarb. Oxy hydroxydes amorphes Quartz, Opaques 100 Silicates amorphes Nannos. Micarb. Opaques 102 Glauconie. Micarb, Nannos, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Opaques. Ouartz, Pyrite 104 Nannos, Micarb, Silicates amorphes. Forams Opaques. Pyrite, Quartz 106 Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Micarb, Nannos. Opaques (Pyrite ?) Glauconie. Quartz 107 Hématite. Opaques (Pyrite ?) Nannos. Micarb 115 Nannos, Micarb. Smectite. Opaques Quartz 130 Micarb, Nannos Opaques. Smectite, Silicates amorphes 136 Smectite, Calcite aulhigène. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Opaques, Nannos, Mnsidérite 140 Nannos, Micarb, Opaques, Smectite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Quartz. Forams 156 Smectite. Oxy-hydroxydes amorphes, Opaques, Nannos, Micarb Forams, Quartz, Mnsidérite 166 Smectite Opaques. Pyrite. Nannos, Micarb 172 Hématite BC Carbonates détritiques 187 Smectite, Hématite MC. Micarb. Carbonates détritiques Nannos, Opaques. Quartz, Mnsidérite 191 Smectite, Carbonates détritiques. Micarb. Hématite Opaques 194 Glauconie, Micarb, Carbonates détritiques Nannos, Opaques 195 Hématite BC Micarb 197 Micarb, Carbonates détritiques. Smectite ou Glauconie Quartz. Opaques 206 Smectite. Micarb. Carbonates détritiques. Opaques, Nannos, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Mnsidérite 220 Hématite. Micarb, Carbonates détritiques, Opaques 225 Hématite Opaques, Mnsidérite 228 Smectite, Micarb, Nannos Opaques. Quartz. Forams 230 Micarb. Nannos. Smectite id. 234 Micarb, Smectite, Nannos, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes. Opaques Forams, Glauconie, Ouartz 240 Smectite. Micarb, Nannos, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Forams, Quartz, Opaques 244 Hématite Micarb. Quartz 260 Smectite. Micarb, Nannos, Opaques Forams. Quartz 272 Opaques (sulfures) Micarb, Nannos 286 Micarb, Smectite Nannos. Forams, Quartz, Opaques 291 Goethite MC, Oxy-hydroxydes amorphes, Micarb Quartz. Nannos 295 Micarb, Smectite Opaques. Quartz, Mnsidérite. Nannos 296 Micarb Opaques. Smectite, Nannos. Mnsidérite 214 GEODIVERSITAS • 1998 * 20 (2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt ANNEXE? ANALYSES DIFFRACTOMÉTRIQUES Le niveau cumulé correspond à la cote en centimètres de Téchantillon dans la colonne sédimentaire. Les composants sont indiqués par ordre d'importance. Composant ; TB, 1 res bien cristallisé ; BC, bien cristallisé ; MC, mal cristallisé. Mnsidérite : Manganosldérite. CaMg : Calcite magnésienne. MD 81388 : Commission I. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 2 Calcite. Illite, Quartz, Chlorite, CaMg, Détritique Kaolinite, Aragonite. Dolomite 7 Calcite. Illtle. Quartz. Chlorite, Détritique CaMg. Aragonite. Kaolinite, Dolomite 30 Calcite, Illite, Quartz, Chlorite, CaMg. Détritique Kaolinite. Dolomite. Aragonite 54 id. id. 80 Calcite, CaMg, Quartz Illite, Chlorite. Kaolinite, Dolomite, Goethite 85 Calcite. CaMg, Oxydes de Mn + ou - amorphes probables Quartz, Illite. Kaolinite, Smectite 119 Calcite. CaMg. Quartz. Illite, Chlorite Aragonite, Dolomite Kaolinite, Goethite 134 Illite, Détritique, Calcite. Quartz, Aragonite, Chlorite Dolomite. CaMg 140 Calcite. CaMg, Quartz Illite, Chlorite, Oélrilique. Goethite, Aragonite 155 Quartz, Calcite, CaMg, Illite, Chlorite, Détritique Kaolinite, Aragonite, Dolomite 188 Calcite. CaMg, Quartz Illite, Chlorite. Oélrilique, Aragonite 189 Calcite, CaMg, Quartz Illite, Chlorite, Oxydes de Mn (?) 214 Calcite. Quartz, Illite, Chlorite, CaMg, Détritique Aragonite, Dolomite, Kaolinite 230 Calcite. CaMg, Quartz. Illite. Chlorite Détritique. Aragonite, Dolomite, Goethite 236 Quartz. Calcite. CaMg. Illite, Chlorite. Détritique Aragonite, Dolomite 247 Calcite. CaMg, Quartz Détritique, Illite. Kaolinite, Aragonite. Goethite 251 Quartz. Calcite, CaMg. Illite, Chiorite. Détritique Aragonite. Dolomite, Kaolinite 257 Calcite, CaMg Illite, Chlorite, Détritique, Aragonite, Goethite 265 Calcite. CaMg, Goethite lllile, Chlorite. Détritique, Manganite 315 Calcite, CaMg, Quartz, Illite, Chlorite Détritique, Aragonite, Goethite 320 Calcite, CaMg, Quartz, Détritique, Illite, Chlorite Aragonite, Dolomite, Kaolinite 325 Quartz. Détritique, lllile, Chlorite, Calcite, Aragonite CaMg, Dolomite 330 Calcite, Composés MC, Goethite. Hématite Chlorite, CaMg, Aragonite 336 Calcite. CaMg. Oxydes de Mn probables Goethite, Quartz, Aragonite 340 Calcite. Goethite Hématite. Quartz, Détritique, Aragonite, CaMg 373 Quartz, Calcite, lllile. Chlorite, Détritique. CaMg Goethite, Hématite, Dolomite, Oxydes de Mn (?) 389 Calcite, Quartz. Illite, Chlorite, Détritique. CaMg Kaolinite, Dolomite. Aragonite 410 Quartz, Détritique. Calcite. Illite. Chlorite, CaMg Aragonite, Dolomite, Kaolinite 418 Quartz, Calcite, Détntoque. Illite. Chlorite Goethite, Hématite, CaMg, Dolomite, Kaolinite 427 Quartz. Détritique, lllile, Chlorite, Calcite CaMg, Aragonite. Dolomite, Pyrite (?) 443 Quartz, Calcite. CaMg, Aragomte. Détritique Illite, Chlorite, Dolomite 450 Aragonite, Quartz, Calcite. Détritique. CaMg Illite, Chlorite, Goethite. Anhydrite 455 Aragonite. Quartz. Détritique, Calcite. Illite CaMg, Chlorite 461 CaMg. Calcite, Goethite, Quartz. Illite, Chlorite Détritique, Dolomite. Aragonite, Manganite (?) 476 Quartz, Calcite, CaMg, Illite, Chlorite, Détritique, Aragonite Goethite, Dolomite GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 215 Clément P. & Giannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 479 506 519 525 535 560 578 585 609 621 629 639 646 653 664 672 677 681 684 691 694 697 704 715 730 732 734 745 746 751 757 763 775 777 792 799 816 837 845 851 857 871 878 890 893 900 909 919 922 924 929 953 956 962 Aragonite, CaMg, Calcite. Quartz CaMg, Calcite, Quartz. Illite, Chlorite, Détritique Calcite, CaMg, Quartz, llltle, Chlorite CaMg, Quartz, Calcite* Détritique Quartz. Goethite. CaMg. Calcite, lllite, Chlorite, Détritique CaMg, Calcite, Quartz, Détritique, lllite, Chlorite Calcite, CaMg. Quartz, lllite, Chlorite CaMg, Calcite, Quartz. Oxydes de Mn + ou - amorphes probables Quartz, Détritique. Calcite, lllite Quartz, Calcite, CaMg, IHite. Chlorite, Dolomite Quartz, Détritique, lllite, Chlorite. Calcite Quartz. Goethite. Détritique. Calcite lllite. Quartz, Détritique. Chlorite, Calcite CaMg. Calcite, Quartz, lllite, Chlorite, Détritique Quartz, Détritique, lllite. Chlorite, Calcite Quartz. Détritique, Calcite. mile. Chlorite Quartz, Détritique. Calcite, lllile, Chlorite Quartz, Calcite. CaMg. Dolomite, lllite, Chlorite, Détritique Quartz, Détritique. Calcite, CaMg, lllite, Chlorite Quartz, Calcite, CaMg, Goethite, Détritique Quartz. Détritique, Calcite. CaMg, lllite, Chlorite Quartz. Détritique. Calcite, lllite, Chlorite Quartz. Calcite, CaMg. lllite, Chlorite, Détritique Quartz, Détritique, Ilirte, Chlorite. Calcite Quartz, lllite, Chlorite. Détritique. Calcite. CaMg Quartz. Détritique, lllite, Chlorite. Calcite Quartz, Détritique, lllite, Chlorite, Calcite id Quartz, Calcite, CaMg, lllite, Chlorite, Détritique Quartz, Dolomite, CaMg, Calcite Quartz. Calcite, CaMg, lllite. Chlorite, Détritique Quartz, Détritique, lllite, Calcite, CaMg. Chlorite Oxy-hydroxydes de Mn, Quartz, Calcite. CaMg Quartz. Calcite. CaMg. Goethite Quartz. Détritique, lllite, Chlorite. Calcite Quartz, Goethite, Calcite Quartz. Calcite, CaMg, Détritique, lllite. Chlorite Quartz. Détritique, lllite, Chlorite, Calcite, CaMg Quartz, Calcite, CaMg Quartz, Calcite. Détritique, CaMg, iUtte, Chlorite Goethite. Quartz, Calcite, CaMg Quartz. Calcite, CaMg. lllile. Chlorite, Détritique Quartz, Détritique. Calcite, CaMg, lllite, Chlorite Quartz, Calcite, CaMg Oxydes +- ou-amorphes. Quartz. Goethite, Calcite. CaMg mite, Chlorite, Détritique. Quartz, Calcite, CaMg Quartz, lllite, Chlorite, Détritique. Calcite Goethite Quartz, Détritique. Miite. Chlorite, Calcite, CaMg Quartz. Détritique. Calcite, CaMg, lllite, Chlorite Oxydes + ou - amorphes (oxydes de Mn 7) Quartz. Détritique, lllite. Chlorite. Calcite CaMg, Calcite, Quartz, lllile, Chlorite id. Argiles Goethite, Aragonite, Kaolinite, Dolomite Goethite, Dolomite, Kaolinite, Anhydrite Hématite, lllite, Smectite. Chlorite Aragonite. Dolom'te. Anhydrite Aragonite, Dolomite Détritique, Goethite, Dolomite. Kaolinite Hématite, lllite, Chlorite (?). Kaolinite (?) Aragonite, Chlorite, Dolomite, CaMg, Anhydrite Goethite, Détritique, Aragonite CaMg. Dolomite, Aragonite, Anhydrite lllite. Chlorite. Aragonite, CaMg CaMg, Aragonite. Dolomite, Anhydrite Dolomire, Kaolinite (?) CaMg. Goethite, Dolomite CaMg, Anhydrite, Dolomite Anhydrite. Dolomite, CaMg Anhydrite, Kaolinite Kaolinite. Dolomite, Anhydrite lllite, Chlorite, Kaolinite, Dolomite Kaolinite, Dotomite. Anhydrite Goethite. Dolomite, CaMg. Anhydrite Dolomite. Kaolinite Goethrte, CaMg, Dolomite. Kaolinite Dolomite. Goethite. Kaolinite. Anhydrite CaMg. Dolomite, Anhydrite CaMg, Dolomite, Kaolinite (?) id. Dolomite, Anhydrite. Kaolinite lllite, Chlorite, Détritique Goethite. Dolomite Dolomite. Anhydrite. Kaolinite (?) Goethite (?), Argiles lllite, Chlorite, Détritique, Dolomite. Manganite Anhydrite. Dolomite; Aragonite, CaMg CaMg, lllite, Chlorite, Détritique, Manganite Goethite. Anhydrite, Dolomite Aragonite. Dolomite. Anhydrite lllite, Chlorite. Détritique, Dolomite Aragonite. Dolomite. Kaolinite Détritique, lllile. Chlorite, Dolomite Goethite, Dolomite, Anhydrite Aragonite. Dolomite, Hématite lllite, Chloriie, Goethite, Dolomite lllite, Ghloritet Détritique, Manganite Aragonite, Dolomite. Anhydrite CaMg. Anhydrite Quartz, Calcite. CaMg. Détritique Dolomite, Ar>hydrite Dolomile, Kaolinite (?) Goethite, Quartz, Calcite CaMg. Dolomite. Kaolinite (?) Détritique, Dolomite (?) id. 216 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 969 Quartz, Détritique, Calcite, CaMg, lllite, Chlorite Kaolinite 984 Calcite. Quartz, CaMg, lllite, Chlorite. Détritique Dolomite, Kaolinite 987 Calcite. CaMg, Quartz, lllite, Chlorite Détritique, Dolomite, Kaolinite, Goethite 1021 CaMg, Calcite, Quartz, lllite, Chlorite Détritique, Dolomite, Kaolinite 1106 id. id. 1176 id. id. 1257 id. id. 1297 id. id. 1337 id. id. MD 81399 : Atlantis II, bassin ouest. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 0 Smectite, Blende. Chalcopyrite Goethite, Quartz 8 Blende, Pyrite, Smectite, Quartz Goethite 30 Smectite. Blende. Pyrite, Goethite, Quartz Calcite 60 Smectite. Blende Chalcopyrite, Quartz, Rhodocrosite 82 Mnsidérite Quartz 112 Pyrite. Blende, Gypse Marcassite (?), Chalcopyrite, Quartz, Mnsidérite 138 Céladonite, Smectite Goethite 168 Mnsidérite, Goethite 172 Goethite Quartz, Mnsidérite 180 Mnsidérite, Goethite, Hématite, Oxydes de Mn + ou - amorphes probables 187 Goethite Magnétite, Mnsidérite, Quartz 203 Goethite Hématite 225 TodoroKite. Manganite, Goethite 243 Goethite Hématite 261 Todorokite, Manganite, Goethite 270 Oxydes de Mn + ou - amorphes probables, Goethite Todorokite, Mnsidérite 280 Goethite 317 Mnsidérite, Rhodocrosite, Goethite MC Quartz, Détritique 351 Goethite. Mnsidérite. Pyrite Quartz, Détritique, Calcite 371 Quartz, Détritique. Glauconie. Chlorite Kaolinite. Dolomite. Anhydrite 380 Composés amorphes probables Quartz 404 Calcite. Quartz. Blende Chlorite, lllite, Smectite 407 Mnsfdérite. Quartz Pyrite. Blende, Chlorite, lllite 410 Mnsidérite. Glauconie 420 Mnsidérite, Glauconie Quartz, Détritique 450 Mnsidérite Glauconie 458 Goethite. Mnsidérite 462 Smectite BC 482 Rhodocrosite, Mnsidérite. Glauconie Quartz, Détritique 496 Hématite. Goethite Quartz 497 Manganite 500 Manganite. Todorokite 502 Goethite 526 Mnsidérite. Smectite MC Quartz, Calcite 538 Smectite. Céladonite 544 Mnsidérite, Calcite, CaMg Quartz, Détritique, Goethite, Chlorite 546 Mnsidérite. Oxydes de Mn + ou - amorphes probables, Calcite, CaMg Quartz 552 Blende. Pyrite, Chalcopyrite, Calcite, Mnsidérite Quartz, Détritique, Dolomite GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 217 Clément P. & Giannesini P.-J. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 567 Blende, Pyrite, Chalcopyrite Calcite, Dolomite, Mnsidérite, Quartz 599 id. Mnsidérite, Quartz, Goethite 622 Mnsidérite. Smectite. Quartz, Détritique Calcite. CaMg. Pyrite 645 Mnsidérile, Glauconie 654 Pyrite, Glauconie Mnsidérite, Quartz, Détritique 674 Mnsidérite, Blende, Pyrite, Chalcopyrite, Goethite Quartz, Détritique, Smectite 682 Glauconie. Mnsidérite. Goethite (?) TMC Quartz, Calcite 709 Glauconie Pyrite, Mnsidérite. Calcite 718 Mnsidérite Quartz. Détritique 738 Glauconie, Pyrite 752 Blende, Pyrite, Chalcopyrite Calcite. Mnsidérite. Gypse, Quartz 792 Calcite, Quartz Dolomite, Smectite 805 Quartz. Pyrite, Calcite Dolomite, Détritique, CaMg 820 Mnsidérite, Calcite Quartz, Goethite 828 Goethite, Mnsidérite Quartz, Calcite 839 Quartz, Sidérite Calcite 840 Quartz, Mnsidérite. Maghénrite (?), Goethite Smectite 863 CaMg, Calcite, Quartz. Aragonite Mnsidérite. Détritique, Chlorite, lllite 868 CaMg. Aragonite, Quartz Smectite 890 CaMg. Calcite. Quartz. Ilüte, Chlorite Mnsidérite. Dolomite. Détritique 893 Quartz, Calcite, Détritique. Dolomite lllite, Kaolinite 894 Calcite, CaMg. Quartz, Chlorite lllite. Mnsidérile, Détritique 895 Quartz, Calcite, Pyrite, Détritique, Chlorite lllite, CaMg, Kaolinite- 897 Quartz, Calcite, CaMg, Dolomite, Détritique, Chlorite Kaolinite, lllite 900 Lèpîdocrocite Goethite. Détritique, Quartz, Calcite, CaMg 944 Lépidocrocite, CaMg. Calcite. Quartz Détritique, lllite MD 81403 ; Atlantis II, bassin est. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 61 Smectite Quartz, Blende. Mnsidérite, Calcite 89 Smectite Blende 122 Composés + ou - amorphes Goethite 147 id. Quartz 192 Quartz, Blende, Smectite. Calcite Mnsidérite, Glauconie 286 Calcite, Smectite Blende. Quartz 342 Calcite. Blende Smectite. Glauconie. Quartz 451 Smectite, Composés + ou - amorphes probables, Blende Calcite, Quartz 487 Glauconie. Smectite. Pyrite. Sidérite Blende, Calcite, Détritique, Goethite 509 Mnsidérite, Glauconie 514 Composés amorphes probables, Smectite, Sidérite Quartz, Détritique, Calcite 555 Mnsidérite, Goethite TMC Quartz, Smectite 569 Chlorite, Smectite 586 Goethite 598 Goethite 609 Goethite, Rhodocrosite Quartz. Détritique 616 Calcite. CaMg, Rhodocrosite, Quartz, Détritique lllite, Blende (?) 622 Calcite. Quartz, Détritique, CaMg, Chlorite Goethite, Aragonite, Todorokite (?) 635 Goethite, Rhodocrosite Quartz. Détritique, Smectite. Calcite, 648 Glauconie, Calcite CaMg Quartz. Détritique. Rhodocrosite (?) 781 Glauconie, Smectite Mnsidérite 826 Mnsidérite Quartz, Kaolinite, Détritique 218 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 842 Blende. Pyrite. Chalcopyrite. Mnsidérite Calcite. Quartz, Détritique 885 Calcite, Quartz. Mnsidérite. Glauconie, Détritique Pyrite, Dolomite, Chlorite 907 Blende. Pyrite. Mnsidérite, Chalcopyrite, Quartz Détritique, Chlorite. lllite 933 Mnsidérite Quartz, Pyrite, Détritique 937 Blende. Pyrite, Sidérite, Mnsidérite Quartz, Chalcopyrite. Détritique 965 Smectite Mnsidérite, Pyrite, Quartz 984 Mnsidérite. Gypse, Blende. Pyrite Calcite, Quartz. Calcite, Chlorite 986 Goethiîe Smectite 1034 Mnsidérite Pyrite 1041 id id. 1052 Blende. Pyrite, Mnsidérite, Chalcopyrite Calcite, Quartz, Détritique, Chlorite, lllite 1075 Calcite. Quartz, CaMg Détritique, Chlorite, lllite 1103 Goelhite 1109 Goethite 1125 Lépidocrocite Quartz, Goethite 1133 Quartz, Calcite, Pyrite, Détritique Aragonite. Dolomite, lllite, Mnsidérite 1157 Quartz, Calcite, Pyrite, Détritique Chlorite. lllite, Dolomite. Mnsidérite 1177 Sidérite, Goethite 1200 Goethite 1280 Goethite Mnsidérite 1345 CaMg, Aragonite Quartz, Détritique 1355 CaMg, Calcite. Quartz. Aragonite, Détritique, Chlorite, lllite. Kaolinite 1368 Calcite. CaMg. Quartz, Goethite Détritique,.Chlorite. lllite, Kaolinite 1421 Quartz. Calcite, CaMg. Goelhite, Détritique, Chlorite, lllite Mnsidérite, Kaolinite 1433 Calcite, CaMg. Quartz. Chlorite, lllite Détritique. Kaolinite 1458 Goethite Hématite 1467 Calcite, CaMg. Quartz, Chlorite. lllite Goethite. Délrifique. Blende (?) 1488 CaMg Quartz. Ankérite, Détritique 1544 Calcite. CaMg. Quartz, Dolomite, Détritique Chlorite, lllite, Kaolinite 1555 Calcite Quartz, Détritique, Rhodocrosite, Smectite MD 81404 ; : Atlantis II, Nord Passage. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 40 Goethite MC. Smectite, Composés amorphes probables Mnsidérite. Quartz 140 Smectite, CaMg Quartz, Mnsidérite 210 Smectite, Blende Quartz, Calcite, Pyrite, 278 Smectite, Chlorite Amorphes probables 320 Mnsidérite, Goethite. Composés amorphes probables Quartz. Smectite 350 Goethite BC Mnsidérite, Barytine 390 Goethite MC, Mnsidérite Quartz, Sidérite. Lépidocrocite, Barytine 435 Rhodocrosite. Goethite MC Smectite, Quartz 460 Mnsidérite. Smectite, Composés amorphes probables Quartz. Calcite 480 Mnsidérite, Smectite MC Quartz. Goethite 525 Mnsidérite. Smectite ou Silicates de fer MC Quartz. Oxydes de Mn (?) 560 Smectite, Silicates de fer MC Quartz, Mnsidérite 585 Pyrite. Chalcopyrite Quartz. Smectite 700 Goethite Mnsidérite, Smectite 825 Anhydrite Gypse, Pyrite, Quartz GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 219 Clément P. & Giannesini P.-J. MD 81408 : bassin de Wando. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 0 Aragonite. Calcite, CaMg Quartz, Détritique 10 TodoroKite, Manganite Smectite 26 Glauconie Smectite 36 Calcite, CaMg. Rhodocrosite Quartz, Smectite 53 Goethite 65 Aragonite. Quartz, Calcite, CaMg Smectite 84 Goethite Mnsidérite 95 Mnsidéhte, Calcite. CaMg, Aragonite, Quartz Détritique. Chlorite. Illite, Kaolinite 121 CaMg. Quartz Calcite. Sidérite. Aragonite, Détritique 197 Calcite, CaMg, Quartz. Chlorite Illite, Kaolinrte. Détritique, Sidérile 207 CaMg, Calcite. Quartz Smectite. Chlorite. Illite 281 Calcite, CaMg, Quartz, Détritique Chlorite. Illite, Kaolinite, Aragonite 291 Goethite 298 CaMg, Calcite, Quartz Chlorite. Illite. Kaolinrte. Aragonite, Détritique 311 Calcite, CaMg. Quartz. Détritique Aragonite. Chlorite. Illite, Kaolinite, Hématite 317 CaMg. Calcite. Quartz. Détritique Chlorite, Illite 329 Calcite. CaMg. Quartz Chlorite, Illite, Kaolinite, Détritique 342 Calcite. CaMg. Quartz Détritique. Chlorite, Illite, Kaolinite 353 Calcite, Quartz. Dolomite, Smectite Pyrite. Détritique. Chlorite. Illite 356 Calcite. Quartz, Ankérite Pyrite, Smectite, Chlorite, Illite 379 Calcite Quartz, Smectite Chlorite, Illite, Hématite 393 Calcite, CaMg, Quartz Détritique. Chlorite. Illite. Kaolinile. Hématite 410 Calcite. Ankérite. Quartz Pyrite, Smectite, Chlorite. Illite 434 CaMg, Quartz. Hématite. Smectite Détritique. Chlorite, Illite, Dolomite 448 CaMg, Smectite, Quartz Blende, Hématite, Chlorite. Illite 457 CaMg. Oxydes de Mn probables, Smectite, Hématite Quartz 480 Smectite TBC, CaMg. Hématite Oxydes de Mn amorphes probables 489 Calcite, Hématite. Quartz Smectite, Chlorite, Illite, Détritique 499 CaMg, Smectite, Hématite Oxydes de Mn amorphes possibles 518 CaMg, Hématite Chlorite. Oxydes de Mn amorphes possibles 525 Calcite, Hématite, Kaolinile Smectite, Déiritique MD 81409: ; Atlantis II, bassin sud-ouest. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 0 Smectite MC, Goethite MC Hématite 10 Smectite MC. Pyrite Blende. Quartz, Calcite 30 Blende, Pyrite. Smectite Calcite, Quartz 37 Blende. Smectite MC 60 Hématite, Smectite. Blende Chatcopyrite 64 Glauconie. Pyrite Goethite 68 Léptdocrocite, Smectite 105 Smectite, Blende. Rhodocrosite, Calcite, Quartz Mnsidérite 132 Blende. Smectite, Pyrite Chalcopyrite. Calcite, Mnsidérite, Détritique 186 Blende. Pyrite. Smectite Quartz, Détritique. Mnsidérite 240 Glauconie Pyrite, Blende 255 Pyrite, Blende, Smectite MC Chalcopyrite, Détritique 291 Blende, Pyrite, Smectite MC Chalcopyrite 220 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2} Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 295 Blende, Pyrite, Smectite MC Quartz. Chalcopyrite 310 Blende, Pyrite Chalcopyrite 320 Blende, Pyrite, Chalcopyrite Quartz 338 id. Quartz, lllite 356 Glauconie Goethite 360 Smectite. Céladonite 388 Anhydrite. Mnsidérite. Gypse. Goethite Quartz, Détritique, Pyrite (?) 402 Anhydrite, Mnsidérite, Gypse. Pyrite Quartz, Kaolinite 425 Mnsidérite, Anhydrite, Goethite Pyrite 426 Mnsidérite, Anhydrite, Goethite, Hématite Magnétite 440 Goethite Mnsidérite 451 Goethite Calcite 488 Hématite Calcite MD 81412 : : Néréus. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 1 Calcite, CaMg Quartz. Goethite 5 fd. id. 18 Calcite. Todorokite MC. CaMg Goethite. Détritique, Quartz, Kaolinite, Chlorite 31 Calcite. Oxydes de Mn amorphes probables, CaMg Quartz, Goethite 32 Calcite, Goethite, CaMg. Oxydes de Mn probables Chlorite. lllite. Kaolinite. Aragonite, Détritique 42 Quartz. Détritique, Calcite. Pyrite, CaMg Chlorite, lllite. Kaolinite. Aragonite, Smectite 49 Aragonite. Calcite. CaMg Quartz, Détritique, Dolomite 57 Calcite, CaMg. Oxydes de Mn (Todorokite ?) Quartz 63 Aragonite, Calcite, CaMg Goethite, Quartz, Détritique, Dolomite 78 Goethite Magnétite. Dolomite, Quartz. Détritique 92 Calcite. CaMg, Quartz Aragonite, Chlorite, lllite, Kaolinite, Détritique 107 Hématite. Magnétite, Calcite, CaMg, Quartz Détritique, Chlorite. lllite, Kaolinite, Mnsidérite 113 Calcite. Smectite 115 Smectite, Calcite Chlorite, lllite, Kaolinite. Détritique, Quartz 133 Calcite. Smectite 140 Calcite, Smectite, Quartz Chlorite, lllite, Kaolinite, Mnsidérite, Détritique 147 CaMg. Smectite Quartz, Pyrite 156 Smectite. Calcite. Quartz, Pyrite Mnsidérite, Détritique, Chlorite, lllite, Kaolinite 187 CaMg. Smectite, Hématite. Magnétite Chlorite. lllite. Détritique 220 Dolomite, Hématite, Magnétite. Smectite, Calcite, CaMg, Pyrite lllite, Quartz, Kaolinite, Mnsidérite 225 Hématite Magnétite, Mnsidérrle, Calcite 230 Calcite, Smectite. Quartz, Dolomite Détritique, Chlorite, lllite, Mnsidérite 234 Calcite. Quartz Smectite 244 Hématite. Smectite Calcite. CaMg. Quartz, Dolomite 260 Calcite. CaMg, Magnétite. Smectite Hématite 272 Magnétite, Pyrite. Blende. Chalcopyrite, Calcite Chlorite. lllite, Kaolinite. Mnsidérite 286 Calcite Quartz, Magnétite. Hématite, Smectite 296 Calcite, Smectite, Quartz lllite, Chlorite, Détritique, Mnsidérite GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 221 Clément P. & Giannesini P.-J. ANNEXE 8 ANALYSES INFRAROUGES Le niveau cumulé correspond à la cote en centimètres de réchantillon dans la colonne sédimentaire. Les composants sont indiqués par ordre d’importance. Composant : TBC, très bien cristallisé ; BC, bien cristallisé ; MC, mal cristallisé. Mnsidérite : Manganosidérite. CaMg : Calcite magnésienne. MD 81399 : Atlantis II, bassin ouest. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 8 Glauconie ou Nontronite Fe Carbonates 30 id. id. 82 Mnsidérite, Phyllite Fe id. 112 Silice amorphe. Sulfures Gypse 138 Glauconie BC id. 172 Goethite Quartz, Mnsidérite 180 Goelhite MC (Limonite) Lépidocrocite (?) 187 Goethite BC Magnétite 203 Goethite BC, Hématite 223 Oxy-hydroxydes de Mn 261 Oxy-hydroxydes de Mn 280 Goethite 371 Smeclite Fe. Kaolinite, Chlorite Quartz 380 Silicates de fer amorphes Carbonates 407 Mnsidérite. Glauconie ou Nontronite Quartz, Kaolinite 410 Nontronite MC Gypse, Mnsidérite 420 Glauconie ou Smectite, Mnsidérite Gypse 450 Glauconie ou Nontronite Mnsidérite, Gypse 458 Goethite, Oxy-hydroxydes MC 482 Glauconie BC. Mnsidérite 496 Hématite, Goethite 500 Oxydes de Mn, Goethite 502 Goethite 544 Mnsidérite, Calcite, Oxydes de Mn Quartz 552 Mnsidérite. Silice amorphe, Calcite 567 Silice amorphe, Pyrite, Carbonates 599 Silice amorphe, Pyrite 645 Glauconie BC, Mnsidérite ou Sidérite 654 Glauconie Gypse 682 Glauconie BC, Oxy-hydroxydes Sulfates 709 Glauconie BC Gypse 828 Goethite Mnsidérite 840 Magnétite Quartz, Carbonates 900 Lépidocrocite BC, Mnsidérite 222 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge MD 81403 : Atlantis II, bassin est. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 61 Glauconie. Silicates de fer amorphes Calcite, Détritique 122 Silicates de fer amorphes, Glauconie, Goethite Détritique. Calcite 147 Silicates et Oxy-hydroxydes de fer amorphes Goethite, Gypse 192 Silicates de ter amorphes, Glauconie Calcite, Détritique 286 Silicates de fer amorphes Sulfates, Carbonates, Glauconie 342 Glauconie Calcite. Sulfates 451 Glauconie. Gypse Calcite 487 Glaucome BC, Gypse Calcite 514 Glauconie, Silicates amorphes. Gypse Carbonates 555 Glauconie. Silicates amorphes, Goethite Carbonates, Gypse 569 Goethite BC. Silicates de fer amorphes Dolomite, Gypse 598 Goethite BC Gypse 622 Calcite, Dioxyde de Mn. Goethite 635 Goethite MC. Silicates de fer amorphes Calcite 648 Glauconie TBC Gypse, Calcite 781 Glauconie TBC Gypse, Quartz, Goethite 826 Mnsidérite. Dioxyde de Mn Silicates amorphes. Chlorite 842 Silice amorphe, Pyrite Calcite. Mnsidérite 885 Nontronite. Calcite, Mnsidérite Quartz, Goethite, Silicates amorphes, Pyrite (?) 907 Silice amorphe Pyrite, Gypse, Carbonates 937 Silice amorphe Sulfures, Mnsidérite, Sulfates 965 Glauconie Sulfates, Carbonates 984 Goethite BC, Glauconie Gypse. Carbonates 1052 Silice amorphe, Sulfures Mnsidérite, Sulfates 1075 Calcite, Dioxyde de Mn Kaoiinite, Calcite, Quartz 1109 Goethite TBC 1125 Lépidocrocite Carbonates 1133 Calcite. Quartz, Pyrite Détritique 1157 Silicates amorphes, Calcite Quartz, Sulfures 1177 Lépidocrocite, Goethite Carbonates, Sulfates 1200 Goethite TBC 1280 Goethite TBC 1355 Calcite, Silicates amorphes Kaolinite, Calcite, Quartz 1368 Dioxyde de Mn, Goethite. Calcite 1421 Oxy-hydroxydes de Fe et Mn, Silicates de fer amorphes, Calcite Quartz 1433 Calcite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes Quartz 1458 Goethite Hématite 1467 Calcite, Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes Smectite 1544 id. Quartz GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 223 Clément P. & Giannesini P.-J. MD 81404 : Atlantis H, Nord Passage. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 20 Silicates amorphes, Nontronite Quartz. Détritique, Mnsidérite, Sulfates 40 Glauconie. Oxy-hydroxydes amorphes Carbonates, Sulfates, Goethite 60 Silicates amorphes, Glauconie. Nontronite, Mnsidérite Quartz, Anhydrite 80 Silicates amorphes. Glauconie, Mnsidérite, Montmorillonite Quartz. Anhydrite 100 id id. 120 Silicates amorphes ou Glauconie MC, Caicite Sulfates. Quartz 140 Silicates amorphes, Glauconie Caicite. Sulfates 210 Silicates amorphes. Glauconie. Carbonates Sulfates 278 Glauconie Sulfates. Carbonates 320 Glauconie MC, Silicates amorphes, Oxy-hydroxydes de fer Sulfates. Carbonates 350 Goethite (Umonite) Quartz, Argile ferrrtère, Mnsidérite 390 Goethite, Barytine Quartz, Mnsidérite, Lépidocrocite (?) 435 Goethite. Glauconie, Silicates amorphes Mnsidérite Quartz. Gypse 460 Glaucome. Silicates amorphes Mnsidéïite ou Rhodocrocite 480 Silicates amorphes, Glauconie, Céladonite (?) Quartz, Gypse. Mnsidérite 525 Silicates amorphes, Glauconie Quartz. Gypse, Mnsidérite, Goethite 560 Silicates amorphes, Glauconie MC Mnsidérite. Gypse 585 Silice amorphe. Argile ferrifère Pyrite. Gypse 700 Goethite Mnsidérite, Smectite 825 Anhydrite Gypse. Pyrite. Quartz MD 81408 : bassin de Wando. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 0 Aragonite Silicates 10 Manganite, Todorokite ou Vernadite Goethite 26 Glauconie Carbonates, Sulfates 53 Goethite (Limonite) 84 Goethite (Limonite) 95 Aragonite, Caicite, Silicates de fer amorphes. 121 Smectite ferrifère BC Caicite ferritère, CaMG, Silicates de fer amorphes, 197 Smectite ferrifère BC Caicite ferrifère ou CaMg, Smectite, lllite Kaolinite, Quartz 281 Caicite ferrifère ou CaMg, Smectite, lllite. Goethite Quartz 298 Caicite ferrifère ou CaMg, Smectite, lllite, 311 Silicates amorphes Caicite ferrifère ou CaMg. lllite 329 Caicite ferrifère ou CaMg, lllite, Silicates amorphes Quartz, Goethite, Smectite, Kaolinite 342 Caicite ferrifère ou CaMg. lllite 353 Caicite ferrifère ou CaMg, Silicates amorphes Smectite 434 CaMg. Hématite Silicates amorphes 448 Silicates amorphes Argiles terrifères 480 Hématite, Caicite 489 Caicite ferritère ou CaMg. Hématite, Smectite 499 Caicite ferrifère ou CaMg. Hématite 525 Caicite ferrifère ou CaMg, Chlorite 224 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge MD 81409 : Atlantis II, bassin sud-ouest. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 0 Nontronite ou Glauconie, Gypse Calcite. Quartz 30 Nonlronite, Gypse Calcite 64 Nontronite Gypse 68 Nontronite, Lépidocrocite Gypse 105 Nontronite Mnsidérite, Gypse 132 Nontronite, Mnsidérite Calcite, Détritique 186 Nontronite MC, Gypse Carbonates 220 Nontronite, Gypse Détritique 240 Nontronite ferrifère Gypse 255 Nontronite, Gypse Détritique 295 id. id. 320 Goethite, Hydroxyde de Zn 338 Goethite, Hydroxyde de Zn, Gypse 356 Glauconie, Céladonite TBC Sulfures 402 Anhydrite, Mnsidérite Goethite 425 Limonite, Anhydrite Carbonates 440 Goethite Carbonates, Anhydrite 488 Hématite Silicates MD 81412 : : Néréus. Niveau cumulé Composants majeurs Composants mineurs 5 Calcite, Oxy-hydroxydes de Mn, Carbonates Silicates amorphes, Kaolinite, Quartz 19 id. 42 Calcite, Maghémite Kaolinite 78 Goethite Carbonates 92 Calcite, Silicates de fer amorphes, Oxy-hydroxydes de Mn Kaolinite, Quartz 107 Hématite, Carbonates, Silicates de fer amorphes Quartz 115 CaMg, Maghémite Détritique 140 CaMg, Smectite MC Quartz 156 Maghémite. CaMg 187 id. 225 Hématite 244 Oxydes de fer BC, Maghémite, Calcite 260 Maghémite GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 225 Clément P. & Giannesini P.-J. ANNEXE 9 CAROTTE MD 81408 (BASSIN DE WANDO) Étude au MEB et à la sonde attelée des éléments carbonatés de la fraction supérieure à 20 microns. Sect. Prof. Composants majeurs Objet Ca Fe Mn Mg Si % Remarques cm et moyennement analysé fraction abondants > 20 pm Il 4 121 - Amas carbonatés Amas - - - - - 26,55 de couleur claire - Détritique (Quartz, Feldspaths) - Foraminifères calcitique Il 80 196 - Amas carbonatés colorés en rouille - Détritique (Quartz, Feldspaths) - Verre volcanique - Foraminifères Calcite Mg 9,66 III 27 281 — Amas carbonatés Assemblage _ . . . . 65,29 colorés en rose-rouille de cristaux - Détritique grossier - Foraminifères de Calcite Mg III 58 312 id. III 27 Aragonite - - - - - 28,88 III 76 330 - Amas carbonatés de Calcite Mg 66 0 4 27 4 6,45 Nannos couleur claire Amas recristallisés - Détritique - Foraminifères carbonatés 89 0 0 7 5 III 88 341 id. III 76 Amas carbonatés 97 0 0 0 3 3,51 III 138 390 - Amas carbonatés de Amas 65 tr tr 21 5 1,29 couleur jaune carbonatés - Détritique - Foraminifères Coccosphère 72 5 7 IV 34 434 - Amas carbonatés de Forams 41 10 37 0 11 14,30 Cristaux couleur rouge recrist. dans loge (plaquettes) Plaquettes 57 6 31 0 6 - Détritique relativement id. 60 3 28 6 0 fin id. 65 5 30 0 0 Forams 60 4 30 6 0 Mangano- sidérite U If M ti Plaquettes 53 4 29 7 6 id. 53 5 31 5 5 Forams 66 3 31 0 0 IV 80 480 - Amas carbonatés for¬ Plaquettes 62 5 29 0 4 15,69 tement colorés en brun Forams très (plaquettes) recristallisés 69 3 26 0 0 226 GEODIVERSITAS * 1998 • 20(2) Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt Sect. Prof. cm Composants majeurs et moyennement abondants Objet analysé Ca Fe Mn Mg Si % Remarques fraction > 20 pm IV 90 490 id IV80 Plaquette 84 0 14 0 2 12,30 id. 88 0 12 0 0 id. 89 0 11 0 0 Forams 90 0 10 0 0 IV 99 499 - Amas carbonatés Amas 54 8 13 0 4 37,81 - Foraminifères id. 53 11 12 0 3 - Détritique grossier id. 62 2 10 0 1 IV base 525 - Amas carbonatés Amas 28 27 7 4 0 44,91 Imprégnation colorés en rouge id. 19 18 7 7 23 d'hématite - Foraminifères id. 16 25 11 7 18 et de silicates ANNEXE 10 CAROTTE MD 81399 (ATLANTIS 11, BASSIN OUEST) Tableau comparatif des déterminations par spectrométrie infrarouge et diffraction X des composants majeurs silicatés de néoformation. G1 : Glauconie. Sm : Smcctite. ab : abondant. m : moyennement abondant, tr : traces. Section Prof, cm Faciès Couleur Détermination IR Détermination RX 1 top 0 Boue silicatée sulfurée brun-rouge Gl ou Sm (ab) Sm (ab) 30 30 brun-rouge Gl ou Sm (ab) Sm (ab) 82 82 marron-vert Sm (ab) non détecté 138 138 vert-brun Gl (ab) Gl (ab) III 71 371 Boue silicatée plus ou kaki Sm (ab) Gl (ab) 107 407 moins litée brun Gl ou Sm (ab) non détecté 110 410 brun-rouge Sm (ab) Gl (ab) 119 419 vert Gl ou Sm (ab) Gl (ma) IV 25 450 brun-rouge Gl ou Sm (ab) Gl (tr) IV 58 482 Zone litée silicatée inférieure vert Gl (ab) Gl (ab) V 2 645 jaune-vert Gl (ab) Gl (ma) 81 653 noir Gl (ab) G! (ma) 110 685 brun-rouge Gl (ab) Gl (ab) 136 708 verdâtre Gl (ab) Gl (ab) GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2} 227 ANNEXE CORRELAT] JRCENTAGE EN SELS/PO Le Miocène du bassin de Vence (Alpes-Maritimes, France) : stratigraphie et paléogéographie Léonard GINSBURG Laboratoire de Paléontologie, Muséum national d'Histoire naturelle, 8 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France) Michel ARNAUD, Christian LARY & Claude MONLEAU Laboratoire de Stratigraphie et Paléoécologie, Université de Provence, Centre Saint-Charles, 3 place Victor Hugo, F-13331 Marseille cedex 3 (France) Ginsburg L., Arnaud M., Lary C. & Monleau C. 1998. — Le Miocène du bassin de Vence (Alpes-Maritimes) : stratigraphie et paléogéographie. Geodiversitas 20 (2) : 229-238. RÉSUMÉ La partie inférieure du Miocène de Vence (Alpes-Maritimes) a été décrite comme burdigalicnne par la macrofaunc et aquitanienne par la microfaune. De nouvelles études montrent que ces dépôts débutent par une molasse aqui¬ tanienne, suivie de marnes à microfaune aquitanienne. Cet ensemble est déposé par une mer venant de l’est (ba.s.sin pudan). Après une discontinuité sédimencaire et tectonique imponante contemporaine de la dérive du bloc corso-sarde, le secteur de V^ence s’ouvre vers la Provence occidentale et voit le dépôt d'un Burdigalien supérieur calcaire à caractère rhodanien. Une dernière avancée marine, tortonienne, clôt la série. ABSTRACT The Miocene of the Basin of Vence (Alpes-Maritimes, France): stratigraphy and palaeogeography. The lower part of the Miocene of Vence (Alpes-Maritimes, France), was formerly described as Burdigalian on rhe basis of the macro- fimna and Aqiiicanian on the basis of the microfauna. A new field survey and palacontoiogical révision show that the séries begins by an Aquiranian molas¬ se recovered by Aquitanian bine maris. Fhese sédiments were deposiced by an Aquitanian sca, coming from northern Italy (Padan basin). Subsequendy ihe area was folded, emerged and partly croded. ‘Lhen, the upper Burdigalian limestones wcrc deposited by a sea coming from the west. The sériés end.s by Tortonian marine conglomérâtes. KEYWORDS Miocene, Provence, pectinids, echinoids, stratigraphy, palaeogeography. MOTS CLÉS Miocène, Provence, pcctinidcs, échinidés, stratigraphie, paléogéographic. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 229 Ginsburg L.. Arnaud M., Lary C. & Monleau C. INTRODUCTION Le Miocène de Vence (Alpes-Maritimes) est connu depuis Tournouër (1877) qui distingua une molasse inférieure surmontée de marnes qu’il plaça dans le Miocène moyen par comparaison avec les marnes du Schlier d’Ottnang en Autriche. Ces attribuiions d’âge ont été suivie.s parGuébhard (1900), A. F. de Lapparent (1938), Ginsburg (I960), Mongin (1962), Mais Gohau &c Veslin (1960) ont signalé, dans la molasse inférieure et les marnes bleues, une microfaune d’âge aquitanien. Devant cette contradiction sur l’âge de la base de la série de Vence entre les études faites sur la macn:>faune et celles faites sur la microfaune, nous avons repris l’étude de la stratigraphie, récolté de nouveaux spécimens et redéterminé l’échinofaune. HISTORIQUE A la suite de la réunion de la Société Géologique de France à Nice en 1877, Tournouër distingue dans le Miocène de la région de Vence deux unités : - À la base, la « molasse jaune de Vence » à Ostrea lanicUosa Brocchi, Pccten rotundatus Lamarck, Pecten praescabriasculus Fontannes, Pecten suhbcfiedictiis Fontannes, ScutelLi paulensis Agassiz, Ampbiopc bioculata Desmoulins, Echinolampas beniisphoericus Lamarck var., EcbinoLvnpûs sp., Echinolampas scutijônnis Leske, Clypeasier mternicdins Desmoulins, Ctypcaster latirostris Agassiz var. vinùcnsis Tournouër, Schizaster scillae Desmoulins, Spatmigus corsicus Desmoulin-s, Operculina vomplanatu Ba.stcrot, qu’il date du Miocène moyen. — Au sommer, « la molasse grise de Vence noi¬ râtre er argileuse, dénommée depuis « marnes bleues de Vence » et qui a alors fourni ; Ostrea cochlear Poli, Pecten denidatus Rcuss, Pecten cri- status Brocchi, Pecten haiieri Michelin Tournouër parallélise cette « molasse grise avec les argiles du Schlier d’Ottnang en Autriche, considérées alors par les géologues autrichiens comme un faciès profond du Miocène moyen. Tournouër ne désigne par aucun nom d’étage ses molasses jaune et grise de Vence, mais le Miocène moyen correspond â cette époque à l’« Helvérien ». Comme il préci.se que la molasse jaune est plus ancienne que les couches à Cardita jouanetri, et qu’il n’y a pas d’Aquiranien dans la région de Vence, sa molasse jaune ne peut corres¬ pondre qu’au Burdigalien. Quant au Schlier d'Ottnang, il est assimile à THelvéïicn. Les termes de Burdigalien et d*Helvéticn seront employés ulicrieuremenr par Guébhard (1901, 1903) pour les deux molasses de Vence Guébhard (1900) découvre dans les marnes bleues de Vence une petite faunule qu’il soumet à Depérei, lequel reconnaît en particulier Ostrea cochlear Poli, Pecten denudatus Rcuss, Pecten cf. burdigalensis Lamarck, Pecten cf bonifactensis Sowerby ci il conclut à un âge helvétien. Au-dessus des marnes, Guébhard signale une barre calcaire renfemiaiic Pecten restitutensis Fontannes et Ostrea bobluyci Desliayes (déterminations Depérer), M espèces caractéristiques de la partie supérieure du Burdigalien de la vallée du Rhdne Guébh.ird interprète la superposition de ce Burdigalien sur l'Helvétien comme étant due à des mouvements tectoniques. En 1901. Guébhard signale, dans la molasse huniigalienne au sud-est de Salnc-jeannet, Pecteti tournait de Serres, A. F. de Lapparent (1938) reprend l’étude du bassin de Vence. Il découvre dan.s la molasse infé¬ rieure une faune de pcctlnidés cl d'échinidés qu'il considère comme caractéristique du Burdig;ilicn, avec Pecten wtundatiis Lamarck, Pecten subbene- dietns Fontannes, Chlamys pavonacea Fontannes, Chlarnys praescabriascida Fontannes et Chlamys seniernh Lamarck. Au-dessus, A. F. de Lapparent retrouve, dans la partie supérieure des marnes bleues (exactement dans le ravin de Malvan, sous la chapelle Saint- Raphaël), une petite faunule qui lui confirme l’âge helvétien de ces marnes. Parmi ces fossiles, on note la présence de Flabellipecten guebhardi Deperet et Roman. Ginsburg (1960) a trouvé dans la molasse infé¬ rieure différents pcctinidés déterminés par D. Mongin : Chlamys rotutidata Lamarck, Chlamys \Himdtes) brussoni de Serres, Chlamys northamptoni Michelin var. oblita Michelin, Chlamys multistriata Poli var, substriata Hoernes, Chlamys sub-holgeri Fontannes et Flabellipecten 230 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Le Miocène des Alpes-Maritimes fraterculm Sowcrby» ainsi que des échinodernies, Clypeaster latirostris Agassiz, Clypeaster cf. inter- médius Desmoulins, Echlnolampas savini Lambert et Echinolcirnpas guebhardi Lambert. Sur la base de ces fossiles, Ginsburg &: Mongin (1956) ont considéré la molasse inférieure de Vence comme d'âge burdigalien. Au-dessus, Ginsburg a trouvé dans les quelques mètres â faciès sableux surmontant les marnes bleues ; ChLtmys cf. nmlvinae Duboi.s, Haustator cf. tricintus Borson et Clypeaster murginatus Lamarck. Plus haut, dans la barre calcaire signalée par Guébhard et qui surmonte les manies bleues, il signale une faune de lithothamniées {Mesophyllum commune Lemoine, Lithotham- nnim glomeratum Capeder, Lithothamnium cor- rallinaeforme Lemoine, Lithothamnium capederi Lemoine, Lithophyllum prehehenoides Lemoine) accompagnée de Gigantopecten LiHssima Brocchi var. nodosifonms de Serres, Gigantopecten ulbina von Teppen, Chlamys cularitana Meneghini, Fkbellipecten planocosuuus Matheron et Echino- lampas sp. gr. barcinensis Lambert. À l'encontre de Guébhaid. Gmsbiiig considère cette barre cal¬ caire comme en superposition stratigraphique normale sur les marnes bleues et lui confère un âge helvëtien un peu plus récent. Au-dessus repose une quarantaine de mètres d'une molasse grossière, chargée de cailloutis et contenant encore des niveaux à algues. Parmi les cailloutls, il a récolté Flabtilipecten planocostatus Matheron, Gigantopecten latissima Brocchi var. nodosiformis de Serres. Gigantopecten albina von Teppen, Chlamys calaritana Meneghini, Chlamys macrotis Sowerby, Clypeaster airaghii Lambert et Clypeaster latirostris Lambert. Suivant D. Mongin (1952), il place cette faune au sommet de ITlelvéricn. Enfin, Gohau & Veslin (1960) puis Odebode (1978, 1982) signalent dans la molasse inférieure et dans les marnes de Vence une microfaune d’âge aquitanien. LA SÉRIE STRATIGRAPHIQUE On observe de bas en haut : 1. La « molasse » (calcarénite) inférieure, d'une épaisseur variant de 20 à 50 ni, qui repose en di.s- cotdance sur le Jurassique, le Crétacé ou le Nunimulitiquc. Entre Vence et Tourrettes-sur- Loup elle remanie une formation volcanique andésicique. A Biot, cette formation andésitique est très dévclop[>ée et a été datée à 26,2 ± 1,0 Ma par Bcllon Brousse (1971). La molasse com¬ prend de nombreux niveaux conglomératiques et des bancs de calcarénite à stratification oblique. Au nord de Garros, elle contient une barre de cal- Fig. 1. — Schéma géologique entre Vence et Tourrettes*sur-Loup (à gauche, le Nord ; à droite, le Sud), c, Cénomanien ; d, Dogger ; e, Nummulitique marin : j. Jurassique supérieur (J^ ®) ; I, Lias ; t. Trias ; 1-4. Miocène ; 1, molasse calcaire aquitanienne ; 2. marnes bleues aquitaniennes ; 3. calcaire à rhodophycées burdigalien ; 4, molasse caillouteuse serravailienne. GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) 231 Ginsburg L., Arnaud M., Lary C. èc Monleau C. Caire à algues (rhodophycées) de 15 m d'épaisseur. À la chapelle Sainte-Colombe à Vence, un niveau marneux a livré à Gohau & Veslin (1960) une microfaune aquitanienne. La macrofaune est constituée en majorité de pectinidés et d’échinidés parmi lesquels principalement Clypeaster tmrtmi Desmoulins et Clypeaster scillae Desmoulins. Les spécimens de clypéastte.s sont identiques à ceux du niveau 'îM du « Ma^ssalien w de la Nerthe (Philippe et ai 1988). S’agissanr des pectinidés, nous n'avons retrouvé ni dans les collections ni sur le terrain les formes signalées uniquement par Guébhard et de Lapparcnl. Nous nous en tien¬ drons donc au materiel récolté par L. Ginsburg. Dans ce matériel. Chlamys multistriata Poli et Flabelliptcten Jhiterciilm Sowerby sont connus dans le « Massalien » de la Nerthe (Caizigras 1943), Chlamys northamptayil Michelin est incon¬ nu avant fAquitanicn s,stT. en Basse-Provence (Demarcq 1990) mais tréquenr dans l’Aquitanicn d’Italie du Nord, tandis que Chlamys rotimdata Lamarck, le plus commun des pectinidés de Vence, est totalement inconnu dans le bassin du Rhône mais abondamment représenté dans l’Aquitanien d’Italie du Nord, faune de pectini- des s’accorde donc bien mieux avvc rAquitanien qu’avec le Burdigalicn, à condition de considérer le bassin de Vence comme ouvert à cette époque sur riialie du Nord. La molasse inférieure de Vence est donc bien aquitanienne et des aOlnités paléontologiques sont partagées avec Tlcalic sep¬ tentrionale, affinités déjà signalées par Depéret & Roman (1902) et A. K de Lapparent (1938). 2. Au-dessus, 200 m de marnes grises à bleues ont livré principalement de la microfaune. À Vence, plusieurs échantillons, prélevés à la base, dans la partie moyenne et au sommer de la formation, ont été confiés à J. Magné, qui nous a confirmé l’âge aquiranien de ces marnes, avec comme fora- minifercs planctoniques : Glohigerinouks primor- Mus Blow et Banner, Ghhorofalia opjma aana Bolli, Ghbigefina gr. ciperoensis Bolli (cette faune indique la N4) ; et comme forammiféres ben- thiques : Almaena cf. cscornebovensis (Sigal), Spiropketammina carinata (d’Orbigny), Pullenia cf hulloides (d’Orbigny), BriZitlnut sp, Bulïnùna sp. Un autre échantillon, confié à R. Anglada, a donné le même âge stratigraphique. Vers le nord-ouest de Tourretlcs, ces marnes se réduisent rapidement à une cinquantaine de mètres, puis disparaissent. La calcarcnite infé¬ rieure présente alors des traces de karstification. Cette morphologie rappelle ce que nous obser¬ vons sur la bordure d’une marge en cours de création, soumise aux influences eustatiques. 3- Au-dessus viennent des calcaires à rhodo¬ phycées qui remplissent des chenaux creuses dans les marnes, puis un niveau à cailloutis pouvant atteindre 20 m d’épaisseur. Ce dernier contient des g.ilcts d’origine diverse, mais aussi des ülisro- lithes de grande taille (bloc.s de 5 à 6 m d'épais¬ seur sur 5 à 20 m de long) constitués de calcaire jurassique. Les galets lorment parfois des lits de plusieurs mètres d’épaisseur à forts pendages de directions differentes. Viennent ensuite des bancs de calcaire à rhodophycées et ccliinodermes. et des niveaux conglomératiques chenalisés. Le.s échinidés sont rapportés à Clypeaster cf. altns (Klein) et ClypeOstei scutellutus Agassiz, forme.s typiques, ainsi que plusieurs de ses mofphes (laypnoides, latirastrhy intenaedius). Les deux pre¬ miers cités sont identiques aux échantillons du calcaire de La Couronne (Bouches-du-Rhone) d’âge burdigalien supérieur. Ces déterminations confirment la datation de Depéret faite sur Pecten restitutensk Fonrannes, cantonné lui aussi au Burdigalien supérieur. 4, En discordance sur le Jurassique, la molasse de Vence, les marnes de Vence et les calcaires â rho¬ dophycées et olistolithes, repose sur le plateau du Caire à Tourreites-sur-Loup une molasse très caillouteuse de plus de 50 m d'épaisseur et qui a livré une faune de pectinidés (Ginsburg 1960) ainsi que, à la base, une M3 incomplète, mais caractéristique, du petit RKinoccrotidac Acera- theriurn (Alicoruops) simorrerne (L.arret). l..a faune de pectinidés s’établit ainsi : FlabelUpecten piano- costatHS Depéret et Roman, FLxhelliperten frater- caltu Sowerby, Pecten [Gigantopecten) albinns von Teppen, Pecten {Gigantopecten) latisshnus Brocchi, Pecten (Gigantopecten) ziziniae^\i. subti- pica Sacco, Chlamys solarium Lamarck, Chlamys rotupdata Lamarck var. Nous avons aussi réexaminé les Pectinidae de la molasse supérieure du plateau du Caire à 232 GEOOIVERSITAS • 1998 • 20(2) Le Miocène des Alpes-Maritimes Tourrettes-sur-Loup : dans la vallée du Rhône, les deux Flabellipecten sont présents dans la partie supérieure du Serravalliçn et dans le Tortonien (Demarcc] 1990), tandis que Chlamys albinUy renommée Pecten {Gigiintopecten) alhirnis par Bongrain (1988) est présente dans les memes régions dans tout le Serravalliçn et le 'Jortonicn. Pecten (Gigantopecten) latissimns n*a pas été retrou¬ vée dans le bassin du Rhône mais nVst connue, en dehors de Vence, que dans le Messinien et le Pliocène inlcrieur d’Oranie et dltalic. La lorme subtipica a été créée par Sacco (1897) pour une variété de Macrochlamys tournali. D. Mongin, dans la détermination qu elle a laite des lossilcs de Vence, la considère comme une sous-espece de Pecten {Gigantopecten) ztziniae. Cette sous-espèce subtipica est connue en Italie : elle est rare à TAquitanien, fréquente à THelvétien et au Serravallien, présente au Tortonien. Chkimys sola¬ rium est connue du Burdigalicn au Tortonien. Quant à Chlamys rotimdata var. du plateau du Caire, elle se distingue de la forme typique aquita- nienne par une taille plus forte et la présence d’une costulation intercalaire. Or Chlamys calari- nata, que Roger (1939) place dans le même groupe que Chlamys rotundasa, sc distingue juste¬ ment de cette dernière par une plus grande taille et la présence de côtes intercalaires. Comme Chlamys calaritana relaie dans le temps Chlamys roîundaxa, on peut sc demander si elle n en est pas issue, et dans ce c;ts, nos spécimens du plateau du Caire sexaicnc des Chlamys calarinata un peu pri¬ mitifs ou une lorme intermédiaire entre les deux espèces, présentant un mélange de caractères prir mitifs et de caractères évolués. Chlamys calaritana est une espèce airactérisdque du Serravallien mais peut monter dans le Tortonien, L’ensemble de la faune est donc homogène. Elle P O I Poudingues du Var Sffijj Brèche de Carras E53 Molasse caillouteuse V/^ Calcaires a rhodophycées Marnes bleues de Vence Molasse de Vence Oligocène Éocène Crétacé M - 1 1 Jurassique l!li[!l!l!i Trias Pliocène Miocène V -i-- T "T f* ) Vd I i 1 1 rrezj^u o ° °o O - sSs V Fig. 2. — Carte géologique du bassin de Vence. C, Carros ; Co, Gourmes ; G, Gattières ; Go, Gourdon ; LB, Le Broc ; St J, Saint- Jeannet ; T, Tourretles-sur-Loup ; V, Vence. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 233 Ginsburg L., Arnaud M., Lary C. & Monleau C. semble parfaitement correspondre à la zone PN6 de Demarcq (1990). qu'il définit par la coexis¬ tence, en acmé, de Flahcllipecten fratcrculus, Flabellipecten planocostatus et Pecten {Qhganto- pecten) albmnSy et qiul place dans le Tortonien. La présence de ChUmys Inthsbm. inconnue avant le Messinien, tendrait a placer les molasses caillouteuses assez haut dans le Tortonien, tandis que celle d'un Chhimys ailarinata primitif ten¬ drait au contraire à la vieillir Au contraire, le petit rhinocérotide Acennherium {Alicorfwpi) simorrensis est une forme rare qui jusqu’à présent n’est connue que dans TOrléa- nien, l’Astaracien et le Vallésien (Ginsburg 6c Guérin 1979), c'esi-à-dire, compte tenu des équivalences - non encore parfaites — entre échelles marines et échelles continentales, au Burdigalien, au Serravallicn et au début du Tortonien. Le spécimen dAcemtherhim [Alicor- nops) simorrensis de Tourreites-sur-Loup a été trouvé à la base de la série molassique, et la faune de pecrinidés à son sommet. Un âge tortonien est donc cohérent pour lenscmble de la formation. La molasse caillouteuse terminale apparaît donc comme tortonienne. Elle est prise sous les grands chevauchemciiLs des Baous, qui montrent que le Trias et le Jurassique reposent sur le Miocène, sur environ 10 km de long, de Gourmes au Brocchi À cette molas-se supérieure, caillouteuse, de Tourrettes-sur-Loup, Ginsburg (1960, 1970) a rattaché les poudingues de Sainte-Luce, situés à une quinzaine de kilomètres plus à l'ouest, sur la commune de Saint-Vallier-de-Thiey. Mais cette formation, très caillouteuse comme sur le plateau du Caire à Tourrettes-sur-Loup, en diffère cepen¬ dant considérablement par l'abondance de galets de quartz, qu'elle renfenne, ei qui sont inconnus à Tourrettes. Elle se rattache mieux à d’autres for¬ mations caillouteuses, riches en galets de quartz elles au.s.si, et que l’on trouve plus à J’ouest. Mennessier (1966) les a caitugraphiécs et décrites comme du Vindoboiiien conrinental indéterminé. INTERPRÉTATION STRATIGRAPHIQUE Le Massalien et le problème de la limite Oligocène-Miocène La position exacte de la limite Oligocène- Miocène dans la série stratigraphique est un pro¬ blème qui date de la création de l'étage Aquiranien (Mayer-Eymar 1858) car il peur se poser de la manière suivante : doit-on rattacher l'Aquitanien à TOligocènc ou au Miocène ? Les avisS ont longtemps etc partages et Ton peut voir dans le même volume du Bulletin de la Société Géologique de France de 1893 deux articles, fun er l’autre remarquables, optant chacun pour une position différente î Depéret, dans sa classifica¬ tion des terrains miocènes, y englobe l'Aqui- tanien, tandis que Munier-Chalmas et de Lapparent, dans leur nomenclature générale des étages géologiques, placent TAquitanien dans rOiigocène. Et Ton vit même un auteur si parta¬ gé en lui-même, que dans la même publication, il plaça rAquitanien marin dans le Miocène et rAquitanicn continental dans rOligocène. tout en reconnaissant leur synchronisme (Viret 1929). Quel principe doit-on donc suivre pour situer correctement une limite ? Les premiers géologues ont rassemblé en des ensembles cohérents les couchc.s de terrain renfermant les memes fossiles. Ces ensembles prirent le nom de « systèmes Ce principe est à la base de la création du Cambrien, du Silurien, du Dét^onien, tlu Carbonifère, du Permien, du Trias, du Jura.ssique, du Crétacé. À l'intérieur de chaque système, des ensembles plus petits rassemblèrent des couches à faunes d’afïV nirés plus fines. Ce furent nos « étages géolo¬ giques ». Puis l'on s’aperçut que chaque « sys¬ tème » commençait par une transgressiiin marine et se terminair par une régre.ssion marine. Ainsi, chac|ue transgression marine amène une faune marine itouvelle que la régression suivante efFace à jamais. Ginsburg (1964) a montré par quels mécanismes les régressions marines entraînent les extinctions de faunes et les transgressions marines provoquent l'appanrion de faunes nou¬ velles. C'est ce principe des rransgressions-régressions que l'on applique pour décider de l’appartenance d'un étage-limite à un .système ou à un autre. Mais dans le détail cela e.si parfois difficile car, au début d'un « système », le changement de faune n'est pas toujours évident Une petite transgres¬ sion n'amène qu'un petit changement de faune et jouer sur des proportions de faunes est toujours délicat, souvent hasardeux. C’est le cas de 234 GEODIVËRSITAS ■ 1998 • 20(2) Le Miocène des Alpes-Maritimes TAquitanien. La transgression est encore faible, elle n’en est qu’à son début, et la faune n a pas encore très fortement changé. Le renouvellement n est qu’à son amorce. Mais le principe est là. En vertu de ce principe, Depéret (1893) place sans ambages TAquiianien dans le Miocène> et Gignoux (1936), illustrant la transgression mio¬ cène dans le bassin du Rhône, montre que la pre¬ mière étape de cette transgression est TAquitanien de Carry-le-Rouet. Malheureusement, le stracorype de TAquitanien a été pris en Aquitaine, c’est-à-dire dans une région où les phénomènes sont moins nets qu’en Méditerranée et où d'ailleurs la transgression miocène sera toujours hésitante et n’ira pas très loin. Mais le principe Fut respeccé et TAqui- tanien, finalement, est unanimenent rattaché au Miocène. Le problème du Massalien est, en réduction, le même problème. Après avoir défini et redéfini le stratotype, couche par couche, on s’aperçut que, dans la région de Marseille, existait une petite série rattachée traditionnellement à l’Aquitanicn mais qui sc trouvait — les équivalences stradgra- phiques ayant été minutieusement établies — en dessous de l'Aquitanien stratotypique. C’est la série de Ncrihe, étudiée en particulier par Catzigras (1943, 1972), Angiada (1972), Lorenz (1972), Angiada &c Catzigras (1980), Monleau tt al. (1988), Philippe et al. (1988) et pour laquelle Gourlnard &C Magné (1987) ont proposé le nom de Massalien. Avant la redéfinition du stratocype de rAquitanien, la coutume était de placer la limite Oligo-Miocène entre 24,5 et 25 Ma et de faire débuter PAquitanien avec la zone à Glohigeri- noides primordïus (ex. Bulli et al. 1985). Cela est cohérent et correspond bien à la coupure que Ton observe sur U courbe de Vail (lïaq et al. 1987) entre POligocène à lignes de rivages très lointaines et la brusque remontée de la mer vers 25 Ma. Or rAquitunien stratotypique ne débute qu’à 22 Ma avec le cycle d’B 1.5. Entre ces deux chiffres (25 et 22 Ma), se situe justement le Massalien. Placer ce Massalien dans l’Oligocène sous prétexte qu’il sc trouve sous rAquicanien srratotypique, étage le plus inférieur du Miocène, nous paraît absolument contraire à la logique et au bon sens. En effet, le « premier étage méditer¬ ranéen t> de Suess (1897) débute avec une trans¬ gression et le Miocène de Depéret commence avec le début de cette transgression, début qui correspond aux couches de Carry-le-Rouet, c'est- à-dire au Massalien I! nous est impossible de ne pas appeler << transgression miocène » cette trans¬ gression. Au.ssi placerons-nous le Massalien dans le Miocène, à la base de l’Aqinranien qui est incomplet en son lieu stratoiypique, et replace¬ rons-nous U limite Oligo-Miocène autour de 25 Ma. Rappelons ce qu’ont écrit Courinard et ai en 1987 * *< Il est apparu que la partie inférieure de ces dépôts [dépôts de Carry-le-Rouet] devait être antérieure à l'âge de l’arrivée de la mer aquita- nienne dans le Bordelais. La totalité de la série marine de Carry étant considérée comme post¬ oligocène, on proposa aussi de faire débuter l’érage aquitanien plus tôt et de considérer la par¬ tie inférieure marine comme une excellente coupe auxiliaire de référence. Par la suite, la coupe de Carry-lc-Rouet fut proposée comme “parastratotype de l’étage Aquitanien” (Mayer- Eymar) et comme “coupe auxiliaire de réfé¬ rence”. Ces propos n’onr rien perdu de leur acîu.aliré, malgré la nouvelle échelle proposée, où la limite Oligo-Miocène est placée à 23 ± 0,5 Ma (Odin 1994), Ajoutons que les lamellibranches et le.s échinidés de la molasse inférieure de Vence ont nettement plus d'affinicés avec le.s formes miocènes qu'avec le$ formes oligocènes, comme d’ailleurs la macrofaune d’invertébrés de Carry- le-Rouet (Catzigras 1972) et les foraminifèrcs, tant de grande taille (Lorenz 1972) que de petite raille (Angiada 1972), de la même région. Angiada écrit d’ailleurs à leur propos : « L’étude de.s foraminiferes ne nous autorise pas à attribuer à l'Oligocène les premiers témoins de la trans¬ gression. » INTERPRÉTATIONS PALÉO- GÉOGRAPHIQUES ET TECTONIQUES Des coulées et des conglomérats andésitiques sont connus à Biot, Vlllcncuvc-Loubcc et au Cap-d’Ajl. Leur âge est de 26 à 27 Ma. À cette époque se trouvait plus au sud une terre émer¬ gée : le bloc corso-sarde, qui était solidaire des GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 235 Ginsburg L., Arnaud M., Lary C. & Monleau C. Maures-F.srérel. La mer ne pouvait alors venir ni du sud ni de Touest. Or, en Italie du Nord, la mer oligocène forme un golfe limité au sud par l’Apennin ligure, progresse vers l’ouest au cours du Stampien et atteint à rAquitanien inférieur les environs de Mondovi, à 50 km seulement du bassin de Vencc (Lorenz 1969). Si Ton ajoute la répartition géographique à l'Aquïtanien de Chlamys northiimptoni et surtout de Chlamys rotunditta, un conviendra de considérer TAquitanicn de Vence comme rextrême avancée vers l’ouest du bæîsin padan. Ce point n’est pas totalement inédit : Demarcq (1986) a en effet considéré le bassin de Vencc à LAquitanien comme le fond d’un « golfe ligure » rattaché directement à la mer tyrrhénienne et séparé comme ccllc-ci du golfe rhodanien par l’ensemble émergé Maures-Estérel-Corsc- Sardaigne. La molasse inférieure et les marnes bleues de Vence sont réquivalenc des lormadons marines de Carry-le-Rouef et correspondent au cycle TB K4- Dans la région de Digne, au-dessus des molasses rouges continentales attribuées à l’Oligocène et sous la molasse grise burdigalieiine, se trouve la « molasse intermédiaire », constituée de marnes grises intercalées de grès, de conglomérats, de niveaux marins à lamellibranches et balanes, ainsi que de niveaux lacustres de calcaires et de ligniics. Deux gisements à mammiferes y ont été trouvés, l'un k Lambert dans la partie terminale des molasses nauges, l’autre à Esclangon près de Barles dans la molasse intermédiaire (Gigot & Mcin 1973 ; Hugueney et al. 1992). Ces deux gisements a Riueutfta tHôlime sont à placer dans la MN2a, zone dont le gisement de référence est Üaiiu-Gérand-lc-Euy, d’âge aquitanicn^ Ce domaine marin de Digne fut considéré jusqu'à préseitr comme une dépendance de la mer rhoda¬ nienne. On peut envisager aujourd’hui, avec plus de vraisemblance, une communication directe avec le bassin padan. Après le dépor des marnes bleues de Vence, la région vençoise émerge en même temps que le bassin de la Ncrtlie (Monleau et al. 1988). C’est la phase tectonique saviquc (Grandjacquet et al. 1972 ; Arnaud et ai 1988). Comme en Provence occidentale, le cycle TB 1 5 et la ha.se de I B 2.1 sont absents. Cette phase de régression sc situe à la tin du phénomène de « djiing qui a débuté à rOligocène et doit précéder ou être synchrone Fig. 3. — Schéma paléogéographique de la Provence à l’Aquitanien. 1, dépôts marins ; 2, ligne de rivage estimée ; 3, ligne de suture entre la Corse et le bloc Maures-Estérel. 236 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Le Miocène des Alpes-Maritimes du début de Touverture de la Méditerranée occi¬ dentale et donc de la dérive du bloc corso-sarde (entre — 21 et — 19 Ma). Les relations paléogéo¬ graphiques du bassin de Vence changent alors et SC tcront désoi tnais avec l'ouest. La transgression burdigalienne atteint d’abord la Basse-Provence à la fin du Burdigalien inférieur puis s'étend vers le nord, gagnant le Dauphiné, la Savoie et la plaine suisse tandis quelle envahit la région de Vence. Des mouvements tectoniques importants ont lieu pendant la durée des dépôts burdigaliens, marqués par la présence de niveaux à galets et d’olistolithes. Après émersion, basculement et pénéplanation, la molasse caillouteuse supérieure d'âge tortonicn est le dernier témoin marin pris sous les grands chevauchements de la phase tec¬ tonique majeure alpine. Remerciements Nous tenons à remercier ici R. Anglada et j. Magné qui ont déterminé la microfaune des marnes de Vence, J -L. Welcomme qui a précisé les lignes de rivages du Languedoc â l'Aquitanien, j Meulenkamp et C. Montenat qui ont relu le manuscrit, ainsi que Mme F. Pilard, qui a réalisé les figures qui accompagnent le texte. RÉFÉRENCES Anglada R. 1972. — Étude des petits Foraminifères in Contribution à l’étude de TAquitanien. La coupe de Carry-lc-Rouet (Bouchc.s-du-Rhône, France), Mémoires du Bureau de Recherches Géologiques et Aliniéresi série I (4) ; 29-35. Anglada R. de Car/igras F. 1980. — Les étages fran¬ çais et leurs sir;Uiit)'pcs - Aquiuuien s.l (parastrato- types). A'féfnoires du Bttfcuu de Recherches Géologiques et Minières 109 r 264-268. 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RÉSUMÉ Dans ce travail sont présentés les dinoflagellés, les grains de pollen et les spores trouvés à la partie sommitale des « Calcaires inférieurs » du Paléocène basal d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques). Les assemblages, très diversifiés, nous ont livré soixante-dix espèces de dinoflagellés et cinquante-sept espèces de pollens et spores. La comparaison des dinoflagellés recensés avec les autres associations connues dans le monde nous a permis de confirmer Page selan- dicn (D2 ou base de D3) de la partie supérieure des a Calcaires inferieurs »t. En effet, nous avons reconnu Alisoiysta reticulata. espèce limitée à la zone D2 (Costa & Manum 1988) et Spinidinium demispinatum débutant dans la zone D3 du Selandien selon Powcll (1992). Des affinités ont été mises en évidence entre ce phytoplancton et celui d’Europe et d’Amérique du Nord. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 239 Cavagnetto C. & Tambareau Y. KEYWORDS Dinoflagellares, pollen, Pyrénées-Atlantiaues. Danian-Selanciian. ABSTRACT Palynolog^ ofihc SeLindian of Ornas (Pyrénées-Atlanticfues, France): comparison with Danian-Selandian microplankton recorded in the wortd. An analysis of the dinofiagdlates, pollen and spores occurring wi[hin rhe "'^Calcaires infé¬ rieurs' of the Lowermost Paleocetic of Oraas (Pyrénées-Aclaniiques) is carried out. i’he verv diversified assemblages found at the top of the formation involve scveiity spccies of dim>flagcilates ajid fllty-scvcn spccies of pollen and spores, l’he comparison of thcsc dinoflagcll.ite asscmblage.s with ihe other ones recarded in ihe world cnables confirrnauon of chc Sclandian ago (D2 or base of D3) of ihc uppcrmo.st pan of tlic “Calcaires inférieurs". Two main specics have becii recorded: Alhocysta reticulata^ rcsrrictcd to the zone D2 (Cosu & Manum 1988) and Spinidinium densispinatum which has its first appcarance in tbc zone 03 of the Selaiidian after Powell (1992). Some obvions affinities have been shown between this phytoplankton and the Northern Europe and Northern America onc.s. INTRODUCTION Dans le.s Pyrénées, le Paléocènc basal, et en parti¬ culier le Daniel!, bien individualisé par les asso¬ ciations de foraminifères planctoniques et de coccolithes en domaine de bassin, c’e.st-à-dire près de la côte atlantique - Bidan par exemple in Delaconc (1982) -, est plus difficile à caractéri¬ ser plus à l’est, en domaine de plate-forme. En effet, que ce soit dans les Petites Pyrénées sur le versant nord ou en Navarre dans le versant sud, le Paléocènc basal est essentiellement représenté par des séries carbonaiécs partiellement dolomici- sées, dépourvues de foraramiféres planctoniques, à coccolithophoridés nains sans intérêt stratigra- phique et à faunes benthiques rares et difficile¬ ment identifiables. Les seuls éléments de datation trouvés dans ces séries d'environnement marin restreint ont été les pollens et les dinoflagellés recensés à l a Cassine dans les Petites Pyrénées : ils indiquent un « Danien non basal » (Gruas- Cavagnelto et al. 1992). Des palynoflores daniennes ont également été signalées dans les formations continentales plus orientales, dans le versant sud» à Fondlonga notamment (Médus et ai 1988). Il nous a paru intéressant de compléter ces données très partielles sur IcvS microflores daniennes des Pyrénées par l'étude de celles trou¬ vées dans les « Calcaires inférieurs » d'Oraas (Béarn) déposés sur la pente continentale dans des séries intermédiaires entre bassin et plate¬ forme et bien datés par les foraminifères plancto¬ niques. Ce phytoplancton pyrénéen sera ensuite comparé à celui d’autres gisements d’âge compa¬ rable, décrits dans le monde. CADRE GÉOLOGIQUE ET STRATIGRAPHIQUE (Y. T.) Sous le hameau de Noues à Oraa-s (Pyrénées- Atlantiques ; Fig. 1) dans le synclinal d’Escos, sur la nvc droite du Gave d’OIoron creusé dans les puissantes « Marnes de Nay », une falaise de cal¬ caires plissés» blancs, d'environ 10 m de hauteur, offre une bonne coupc des « Calcaires inférieurs » (Fig. 2A)» première formation paléocène succé¬ dant aux horizons marneux de la zone â rnayoren- sîs (Fondccavc-Wallez 1994) du Maastrichtien terminal. Ils sont directement surmontés par une épaisse série de flysch, les « Sables inférieurs ». Une analyse biostratigraphique détaillée du Paléocène basal béarnais a pu erre entreprise dans ces calcaires accessibles en période de basses eaux. Cer affleurement a été découvert par Boltenhagen qui le décrit ainsi (1966 : l46, 152) : « La formation se compose presque uniquement de calcaires fins et de joints marneux, blancs, parfois maculés de rouge (remaniement du Maastrichtien) se présentant sous la forme de bancs très plissés, froissés, étirés. « À la base, ils reposent sur le Maastrichtien par 240 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques) Fig. 1. — Carte schématique du Paléogène inférieur des bassins de l'avant-pays pyrénéen. rintermédiaire de quelques bancs minces restés plans. Tous les autres bancs, plissés, sont des cal¬ caires fins à Globigérines et Glohororalia. Us sont séparés par des couches marneuses, laminées, de couleur grise, claire ou occasionnellement rouge. Les couches calcaires pÜssées sont arasée.'^ suivant une surface plane et supportent les "vSables infe¬ rieurs", grès grossiers à dragées de quartz, en bancs réguliers. » Pour cet auteur, les premières strates régulières des « Sables inlérieurs » étant parallèles^ à celles des bancs maastrichtiens et des premiers bancs calcaires sous-jacents aux calcaires plissés, la déformation de ces derniers n*est pas d’origine tectonique mais serait due à des glissements syn- sédimentaires sur les pentes du bas.sin (slumps). Les microfaunes et, en particulier, les foramini- fères plancconiques sont rapportées au « Paléocène » que faureur distingue du Danien sous-jacent qui serait absent ici. L’étude actualisée des foraminifères plancto- niques par Canudo & Molina [in Tambareau et al. 1994 et in litteris) montre quç ces calcaires appartiennent pour leur majeure partie a la zone P3 du Selandien inférieur. Un échantillon situé juste au-dessus des marnes du Crétacé supérieur, à l’extrême base des * Calcaires inférieurs », pour¬ rait appartenir à la zone à Pmemurica trimdadcn- sis (Pic) caractérisant un Danien élevé, mais la pauvreté de Passociation ne permet pas de Taffir- mer. Les autres échantillons de la partie infé¬ rieure de cette formation ont fourni des assem¬ blages caractéristiques de la zone à Morozovella angulaui (P3a). Les prélèvements effectués dans la partie supérieute de ces calcaires ont fourni une association caractéristique de la biozone à îgothià pusilla (P3b) avec PLtrwrotaliîes hautisher- gensis. P compressa, P iroelsenu Subbothia quudri- locula^ Morozovella angulata, M. conkotruncata. Praemurica itu'onstuns, Subhotlna triloculinoides et 5. pclascoensis. Pour M.-P. Aubry (in litteris). le nannoplauctou récolté à l’extrême base de ces calcaires, juste au contact avec les Marnes de Nay sous-jacentes, ne renterme que des espèces crétacées. Au-dessus, tou.s les échantillons fossilifères ont livré de.s assemblages qui cârâctériseni la partie supérieure de la zone NP4, c esr-à-dire la partie inferieure du Selandien. Ils comprennent Chinsmolithus bidens, C. cansuetîts, CruriplacoUthus tennis, Ellîpsolithus macellus, Ericsonia subpertusa. Fasi'icnlitlnis birectus, F. magnicordisy F. uUi, Pali'ozygus sigrnoides, Pinsiuh martinity Sphetio- lithus primits, Totveius perutsîis. Ces calcaires renferment aussi des forami- nifères benchtques de plate-forme interne comme Conicovalvultna ktijzeri. Scarificatina sp., comuts dans les Petites Pyrénées en association avec Bangiana hanseni à Pentecôte et avec du microplancton d’un « Danien non basal » à GEOOIVERSITAS • 1998 • 20(2) 241 Cavagnetto C. &C Tambareau Y. Fig. 2. — A, coupe des « Calcaires intérieurs •» sur ia rive droite du Gave d'OIoron à Nouts, Oraas (Béarn) ; B, coupe synthétique du Crétacé terminal et du Paléocène basal entre Pentecôte et La Cassine (Petites Pyrénées). La Cassine (Figs 1, 2B), (Gruas-Cavagnetto et al. 1992 ; Tambareau ei ai 1997). Elles sont associées à Coletîes sp. ainsi qu'à des rotalide's complexes attribués par Boltcnhagcu (1966) aux genres LaJJîttewa et MiscelLzrten, Ces formes ont été récemment révisées par L. Hottinger qui a reconnu (in Utteris) : Thalmannita cl. madru- gaensis^ Redrnondina henningtoni^ Plumokutbina dienii^ Elphïdiella prima, Misvellanitei globtdaris, Kathina aff. selveri n.sp., Ornatononion mimitïis. Dans la 7X>nation des foraminifores ben- thiques, ces trois dernières espèces caractérisent là zone SB2 tandis que les quatre précédentes sont connues à la fois dans SB2 et SB3 ( Serra-Kicl et al. 1997). Près d'Orthez, dans la coupe de Loubieng, nous (Y. T. & L. Hottinger) avons retrouvé une association à Scarificatina sp., P. dienii, M. globulariiy O. minutm\ K. aff. selveri et E. prima caractérisant cette zone SB2, bien développée sur toute la plate-forme nord-pyré¬ néenne et, en particulier, dans les Petites Pyrénées. Les associations dfostracodes de ces calcaires « slumpés » se composent essentiellement d’espèces profondes, de grande longévité, avec divers Krithe, Cytherella et Bairdia dont B. cym- biila, quelque.s Cretaceratina et Phacorhabdotus^ genres surtout connus dans le Crétacé et Trachyleberidea cf. prestwicbiüna. De rares espèces, moins profondes, sont égalemetit pré¬ sentes dont Mosaeleherh carntliculata connue dans le « Montien » belge et dans les Pyrénées, du Crétacé terminal au Tlianétien de la zone à Glomaheolina primaeva (SB3). La presque totalité des « Calcaires inférieurs » s’est révélée dépounnie de matière organique. Un seul parmi les échantillons traités appartenant aux horizons supérieurs sous-jacents aux « -Sables inférieurs a livré de belles associations de dino- flagellés et de pollens dont la description détaillée et l'interprétation constituent la majeure partie de ce travail. DINOFLAGELLÉS El' POLLENS (C. C.) DIN0FL\GELLÉS : COMPOSITION ET INTERPRÉTATION DE ^ASSEMBLAGE Les « Calcaires inférieurs » d’Oraas sont riches en dinoflagellés avec soixante-douze espèces recon- 242 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques) Fig. 3. — A. B. AvetropoHeniies sp., La Cassine, lame P2-5, H48 ; C, CaratinipoHenites paleocenicus Kedves, 1982, Oraas, lame 12-2, 013 ; D, E, Reîltricolporites sp., La Cassine. lame P2-13, 019 ; F, G. Tetracolporopollenites sp., Oraas, lame 12-2. M34 : H. I, Foveotricolporitessp.. Oraas. lame 12-2, M20. ; J. K. Helitricolporitessp., La Cassine, lame P2-13, Z51 ; L, M, Retitricolporites sp., La Cassine, lame P2'4, 055 ; N, 0, Psilatricolporites sp.. La Cassine, lame P2-4, H48 : P, MagnolipoHis sp., Oraas, lame 12-2, X25 : Q, idem, X27 , R, Tetracolporopollenites sp., Sapotaceae, Oraas, lame 12-2, R31 ; S, TetracolporopoHenites sp., Sapotaceae- Meliaceae. Oraas. lame 12-2, D39. Échelle : 10 pm. QÊODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Cavagnetto C. & Tambareau Y. nues. Il s’agir des premiers assemblages de dino- flagellés décrits dans le Paléocène inferieur des Pyrénées. Le tableau suivant indique Timporran- ce des formes les plus représentées au sein de cet assemblage : Spiniferiîes 16% Fibradinium annetorpense 15% Pyx/ûf/nops/s 11 % Alisocysta reîiculata 10% Alisocysta aircumtabulata 1 % Achomosphaera craseipellis Operculodinium centrocarpum 4% et O. microtriarntm 4% Impagidinium 3% Hysthehosphaeridium ttibiferum 3% Cerodinium 3% Cordosphaeridium inodes 2% Hystrichokolpoma cinctum 1 % Fibrocysîa axialis 1 % Les Sphiifcritey y sont les formes dominantes ; elles SC développaient dans des eaux profondes, en milieu néritique externe (Williams 1977 ; Kothe 1990). Bien que Pécoiogie àc^Fibnidinium annetorpemcy Almcysta er du groupe Pyxîdinopsh ne soir pas connue, on peut supposer qu'ils cor¬ respondent à des faciès distaux. Inipagidinium, représentant ici 3 % de l'assemblage, témoigne d’un environnement océanique de talus conti¬ nental. Spores et poi.lens : c:oMposrnoN et INTERPRETATION OES ASSEMBIAGES Les spores et les pollens sont moins abondants que les dinottagellés dans les « Calcaires infé¬ rieurs » d'Oraas (37 pollens er spores + 63 dino- flagellés = lOO). Subtriporopollenites 54% Tricolporopollenites 9% Milfordia (Restionacées) 6% Compos/fo/po//erf//es 1 Icaci nacées) 5% Spores de Pléndophytes 4% StephanoporopoHenites hexaradiatus 2% Pentapollenites 2% Tetracolporopolfenites ( Sapotacées) 2% Triatriopolienites 1 % Parmi les pollens subtriporés, les plus représentés sont Subtriporopollenites subporatus^ 22 %, S. magnoporatîis, S. anubnus. 5 %i S. magfioporatiu bamlatusy 1 %, 5. constans, 2 %. Parmi les cricol- porés, Tricolporopolknitcs fetigueuri et les formes à clavae sonr communs ; parmi les pollens rriporcs, TriporopoUanm u>€hmin^ms l’est également. L’abondance de pollens subtriporés à parois épaisses caractérise le Paléoccne. D'après Roche (1969), Subtiiporopolleurtes magiiopomîtis (surtout 5. magfwpomtîif trctopsdatrfs) a une représentation exceptionnelle dans le « Montien de Belgique. Une autre association polltnique a été décrite dans le Paléocène basal pyrénéen, a La Cassine (Axiège) (Gruas-Cavagnetto et al. 1992). Elle a été trouvée dans le <> Calcaire lithographique » à Coçcolithes nains, indiquant un milieu marin restreint de plate-forme inrerne. I.'associarion sporopollinique y est plus variée qiéâ Oraas, cent deux Formes y ont été reconnues contre cinquan¬ te er une à Oraas. Les formes communes aux deux gisements sont au nombre de vingt et une. L’assemblage pollinique est différent i La Cassine. car Triporopollenltes wehmingens'ts^ Tetrapollh polycingttlm et Extratriporopollenites pseudogranifer sont les formes dominantes. Aveitopollenites (Dg. 3A. B) est limité à ces gise¬ ments. Les pollens tricolporés sont variés (Fig. 3D-C)). Parmi les pollens subtriporés, à La Cassine, on rencontre surtout Stibtriporopolle- nites magnoporatus et S. constans. Magnolipollis (Fig. 3P, Q) n est connu qu’à Oraas. Avec un pourcentage non négligeable de formes issues du Crétacé, la patynoflore de La Cassine, datée d'un « Danien non basal », paraît plus ancienne dans le Paléocène que celle récoltée à Oraas. À Fontllonga (Fig. 1), autre gisement pyrénéen mais de milieu continental, Médus (Médu-s et aL 19S8) date l'horizon F|9 du Danien d’après les vingt-sept formes polliniqucs qu'il y signale. Parmi celles-ci, .sept sont également connues à La Cassine et à Oraas ; ce sont Type-Pfmx (Pteri- daceae), Müfordia htingtîrua (Restionaceae), l'ripüwptAleHttes robmtus (Cotylaceae), Nudopollis termirudiis Pliaipollis pseudoexcclsus^ Subtriporo- polleuitt'S aftubitus et 5. vanstans. Deux espèces se rencontrent à La Cassine et à Fontllonga ; Extrrttriporopollcvites agmnifer et E. pseudogranifer qui n’ont pas été retrouvées dans le gisement d’Oraas. 244 GEODIVERSiTAS • 1998 • 20(2) Fig. 4. — A-C. Alisocysta reticulata Damassa, 1979, Oraas. lame 12-2, F27 ; A, face dorsale, vue externe ; B, face ventrale, vue interne ; C. vue apicale. D-F, Alisocysta circumtabulata (Drugg, 1967) Stover et Evitt, 1978, Oraas, lame 12-2, T35. ; D, face ventra¬ le, vue externe ; E. face dorsale, vue interne ; F, lame 12-2, H24. Échelle : 10 pm. GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Cavagnetto C. 6c Tambareau Y. La présence de CaryapoUerutes trïangidiis^ déter¬ minée par Médus à Fontllonga, nous paraît éton¬ nante car. en Europe, cette espèce, prise en compte parmi un nombre restreint de mar¬ queurs, est signalée à partir du Paléocène supé¬ rieur dans la zone palynologique SP2 (Meyer 1988). LISTE DES ESPÈCES DlNOFl.AGRI.Ï,f.S Achomospbiiera craistpelUs (Deflandre et Cookson, 1955) Stover erEvict, 1978 A. ramulifera 1937)Evitt, 1963 Alisocysta circumtahulata (Drugg, 1967) Stover Evitt 1978, Fip. 4DT A. retiadata Damassa, 1979, Fig. 4A-C Amphorosphaeridium ? mnltispinosum (Davey et Williams, l966) Sarjeant, 1981 Areoligera cvronata (O. Wetzel, 1933) Lejeune- Carpcniier, 1938 A. Lejeune-Carpentier, 1938 A. tenuicapillata (ü. Wetzel, 1933) Lejeune- Carpentier. 1938 A. vermiatlata QoxxAàixWy 1973 Cerodiuïum ieptodermiim (Vozzhcnnikova, 1963) Lentin ef Williams, 1987 C speciosum ( Alberti, 1959) Lentin er Williams, 1987 C striaiuin (Dru^, 1967) Lcniin er Williams, 1987, Fig. 5B, C Conneximura fhnbriata (Morgenroch, 1968) May, 1980emend. Marrrcinecke, 1992 Cordosphaeridhim ex'tlbnurum Davey et Williams, 1966 C. fibrosphiomm D.ivey Williams. 1966 C. /«Wej {Klumpp, I9S3) Ei.scnack, 1963 Cydonephelium unanatum (Norvick, 1976) Stover et Evirt, 1978, Fig. 5E C sp., f ig. 6A, B Cyclopslcm dlipfku Drugg et Loeblich, 1967 C victa l^nigg Locbllch, 1967 Danea califonika (Drugg, 1967) Stover et Evite 1978, Figs 7A-C 8A, B D. impages Damassa. 1979 Diphyei coUigerum (Deflandre et Cookson, 1955) Cookson, 1965 D. spinuimn (Drugg, 1970) Stover et Evitt, 1978 Elytrocyita drugkd Stu\^r et Evitr, 1978 Exochosphacriaiurn biftdum (Clarke et Verdier, 1967) Clarke, Dave)\ Sarjeani Verdict, 1968 E. (Kloi^enrotlï, 1966) Siovcr Evitt, 1978 Fibradinium anncwrpemc^t\K^. Fig. 8C S. membr(imur}fs{Ki^s^\^no]. 1964) Sarjeant, 1970 S. Wî/Zr/Z'/'cm (Davey C'A Williams. 1966) Below, 1982 S. p.'>eudo/Tin/jnfS‘(Kïujvippy 1953) Sarjeant, 1970 S- r^îHOsxis (Ehrenberg, 1838) Loeblich et Loeblich, 1966 mnwsHj» l.eiirin et Williams, 1973 .S’ rammo gntnostis (Davey ex Williams, 1966) Lentin er Williams, 1973 S, suppdKUs (Drugg 1967) Sarjeant, 1970 T{triyoxpbtitrjdittffi xantbwpyxidrs (Ü. Wetzel, 1933) Stover et Evitt, 1978 Forme A Benson, 1976, Fig. 5G 246 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques) Fig. 5. — A, Senegalinium microspinosum {Boltenhagen, 1977) Lentin et Williams, 1980, La Cassine. lame P2-11, C42 ; B, C, Cerodinium sfr/aft>m (Drugg. 1967) Lentin et Williams, 1987, Oraas, lame 12-1, 041 ; D, Veryhachium hyalodermum (Cookson, 1956), Oraas. lame 12-2. M17 ; E, Cyclonephetium uncinatum (Norvick, 1976) Stover et Evitt, 1978, Oraas, lame 12-1, J42 ; F, Phelodinium magnificum (Stanley, 1965) Stover et Evitt, 1978, Oraas, lame 12-5, W15 : G, Forme A Benson, 1976, Oraas. lame 12-2, El9. Échelle : 10 pm. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Cavagnetto C. & Tambareau Y. ACRII'ARCHES Micrhystndiiim sp. Veryhachium hyalodermum (Cookson, 1956), Fig. 5D Spores Leiotrikles sp. Toroisporis sp. Gleichoiiiditêi sp., (j leicheniaceae Polypodiaceoisporiteî sp.. Ptcridaccac SîereispoYtm (Distuncoraesporis) .sp., Sphagnum Stereisporites {Sterei^rnnisporis) gt'anulus W. Krutzsch, 1963, Sphagnum Laevigatosporites hitardti (R. Poconié Veniez, 1934) Thomson pe Pflug, 1953, Polypodiaccae Pollens Inapertipollis spiruieserrattis W. Krutszch et Vanhoorne, 1977 Pityosporiies {itbdiims (R. Potonié, 1931) l'homson et Pflug, 1953, Pinus Milfordiu incerta Cl'homson et PHug, 1953) W. Krutzsch, 196ld, Restionaccac M. hungartca (Kedves, 1965) W. Krutzsch et Vanhoorne, 1961d, Restionaceae Caratinipolleniiespaleoeeriims Keâvc$, 1982, Fig. 3C CavagnettOiUpolieniUi': meitatensïs Kcdvc.s, 1982 Corsinipoilenites prtmigen’tus W. Krutzsch et Vanhoorne, 1977 LabrafiroidtiepaUcnhey hituitits (R- Potonié, 1931a) Kedves, 1982 NudopoUk tenninnlk ('I homson et Pflug, 1953) Pflug, 1953 Plicapollk cf. conseiiii Pflug, 1953 Plicapollis pseudoexeelsus (W. Krutzsch, 1958) W. Krurzsth, 1961 Pompeckjoidaepollenitei snhhercynkus (W. Krutzsch, 1954) W. Krutzsch, 1967 Pseudorofvehupollenites paieoceniaa Kedves, 1982 Psittacolph daeagnoldes- (Zakiinskaya, 1963) Kedves, 1967 Tnpûropûlktiitèi robtéstt/s Pflug, 1953a T. wehmin^ensk 1953 Triatriopokenirei arûhùratm l^flug, 1933 T. peiplexus Pï\\x%, 1953 T. Toboraim Pflug. 1953 T. rurensh Pflug et I homson, 1953 Subtrippyvpollcmm artulatus Pflug et Thomson, 1953 S. comttijjiV[\\x% et Thomson, 1953 S. magnoporattis (Pflug et Thomson, 1953) W. Kaitzsch, 1961 S, rnagtwporfUiis îeetopsibHiisVxic\\e, 1968 5, subpotatui suhporaîiisyfJ. Krutzsch, 1961 CompQxitoipoÛeHÎtes mtnimtts W. Krutzsch et Vanhoorne. 1977 C rhizophonts Potonié, 1934) R. Potonié, 1960 Polyvesîibiilopollenites eocaenicus W. Krutzsch et Vanhoorne, 1977 Portniaginaepollenites hungaricus Kedves, 1974 Stephanoporopollevites pentaradiatus W. Krutzsch, 1961 5, hexuradiatus (Thicrgart. 1940) Thomson er Pflug, 1953, scinirrihinae W. Krutz.sch, 1961 5 . hexaradiam . Knjtzsch, 1961 Tetrapidlh pùiyanguitis (Pflug, 1953) W. Krutzsch, 1%7 7: iw/vVAü-(Pflug, 1953a) Pflug. 1953b Pemapôilenttes sp. Ma^udipoilk sp., Fig. 3P. Q Psiîatiicofpites liblarensis (‘Fhomson et Pflug, 1953) Rodic e/Schulei, 1976 Polyeolpites tmindanubicas Kedves, 1978 PsiiaTricoIppritei sp. httrabmulimcolpontes baculutus (W. Krutzsch, 1961) Kedves, 1982 /. (Gruiis-Cavagncito, 1966) Kedves, 1982 Poveotricolporites sp.» Fig. 3FI, I Retitricolporhes sp. Sti‘uitrkolporUei sp. ikxpotleiiiu's erdimam Kedves, 1978 Veiracülporopollcniies Sapotaceae, Fig. 3R 7. sp., Sapotaceae-Meliaccae, Fig. 3S 7', sp„ Fig. 31', G Eticipiîct sp. DINOFLAGELLÉS DU DANIEN- SELANDIEN DANS LE MONDE (C. C.) HlSl ORlQUG DES TRAVAUX Les premiers rravaus sur les dinoflagcllës du Paléocène basal ont concerné PAustralie (Coolcson 1965) et les États-Unis (Stanley 1965) où ils se sont ensuite multipliés (Drugg 1967, 1970 î Benson 1976 ; Firth 1976 ; Damassa 1979a, b, 1984) et étendus à PArctique canadien (loannides 1986). Ils ont commencé presque en même temps en Europe du Nord (Morgenroth 1968) avec de nombreuses érudes faites sur les formatioas du Danemark ainsi que sur d’autres régions de Scandinavie où le Palcoccne basal est bien repré- .senté (Wilson 1971 : De Coninck 1975 ; Hansen 1977, 1979a, b ; Kjcllstrôm ôé Hansen 1981 ; Heilniann-Clausen 1985 : Hultberg 1985, 1986) puis sur la Suisse (Jan du Chêne 1977). Ils sont plus tardifs et plus rares en Europe du Sud avec les contributions de Médiis et (il. (1988 ) puis Gruas-Cavagnetto et al. (1992) sur les Pyrénées ou se situe notre étude, et celle de De Coninck ôé Smit (1982) sur FEspagne du Sud-Est. 248 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques) Fig. 6. — A, B, Cyclonephelium sp., Oraas, lame 12-1, Y30 : C, D, Glaphyrocysta ordinata (Williams et Downie, 1966) Stover et Evitt, 1978, Oraas, lame 12-1, Y42 ; E, Fibrocysta bipolaris (Cookson et Eisenack, 1965) Stover et Evitt, 1978, La Cassine, lame P2-10. L28 ; F, G. Riculacysta sp., La Cassine, lame P2-8, T22 ; H, Cyclonephelium castelcasiense Corradini, 1973, La Cassine, lame P2-5, Z36. Échelle : 10 pm. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Cavagnetto C. & Tambareau Y. En Afrique, seuls ont été recensés les dinoflagel- lés du Paléocène basal de Tunisie (Brinkhuis &C Leercvcid 1988 ; Brinkhuis & Zachariasse 1988), des phosphates du Maroc (Soncini Raiischer 1988) et du Danieti du Sénégal (Jan du Chêne 1988). Des études desciiptivcs des dinoflagellés du Crétacé-Paléoccnc ont été réalisées en Inde du Sud (Mchroia &C Sarjeant 1987) et plus vers Test, en Chine, dans le bassin de Panm, province du Xinjiang (He Cheng-quan 1984) où Tétude stra- tigraphique met en évidence l%tbsence du Paléocène inférieur (Mao Shaozhi ik Norris 1988). COMPAIUI.SON KNTRK 0\lAAS li T LES AUTRES cisEMEms DU Danien-Selandihn France : La Cassine, Ariège (Figs 1,2B) Les « Calcaires lithographiques a coccoÜthes nains de L.a Cassine. dans les Petites Pyrénées, datés d'un « Danien non basal », contiennent un assemblage de dinoHagcllés moins varié (cin¬ quante-quatre espèces) que celui d'Oraas (soix¬ ante-dix espèces). Ces calcaires se sont déposés dans les eaux très peu profondes de la partie la plus interne de la plarc-forme marine. L'assem¬ blage est constitué essentiellement de Cordosphacridiunh Operadodmiitm et Fibrocysta, avec, en rnoindre pourcentage, Sphiiferites et des Areoligcracces (Gruas-Cavâgnetto et ai 1992). Parmi les formes intéressantes du point de vue stratigraphique. absentes à Oraas mais rencon¬ trées à La Cassine, nous avons représente Cyclo- nephelium castek'usiense (Fig. 6F1), Senegalinium microspinostm (Fig. 5A). C. castelcasiemc est connue dans le Crétacé supérieur des Apennins du NonI et le Danien du Sud-Est de l’Espagne. Fibrocysta bipnlarh (Fig. 6E), présente à La Cassine mais non rniiivée à Oraas, est également figurée dans ce travail. Les espèces communes aux deux gisements sont au nombre de vingt et une : Arhotrwsphaera ramulifenh Amphorosphaeridium ? fnulthptnosumy Areol ige y a te n u / capi Uat a, A. ver mi cul a ta (Fig. I2A, B), Cordoshaeriditim ftbrospmosumy C. inodes, DiZnea califormca (Figs 7A-C, 8A, B), Diphyes colligerum, Fxochosphaeridium hifidurn, Fibrocysta axialis, F. variabilis, Operculodinium centrocarpurn, O. microtriainum, Riculacysta (Fig. 13), Spiniferites katatonos (Fig. 8C), S. membranaceus, S. midtibretds, S. ramosus granosus, S. ramosîis ramosus, 5. pseudolurcatus, S. supparus. Fspagzie du S~F : Barranco del Gredero De Coninck Sniit (1982) constatent quil n’y a pas d’important changement d’association de kystes de dinoflagellés h la limite Crctacé- lertiaire. Parmi les especes significatives du point de vue stratigraphique, sont présentes ici comme à Draas : Aluocysiu circurntabuiala, Danea califor¬ nien (sjaionyme de D. mntabilis). Au rotai treize e.'ipèces sont communes aux deux gisements, parmi les cinquante-six espèces reconnues en Espagne. Il s^agit de : AreoUgera coronata, A. smo- netJsis, A. tenuiciipilLita, Cerodinium spedosurn, Cordosphaeridium fibrospinosum, C. inodes, Diphyes colligerum, Hysirieborphaeridium lubife- rum, Operculodinium cenirocarpum, O. micro- triainum, Tanyosphaeridittm xanthiopyxides. Fîiropedu Nord Morgenroth ( 1968) a décrit, en Europe du Nord, onze espèces nouvelles sur dix-neuf espèces recensées. Parmi celles-ci, neuf se rencontrent à Oraas : AreoUgera coronata^ Conneximura fim- bridtih Cordosphaeridium tnodes, Danen calforni' ça, Fibradinium annetorpense, Flystrichokolpoma bîilbosum. H, cinctum, Hysiricbo^pbaeridium tubiftrum, Fanyosphaeridium xantbiopyxidei. Wilson (1971) décrit le Danien basal de -Srevns Klinu au Danemark, où il reconnait cinquante espèces de dinoflagellés. Il remarque que les asso¬ ciations du Danien inférieur du Danemark sont semblables à celles de la Belgique et de la Mollande avec abondance de Spiniferites, Achomospbaern, Defîandrra crelacea ei Svalhar- della. Danea ctdfmuca cm présente. De Coninck (1975) a analysé le Danien supé¬ rieur de Limhann, en Suède : il y a reconnu trente-six espèces. Parmi celles-ci, les plus abon¬ dances sont Sp/injvrires, 26 J lystncbosphaeri- dium tubifirum, 17 % et Metubranosphaera sp. A, 5 %. On rencontre douze espèces communes à la Suède et au gisement d’Oraas : Areoligera cornna- ta. A, cf. senonensisy Gordosphaeridimn inodes, Danea caUfornka, Florentinta ferox, Hystriebo- kolpoma bulbostim, Hystrichosphaeridium tubiferum, Melitasphaeridium pseudoreciirvatum. 250 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques) Fig. 7 . _ A-C. Danea califomica (Drugg, 1967) Stover et Evitt, 1978, Oraas. lame 12-5, T58. ; D-E, Melitasphaeridium sp. 1 in Heilmann-Clausen, 1985. Oraas, lame 12-2. Q38 : F. Fibradinium annetorpense Morgenroth, 1968. Oraas, lame 12-2, U54 ; G. Melitasphaeridium pseudorecurvatum {Morgenroth, 1966) Bujak, Downie, Eaton efWilliams. 1980. Échelle : 10 pm. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Cavagnetco C. & Tambareau Y. Fig. 8. — A. B, Danea calHornica (Drugg. 1967) Stover et Evitt, 1978, Oraas, lame 12*3, T51 . A. face dorsale, vue oblique externe ; B. face ventrale, vue oblique interne ; C. Spiniferites katatonos Corradini, 1972, La Cassine, lame P2-6, Q56. Échelles : 10 pm. Oli^osphaeriflium complexe Operailodinhim cen- trocarpum. O. microtriainum^ Tanyosphaeridhim xanthiüpyxides» Hansen (1977) propose un modèle sédimentaire du Danicn du Bassin danois. Du poinr de vue quantitatif, il remarque que la partie inferieure et moyenne du Danicn contient 30 a 50 % de Spiniferites ramosus et la partie supérieure 20 à 34 %. Il cite quarante-cinq espèces dont seize sont communes avec Oraas : Achomosphaera nimulifera, Areoligern cororuitu, A. senonensisy Cordosphaeridium flhrospinosum, C. inodeSy Dnnea califomuay Fibrocysta axialisy Fibnulinhim dutielorpcnscy tiystrichokolpoHid bulbositni, Hystri- chiHphderidium tuhifcruni, (dligosphueiidium com¬ plexe Spiniferites cornutuse S. muhihrevisy S. va- nmm granosuse S. nîmosus ramosus^ S. supparus. TKomsen & Hcilmann-Clauscn (1985) ont étu¬ dié le Danien-Sdandien de Svcjstrup. Sdon ces auteurs, le Danien terminal est caractérise par TaBondauce du groupe Spiniferites-ylebomos- phaera qui atteint 60 %. l.e passage au Selauclien est marqué par une augmentation ^'Artoligera et de Glaphyrocysta constituant 70 % de l’asscm- blage de dinoflagellés, h la base. Au-dessus, Palaeoperidtnium pyroforimu Pnlaeocyîtodinmm australinnm et Ceratiopsis speciosa deviennent plus frequentes. Les auteurs signalent vingt-deux especes impor¬ tantes du point de vue stratigraphique. Parmi celles-ci, quatre sont présentes dans les « Calcaires inférieurs » d'Oraas et dans le Danien de Svejstnip {Cerodhilurn striatum, Danea calF fornica, Dystrichokolpoma bulbosunu Spiniferites cornuttil) et deux dans les « Calcaires inférieurs » et le Selandien de Sveistrup (Cerodinhim spccio- sum et Spwidimum demispinatnm). Heilinann-Clausen (1985) décrit trente-six e.spèces dans le Danien terminal (NP4) à Viborg 1 dans le Jylland central. Parmi celles-ci, quinze se rencontrent aussi à Oraas : Alisocysta circumtabidauu Areoligera coromta, A. senoyiensisy Cerodinium spcciosumy C striatumy Connex/mura ftmbriatay Dnnea californicay Fibradinium nnne- torpemey Florentinia feroxy Clnphyrorysta ordinatUy Hystrichosphaendium tubiferunu Melitasphaeri- dïUm pseudorecurvattim , Oligosphaeridium compleXy Spinidinhirn densispînatumy Tanyo- sphaeridiurn xanthiopyxides. 252 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2} Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques) Fig. 9. — A, Pterodinium sp. C in Schioler ef Wilson. 1993. Oraas, lame 12-2, Q2 : B, Heterosphaeridium ? heteracanthum (Deflandre eïCookson, 1955) Eisenack e/Kjellstrom, 1971, Oraas, lame 12-2, T35. ; C-E, Ochetodinium romanum, Damassa. 1979, Oraas, lame 12-2. SI 2. Échelle : 10 |jm. Hultbcrg (1986) a trouvé une section plus com¬ plète autour de la limite Crétacé-Ternaire, dans le « Fish clay » (argile à poissons) formé soit dans un environnement à basse salinité (Est du Danemark), soir dans un environnement marin stable (Ouest du Danemark). 11 a ajouté une zone basale au Danicn par rapport à la zonation précédente, Les e.spèces de dinoflageJlcs les plus abondantes du « Fish clay ^ sont Spiniferites ramosiis, Senonidsphaem imnnatay fihrocysta axia- lis et Areoltgera coromita. Les espèces danicnnes sont -semblables a celles du Maaslrichtien. La transition Crétacé-Tertiaire n'est pas marquée par la disparition d'un nombre important d'espèces de dinoflagellés mais par un changement dans l’abondance relative des taxa. L’auteur cite la pré¬ sence de cinquante espèces sans les nommer. À partir d’une synthèse des données relatives aux dinoflagellés paléocènes des bassins voisins de la mer du Nord, ETeilmann-Clausen (1994) a mis en évidence des événements permettant des cor¬ rélations à l’intérieur de la région pouvant aussi être étendues à d’autres régions du monde. Suisse Jan du Chêne (1977) a étudié une série allant du Alaastricluien à l'Éocène inférieur dans le canton d'Obwald en Suisse centrale. Le « Dano- Montien (zone à Cerodinium striatum) contient vingt-sept espèces dont sept se rencontrent aussi à Oraas : Areoiigera curontïta, A. Senouensis, Cerodinium spedosttm^ C. striatum^ Cordosphae- ridium fibrospinosum, Hystrichokolpoma hulbo- sum, Flystrichosphaeridium tubiferum. QEODIVERSITAS • 1998 * 20 (2) 253 Cavagnetto C. & Tambareau Y. Fig. 10. — A-C, Impagidinium pentahedrias Damassa, 1979, Oraas, lame 12-1,022. Échelle : 10 pm. Nord-Ouest de la Tunisie Une coupe à El Kcf» où le Danien inférieur et supérieur sont représentés, a été étudiée par Brinkhuis & Leereveld (1988). Ces auteurs ont sélectionné vingt-sept formes de dinoflagellés dont six se rencontrent à Oraas, 11 s'agit tTAchoniosph(ffra> Baüacasphâeray AlisoCjfsta cir- cnmtabiilata, Cerodinimn sfieciosimu Danca cali- Jornica^ Phclodinium magniftemn^ Spiniferites. L'abondance du groupe Aehoynosphaera- Spinijerites est signalée au Danien inférieur alors que le groupe Andalusiella-Senegalinium atteint 70 % au Danien supérieur. L'interprétation éco¬ logique de ces assemblages n est pas donnée. Dans la coupe d'El Maria (Brinkhuis &: Zachariasse 1988), on a reconnu soixante-sept espèces dont t[uin7,e sont présentes à Oraas : Alisocysta çirçiimtabtdatu^ Amphorosphaeridiurn miiltispinosumy Areoligera semmenus, Cerodinium speciosum^ C. striatum^ Cordosphaeridturn exili- murum, C. Jibrospirwsum, C. inadeSj Danea cali¬ fornien^ Diphyes colligerum, Hystrirhokolporna hulbositmy Impagidinium pentahedrias^ Phelodi- niurn magnifeum, RicuLteysta^ Spinidinium den- sispinatum. Du point de vue palcoécologique, les associations I et II, correspondant à un niveau plus bas de la mer,- contiennent un pourcentage élevé de Spiniferites-Achomosphaera. Dans les a-ssociations III et IV, Senegalinium devient pré¬ dominant et atteint jusqu’à 80 % de l’assem¬ blage. L’augmentation du pourcentage de Senegalinium semble correspondre à une éléva¬ tion du niveau de la mer. Les auteur.s ne remar¬ quent pas de changement important au passage Crétacé-Tertiaire, ni un taux d’exrincüon accéléré chez les dinoflagellés. Maroc Dans leur étude sur les phosphates du Maroc, Soncini & Rauscher (1988) ont distingué quatre associations de dinottagellés. Les deux premières correspondent au Maastrichtien. La troisième association rassemble, dans uit meme dépôt, des kystes du Maastrichtien supérieur, du Dano- Montien et du Thanécicn. Ce dépôt serait forte¬ ment remanié. Le Dano-Montien est considéré dans ce travail comme un terme stratigraphique local. Il est donc difficile de trouver un sens à la 254 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques) comparaison entre cette association provenant de sédiments remaniés et celle d’Oraas. Sénégal Jan du Chêne (1988) a décrit soixante et onze espèces dans le Danicn du Sénégal. Un tiers de celles-ci, soit vingt-sept espèces, se rencontrent également à Oraas. 11 s'agit de : Achilleodiyüum biformoideSs Amphorosphaeridium ? multispino- sutn> Arcoligera çofonllta^ A- $cnonemiSs Cerodinium Icptodermum, Cordosphaen'dium exi- Ihnurumy Cyclonephelium uncinatinn^ Cyclopsielln vieta, Dfphycs spmulunh Elytrocysta druggii, Exochosphacridhim bifidum, Eibrodhnmn amie- torpenscy Fibrocysia axiaHsy F. radiatUy Florentinia feroXy împagidinium patuliiniy Ochetodinmm ramanuniy Operculodhihim centrocarpumy Pbelodiniuw magnificunh PyxidinopsE ardonemey Spinidiniuni densisptnatunh 5. cornutm normilisy S. hyperacantbusy S, nndtibrevisy 5. mrnosus rama- stiSy S. ramosHs ^‘anosmy Tanyospbacridium xan- tbiopyxîdes. Ce Danicn s’est déposé en milieu méso-bathyal (De Klasz et aL 1988)* Le phyroplancton est de type tropical. L’association est différente de celles connues en Europe du Nord-Ouest et aux États- Unis. Elle comprend surtour Palaeocystodmium gabonensfy Senegalinmm microspinommy Tricho- dinium delicatum, Tricbodinhim sp. 1. On remarque l’absence des marqueurs du Danien européen et américain comme Palaeo- peridintum pyrophonmiy Alisocystay Danea califor- nica. Les formes les plu.s abondantes y sont Spiniferitesy ImpagidinimUy Pterodinhim. Par ana¬ logie avec les associations récentes décrites par Wall et al. (1977), les Impagidinium sont, pour la plupart, restreints a des sédiments tropicaux et subtropicaux de plate-forme externe, de talus ou abyssaux. Californie, Etats-Unis Drugg (1967) a étudié la Formation Upper Moreno dans l'Fv-scarpado Canyon en Californie, du Crétacé supérieur au Paléocène. Il a reconnu soixante-dix espèces dans le Danien dont quinze sont communes avec Oraas. Ce sont Achomos- phaera crassipellis, Alisocysta drcumtabulatay Arcoligera tenuicapillatay Cerodinium speciosum, C. striatum^ Cordospbaeridium inodes, Danea Fig. 11. — A-C, Impagidinium sp., Oraas, lame 12-2, X44 Échelle : 10 pm. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 255 Cavagnetto C. & Tambareau Y. Fig. 12. — A, B, Areoligera vermiculata Corradini, 1973, La Cassine, lame P2-1, P53. Échelle : 10 |jm. californiaty Florentinia ferox, Hystrichosphae- ridium tulvfemm^ Openulodinium centrocarpum, Oligosphaendium complexe Phtiodinium magnifi- cîimy Spinidimum dcnsispinatuni^ Spiniferites rarnosus^ 5. supparm^ L'auteur remarque Tabonclance de Trithyro- dinium evittii, Peridinium basilium dans la partie inférieure du Danien, avec présence de Danea calîformca et de Cribroprruiinlüni pyrmu Dans la partie supérieure, les espèces les plus abondantes sont CcYodiuiuin sptxiosnm^ Cürdosphderidium inodes et Gl'^pbaiiodiniuv} faettum. Damassa (1979a, b) A rencontré, dans le » Franciscan Complex » (Mendocino Cuunty) un assemblage peu diversifie dans un bassin isole. Elle cite douze espèces dont quatre sont présentes à Oraas : Alisocysta rcticulaltu Dama californica, Exochospbaeridium bifidurn et Impagidiniurn pen- tahedrias. Maryland, Ftats-Unis Benson (1976) rapporte trente-deux espèces dans le Paléocène inférieur de Rouïid Bay dont onze sont présentes à Oraas. Ce sont Ccrodinium stria- tttnu Cordosphueridium fibrospinosum. Diphyes coliigenmu Fibmdinium annmrpcnsey llysfrkho- sphaeridtum tubiferunu Operadodinium centra- cürpuvi-, PhelndtniiOn magnifinÀni^ Spiniferites cornutiis, S. rammns granosus^ S. ramosus nimosusy Genre A. Les espèces les plus représentées sont Lanterno- sphaeridium lanosum, Operculodinium centrocar- p U ni:, Tri ch odin i u m h i rs tt tu m , Défia n d rea echinoideny D. ptdchra^ Spiniferites ramosus. Géorgie. Etats-Unis Firth (1987) a décrit soixante-deux espèces dans le Danien inferieur de la Formation Clayton près d’Albany. Parmi ccllcs-ci, quinze sc rencontrent à Oraas : Alisocysta circumtabulata, Conneximura fimbriata^ Cordosphaeridium inodes, Diphyes colli- geuon. Exochosphaeridium biftdmtu Fibradiniurn a n netorpense^ I lystrichosphaeridiuni tu biferit m , Phelodimmn magstifii urn^ Spiniferites carnutus cornutus^ S. hyperacanthus^ S. membrariaceus, S. tnuUibrcvis^ S. ramosjés granosus, S. ramosus ramosus et S. supparus. L'auteur n'observe pas un remplacement important de taxa de phytoplanc- ton A la limite Crétacé-Terriaire. C’est plurôt le changement dans Fabondance relative de queh]ues espèces qui indique un changement dans l'environnement. Au Danien, on observe une abondance relative de Spiniferites, Andatusiella rhombohedra et Mierhystridiurn fra¬ gile avec le retour à des conditions marines plus- ouvertes. 256 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Adantiques) Archipel arctique, Canada loannides (1986) a eftccrué une étude sur les dinoflagellés du Crétacé supérieur et du Tertiaire inférieur des îles de By^lor et de Devon, dans TArctique canadien. La Formation Eurêka Sound est d’âge Palcocénc inférieur. 1 . Sur la cote du sud (« Interval TV »), l’assem¬ blage est dominé par une ou deux espèces. Les formes les plus fréquentes sont Cordosphaeri- dium^ ThaUnsipbora pelagkay Glaphyrocysta ordi- nata, Palaeoperidimum pyrophorunu La structure monospécifique de ces associations peut refléter renvironnement changeant près de la côte avec des fluctuations de salinité. Certaines espèces plus tolérantes à une salinité variable peuvent mieux s’adapter et devenir dominantes, 2, À Twosnout Creek (« Interval IVa »), la diver¬ sité des dinoflagellés est également limitée, mais les espèces sont représentées par beaucoup de spécimens. II y a également des populations monospécifiqiies indiquant probablement un dépôt près de la côte. Cerodimum dieheliiy C. spe- ciosunty Cordosphaeridium inodesy C. exilimurum, Thalassiphnra pelagtcay Palaeoperidinium pyropho- rurn, Areoligera, Glaphyrocysta sonr abondants. Inde Mehrotra 6c Sarjeant (1987) ont étudié une série Crétacé-Paléocènc dans le bassin de Godavari- krishna, dans TAndhra-Pradesh. Ils ont décrit vingt-cinq espèces dont la majorité ressemble morphologiquement â des e.spèces décrites en Europe, Amérique du Nord et Au.stralie. Le Paléocène comprend huit espèces dont une seule, Fibrocysta variahilis, est présente à Oraas, mais les genres sont similaires. En Inde, Fibrocysta varia- bilis est abondante avec Cyvlonephelium indicum et Glaphyrocysta texia. Le tableau 1 montre, h titre indicatif, le pourcen¬ tage d’espèces communes entre le gisement « selandien » d’Oraas et ceux du Danien- Selandien mondial dont la liste complète et la description viennent d’être données. Le nombre total d’espèces communes est fonc¬ tion du nombre total d'espèces déterminées et de la richesse du gisement. Il semble néanmoins que l’on puisse discerner de grandes similitudes entre Fig. 13. — A-C, Riculacysta sp., La Cassine, lame P2-8, T22. Échelle : 10 pm. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 257 Cavagnetto C, & Tambareau Y. Tableau 1. — Comparaison entre les dinoflagellés d’Oraas et d'autres associations du Paléocène intérieur. Gisements Espèces de la localité Espèces communes avec Oraas % espèces communes La Cassine, France 54 22 30 Barranco del Gredero, Espagne 56 13 17 Viborg, Danemark 36 15 20 Danemark 45 16 21 Europe du Nord 19 9 12 Suède 36 12 16 Suisse 27 7 9 El Haria^ Tunisie 67 15 20 El Kef, Tunisie 27 6 8 Sénégal 70 27 36 Maryland 32 11 15 Californie 70 15 20 Géorgie 62 15 20 le phytoplancton étudit? et celui connu dans le Selandien d’Europe et d’Amérique du Nord. Le grand nombre d’espèces communes avec le Sénégal tient à la richesse des gisements étudiés mais concerne essentiellement des espèces ubi- quistes alors que les associations sénégalaises comprennent aussi des formes restreintes à une province tropicale, absentes dans les « Calcaires inférieurs » d'Oraas. CONSIDÉRyVnONS STRAT IGRAmiQUES Nous rappellerons brièvement d’abord la défini¬ tion des biozones de dinoflagellés utilisées dans ce travail. Pour Costa Sc Manum (1988), le Paléocène infé¬ rieur comprend : - la zone Dl correspondant aux zones de nanno- plancton NPl, NP2 et NP3 pro parUy avec, à sa base, l’apparition de Danea californicay Fibrocysta ovalisy Hafiiiasphaera hyalospinosa ; - la zone D2 correspondant à NP3 et NP4 pro parte avec, à sa base, Tapparition de Hafnia^ sphaera cryptooesiculaUiy Alisocysta reticulata ; - la partie inférieure de la zone D3 correspon¬ dant aussi à NP4, avec, à sa base, Tapparition de Thalassiph&ra delicata, Palacotetradinïum minus- culum. La partie supérieure de la zone D3 ainsi que les zones D4 et D5 appartiennent au Paléocène supérieur. Pour Powell (1992) qui a subdivisé le Tertiaire du domaine nord-occidental en trenre-six bio- zone5, chacune caractérisée par l'apparirion d’une espèce sélecrionnée et correspondant à une période de ] ,8 Ma, le Paléocène comprend onze bio¬ zones. Le Paléocène inférieur ou Danien corres¬ pond, pour lui, aux zonc.s precedentes Dl et D2 en presque totalité ainsi qu’aux zones de forami- nifères planctoniqucs Pla à P2 et de coccolirhes NPl à NP4 : il le subdivise en cinq bio/ones qu'il nomme, de la base au sommet ; Ceo {Carpatella corfnita)^ Tru {Tauidodimum rugula- tum). Xlu {Xenicôdimum lubricum)^ Scr {Spiniferites crypiovesiculatm)^ Csc {Ccrodinium striatiari). La hase du Paléocènc supérieur qui, selon lui, correspond a D3, P33-b et NP5 est caractérisée par les zones 8dc {^pinidinium den~ sispinaturn ) et Csp ( Ccrodinium speciosian ). Williams et al. (1993) ont réalisé un tableau syn¬ thétique de répartition des dinoflagellés pour l’hémisphère nord. Parmi les espèces limitées au Danien (Paléocène intérieur, donc Danien- Selandien) dans ce tableau, trois sont présentes dans le calcaire d’Oraas. Il s’agit de Danea cali- foruivn, Conneximura firnbriata et Hystrichokol- poma bulbosum. D'après le tableau de synthèse de Powell (1992), valable surtout pour la Grande-Bretagne mais, en ce qui concerne le Paléocène, également pour l’Europe, le gisement d’Oraas appartiendrait à la zone Sde qu’il place à la base de D3 et du Paléocène supérieur, en raison de la présence de Spinidiniitm densispinatum. Or trous espèces de dinoflagellés présentes à Oraas débutent dans la zone D2 et, plus précisément, dans les zones Scr pour deux espèces (Alisocysta reticulata et Cerodimum striatum) et Csi pour une autre (Spiniferites supparus). Toujours d’après le tableau de Powell (1992), deux especes présentes à Oraas, Alisocysta circunitabulata et Spinidiutn demispmatum apparaissent dans Sde qui coïncide avec la base de D3. Si Ton se réfère au rableau de synthèse pour l’Europe occidentale de 258 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlannques) riGCP 124 (Costa & Manum 1988), Danea califomka ne dépasse pas la zone 02, Alisocystu reticîilata y est limitée. Quant à Cemdinmrn spe~ ciosum^ il débute dans D3. En conclusion, on peut envisager l'appartenance du sommet des « Calcaires inférieurs >> d’Oraas à la zone D2 semu Powell (1992) en taison de la présence d'Alhotysta retiadata et de Sjdnijerites sîipparus ou D3 en raison de celle de Spiuidhdum demispinatum et de AUsvcysta chxUHHidndatcf . La première apparition étant, pour cct auteur, l’évé¬ nement impofiam dans la zonation, ces calcaires devraient donc eue attribues à D3. Remarquons cependant que, datés par ailleurs des zones P3b et NP4. ils appartiennent au soniniet du Paléocène inférieur (Selandien) et non au Thanétien, âge attribué à la zone D3 corrélée avec les zones P3a et NP5 dans le tableau de Powell. Au contraire, si l'on retient le tableau de Williams et td. (1993), deux espèces, Danea cali- fornica et Hystrichobolpoma bidbosum^ n^actei- gnent pas le quart supérieur du Danicn. D'après les pollens, l'associarion â Suhtripnro- pollenites magnoporatus et S. subpomtus domi¬ nants caractérise le Paléocène et l'espèce l'etrapoUis validus est connue depuis la zone palynologique 4 du « Dano-Montien » de W. Krutzsch in Doring et al. 1966 qui comprend les zones 1 â 7a, définies dans la formation Wülpercr (Nord de fancicnne Allemagne de PEst). CONCLUSION Le sommer des « Calcaires inférieurs » d’Oraas a fourni des foramitûfércs planctoniqucs de la zone P3b (Canudo èc Molina in Tambareau et al. 1994) et des coccoliihcs de la partie supérieure de la zone NP4 (M.-P. Aubry in litteris) ; ils sc placent donc â la base du Selandien, le Danien étant maintenant limité aux zones PI et P2, NPl-partie inférieure de NP4. La comparaison de son association de dinoHagellcs avec les asso¬ ciations recensées dans divers tableaux de réparti¬ tion strarigrapbique des dinoflagellés en Europe paraît plus délicate à établir. En nous fondant sur les tableaux synthétiques de répartition des dino¬ flagellés (Costa 6l Manum 1988 ; Powell 1992) nous ne pouvons pas trancher au sujet de l'appar¬ tenance du sommet des « Calcaires inférieurs » étudié sou à la zone D2, soit a la zone D3- En effet, sont présentes, dans ces Calcaires infé¬ rieurs », des especes limitées ou ne dépassant pas la zone 1)2 iSpiniferites supparus. Alisoiym micn- Lua) ainsi que des espèces débutant dans la zone D.^ (Spinidinium denshpinatum, Atisocysta rir- l'umtahularn). Quant â Danea caltjprnka^ présen¬ te à Oraas, sa limite supérieure coïncide avec la base de D3. Etant donné l’apparteniince de ces formations aux zones P3b, elles devraient .se pla¬ cer dans la zone D3, Almcysta reîiadata persistant ici plus longtemps que dans les re'gions prises en compte dans les tableaux de répartition élaborés par Powell (1992) et 5. densispinatnm apparais¬ sant dans la zone D3 dans ce même tableau. Au I3anien-Selandien. les dinoflagellés d’Europe et d'Amérique du Nord présentent de grandes similitudes î cependant les comparaisons sont difFicilcs car les associations dépendent non seu¬ lement de la température des eaux mais égale¬ ment de leur profondeur. Remerciements Les auteurs sont redevables à M -P Aubry, J. Canudo et E. Molina ainsi qifà L. Hotringer pour leurs déterminarions des cotcolirhes^ des foraminiferes planctoniqucs et des foraminifères benthiques qui ont permis une datation précise de ce gisement. La coupe des « Calcaires infé¬ rieurs » est fortement inspirée du dessin de Pb. Razin et J, Roger qui nous ont accompagnées sur le terrain et que nous remercions. Nous remercions également les deux rapporteurs, J. Dejax et E. Masure, pour leur conseil. RÉFÉRENCES Benson D. G. 1976. — Dinoflagellate taxonomy and biostratigraphy ac the Cretaceou^-Tertiary bounda- r>'. Round Bay, Maryland. Tutane Stttdies in Geology and PafeomologyM: 169-233. 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GEODIVERSITAS « 1998 • 20(2) 261 Le Toarcien inférieur des régions de Bascharage et de Bettembourg (grand-duché du Luxembourg) : évidences paléontologiques et sédimentologiques d’environnements restreints proches de l’émersion Michel HENROTAY* & Oalia MARQUES 8 rue de Bouny, B-4624 Romsée (Belgique) * Laboratoire d’Entomologie fondamentale et appliquée. Muséum national d’Histoire naturelle, 45 rue de Buffon, F-75231 Pans cedex 05 (France) Jean-Claude PAICHELER Laboratoire de Dynamique des bassins sédimentaires. université de Reims Champagne-Ardenne^ UFR Sciences, BP 347, F-51062 Reims cedex (France) Jean-Claude GALL Laboratoire de Paléontologie et de Sédimentologie, université Louis-Pasteur de Strasbourg, Institut de Géologie, 1 rue Bleissig, F-67084 Strasbourg cedex (France) André NEL Laboratoire d’Entomologie fondamentale et appliquée, Muséum national d’Histoire naturelle, 45 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France) MOTS CLÉS Toarcien inférieur, Luxembourg, faune, flore, stratigraphie, taphonomie, paléoenvironnement. Henrotay M.. Marques D.. Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A. 1998. — Le Toarcien inférieur des régions de Bascharage e( de Bettembourg (grand-duché du Luxembourg) : évidences paléontologiques et sédimentologiques d’environnements restreints proches de l’émersion. Geodiversttas 20 {2) : 263*284. RÉSUMÉ Le paléoenvironnerncnt du « Komerifat-Lagerstatten » à insectes fossiles du Toarcien inférieur de Bascharage (Luxembourg) esc reconstruit à partir de l’analyse de sa stratigraphie et de sa faune. Il correspond à un bref épisode d’émersion au cours du processus de comblement d’un fond de golfe. KEYWORDS Lia.*;, Lower Toarcian, Luxembourg, fauna. flora, .stratigraphy, taphonomy, palaeoenvironment. ABSTRACT The lower Toarcian of Bascharage and Bettembourg (Great Duchy of Luxembourg) : pnlaeontologic and sedimenîologic eindences ofreslricled environ- rnents riear emersion. A reconstruction of rhe palaeoenvironment of rhe inseers ^Konservat'LagersiàuetT from the lower ’l'oarcian of Bascharage (Luxembourg) is proposed after rhe analysis of rhe stratigraphy and the fauna. Ir. corresponds to an emersion épisode during chc process of filling of a bay. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 263 Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A. INTRODUCTION Le Toarcien inférieur du grand-duché du Luxembourg a lait l'objet de récoltes paléontolo- giques menées par deux d’entre nous (M. H. & D. M.) entre 1980 et 1994 à l'occasion du creu¬ sement des fondations de deux usines (Luxgard I et TDK) sur le site industriel de Rommeischeuer, à Bascharage (Fig. 1). Ces recherches se sont élar¬ gies à la région de Beticmbourg (implantation de l’unité Luxgard 11) située à 15 km à l'est de Bascharage, D’auiics gisements ont également été visités, en particulier à Sanem (construction d’un viaduc), à 2,5 km au sud-est de Bascharage et dans- les environs immédiats de Betrembourg (échangeur autorouticr) ei de Esch-sur-Alzctte. Une importante fauue d'invertébrés et de verté¬ brés marins qui associe Umellibranclies, ammo¬ nites, actinnptérygiens, ichthyosaures et crocodiliens à des organismes terrestres parfois très abondants (insectes, fragments possibles de ptérosauriens, plantes, débris ligneux) a été inventoriée. Cette variété d’organismes aux milieux de vie très contrastés pose la question de la genèse de leurs gisements car il est exceptionnel que soient pré¬ servés ensemble des insectes terrestres et des ver¬ tébrés marins. De par cette particularité, les gisements de Bascharage et de Bettembourg se différencient nettement des schistes à posido¬ nies » du Toarcien inférieur d*Hul7maden- Ohmden (Allemagne) qui, très riches en organismes marins parfaitement conserves, n ont pas livré d’insectes (Gall 1979), à l’exception de quelquc.'i individus observés dans les schistes à posidonies de Bavière (R. Wild com. orale, 1993)^ Us offrent par contre certaines analogies avec les gisements du Toarcien inférieur du Yorkshire (Angleterre) ctudic.s par Hallam (1967) et de Kerkhofeii-Obetpfalz en Bavière (Brachert 1987) qui ont livré une riche entomofaune. Les calcaires litfiographiques du Jurassique supé¬ rieur de Bavière (Solnhofen, Eischtàtt) en Allemagne sont l’un des exemples les plus célèbres d'un tel mélange faunique. Leur genèse reste controversée (Barthel ei al. 1990 ; Viohl 1990, 1992), bien qu'une majorité d'auteurs s’entende pour les considérer comme un dépôt de bassins développés en arrière d’un récif de spongiaires, à proximité de terres émergées d'oü provenaient les organismes terrestres tels les Archaeopteryx et les insectes. Il est adniis que les écosystèmes microbiens ont joué un rôle essentiel dans la genèse de ces gisements (Keupp 1977 ; Allison 1988 ; Wollanke & Zimmerlc 1990), mais il faut R,ivoir que les processus taphono- niiqnes à l’origine des gisements à insectes sont peu connus, car insuffisamment étudiés. LES SÉRIES DE BASCHARAGE ET DE BETTEMBOURG i ASPECTS SÉDIMENTOLOGIQUES ET PALÉONTOLOGIQUES Les séries sédimentaires de Bascharage et de Bettembourg sont essentiellcnienr constituées de laniinites (<^ schistes carton »). Seuls deux niveaux à nodules calcaires situés à la base de la série et un horizon à lentilles calcaires localisées dans la partie supérieure (Fig. 2. horizons Nod. 1, Nod. 2 et Lent.) interrompent la monotonie de cette sédimentation. Des dépôts du meme type ont été frcquemmeni signalés dans les marnes noires de la série liasique du Dorset en Angleterre (Lang 6c Spath 1926). Les nodules sont riches en gros vertébrés matins (poissons, ichtyosaures, crocodiliens, etc.) alors que les lentilles recèlent un mélange d’organismeS marins faclinopiery- giens. « reptiles »». crustacés, pontes et premiers stades de céphalopodes) c-t terrestres (végétaux et insectes à Bascharage, végétaux uniquement à Bectéinhourg). L'identité liihologique de ces dif¬ férents repères" permet de corréler correctement les séries (Fig. 2). LA SÉRIE DE BASCHARAGE (sites de « Luxgard I » et « TDK ») Ll: MEMBRE ENFÉRIHUR (les marnes bleues à Dactylioceras) D’une puissance totale de 6,5 m, la série toar- cienne de Bascharage débute par un niveau de marnes bleues silteuscs (1,5 m) à Dactylaceras semicelatum et Dactylioceras tenuicostatum. Ces 264 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) ESCM-5«r .AtZET TE Fig. 1. — Carte géologique du grand-duché du Luxembourg. 1. Holocène ; 2, Néogène ; 3, Bajocien ; 4, Aalénien : 5, Toarcien ; 6, Pliensbachien ; 7, Sinémurien ; 8, Rhétien ; 9, Keuper gypsifère : 10, groupe de la Lettenkohte : 11. Muschelkalk. Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A. BASCHARAGE (TDK) BETTEMBOURG (LUXGARD n) Argiles quaternaires Laminites Niveau à lentilles (LENT) OU banc continu (CCA) Niveaux à nodules ^^9 (NOD 1 et NOD 2) Marnes à Dactylioceras Domérien (calcaire gréseux) Fig. 2. — Profils lithologiques du Toarcien inférieur à Bascharage (site de TDK) et à Bettembourg (site de Luxgard II). marnes sont riches en concrétions millimétriques de pyrite mêlées à des nodules calcaires de 1 à 4 cm contenant des macrorestes de céphalopodes (bélemnites et ammonites), pyrite peut consti¬ tuer plus de 20 % de la roche. La faune des marnes comporte de nombreux organismes benthiques (crinoïdes, échinidés, lamellibranches, gastéropodes, vers, crustacés), quelque.s formes juvéniles de céphalopodes (bélemnites ou ammonites) et des fragments de « poissons *> (vertèbres, écailles, dents). Les nodules calcaires sont composés d'une micrite homogène contenant des débris d'algues chloro- phycëcs associés à des fragments de lamelli¬ branches (posidonies ?) et de gastéropodes. Ils ne présentent aucune structuration particulière et la pyrite y est peu développée. I.eur formation semble liée à une concentration de carbonate autour d’un nucléus constirué par un reste de macro-organisme (ammonite, béleninirc). L'ensemble du dépôt traduit de toute évidence un milieu de vie bien oxygéné favorable au déve¬ loppement d'un épibenihos, malgré la présence de pyrite qui saggére plutôt un milieu réducteur Lf membre .supérieur Les Imninites Les laminites (= « schistes carton » - « schistes bitumineux » - « schistes à posidopies » de la lit¬ térature) représentent une sédim'entation parti¬ culièrement monotone et ne montrènt ni bancs calcaires continus comme a llolr/maden (Gall 1979) ni horizons phosphatés tomme dans le Toarcien inférieur du Centre-Ouest de la France (Gabilly 1976). Formant le corps principal de la série avec une puissance d'environ 5 m> elles sont consrituces d'un empilement de séquences inlra- millimetriques à deux termes ; lamine claire et lamine sombre, l.e terme clair est composé d’une « poussière » de quart/, associée à une faible pro¬ portion de calcitc diagénétique, le terme sombre de matière organique peu oxydée, mouchetée de pyrite. Cet agencement en feuillets bichroma- riqiies n’est affecté d'aucune trace de bloturba- tion. Sporadiquement, r.alternance régulière passe à un leutrage organique très dense qui inclut des particules silicoclastiques (quartz, argiles) et des cristaux de calcite diagénétique. L’observation au MEB de ce feutrage organique (Figs 3. 4) fait apparaitrc un ensemble de struc¬ tures géométriques déterminant une maille constante et régulière composée de cristaux calci- tiques allongés et disposé.s en caoix. Cet agence¬ ment correspond à Fulirastruciure des coques de schizosphères qui, décrites pour la première fois par Deflaiidre & Dangeard (1938). ont ensuite été signalées par de nombreux auteurs dans les séries jurassiques (Cayeux 1939 : Urbain 1951 î Deflundrc 1959 ; Rioult 1964, 1968 ; Amézieux 1972 : Noël 1972 : Aubry & Dépêche 1974 ; etc,)* Le rôle déterminant de ce nannoplancton dans la genèse de certains calcaires a été souligné par Bernouilli bc Renz (1970) et Bernouilli & Jenkins (1970). Dans nos échantillons, seule 266 GEODIVERSITAS * 1998 • 20(2) Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg) l’espèce Schizosphaerella punctulata Deflandre et Dangeart, 1938 a pu être reconnue (détermina¬ tion D. Noël). Liste faunique : Arthropoda. Crustacea : rares Pwoyon sp. Jnsecta : aucun. Mollusca. Ammonoidca : ce sont majoritaire¬ ment des Harpocents falcifer, a.ssociés à des Ditctylioeeim T'tltonkeras Phylloceras et HiUlocmis sp. Les Aptyclms sp. sont rares. Belemnoidea : nombreux rostres attribuables à plusieurs espèces de bélernnices. Lamellibranchia : des coquilles de posidonies {Posidonia sp. — Bositru sp.) (Lamellibranchia Pteriidae) sont dispensées dans toute l’épaisseur de la série. Vertebrata. Ils se présentent généralement à l’état fragmentaire. Actinoptérygicns : Leptolepis coryphenoides^ Lepidotes sp., Pachycormits sp. Ichrhyosaures. Les niveaux a nodtdes Deux niveaux à nodules calcaires très riches en posidonies, Harpoceras (Hildoceratidae Hyatt, 1867) ei DiUtylioceras- sp. (Dactylioccratidae Hyatt, 1867) ont été reconnus (horizons Nod. 1 et Nod. 2 ; Fig. 2). Au sejn de ces niveaux, les nodules ne sont pas répartis régulièrement mais concentrés en nids ». Ils présentent une face inférieure très bombée, la supérieure étant nette¬ ment plus plane (Fig. 5). Les deux faces sont sou¬ vent tapissées de posidonies dont les valves en connexion montrent que cês lamellibranches ont vécu et sont morts en masse sur place. Tous contiennent un macrofossile animal ou végétal. La plupart recèlent de nombreuses formes juvé¬ niles (et pontes ?) de céphalopodes (antmonites ou nautiles) et la microsparite qui les constitue est généralement surchargée de fryritc. Leur taille est fonction de celle de forganisme inclus, elle varie de 5 cm à plus de 2 m. A titre d’exemple, un nodule long de 1,8 m recèle le squelette com¬ plet d’un ichthyosaure, un autre de 2,3 m englo¬ be un tronc d’arbre. Également très variable, Icut forme respecte la morphologie du fossile qu ils contiennent. Ce dernier peut se prolonger latéra¬ lement à l’extérieur du nodule, dans le plan de Fig. 3. — Réseau de Schizosphaerella punctulata Dellandre et Dangeart, 1938 (schizosphère). Échelle : 1 000 pm. Fig. 4. — Détail du test de Schizosphaerella punctulata : réseau quadrangulaire de cristaux calcitiques disposés en croix (lamb nitefi au contact avec les lentilles, Bascharage). Échelle : 100 pm. Stratification. Les restes complets en connexion de certains ichrhyosaures sont ainsi emballés dans plusieurs nodules, à la manière des grains d’un chapelet. Liste faunique et floristique ; Plantae. Branches et troncs d’arbres en bon état de conservation (rares Otozamites sp. et rameaux de conifères, Thyon sp.). Arthropoda. Insecta : absents. GEODIVERSITAS • 1998 * 20 (2) 267 Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. &C Nel A. Fig. 5. — Coupe dans un nodule {Bascharage). Le noyau es! un fragment de branche dont l'écorce est dilacérée. L’auréole plus sombre correspond à un développement de pyrite. Échelle 1 cm. Mollusca. Ammonoidea : Hay'pocems sp. (grands spécimens). Nombreuses formes juvéniles (pre¬ miers stades) d'ammonites ou de nautiles asso¬ ciées à des adultes- Nautiloidea : quelques individus isolés dont la coquille est remplie du même sédiment que celui qui constitue les nodules. Belemnoidca et Theutoidea : de grands individus Fig. 6. — Pachycormussp., nodule, Bascharage. Échelle : 1 cm. 268 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg) Fig. 7. — Ichthyosaure. crâne d’un individu juvénile. Nodule. Bascharage. Échelle : 1 cm. avec poche à encre préservée [Geopeltis V^an Regtercn, 1949 (= Geôtheutis 1921) sp. ou Teudopsh Deslongchamps, 1835 {= Belotheuth Munster, 1843) sp.|. Vcrtebrata, La faune de Venebrés esc plus abon¬ dante et mieux conservée que celle récoltée dans l'épaisseur des laminites, Acrinoptérygiens ; Lepidotes elvensi^ Blainville, PachycorniHS sp. Agassiz, 1833 (Fig. 6), Cattirm sp. Agassiz> 1834 (spécimens complets ou gros fragments). Nombreux jeunes spécimens d'ichthyosaures (Fig. 7)» un crocodilien, un fragment possible de ptérosaurien indéterminé. Le dépôt ktéral aux nodules l.atéralement, les nodules passent à un sédiment très finement laminé, agencé en doublets de feuillets inframillimétriques clairs/sombres. Leur composition [lamines claires = quartz + calcite ; lamines sombres = matière organique + pyrite] est identique à celle des laminites qui constituent la masse de la série. Liste faunique : Dans Tensemble, la faune est très proche mais nettement moins bien conservée que celle conte¬ nue dans les nodules : nombreux Harpoceras sp. et débris organiques divers d'origine marine (individus en connexion et fragments de taxa également présents dans les nodules). Le uiueau à lentilles Les lentilles ont une forme grossièrement ellip¬ soïdale très aplatie (Figs 8, 9). Leur longueur varie de 30 cm à 1 m, leur épaisseur de 6 à 10 cm. Lès faces supérieures et inférieures sont peu convexes, parfois planes. Elles sont consti¬ tuées d'une niictosparite laminée. À la cassure, les lentilles présentent une teinte verdâtre-grisâtre ou noirâtre. Les premièrês recèlent de.s fossiles u'cs pyritiscs et extrêmement bien conservés, les autres sont nettement moins riche.s en pyrite. En règle générale, la pyrite est très développée au cœur de la lentille et disparaît progressivement vers le.s bordures supérieure et inferieure, au pro¬ fit du développement tout aussi progressif d'un feutrage organo-minéral qui atteint sa densité maximale au passage avec les laminites encais¬ santes. Plans parallèles dans la partie médiane de la len¬ tille, les feuillets qui la constituent épousent bru¬ talement sa forme extérieure en passant latéralement à une laminite avec une compaction GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 269 Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Ne! A. Fig. 9. — Lentille isolée. Noter le comportement des lamines qui s’infléchissent pour passer latéralement aux laminites. Échelle ; 1 cm. 270 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Fig. 8. — Lentille à l’affleurement, interstratifiée dans les laminites (h; 9 cm ; L: 70 cm). différentielle d’ordre 4. Hanzo (1978) admet ce Liste faunique et floristique : même taux de compaction pour les marnes de La faune est proche dans les trois types de len- Bettembourg. tilles, bien que plus riche en crustacés et insectes Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg) Fig. 10. — Otozamites sp. avec crustacé. CCA (équivalent latéral de la couche à lentille). Bettembourg. Échelle : 1 cm. dans les vertes. Elle est, par contre, totalement différente de celle des niveaux à nodules et, dans tous les cas> plus riche que celle des laminltes. Plantae. Très rares Zamites sp. ou Otozamites sp. (Fig, 10), EquiseUirn^^. Arthropoda. Crusiacca Proeryon sp., « crevettes » voisines du genre Atrinwps (Fig. 10). Insecta ; très nombreux, ils appartiennent à dix ordres dilférents (Phasmatodea, Odonata, Paraplecoptera, Coleoptcra, Psocoptera, Meco- ptera, Trichoptera, Neuroptera, Hymenoptera, Diptera). L’inventaire non cxhaustiF des espèces dépasse aciuellcmenl deux cents taxa, pour la plupart inédits, sauf les Odonata (Nel et al. 1993) (Fig. 15). C’est de loin le groupe le plus diversifié. La densité moyenne en insectes est beaucoup plus importante dans les lentilles vertes (cinquante à soixante individus par 10 dnv^) que dans les grises (deux ou trois individus par 10 dnv'). Des dessins et certaines pigmentations d'ailes d'insectes sont préservés. Cephalopoda. Ammonoidea t très rares Aptychus sp. ; rares Tiltoniceras sp. ou Phylloceras sp. ; très peu d'adultes, aucune forme juvénile. Belcmnoidea ou Theutoidea : très rares et petits spécimens, un individu plus grand avec poche à encre conservée. Vertebrata. Actinoptérygiens : Leptolepis coiy- phaenoides Brojin (Leptolepidae) (Fig. I I), Tetra^onolepis sp. Bronn, 1830 (Fig. 12). Pholidophonts sp. Agassiz, 1832 (Fig. 13), Dapediiis I.each, 1822 (Dapediidae) (Fig. 14), Euthynotus sp. Wagner. 1860. Un crocodilicn (quatre spécitnens fragmen¬ taires) : des restes d’ichthyosaurcs (deux ver- rèbres). Le dépôt latéral aux lentilles Les lentilles passent latéralement a une alternance de lamines claires (quartz + calcite) et sombres (matière organique + pyrite) inframilHmétriques, identique à celle des laminires et du niveau à nodules Ce faciès évolue parfois en un feutrage organo-minéral très dense et toujours Famine qui inclut de fins débris de quartz et des cristaux de calcite. Ce sédiment présente donc une composi' tion et une structuration sensiblement différentes de celles des lentilles. GEODIVERSITAS « 1998 • 20(2) 271 Henrotay M., Marques D.. Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A. Fig. 11. — Leptolepis coryphaenoides sp.. lentille, Bascharage. Échelle : 1 cm. Liste faunique et floristique : Plantac. Rare, toujoiics fragmentaire et difficile¬ ment déterminable, la flore est surtout représen¬ tée par du boi.s fossile de gymnosperme (jayet). Arthropoda. Crustacea : très rares fragments de Proeryon sp. et des fossiles indéterminables rappe¬ lant des crevettes. Insccta : aucun. Moilusca. Ammonoidea : Uarpoceras falciferum (jeunes et adultes) ; rares Phylloceras sp., Dactyliocents sp. et Tiltoniceras sp. Belemiioidea et Tbeutoidea : rares spécimens indéterminables avec poche à encre associée. Lamellibranchia ; quelques posidonies concen¬ trées par place ou écrasées au toit des lentilles. Vertebrata. Actinoptérygiens : Leptolepis cory- phaenoides (individus très souvent incomplets ou débris isolés), Tetragonolepis sp. (deux individus entiers), Pachyconnus sp. (de très rares écailles). Quelques vertèbres isolées d'ichrhyosaures. Discussion Les faunes et flores des faciès à lentilles et à nodules sont nettement distinctes (tableaux 4, 5, 6 en annexe) et reflètent des milieux et des processus raphonomiqiie.s très contrastés. Les espèces communes à ces deux paléoenvironne¬ ments de dépôt sont rares ; Pachyconnus sp., ich- thyosaïu'c, Hnrpoccrtts sp. (jeunes individus dans les lentilles, adultes et pontes dans les nodules) et Tiltanoceras sp. Uentomofaune, abondante et très \ariéc dans les lentilles, est en revanche absente dans les lami- nites et les nodules. Il ne peut s’agir d’un pro¬ blème d’échantillonnage, car les collectes ont été soigneuses et abondâmes. Cette absence ne peut pas non plus être liée è un problènte de conserva¬ tion, car la cuticule des insectes est réputée plus résistante aux processus de dégradation que les empreintes des p.trries molles des céphalopodes Tbeutoidea trouvés dans les nodules (Allison 1988). Cette entomofaunc est con.stituée pour plus de 50 % d'insectes complets, au corps en connexion et en très bon état de conservation, ce qui .suggère un enfouissement sur ou à proximité du lieu de leur mort. Ibus, ou presque, sont des adultes volateurs ou, pour quelques-tins, aquatiques d’eau douce comme les Gyrinidae (Nel 1989). Les formes larvaires sont douteuses et très peu nombreuses. Si ces insectes ne se sont pas déve¬ loppés et nom pas vécu sur les lieux de leur enfouissement, ils sont par contre susceptibles d'avoir été transportes par des courants aériens ou par des cours d’eau (pour les formes aqua¬ tiques largement minoritaires). Les milieux de dépôt et de fossilisation des nodules et des lentilles sont donc distincts. Les premiers recèlent une faune exclusivement marine exempte de tout élément terrestre ou estuarien, excepté des débris ligneux ; les secondes livrent une faune et une flore terrestres associées à des éléments fluvio-esruariens et marins. Il est donc raisonnable de penser que le sédiment constituant les lentilles s’est déposé dans un envi¬ ronnement nettement plus proche de terres émergées que les autres composantes de la série, cette proximité permettant des apports fauniques continentaux importants et variés. 272 GEODIVERSITAS • 1998 » 20(2) Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg) Fig. 12. — Tetragonolepissp., lentille, Bascharage. Échelle : 1 cm. LA SÉRIE DE BETTEMBOURG-KAYL (le site « Luxgard IJ ») Les conditions d’affleurement n’ont pas permis d’observer la base de la série toarcicnne qui, à Bettembourg, est fortement dilatée (18 m). Cependant, les niveaux à nodules et à lentilles sont parfaitement corrélables (Fig. 2). Les lentilles contiennent une forte proportion de matière organique non oxydée et de pyrite. Elles peuvent passer latéralement h un banc calcaire continu (CCA) très riche en formes juvéniles de Lcptoleph coryphaenoides et en crustacés (Aîrhnops sp.), asso¬ ciés à de nombreuses formes juvéniles de céphalo¬ podes (ammonites ou nautiles) et à des lamellibranches non déterminables. Les mortalités massives peuvent être mises en relation avec les conditions d’anoxie qui régnaient sur le fond ou dans l'épaisseur de la tranche d’eau au moment des éclosions. Le banc continu (CCA) a été égale¬ ment observé à Saneni {2 1cm de Bascharage), Dudclange (4 km de Bettembourg), Esch-sur- Alzctte er Pétange (1 km de Bascha-rage). Nous y avons récolté des ammonites {Harpoceras, Tiltoniceras), de rares fragments de Leptolepis coryphaenoides et du bois, mais aucun insecte. Si le niveau à lentilles reconnu à Bertembourg est lithologiquement proche de celui de Bascharage, il en diffère cependant sensiblement dans sa composition faunique par l'absence totale dejf insectes. Ceci pose problème, sachant que Delsaie et uL (1992) signalent la présence d'un Odonata Hererophlebioidea (ju Anisopcera et d’ailes de Blattodea; récoltés dans des « éléments lenticulaires » d'âge Toarcien inlcrieur (« schistes de Grandcourt » ^ « schistes carton ►>) d’Aubange (Lorraine belge). Les auteurs siruenr cet horizon à Textréme base de la série, au contact des marnes bleu-gri.s de la zone à Dactylioceras serni- celatum ei Dactylioceras tenuicostatum. mais ifcn fournissent aucune description faciologique. Il nous est donc impossible de considérer cef hori¬ zon comme un équivalent de notre niveau à len¬ tilles. Iæs structures interne.s des nodules et des lentilles sont respectivement identiques à celles de Bascharage, mais les nodules de Bettembourg contiennent une plus forte proportion de pyrite. La faune des nodules de Bettembourg-Kayl est analogue à celle des nodules de Bascharage ; GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 273 Fig. 13. — Pholidophorussp., lentilles Bascharage. Échelle : 1 cm. Harpoceras et de grande taille associés bourg), la faune marine est très peu diversifiée à des pontes (?) de céphalopodes, actinoptéry- puisqu’aucuii reste fossile des nombreux groupes giens et ichthyosaurcs d’une taille sensiblement plus ou moins bien représentés pai‘ ailleurs, dans plus importante qu’à Bascharage et débris les mers liasiqiics européennes (échinodermes, ligneux. Par contre, la faune des lentilles (ou du brachiopodes, spongiaires, coraux, etc.), n’est banc continu : CCA) différé de celle récoltée k présent. Les paléoenvironnemenis de depot Bascharage (Tableau 1) par fabvvence totale devaient donc erre trè.s littoraux, du moins au d’entomofiume et d'importantes variations dans momenr de la form.uion du niveau à lentilles, les proportions des groupes d'organismes marins, mais aucun des taxons habituellement inféodés Dans les deux gisements (Bascharage et Bettem- au domaine marin littoral n‘a été reconnu. Ils Fig. 14. — Dapediussp., lentille, Bettembourg. Échelle : 1 cm. 274 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Toarcien inférieur de Bascharage er Bettembourg (Luxembourg) Fig. 15. — Odonaia Liassogomphidae Phthitogomphus angulatus (Handlirsch, 1939). Aile antérieure. Lentille. Bascharage. Échelle : 1 cm. correspondraient plutôt à un fond de vase pauvre en vie, déficitaire en oxygène et sporadiquement favorable au développement de formes opportu¬ nistes comme les posidonies qui, selon Kauffman (1978), s’accommodaient de fonds modérément oxygénés. GENÈSE DES DIFFÉRENTES FORMATIONS Les L/VMlMITES En Europe occidentale, le Toarcien inferieur est caractérisé par le dépôt de sédiments laminés qualifiés par les auteurs de « schistes carton •< schistes bitumineux »* ou « schistes à posidonies •). Cette lamination est classiquement attribuée à la piolifération répétée de mattes microbiennes, en contexte anoxique, au con¬ tact du fond des étendues d*eau. Les micro- organismes filamenteux (cyanubaciéries. actino¬ mycètes, bactéries sulfo-rcducirices, etc.) sont à Foriginc d’un feutrage qui piège les particules détritiques, contrarie l'installation du benthos et inhibe les processus de dccomposition de la matière organique (O’Brien 1990). Pour leur part, Busson & Noël (1972) signalent le rôle prépondérant des tests d'organismes nan- noplanctoniqucs dans la genèse des laminites à couple [calcaire/matière organique ou argileuse], dont des schi/osplières dominantes, dans les « schistes carton » du Toarcien inférieur de Fécocourt (Est du Bassin de Paris, France). Ils considèrent qu’il s agit de sédiments plancto- niques, déposés et préservés sur un fond anoxique. La mer toarcienne correspondait donc à un milieu favorable à la fois à l’épanouissement d’un plancton à schizosphcrcs dont les tests alimen¬ taient, suisonnièrement ou de façon permanente, un dépôt finement lamine, en milieu anaérobie (aucune trace de bioturbation). Cet environne¬ ment était sporadiquement propice au dévelop¬ pement de tapis microbiens qui se développaient à la faveur de pha.ses' de confinement. Les diflé- rents faciès que nous avons étudiés suggèrent l’image d'une met vraisemblablement peu pro¬ fonde (fond de golfe, par exemple), sensible aux fluctuations eustatiques, qui s’étendait à proximi¬ té d’un continent ou d’une île au paysage très mature alimentant le bassin en matériel détri¬ tique très fin (quartz et argiles). Les NOIIUI F.S de I.A partie INi rUIEURK DE I.A SERIE t'E BaM'HARAC.E (marnes bleues h Dactyliocmn ; Fig. 2, Nod. 1) Des travaux effectués sur l’échangeur de Bettembourg (autoroute Luxembourg- rhionville) ont permis à Hanzo (1978) d'obser¬ ver une partie du Toarcien le plus inférieur. L'auteur y décrit des nodules carbonates apparte¬ nant à la zone à Dactylioccms tenuicostatuni qui correspond aux marnes bleues de la base de la série de Bascharage. Dans ce niveau> Hanzo ne signale que quelques débris osseux, de petites ammonites et des ostracodes. Les descriptions GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 275 Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A. fournies par l’auteur pourraient laisser penser que ces nodules sont l équivalent des lentilles que nous étudions. Cependant, une différence essen¬ tielle, autre que la composition faunique et floris¬ tique, apparair t la structuration de ces nodules correspond exactement vi celle des marnes qui les encaissent (= « schistes carton >> sensu Han/o). Sur ce site, Hanzo signale un atJtre niveau plus inférieur, à nodules également calcaires, conte¬ nant des actynoptérygiens. Il est évident qu'aucun des niveaux décrits par cet auteur n CvSt l’cquivalent des niveaux à nodules (Nod. I et Nod. 2) a macrorestes de grands vertébrés marins de Bascharage et de Beiiembourg-Kayl car. fon¬ damentalement. la faune qu'ils contiennent ne diffère pas de celle des marnes latérales. La genèse des nodules décrits par Hanzo résulte de processus strictement diagénétiques et « n’est pas liée à une zone riche en organismes qui constitueraient leur germe » au mente titre que les nodules des marnes bleues de la série inférieure de Bascharage. Celle des nodules et des lentilles de la série supérieure de Bascharage est différente. Les Notnu ks de i.a partie supérieure, de:s SÉRIES DE Bascharage, in m Bettembourg (Fig. 2, Nod. 2) Leur genèse diffère de celle d’autres nodules décrits dans les formations loarciennes, notam¬ ment ceux de la carrière de l'Echelle près de Hirson (France), interprétés par Bontés (1941) comme le résultat d’encrouremetits successifs par roulement des nodules en cours de formation. Prager ÔC Gtnsburg (1989) signalent des nodules carbonates actuels en Floride dont la formation, proche de celle des nodules de rEchclle, serait due au remaniement de galets mous. De par leur mode de formation, ces nodules sont crès irrégu¬ liers, cc qui les différencie de ceux de Bascharage et de Bettembourg. D’autre part, la formation des nodules de Bascharage et de Bettembourg coïncide avec un changemenr des conditions du milieu de sédi¬ mentation caractérise par un développement remarquable de posidonies qui sont plutôt rares dans le reste de Pépaisscur de la .série. L’abondance des coquilles de posidonies dans les mers toarciennes a suscité de nombreuses contro¬ verses. La pénurie en oxygène libre dans la nappe d'eau profonde exclut un mode de vie benthique, m;iis la grande raille actcince par certaines e.spèces ne permet pas d’envisager une vie pélagique. Des moeurs pseudoplancroniqucs comme celles des hwccmmtu des memes gisements impliquent un recouvrement des aires de distribution des lamel¬ libranches et des objets Hotrants. Or une telle situation n’a pas pu erre établie avec certitude. Oschman (1994) envisage l’adaptation des posi¬ donies il des eaux k laible teneur en i>xygène, grâce à une hétérochronic du développement. La maturité sexuelle des animaux est acquise préco¬ cement durant leur stade larvaire pélagique : c’est le phénomène de progeiièse. l.a pérennité des caractères larvaires, en particulier la petite taille des individus et lu minceur de la coquille, est éminemment favorable a la fforiaison des lamelli¬ branches près de la surlace de Peau. Une telle interprétation s’appliquerait plus particulière¬ ment à la sous-espèce Bositm nuiinfn parmi. L’absence de toute trace de bioturhation, la pré¬ servation des parties molles de nombreux fossiles (actinopiérygiens, ichihyosaures, héleninite.s, etc.) et le développement de pyrite impliquent des conditions anoxiques qui, développées au contact du fond de U nappe dVau, favorisent à la fois \a conservation de la madère organique et Pépanouissemeru de communautés bactériennes anaérobies. Des bactéries sulfo-rcdtictrices libè¬ rent de PH,S t|ui se combitie au fer pour donner les concrétions de pyrite. Un tel métabolisme provoque une augmentation de l’alcalinité du milieu et favorise, localement, la précipitation de calcaire autour des cadavres, initiant ainsi la nodulisation. La formation des couches à nodules correspondrait de ce fait ^ un événement diagénétique précoce qui expliquerait l’excellent état de conservation des fossiles. En outre, l’ambiance carbonatée fait obstacle à la dissolu¬ tion des coquilles calcaires. Comme poui d'autres organismes (ammonites, actinoptérygiens. etc.), la mort en masse des posidonies et leur préservation in situ (valves en connexion), témoignent d’événements catastro¬ phiques ponctucLs. Ces morraPités massives ne se limitent pas aux niveaux à nodules, mai.s inter¬ viennent lï plusieurs reprises au cours du dépôt des laminites. Elles ont été diversement interpré¬ tées. Pour Seilacher (1990), les animaux vivant à 276 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg) proximité du fond périraient périodiquement lors de forces tempêtes qui» en brassant les sédi¬ ments accumulés sur le fond de la mer, provo¬ queraient la libération massive de l’H 2 S et l’intoxication de la taune. Si la tranche d’eau est faible, cet empoisonnement affecterait l’ensemble des populations nectoniques et pseudoplancto- niques. Ll niveau à UNTlIXIiS Ce niveau correspond a un changement brutal de la faune et à la disparition du nannoplancton à schizosphères. Comme pour les nodules, la préci¬ pitation des carbonates, accompagnée par le développement de pyrite, suppose une modifica¬ tion du chimisme des eaux qui s’est répercutée sur la nature des associations bactériennes. En revanche, le cachet délibérément continental du contenu paléontoingique (végétaux, insectes, cro¬ codiles) des lentilles de Bascharage implique la proximité de terres émergées. Les lentilles cal¬ caires traduisent peut-être de brefs épisodes régressifs au cours de la phase transgressive du Toarcien inférieur. De tels événements provo¬ quent la réduction de la tranche d’eau et entra¬ vent les communications avec la haute mer et la pénétration du necton marin (ammonites, bélemniies). Conjointenieni, apparaît une multi¬ tude de collections d’eaux plus ou moins stag¬ nantes dont la surface se couvre de voiles microbiens. Ceux-ci peuvent se réduire à un mince biofilm à peine décelable ou, au contraire, former de véritables tapis (Baudoin 1957). Bar l'enchevêtrement de formes microbiennes fila¬ menteuses (bactéries, champignons, etc.) et une intense production de mucilage (Gall 1995), ils constituent des pièges pour des organismes de petite taille, en particulier pour les insectes. De temps en temps, les voiles microbiens se rompent et se fragmentent. En sombrant, ils entraînent les organismes piégés au contact du tond où ils seront recouverts par le sédiment. Les conditions anoxiques qui régnent dans ce dernier et la proli¬ fération probable de matics microbiennes hen- thiques favorisent la fo.ssilisation des parties molles des mollusques et des vertébrés, aiasi que la préservation de la pigmentation de certains insectes. Les différences importantes de composition fau- Tableau 1. — Comparaison des lentilles de Bascharage et de Bettembourg-Kayl. Bascharage Bettembourg Dimensions < 1 m E CJ A Texture grain très fin grain plus grossier Insectes très abondants absents Leptolepis coryphaenoldes nb. adultes, nb. alevins, Plantes pas d'alevins très rares peu d'adultes abondantes Ammonoldea adultes très rares abondants Ammonoidea Jeunes rares abondants Aptychus sp. très rares très nb.. isolés Posidonies très rares (au toit) ou en place abondantes nique entre les lentilles de Bascharage et les « len¬ tilles + banc continu » de Bettembourg, roches de nature lithologique pourtant identique, évo¬ quent des milieux de dépôt très proches mais dif¬ féremment alimentés en organismes (Tableau 1). l a prépondérance des organismes d’origine ter¬ restre à Bascharage et des organismes marin.s à Betiembourg s’explique aisément par une distalité plus importante à Bettembourg qu’à Bascharage, ce qui n’implique pas nécessairement une plus grande bathymétrie. L’hyporhèse la plus vraisemblable pour expliquer la formation des lentilles est que le milieu ait atteint fémersion. Le sédiment qui les constitue correspondrait à un remplissage de « flaques » d’eau saumâtre, alimentées à la fois en orga¬ nismes terresire.s venant d’un rivage très proche, et en organismes marins entraînés régulièrement par les marées. Le remplissage de ces dépressions a du être très rapide, et la remise en eau du milieu, générant lun nouveau dépôt de laminites à schizo.sphères, a protégé l’ensemble de l’action de Toxygène. Dan.s celte hypothè.se, ces milieux représentent des systèmes géochimiquement favorables à la fossilisation des organismes et au développement de pyrite. Les dépôts équivalents de Bettembourg se sont probablement formés dans des conditions ana- iogue.s, mais les apports fauniques, es.seniielle- ment marins, impliquent une plus grande distance par rapport au rivage. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 277 Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A. Nous obtenons donc l'image de milieux aqua¬ tiques restreints (fond de golfe, lagunes, etc.), d’extensions variables, mais toujours peu pro¬ fonds. Ces réceptacles se remplissent rapidement de sédiments et piègent des animaux terrestres et marins à Bascharage, strictement marins à Bettembourg. Le matériel carbonavé des lentilles résulte d’une diagénèse spécifique,, étroitement conditionnée par une importante concentration de matière organique qui génère localement des conditions interstirielles favorables au développe¬ ment de carbonate. De ce fait, la morphologie actuelle des lentilles résulte d’une compaction différentielle. COMPAKAISON ULS ÜU-Pf KENTS TYPES DE LENTILLES À Bascharage. les lentilles observées .sur les affleu¬ rements des sires de Luxgard I et TDK sont de trois types (Tableau 2a) répartis sur trois zones distinctes : - type I : lentilles « grises », pauvres en insectes (1 ou 2 spécimcns/lencille), crustacés {Proeryon) très rares, theutoïdes (I spécimen/40 lentilles pour un échantillonnage de plus de 1000 len¬ tilles) ; — type II : lentilles « vertes », riches en pyrite, en matière organique et en insectes (10 à 15 spéci¬ mens/lentille), crustacés {Proeryon ) rares (1 ou 2 spécimens/lentille) ; ~ type III : lentilles « noires », riches en silice, très pauvres en insectes (1 spécimen/10 lentilles), crustacés {Proeryon) très rares. Méthode de parcimonie de Wagner avec scénario minimaL par analyse directe des faunes L’utilisation de la méthode de parcimonie de Wagner permet une première comparaison des trois types de lentilles de Bascharage et du niveau à lentilles de Bettembourg avec les niveaux à nodules et laminites de Bascharage. Ce type d’étude a déjà été mis en oeuvre dans des analyvscs synécologiques sur les formes actuelles (Lamb- shead & Paterson 1986 ; Bellan-Santini et aL 1994). L’aspect théorique de la méthode est exposé in Massclot et ai (1997). Brièvement, cette méthode retient à transférer la parcimonie de Wagner, relie quelle est utilisée en analyse phylo¬ génétique des organismes actuels et fossiles, en Tableau 2a. — Comparaison des contenus paléontologiques des trois types de lentilles. Bettembourg type 1 Bascharage type fl type III ^ heufoFdes abondants présents très rares très rares Crustacés abondants très rares présents très rares ilsopodes absents absents absents présents Planles présentes très rares très rares très rares Insectes absents présents abondants présents considérant les divers niveaux comme autant de taxons et les organismes fossiles comme des caractères dont les états sont définis par leur absence ou leur présence (et éventuellement leur abondance). Nous avons défini quatorze caractères (voir liste des caractères et Tableau 8) pour cinq « taxons ». Le groupe externe servant à la polarisation des caractères est [Bascharage niveau à nodules + niveau à laminites) pour lequel l'origine marine de la faune ne fait pas de doute. La matrice obte¬ nue est analysée au moyen du logiciel Paup 3,1.1. sur Macintosh. Trois options pour le traitement des caractères ont été comparées : 1- Tous les ctracrères sonr non ordonnes (option « unordered » de Paup 3.Tl.) ; deux arbres de même longueur minimale sont obtenu.s (arbres 1 et 2, Longueur - 18 pas ; Indice de Cohérence Cl = 1 : Indice de Rétention RI = 1 ; RC (ou « Rescaled Conshtetuy Index ») = CI x RI : 1). Ces indices, qui mesurent la quantité d’bomoplasies (Darlu ^ lassy 1993)» montrent que les carac¬ tères choisis sonr totalement congruents entre eux. Leur arbre de consensus est non résolu quant aux positions relarlves des troi.s types de lentilles de Bascharage, mais ils donnent [Bettembourg] comme groupe-frère des [Basch lent.]. 2. Les caractères 1, 2, 3 et 4 sont ordonnés (option « ordered m de Paup 3. T1.). 3. Les caractères 1, 2, 3 et 4 sont irréversibles (option <' irréversible up » de Paup 3.1-1.). Dans ces deux dernières- options, on obtient un seul arbre minimal (arbre 1, Longueur = 19 pas ; CI = 0,947 ; CI excluant les caractères non informatifs - 0,923 ; RI = 0,923 ; RC = Cl X RI : 0,874). Ces indices sont encore élevés et montrent que les informations livrées par les 278 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg) divers organismes sont congruences. Cet arbre minimal résoud Ja trichotomie entre les trois types de lentilles. 11 est congruent avec le scénario sur le gradient de distalité suivant : du plus distal au plus proximal (Tableau 2b) : [Bascharage nodules + laminitesj —> [lentilles de Bettembourg] —> [Bascharage type I| -> [Bascharage type II] —> (Bascharage type II1]. Cette analyse confirme bien les affinités entre les niveaux à lentilles de Bettembourg et ceux de Bascharage. Les crois options sont de plus congruentes avec l’hyporhèsc de rcxJstcncc d’un gradient de distalité [Bascharage nodules + lami- nites] -> [Bectembourg lentilles] —> [Bascharage lentilles], du p]us distal au moins distal. En revanche, l’option supposant le moins d’a priori possibles (tous les caractères non ordonnés) ne pernier pas de conclure quant à la position de [Bascharage IcndJles de type III] relativement à [Bascharage lentilles de type I] et [Bascharage lentilles de type II]. Comparaison fondée sur Vestimation des conditions de fossilisation Une approche complementaire, mais plus spécula¬ tive, peut être tentée. Elle est londcc sur rinlro- duction d’hypothèses supplémentaires sur les conditions de fossilisation des divers niveaux étu¬ diés. Les lentilles de Bettembourg livrent des theu- toïdes, et des crustacés en abondance, mais aucun insecte (Tableau 2a). Les insectes des len¬ tilles de Bascharage sont probablement alloch- tone.s, car leur grande diversité n’a pas d’équivalent actuel dans ce type de milieu litto¬ ral. Leur apport esc aérien et fluviarile et peut être considéré comme uniforme. Par conséquent, leur rareté nettement plus grande dans le type I et le type III comparée à celles de type 11 Éi’est pas, a priori, liée à une différence de paléomilieu mais à des conditions de fossilisation plus favo¬ rables pour les lentilles de type II que pour celles de type I et de type III Cette hypothèse est cohérente avec la présence de crustacés dans les lentilles de type III et avec Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A. Tableau 2b. — Interprétation des paléomilieux de dépôt des len¬ tilles après correction des données taphonomiques. Bettembourg type 1 Bascharage type II type III Theutoïdes abondants présents très rares présents ? Crustacés abondants présents ? présents présents ? Isopodes absents ? absents très rares présents Plantes présentes très rares très rares très rares Insectes absents ? abondants abondants abondants Tabsence de theutoïdes dans les lentilles de type III, mais semble en contradiction avec la présence de theutoïdes dans les lentilles de type I. Cette contradiction peut être levée si nous sup¬ posons une différence de paléoenvironnement entre les lentilles de type I et de type II : celles de type 1 correspondraient à un milieu plus discal, avec un apport plus important en organismes marins que celles do type II, plus proximales. Mais cette étape du raisonnement ne fournit pas de renseignement sur le paléomilieu de type 111. La variation dans Tabondance des thcutoïdes> organismes marins non ambigus, donne le gra¬ dient de distalité suivant, du plus distal au plus proximal (Tableau 2b) : [lentilles de Bettembourg] —> [Bascharage type 1] —> IBascharage type II]i L’absence de renseignement sur les theutoïdes dans les lentilles de type III ne permet pas de conclure sur la distalité de ces lentilles. Les plantes, organi.smes d’origine terrestre, contredi¬ sent a priori le scénario précédent de gradient de distalité. Mais il s'agit la de riiypothèse la plus « économique car les autres scenarii possibles sur le gradient de distalité impliquent nettement plus de contradictions (concernant les theu¬ toïdes, les insectes). Dans le cadre de Phypothèse précédente sur le gradient de distalité, la présence de crustacés dans les lentilles les plus distales de Bettembourg et dans celles de type II qui sont les plus proxi¬ males implique que ces organismes marins étaient présents dans le paléomilieu de type I Tableau 2c. — Interprétation des paléoenvlronnemenis de dépôt des lentilles tenant compte de l'éloignement au rivage. Bettembourg Bascharage type 1 type II type III Theutoïdes âbondams abondants très rares présents ? Crustacés abondants présents présents présents ? Isopodes absents ? absents ? très rares ? présents Plantes présentes ires rares irès rares très rares Insectes absents ? abondants abondants abondants mais ne s’y sont pas conservés. Si les theutoïdes, organismes nettement plus fragiles que les crusta¬ cés, s'y sont fossilisés, ils devaient y être nette¬ ment plus fréquents que les crustacés. Le tableau 2b peut être complété par le tableau 2c. D’autre part, l’absence des isopodes dans les len¬ tilles de Beiicmbourg suggère que ces organismes étaient absents dans le paléomilieu correspon¬ dant. Daas le cadre de ccnc hypothèse, la présence des isopodes dans les lentilles de type 111 et leur absence (supposée) à Bettembourg et dans les lentilles de type II n’esr congruente qu'avec l'hypothèse que celles de type 111 sont plus proxi¬ males que celles de type II, car les isopodes seraient alors à considérer comme des organismes vivant en milieu plus distal. Dans le cadre de riiypothcsc contraire, le même raisonnement suggère que les lentilles de type II sont plus proximales que celles de type III car les i.sopodes seraient alors a considérer comme des organismes vivant en milieu plus proximal. Il est impossible de conclure sur la position des lentilles de type U dans le gradient de distalité, bien que l’Iiypothèsc minimale soit la première puisque la seconde implique une hypothèse sup¬ plémentaire sur la non-tonseivation des isopodes dans les lentilles de Bettembourg. Le gradient de distalité le plus probable est alors (du milieu le plus distal au plus proximal) ; [Bettembourg lentilles] -> [Bascharage type 1] -> [Bascharage type II] -> [Bascharage type III]. Cette étude est congruente avec l’analyse de par¬ cimonie de Wagner quant à une distalité plus 280 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg) Tableau 3 — Comparaison faunique des gisements de Bascharage et de Bettembourg-Kayl. Actinoptéryglens. L. Ba*. lentilles, Bascharage * L. Be , lentilles, Bettembourg-Kayl , PL. Ba.. petites encaissantes des lentilles. Bascharage ; PL. Be.. pelltes encais santés des lentilles. Bettembourg-Kayl . N. Ba., nodules, Bascharage , N. nodules, Behembourg-Kayl : PN. Ba.. pelltes encais¬ santes des nodules. Bascharage PN. Be.. pelites encaissantes des nodules, Bettembourg-Kayl ; P. Ba.. pelites intermediaires, Bascharage . P. Be., pelites iniermédîaires. Bettembourg-Kayl . A absent . P. présent ; R. présent mais rare (de 2 à 10 spéci¬ mens} ‘ TR. présent mais très rare (moins de 2 spécimens), D. présent ei très fréquent lossile le plus abondant dans le niveau concerné Fossiles/niveaux L. Ba. L. Be. PL. Ba. PL. Be. N. Ba. N. Be. PN. Ba. PN. Be. P. Ba. P. Be. L coryphaenoides D D alevin P P TR A P P P P Lepidotes sp. R A A R D P P P P P Dapedius sp. P P P A A A A A A A Pholidophorus sp. P P A A A A A A A A Pachycormus sp. P A P P P A P P P P Caturus sp. A A A A R A A A A A Tetragonolôpis sp. P A P A A A A A A A Eulhynotus sp. P P A A A A A A A A Tableau 4. — Comparaison faunique des gisements de Bascharage et de Bettembourg-Kayl. « Reptiles » (voir légende Tableau 3). Fossiles/niveaux L. Ba. L Be. PL. Ba. PL Be.. N. Ba. N. Be. PN. Ba. PN. Be. P. Ba. P. Be. Crocodilien P A A A P A A A A A Pterosaurlen ? A A A A TR A A A A A Ichthyosaure sp. P P P P D P P P P P Tableau 5. — Comparaison faunique des gisements de Bascharage et de Bettembourg-Kayl. « Tableau 3). < Mollusques » (voir légende Fossiles/niveaux L Ba. L. Be. PL. Ba. PL Be. N. Ba. N. Be. PN. Ba. PN. Be. P. Ba. P. Be. Harpoceras falcifer R P R P P P P P D D Dactylioc&ras sp. R P R P P P P P P P Tiltoniceras sp. P P R P P P P P P P Phylloceras sp. P A R P P P P P P P Hildoœras A A A A P P P A P P Ufhoceras sp. A P A A P P A A A A Apiychus sp. TR D A D A A TR TR TR TR Naullloidea A A A A P A P A A A Geotheutis sp. P A A A P A A A A A Pseuâobalotheuîis P P A A A P A A A A fle/o//7i?uf/ssp. P A A A P A A A A A Béiemnites sp. TR P R P P P P P P P Posidonies R P R P P P D D P P Tableau 6 . — Comparaison faunique des gisements de Bascharage et de Bettembourg-Kayl. « Arthropodes et végétaux » (voir légende Tableau 3). Conservation des bois : J, jayet ; SI. silicifié avec préservation des structures. Fossiles/niveaux L. Ba. L. Be. PL. Ba. PL Be. N. Ba. N. Be. PN. Ba. PN. Be. P. Ba. P. Be. Proeryon sp. P A P P A A A A A P Atrfmops sp. TR D TR R A A A A A A Isopodes R A A A A A A A A A Insectes D A A A A A A A A A Otozamitessp. TR P A A A A A A R R Equisetacea P R P R A A A A A A Bois Si Si J J Si Si J J J J GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 281 Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A. Tableau 7. — Comparaison des milieux de fossilisations de Holzmaden, Bascharage et Bettembourg-Kayl. HOLZMADEN BASCHARAGE BETTEMBOURG-KAYL Transgression suivie d'une régression (Gall 1979) Transgression suivie d’une régression avec phase d'émei'slon momentanée Transgression suivie d’une régression avec phase d'émersion momentanée Dépôts très monotones (pas de nodules ni de lentilles) Trois accidents de sédimentation (nodules et lentilles) T rois accidents de sédimentation (nodules et lentilles) Milieu marin (faunes marines avec de rares bois flottés) Milieu littoral (faunes marines et terrestres) Milieu côtier (faunes marines avec des éléments terrestres) Tableau 8. — Matrice d'analyse de parcimonie de Wagner des niveaux à lentilles de Bettembourg et Bascharage. Localités/caractères 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Bettembourg 0 2 2 0 0 0 0 1 1 1 1 1 0 1 Basch. lent, type I 1 0 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1 1 1 Basch. lent, type II 2 1 1 2 1 1 1 0 1 1 1 1 1 1 Basch. lent, type III 2 0 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1 1 1 Basch. nod. + lam. 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 importante lors du dépôt des lentilles à Bettembourg qu’à Bascharage. Ce résultat est à mettre en parallèle avec la présen¬ ce relativement abondante par rapport à sa rareté habituelle, dans le niveau à lentilles de Rascharage, des actinoptérygicns Tetmgfmolepis .sp. et avec leur absence à Bettembourg. Il est cohérent de penser que cet animal vivait probablement dans la zone littorale. Sa très grande rareté dans le Toarcien d’Holzmaden, gisement qui correspond à un paléomilicu nettement plus distal que Bascharage, est compatible avec cette hypothèse. CONCLUSION L’hypothèse de l’existence d’un épisode d’émer¬ sion à Bascharage-Bettembourg n’est pas en contradiction avec les données de l’histoire gene¬ rale de la région au Toarcien. Il est généralement admis que le " golfe Toarcien du Luxembourg >> s’est progressivement comblé. Le niveau à len¬ tilles de Bascharage serait donc un témoin privi¬ légié de l’une des phases de comblement d’un golfe peu profond, aux eaux stagnantes, où abon¬ dait une faune marine peu diversifiée. Certains organismes venaient s’y reproduire. L’abondance d’alevins [Leptolepis cmyphaenoides) et de formes juvéniles de crustacé.s et d amnionites, en parti¬ culier dan.s le niveau à lentilles de Bettembourg, suggère en effet que ce milieu correspondait vrai¬ semblablement à une zone de reproduction et de dcveloppcmenc pour ces organismes qui y rrou- vaient une abondante matière organique et peu de grands prédateurs par rapport à la mer ouverte. Notons qtt’cn Angleterre, les niveaux marins toarciens qui ont livre de très riches faunes d’insectes (TÜlyard 1*^25 ; Zeuner 1962 ; Whallcy 1985) sont aussi interprétés comme un milieu confiné de golfe en cours de comblement (Hallam 1967). Ces insectes semblent être fossili¬ ses dans des lentilles de nature très semblable, sinon identique, à celle de Bascharage. Cela semble être la règle pour les gisements insecti- feres toarciens en Europe occidentale (Ansorge 1996). Remerciements Nous remercions J.-C. Fischer et S. Wenz, du Laboratoire de Paléontologie (MNHN, Paris) 282 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg) ainsi que D. Noël (Laboraroire de Géologie, MNHN) pour leur précieux conseils lors de la réalisation de ce travail. Nous remercions M. D. Serette (Laboratoire de Paléontologie, MNHN), MM A- Beaudon et CL Hatat (Departement de Géologie de runiversité de Reims) pcïur la réalisation des dessins, le tirage des photographies et la fabrication des lames minces de roches. Nous remercions également |j direction et les ingénieurs de TDK Recording Media Europe SA, Bascharage, G.-D. du Luxembouig> les entreprises Baatz (Diekiercb-L) et leur personnel, le personnel du chantier de construction de l’usine de l.uxgard II pour leur précieuse collaborarion lors des fouilles. Nous remercions aussi tout particulièrement M. C. Teixeira (Diekierch-L) pour la découverte de nombreux fossiles dont une nouvelle espèce d’Odonaca fossile. RÉFÉRENCES AlILson P. A. 1988. — Konservai-Lagcrstütten: cause and classification. Pakabiolo^ 14 (4): 331-344. Amézieux (. 1972. — Association de nannofossiles calcaires du jurassique d'Aquitaine et du Bassin parisien, in Colloques sur les Méthodes et Tendances de la Stratigraphie. 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Cuvier se chargea de rédiger le récit de cctic petite cxpcdlrion. Le texte qu’il noms a laissé esc révélateur de Pétât d’espril d’un jeune et brillant étudiant qui a agrémenté son texte de dc.ssins au crayon et d’une aquarelle. Plusieurs versions de ce récit, probable¬ ment quatre, ont du exister. Le texte, que nous publions ici, est tiré de la tra¬ duction française d'une version en langue allemande conservée dans le fonds Cuvier des archives de Pinstitur de France. Ce texte constitue sans aucun doute le premier écrit d un jeune naturaliste qui deviendra, comme on le sait, Punc des plus grandes figures de la science du XIX^ siècle. KEYWORDS histoiy of science, travcl, Wurtemberg, Germany. ABSTRACT The first steps of a natiiralist on the paths of Wurtemberg: unpublished relation of a young student called Georges Ctwùr. From Apnl 20tli to 28tb 1788, three young students Ixom the Caroline Universiry of Wurtemberg went hiking trom Stuttgart to 1 vibingen. making a botanic, entomologie and géologie excursion through the Souab Alps. Among them was a young naturalise cal¬ led Georges Cuvier, then eighreen years old. Cuvier was in charge of writing the story oFthis small expédition. The text he prepared shows the mind ofa young and brilliain siudeni who completed bis text wirh drawings and one watcr-coUïur. Scveral drafrs, probably four, of rhis story must bave existed. The text publishcd hcre is ihc Frcnch translation of the Gcrman document preserved in rhe archives of rhe Instirui de France, This document is undoubtly the first text of a young naiuralist who becamc one of the most tamous figures of Science during the nineteenth century. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 285 Taquet P. Présenta'iton, commentaires et notes (P. Taquet) Georges Cuvier a quatorze ans et demi lorsqu’il arrive le 4 mai 1784 à Stuttgart, capitale du duché de Wurtemberg, pour être admis le 8 mai au sein de l'Univccsité ducale Charles (ou Université Caroline). C’était, nous explique Cuvier dans son autobio¬ graphie, un éublisscrntnt vraiment magnifique. Environ 40(1 Koursieni et pensionnaires (logés dans un édifice tel qii’Ü n'y en a aucun d’upprrichaiu en Europe parmi ceux qui sont consacres a l’insriucrion de la jeunesse) vêrus d'un bel uniforme, conduits par des officiers et des sous-otliders tires des régiments du duc, recevaient des levons de tous genres de plus de quatre-vingts maîtres ou professeurs. On a beaucoup parlé de l’esprit de despotisme avec lequel le duc dis¬ posait de leurs personnes et choisissait pour chacun d’eux r^tJt qu’il devait embrasser, et je crois en efict qu'il en émit ainsi dans l'origine de l'établissement, mais de mon rernps je n’ai riep vu de semblable, et ce qui e.sc certain c’est que personne ne prétendit même me donner de conseil a cci égard. Il y avait cinq facul¬ tés supérieures, droir, médecine, administration mili¬ taire et commerce. Apres un an de philo.sophic, je choisis l’administration qui en Allemagne embrasse les parties élémetrUtires et pratiques du droit, les finances, la police, l’agriculture et la technologie i mon princi- al motif fut que dans cette faculté on s’occupait eaucoiip d’histoire naturelle, et que j’aurais de fré- 1. G. Cuvier ; Mémoires pour servir celui qui fera mon éloge écrits au crayon dans ma voiture pendant mes courses de Paris en 1822 et 1823. cependant les dates sont prises sur des pièces authentiques. Bibliothèque de l’In-Sliluî de France 2. Johann Simon Kercér t't755-i830) prolessr^ur à l’Académie Caroline de Stuttgart , botaniste, il publia en 1786 une Flora Stuttgardiensis, Oder Verzeichnis der uni Stuttgan vi/ildwach- senden Pftanzen. Dans f avani-propos de sa Flora stuttgardien- sis, Simon Kerner remerciera Cuvier et l’un des amis de Cuvier, Marschall von Biberstein {et note 4) pour leur contribution à la récolte et a la détermination de plantes (Adam 1969). Adam K, D, 1969, - Georges Cuvier und das Stuttgarter Naturalien Kabinatt I Cuvier in der Hohon Carlsschule In Cuvier und Wiirttemberg. Schwâbische Druckerei. Stuttgart. 3. Charles I.inné (1707 1778) ; Mme Françoise Caby. de la Bibliothèque centrale du Muséum national d Hisioim naturelle a retrouvé parmi les ouvrages faisant partie du fonds ancien les volumes donnés par J. S. Kornor à G. Cuvier. Le tome If porte sur la page de gardé la signaiure de Kerner et. sur la page du frontispice. cüMq dd Cuvier (cote de l'ouvrage : Yî- 2444 15). M s'agit de u rtixiPme édition du Systema Natarae imprimée à Halle en 1760. Les par 4 ee de oe voiurne som couvertes d anno- tations de la main de Cuvier (au crayon et à lencre brune ou rouge) ; s’y trouvent également un billet avec quelques noms de quentes occasions d’herboriser et de visiter les cabinets'. Cuvier suit les cours d'histoire naturelle de Johann Simon Kerner*, participe aux travaux de botanique de celui-ci ; pour le remercier, son professeur lin offre la dixième édition du Sy;iU*ma NiUura^ de LinnéS qui sera pendant dix .années son compagnon et son guide lors de ses herbori¬ sations, édidon couverte d'annorarions de Cuvier que nous venons de retrouver dans le fonds de la Bibliothèque centrale du Muséum national d*l listoire naturelle (Figs 1 > 2). Cuvier, beaucoup plus tard, dans son autobiographie, manifestera quelque ingratitude à l'égard de Kerner en écri¬ vant : « Que l’on ne croit pas cependant que mon instruction en histoire n-uiitelle hait point exigé ti'efforts de ma part. Notre professeur dans cette partie. Kerner. connu par quclt|ucs ouvrages de botanique à figures hccait que dessinateur et nullement naturalisTe. À peine avait-il quelques connaissances pratiques des plantes, mais il me fit présent d un Linnaeus, en retour de la peine que je pris de traduire en français sou ouvrage sur les plantes économiques et cc livre (c était la dixième édition) lut pendant dix ans mon com¬ pagnon et mon guide dans mes travaux soli¬ taires. » En 1787, il fonde avec quelques plantes et même un fragment d'une plante séchée comprenant une feuille et un rhizoïde de Lemna ou lentille d’eau (détermina¬ tion M Jolinon du faboraioire de Phanérogamie ). Cuvier, avec la précision dont il étail ooulumief. donnera dans le volume 1 ae t’Histotre naturetie des poissons (1828 : 101) consacré à Ehisloire de l'ichtyologie la liste des éditlon.s du Syslema naturae . » Les éditions originales du S/sfema naiurae se réduisent a six. La première, de Leyde, 1735 ; la deuxième, de 1740 ; la sixième, de 1748 ; la hutliènne de 1753 toutes les trois en un volumo. La dixième, do 1758. on trois volumes ; et la douzième, de 1766, en quatre. Les cinq dernières sont toutes de Stockholm La iroisième. de Halle. 1 740. est une copie de la première ; la quatrième de Paris. 1744. esl une copie de la deuxième, faite par ‘es soins do Bernard de Jussieu, qui y ajou- la les noms français. M en est de même de la cinquième, de HaliE\ 1747, à laquelle on a joint tes noms aliemancfs. La sep¬ tième de Leipzig. 1748, et la neuvième, oe Leyde. i756. sont prises de la .sixième ; mais, osns la neuvième, la panie des augmentée de plusieurs genfçfs par l'éditeur Gronovius- La diviome a été reimprimée a Halte en 1760. et à Leipzig en 1762 . mais il faut que Ltnnaeus n'3lt pas oonnu la réiniptH8siori de Halle, puisqu’il ne compte celle de Leipzig que pour la onzième La douzième a été rèimpnrrtee a Vienne tous Ip nom de irp*7iômp, en 1773, ce qui n'a pas empêché Gmelin de donner ce nut.néro de treiziéme à sa grande édition de 1788, qui est la dernière, mais qui elle-même a été réimprimée à Lyon en 1790 et les années suivantes. >> 286 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier Fig. 1. — Ouvrage de Linné {Systema Naîurae) offert par Johan Simon Kerner, professeur à Stuttgart, à son élève Cuvier : la page de garde porte la signature de Kerner : la page de titre, le nom de Cuvier, son cachet et celui de son frère Frédéric. © Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle. GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) 287 l'aquet P. Fig. 2. — Les annotations de Cuvier sur les pages de l’ouvrage de Linné offert par Kerner. camarades une société d’histoire naturelle dont il est l’animateur et le président. Au terme de ses études, il décide avec deux de ses amis d’effectuer une randonnée de près de 160 kilomètres, une excursion botanique, entomologique et géolo¬ gique dans le Jura souabe ; ses deux compagnons de voyage sont le baron Ernst Franz Ludwig Marschall von Biberstein (1770-1834)'^, origi¬ naire de Wallerstein, qui deviendra ministre d’Etat de Nassau et M. Ihm de Fianau, ville de Hesse où s’établirent après la révocation de l’édit de Nantes un certain nombre de protestants fran¬ çais. À ces trois étudiants se joint un gentilhom¬ me qui est le professeur de Marschall, sans doute son précepteur, mais dont Cuvier ne donne pas le nom. Le texte montre à plusieurs reprises que le nombre des randonneurs est bien de quatre. 4. Le baron Ernst Franz Ludwig Marschall von Biberstein (ou Bieberstein) (1770-1834) qui séjourna de 1782 à 1790 à l’Université Caroline. Cuvier est chargé de rédiger le récit de cette petite expédition, tâche dont Ü s’acquitte parHitement. La randonnée commence le 20 avril pour s’ache¬ ver le 28 avril 1788. Cuvier est alors âgé de dix-huit ans. Son texte, en allemand, est très vivant et agrémenté de plusieurs dessins, chacun brossant une scène des faits marquants qui se sont produits durant l’excursion. Ce récit constitue sans aucun doute le premier écrit construit d’un jeune naturaliste qui devien¬ dra comme on le sait, l'une des grandes figures de la science du XIX^^ siècle, l.e voyage terminé. Cuvier quitte le Wurtemberg et retrouve Montbéliard sa ville natale où il passe l'été 1788 ; puis il se rend en Normandie, ayant trouvé un emploi de précepteur auprès de la himille du comte d’Héricy qui habite Caen. À Montbéliard, 5. Christoph Heinrich Pfaff (1773-1852) séjourna de 1782 à 1793 à l’Université Caroline pour y apprendre la médecine. Il fut, à partir de 1798, professeur à Kiel et y enseigna la médecine. 288 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier Cuvier mer au propre ses notes de voyage et, le l4 octobre 1788, de Caen, il écrit à son cher ami et collègue d'université Christoph Heinrich PfafP. Mon cher ami. J'aurai cette fois la satisfaction de fannoncer que j'ai rempli deux de mes principaux engagements. Tu rece¬ vras en effet deux manuscrits de Montbéliard, dont je veux ici. pour .saristairc un peu la curiosirc, le donner l’analyse. I Les crustacés comestibles des cotes de brancc^ l...). II Huit jours de voyage aux Alpes w^urtembergeoises^ par quelques Académiciens, rédigé par G. L. F. D. Cuvier, Tun d*eux, chevalier de Tordre Académique à ccïtc époque. Caen I78H ; cinquante-six pages in-S” de l'écriture la plus serrée. Tour est raconté fidèle^ ment, et partout j'ai introduit dans le récit des remarques d’histoire naturelle qui m'ont paru neuves. Outre deux plans necessaires i Tintcliigencc du texte, il y a encore huit dc.ssin.s au lavis qui représentent le.s aventures qui nous arrivèrent à nous huit® ; comme il suit : 1° le dessin du Fronrtspice représente un pay¬ sage ; 2® TalTain: des boncs de M, Ihtn ; 3** la prome¬ nade sur le Teclcberg i 4" le tricoteur de bas \ Münsingen ; l'épouvantable coup de vent dans la prairie de l'rohnthal : 6" la pluie a Olimdcinerthal ; 7” Torgie de table à Tübingcn ; l'excursion à Stuttgart. Au bas de chaque dessin est une épigraphe appropriée, tirée de Virgile ou d'Horaeç, et qui vous plaira, j'espère. Ces deux petit.s manuscrits sont acltiellcmént chez le relieur, et je vous les enverrai par la diligence (le port serait trop cher par la poste) à Montbéliard, d’oh vou.s les rcccvre? de l,t rpéme manière. Mais roqt cela aux conditions suivantc-s indissolubles : 1" la propriété de l'exemplaire me reste ; 2” toi, Christophe Ffaff. tu en as la jouissance jusqu’à ce que j’aille les chercher moi- même ou que je les réclame par lettres, et j’attends de ton amitié que tu mettra.s tous tes soins à les conserver la physique et la chimie ; ami de Cuvier, il éctiangea avec lui une correspondance suivie et lui rendit visite à Paris en I80i. puis en 1829 Les lettres de Cuvier a Pfaff ont été publiées en allemand puis en françats , Pfaff C. M. 1845. — Georges Cuv'ter’s Bnefe an C. H. Pfattaus den jahren 1788 bis 1792 naturhistorischen. poliiischen und titerarischen fnhalts. Nebst einer biographlscher) Nobz über G. Cuvier. Kiel. 309 p. Pfalf C H. 1858. — Lettres de Georges Cuvier à C. H. Pfaff sur l'Histoire Naturelle, ta Polilique et la Littérature 1788-1792. tra¬ duites de rallemand par Louis Marchant. Librairie Victor Masson, Pans. 314 p. 6 . Cuvier donne des détails sur ces descriptions, que nous ne reproduisons pas Ici. 7. Cuvier utilise l’expression « Wurtembergische Alb ». en parfait état ; 3° ru les communiqueras pour qu’elles les lisent à toutes les personnes dont la liste e.st jointe à chaque volume. Si tu t engages par écrit dans ta pro¬ chaine latrc à exécuter tout cela, tu recevras de temps en remp.s tou.s les pccit.s traités que je rédigerai sur dif¬ férents sujets, sinon tu ne recevras plus rien de moi, car je n’ai ni le temps ni aucun plaisir à copier 1a même chose deux fois de suite, et je ne peux pas trou¬ ver ici un bon copiste allemand. Assez là-dessus^^ Dans une lettre ultérieure de Cuvier à Pfaff datée du 18 octobre 1788, Cuvier recommande à son ami de donner à lire à ses amis du Wurtemberg ce récit de voyage : le frontispice situé en tête du volume relié représente le dessin des cascades de Pfüllingen ; nous apprenons dans ce courrier qu’un épisode relatif à M. Ihm envoyé à Cuvier par le baron Marschall n’a pas été inséré dans le rccir car le ton avec lequel il était rédigé ne le permettait pas (cet épisode s*est déroulé à Pfüllingen). Pfaff reçoit bien ce récit de Cuvier ; le 17 janvier 1789, il écrit à Cuvier : ‘Près cher ami, Ta lettre du 31 de cette année m’a procuré un plaisir extraordinaire, mais ce plaisir ne devait pas encore être ctimplcr. C’c*st le satrieoi, donc le jour de l'anniversaire de b duchesse à 7 heures, que je fai ret;ue et le lundi à 7 h 12, j'ai eu tout le paquet, l u ne peux t'imaginer quelle joie s’csi répandue parmi nous. 7 oui le monde se prdripiït* sur le paquet et, en Touvranr. nou-s rrou- vûmes tes deux traités que tu avais promis depuis si longtemps et que nous avons artendiis avec tant d'impatience, nous y avons trouvé des plantes, bref, bien plus que nous pouvions espérer I,cs deux traités ont été dévores. Tes traités .sur les crabes comestibles Comment itaduire en français cette expression ? Le traducteur Louis Marchant en 1650 utilise l'expression ^ Alpes wurtember- geoises »*- Après avoir oon&uHè mon collègue et ami wurlember- geôis. le Dr Rupert Wild du Staatliches Muséum fût Naîurkuode de Stuttgart, j emploierai, sur ses conseils l’expression « Alpes souabes ; l’expression Wurtembergische Alb « ou ^ Wùrttembergische Alb “ esi l’expression ancienne de ce que nos collègues appellent aujourdhui « Sch\^àbische Alb » et que l'on nomme en français ; Jura souabe La partie bavaroise ce r« Alb ». au nord-est. c'est-à-dire (a Franconie .^ensu stneto. est appelée « FrânKische Alb ■- pour la distinguer de la parti© ooci- dentafe wurtembergeois© ou « Schwàbische Alb*. 8 . En lait K à nous trois ». le chiffre 3 a été transformé en 8 dans la traduction française. 9. /d Pfaff C. H. 1858:57-59. GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) 289 Taquet P. m’ont extrêmement plu, et les dessins sont parfaite¬ ment réussis sur le pfan esthétique, tout le monde en convient. |.,.| l,a description du discours est superbe¬ ment réussie, ('eux qui l’ont lue ont eu le plus grand plaisir. Les vignettes sont superbement réussies surtout celles représentant rafraire Stiefel et les fêtes de Tiibingcn : les paroles ccritc.s en dessous sont tout par¬ ticulièrement bien choisies et tout un chacun s'étonne de ta connaissance de Virgile. On trouve les remarques sur l'histoire naiurdle très bonnes, égale¬ ment la richesse de tes dcscriprions qui excclicni en finesse ci en esprit, csprii qui soueciii lourtic k k saüre. Des mots allemands manquent par ci par là, mais sim* plemem par ci par là. làirnme je 1 ai déjà dit, tu y a.s mis ton point d’honneur. Je l'ai passée autour de moi, à ceux que ru m as nomm6 et je la passerai encore aux autres. Marschall a été très content que tu la lui aïs dédiée. Mon cher l.i Duiicnhofci tn le gcnrilhortimc campagnard l’ont eue et il.s l'our lue tous deux avec le plus grand plaisir. C’est en effet le conseiller aulique Kcrner qui a le traité sur les crabes...^** Pfaff fait une critique du récit de Cuvier, quil adresse à son condisciple ; celui-ci la reçoit le Il mai 1792 et Cuvier, le 13 mai 1792^répond aux remarques de son ami : J’approuve la critique de mon récit de voyage. Je n’avais pas alors en géognosic les connaissances qui sont néccss.iircs pour accomplir avec fruit un pareil voyage. Ce n'est pa.s étonnant ; car je navais pa-s de profe.sseur (un conseiller Srah! ne m'en tenait guère lieu), et les études que je fai.sais alors, pensant qu elles pourraient être utiles à mon avenir, le droit et les sciences administratives, me prirent la plus grande partie du temp.s que j'aurais pu consacrer à l'hisioire naturelle. De là, les rumarques peu nombreuses et inconiplètc.s, et paniculicrcrncnt la conjecuirc ridicule que tu blâmes avec pleine raLson et dont je me garde¬ rais d’autant plus de parler aujourd’hui, en .supposant même que tous les faits allégués fussent aus.si vrais que la plupart sont faux, que le mode de formation du Bopser, telle qu'elle est reçue, serait encore physique¬ ment impossible. A l’égard des descriptions des* lieux et des hommes, les .siuiarions variées ou je ivie trouvai entre le voyage et la descripiion, mon genre de vie, tout nouveau et agité, avaient emporté nnes impres¬ sions loin de mes pensées, et mon journal était en par¬ tie si endommagé, que je dus décrire les trois derniers jours uniquement d'après mes souvenirs. Enfin mes 10. In lettres de C. H. Pfaff à Cuvier ; biblioihéque de l'Institut de France. Fonds Cuvier. Carton J.215.9 [les lettres sont en gothique cursif ; la transcription en français est de H. RscherJ. 11. Pfaff C. H. 1856 ; 272. La lettre serait de 1792, ce qui me semble peu probable ; les remarques de Pfaff ont dû être envoyées la même année, c’est-à-dire en mai 1789 et non pas compagnons de voyage n'éraient pas tels qu’ils l’eus¬ sent été si le choix eut dépendu de moi. Tu compren¬ dras facilement quelle influence tout cela dut exercer sur moi. Je ii’al pa.s vu un seul Cbrysospienium au Nebelloch... Pfaff ne renverra pa.s comme promis le récit de Cuvier à son auteur ; dans la notice biographique de son défunt ami placée en tete de l’édition des lettres de G. Cuvier à C. H. Ptaft, son correspon¬ dant wurtembergeois écrit : ... l.a description très animée et très instructive que fit Cuvier de ccuc excursion fut encore embellie par des esquisses remarquables représentant les petites et plai¬ santes aventures de ce voyage, quclque.s vues des plus pittoresques et les objets naturels les plus curieux. La pcrfc de ce premier travail de la plume de Cuvier est très regrettable. Jkî possédé quelque temps eem- rela¬ tion de voyage, j’ignore ce qu’elle est devenue. Mais limprcssion qui m'esr rcstcc de ces description.^, de tes scènes de voyage, de l esprit et de l'cntrairt avec les¬ quels elle est écrite, est incnaçable. On y li.sait encore un grand nombre de notes intéressantes sur la bota¬ nique, la minoralogic. et des observations faites au point de vue adininistriuif. Je mentionne comme curiosité de ce genre lu description d’une loiirbicrc et de l’usage de la tourbe ; ce qui était poui ces contrées quelque chose dt îout à fait exTfâordiiTaire et nouveau. Cuvier fur pour nous un modèle dans tt t emploi des vacances, dans la manière de décrire cc.s sorics de vvyyages. Le chancelier Autenrieth, plu.s tard si célébré, et qui ne devint notre a.ssocié qu'après que Cuvier eut quitté Stuttgart^ lut le premier qui marcha sur ses traces, par un voyage de vacances à la Forer Noire du Wurtemberg. Je fis aussi de semblables voyages pen¬ dant trois vacances. L'un deux a été imprimé sous le litre de FatJtahie^ d'un cosmopolite dans hs Alpes ivur- tembergeoises (Ocringen 1788).**' Une relation du voyage de Cuvier existe fort heu- rcusemetit dans les archives de la bibliothèque de l^nstirut de France (Académie des sciences). Elle A été répertoriée par W. Dehérain dans son cata- l<7gue des manuscrits du fonds Cuvier* L Ix texte est peut-être une version traduite en allemand par CJuvier et avant la mise au propre de son trois années après l'envoi du récit de Cuvier à Pfaff. 12. fbid. ■- 20. 13. Dehérain H. 1908/1922. — Catalogue des manuscrits du fonds Cuvier consetvés à la bibliothèque de l'Institut de France, tome 1.1908. librairie Honoré Champion. Paris. 154 p. ; tome 2, 1922, observatoire d Abbadia. Hendaye, 76 p. 290 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier DENKENDORF OBERENSfNGEN NjURTINGEN BtSSmGEN TECraBRG" ^ ^ t BSETlSNSljiEIN- ^^&CB5ENWA!<ïG SCHOPFKÎÇH REUTUNGEN BÔHRINGEN^ PFULLINGEN MlOl%|liGEN HOLZEUFINGEN % SOHLsftmgN NEBELHOHLE offenAusek GEKXINGEN UCHTENSTEIN niDERN NmiNGEN KEMNAT KIRCHHBIM ) I ^Êlk ROiBERG tÉf MARBACH ^km FiG. 3. — Carte de la région visitée par Georges Cuvier et ses compagnons de randonnée. Les noms de lieux correspondent aux noms en usage actuellement dans le Wurtemberg. GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) 291 Taquet P. récit, apparemment destinée à son ami Marschall ; par contre, les dessins qui raccompa¬ gnent semblent être les feuillets originaux du car¬ net utilisé par Cuvier lors de sa randonnée. L’ensemble était dans les papiers de Cuvier, papiers qui furent déposés par son neveu Frédéric aux archives de l’Académie. Cette version (Ms 3312) comprend trente-cinq feuillets écrits recto verso, sans paragraphes avec des feuilles doubles ou simples (format : 180 à 200 mm de hauteur pour 110 à 120 de largeur). Cette version a pour titre : Reise auf die Wurternbergisvhe Alb ; elle est adressée à Monsieur le Baron Marschall de Bibersrein avec quelques mots d’accompagnement et est datée du 2 octobre 1788 à Caen. C’est ce texte, inédit^, que nous publions. Dans son remarquable travail sur Georges Cuvier, D. Outram’'* fait allusion à ce récit (p. 28). Elle suppose que Cuvier et ses compagnons eurent l’idée de cette randonnée dans les montagnes du Wurtemberg, influencés par les récits de voyage et les travaux d’Horace Bénédict de Saussure dans les Alpes**^. One such figure ivas Horace BenetHct de Saussure, whose Voyages dans les Alpes hecanic one of the classics of romantic nttundes to miture. In his volumes, apprécia' tion of sublime scenery was combincd mxh detailed geo- logical obseriuxtions. and a cosmopabtan disregard for the political boundaries impoicd by man on ihe surface of nature. In cvnscjous imitation of Sausmrr, in his lasî sumrner in Stuttgart, Cuvier^ mth Biberstein and two otber companions uridertoak his own joumey into Alps.^^^ D. Outrant a raison d’avancer cette idée ; elle cite en effet une lettre adressée par Cuvier à de Saussure depuis la Normandie ; dans cette lettre dont subsiste le brouillon'^, Cuvier écrit : Monsieur, C’est le sort des savants illustres, de ne connaître per¬ sonnellement qu’une bien petite partie de leurs dis¬ ciples. Quel que soit le nombre de ceux qui vous 14. Outram D. 1984. — Georges Cuvier. Vocation. Science and Authority in Post Revolutionary France. Manchester University Press, 299 p. 15. Saussure de H. B. 1779. — Voyages dans les Alpes, précé¬ dés d’un essai sur l'histoire naturelle des environs de Genève. Volume I. Samuel Fauche imprimeur, Neufchâtel, 540 p. 16. Outram 1984. loc.cit. : 27, 28. entendent h Genève, il est bien petit en comparaison de ceux qui répandus dans toute rF.uropc étudient vos ouvrages ; quelque.s-un.s de ceux-ci, habitants de St [Stungart], ayant voulu a votre exemple parcourir une partie de leur pays et ayant consigné leurs observations dans ce petit ouvrage ont voulu vous le présenter comme un gage de Ta gratitude qu'ils ressentent en iriiculier pour tous les faits dont vous avot enrichi listoirc naturelle. Comme je suis le rédacteur de leur livre, c'c.si aussi moi qu'ils ont charge de vous l’adres¬ ser. Soyez persuadé du plaisir vit que je prends à m'acquitter de cette mission, et des sentiments de vénération avec lesqtiels je suis. Monsieur,.. Le premier volume des récits de voyage de de Saussure a été publié en 1779 et l’illustre natura¬ liste suisse avait effectué Fasccnsion du Mont Blanc en 1787 i ces écrits et cei événement avaient dii impressionner les jeunes étudiants de Stuttgart. Comme le soulignait Jacques Roger en 19741 » ; <, Ge nouveau type d'études convenait assurément mieux au nouvel e.sprit scientifique. Il était favorisé par U popularité d’un nouveau genre littéraire, le voyage .scientifique, qui, au moins dans certains cas comme celui de Saussure, imposait à la recherche Tunicc d'une région » L’admiration de Cuvier et de ses com¬ pagnons pour le courageux vainqueur du Mont Blanc se comprend aisément car leur randonnée sur les modestes sommets des Alpes souabes ne peut rivaliser avec les ascensions d’un de Saussure qui avoue lui-même : Ces excursions sont pénibles je l'avoue ; il faut renon¬ cer aux voitures, aux chevaux même, supporter de grandes fatigues, et s’exposer quelquefois à d’assez grands dangers. Souvent le naturaliste, tour près de parvenir a une sommité qu’il désire vivement atteindre, doiire encore si ses forœs épuisées lui suffiront pour y arriver, ou s il pourra tranenir les précipices qui lui en défendent racces : mais l’air v if et frais qu’il respire fait couler dans ses veines un baume qui le restaure, et l’espérance des grands spectacles dont il va jouir, et des vérités* nouvelles qui en seront les fruits, ranime ses forces et son courage (de Saussure 1779). 17. Bibliothèque de l'Institut de France, fonds Cuvier. 18. Roger J. 1974. — Le feu et l'histoire : James Hutlon et la naissance de la géologie, in Approches des Lumières : Mélanges offerts à Jean Fabre. Klincksieck, Paris : 415-429 [réédité en 1995 in Pour une histoire des Sciences à part entière. Albin Michel. Paris]. 292 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier Cuvier, piètre marcheur, invoquera en introduc¬ tion à son récit, la manière de voyager du célèbre promeneur et botaniste solitaire, Jean-Jacques Rousseau, plutôt que celle d’I lorace Bénédict de Saussure. Il y a donc eu au moins quatre versions du voyage de Cuvier dans les Alpes souabes ; la première adressée à PfàR et qui a été égarée par ce dernier ; la deuxième destinée à Marschall von Bieberstein, mais nous ne savons pas si celui-ci l'a effectivement reçue ; la troisième adressée à de Saussure, cette version se trouve peut-être aujourd'hui dans le fonds de Saussure à Genève ; la quatrièmc^ la seule connue, conservée dans les papiers de Georges Cuvier. Pour retrouver les lieux et les paysages visités par Cuvier et ses trois compagnons de voyage, je me suis rendu en Allemagne et j’ai suivi, du 11 au 13 août 1994, l'itinéraire qu’ils avaient emprunté (Fig. 3). Malgré les profonds changements inter¬ venus dans la région depuis la fin du XYlll*^ siècle, malgré les destructions de la dernière guerre, rurbanisation, la densité du réseau routier, bon nombre des localités décrites dans ce récit demeurent et elles ont conservé tout leur carac¬ tère et tout leur charme. À Stuttgart, la célèbre et magnifique Académie Caroline a malheureusement été détruite par les bombardements du 17 octobre 1944 et seule subsiste derrière le Ncues Schloss une belle fon¬ taine restaurée qui marque remplacement de l’Académie au coeur de laquelle se trouvait l’origi¬ nal en Les trois marcheurs, après avoir quitte Stuttgart et gravi vers le sud la cuesra for¬ mée des grès triasiques du Stubensandstein, attei¬ gnent le plateau boisé des Fiklern ; le terme de leur première étape .sera le couvent du petit village de Denkendorf, les lieux n’ont pratiquement pas 19. Je dois à de Haretd Schukrafl. tiisionon du duché de Wurtemberg renconiré lors des cérémonies commémorattves du rattachement du pays de Mombètiard à ta Franoe. les préci- S'ons sur remp*t»OM'nen! de t’Uoiversilé Cgroiine. Grâce à son ouvrage Dam&fs ubor Stuttgad - \nnen$taàt und Vororte m iuftbUdern aus dan iwanztger dis viarziger Jahren, Sllberburg* Vertag, 1988 . de belle» pliotbgraphies donnent deins ce livre des vu'es des bâtiments de l’établissement fréquenté par Cuvier. 20. Metzger D. s.d. — KIoster Denkendorf. Fortbildungsstàtte changé^'^ ; l’église a été bâtie entre 1200 et 1250 ; le.s bâtiments servent aujourd'hui de lieu de ren¬ contre et d'études bibliques ; une petite pièce d’eau témoigne encore de l’emplacement des viviers à poissons évoqués par Cuvier. Le charmant village de Nürtingen au bord du Neckar a sa rue principale bordée de maisons anciennes traditionnelles ; parmi celle-s-ci, une vieille pharmacie fondée au XVI'' .siècle évoque celle de l’apothicaire Clcrnms auquel Cuvier ren¬ dit visite. La butte témoin du Teckberg dont l’ascension fut l’un des temps forts de la randonnée pui.sque Cuvier l’effectua au bras d'une charmante jeune fille, domine toute la plaine la vue y est magni¬ fique ; la tour qui la domine a été reconstruire en 1790 après le passage de Cuvier ; le trou de la Sybille, dans lequel Cuvier n’a pas voulu s’aven¬ turer, a été fouillé en 1898 et a livré des osse¬ ments d’ours des cavernes ; le boulanger de Byssingen vend des petits pains évoquant ceux qui ont régalé nos' marcheurs ; la tourbière, le Schopflochcr Torfrnoor^ esc aujourd’hui une réser¬ ve naturelle classée dont la vjsitc très’ agréable permet de découvrir la flore et la faune de la région. Un petit opuscule en vente sur place-^* évoque les débuts de rexploiraflon de la tourbe en 1784 par M. Glockler (Klôckler pour Cuvier) ; le château de Grafeneck devint liélas pendant la Seconde Guerre mondiale un centre d’extermination des handicapés mentaux, en dépit des protestations de l’évêque luthérien du Wurtemberg, le Dr Wurm. Ce château profondé- menr remanié est occupé aujourd’hui par un éta¬ blissement médico-pédagogique ; en revanche, le haras de Marbach est intact et les bâtiments qui abritent 350 chevaux pur-sang sont magnifique¬ ment entretenus^- ; la grotte du brouillard, « die Nebelhohle est un lieu touristique très frequen- cé^'^ ; elle a été aménagée et, depuis la visite de Cuvier, une nouvelle entrée, découverte en 1920, Klosîer DenKendortt: 1 18. 21. Dangel H., Maser J.. Mattern H.. Muller T., Nûrk G., Schwènkel H. & Wohnias W. 1994. — Schopflocher Torfmoor. Verlag oer Teckbote. Kircheim unter Teck : 1 -80. 22. Anonyme 1993. — Haupt- und Landgestût MarbachÆauîer IkrAeutlingen, Geslutshofe 1-53. 23. Binder H.. Bleich K. E. & Dobat K. 1990. — Die Nebelhohle. Abh. Karst’U Hôhlenkunde, Reihe A, Heft4, 7 Aufl. : 1-62. GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) 293 Taquet P. permet de descendre par l4l marches à vingt- cinq mètres sous terre ; le château de Lichtenstein sur son éperon rocheux est une demeure privée que l'on peut visiter ; l'allure des bâtiments a changé, mais du sommer des tours le point de vue est toujours aussi splendide ; Pfüllingen et ses cascades, Tübingen et son uni¬ versité permettent de compléter cette évocation du voyage de Cuvier et de ses compagnons. Le récit de Cuvier est très vivant ; il nous aide à mieux connaître la forte personnalité d’un ado¬ lescent dont Tceil esc vif, les analyses pertinentes et le sens critique très aigu. Le jeune Cuvier ménage plus sa santé fragile que son entourage. C’est Titinéraire proposé par lui qui est finale¬ ment choisi ; c’est encore lui qui se charge de rédiger le compte rendu de voyage et c’e.sr une fonction qu’il appréciera toute sa vie ; il sera quelques mois plus tard précepteur et secrétaire de la famille d’Héricy en Normandie, secrétaire- greffier de la commune de Bcc-au-Cauchois pen¬ dant la Révolution, secrétaire de la Société d’histoire naturelle de Paris avant d’ètre élu secré¬ taire perpétuel de TAcadémie des sciences en 1803. On le découvre passionné, essayant par ses observations et scs remarques de mettre en pra¬ tique les enseignements de botanique, de droit administratif et d'économie qui lui furent déli¬ vrés à Stuttgart. Cuvier est déjà très sûr de lui et, si ses jambes le trahissent dans la montée du Teckberg, son récit est construit pour souligner la politesse française dont il fait preuve auprès de Mlle Glettin et pour se gausser du peu d’aptitude à la marche... des jeunes citadines françaises ! Le récit révèle incidemment que Cuvier se sent fran¬ çais et réagir en Français. Dans cette version du récit manque le feuillet n° 12 ; il n’est pas impossible que cette partie du manuscrit ait été supprimée par la famille Cuvier ; en effet, le séjour dans la ville de Münsingen semble avoir été agité ; Cuvier évoque une bacchanale et l’un des dessins, qui se rapporte probablement à cet épisode, représente une altercation entre une femme que Cuvier sur¬ nomme Canidie du nom d’une parfumeuse napolitaine, et un groupe de trois personnes dont deux hommes et une femme tandis que nos voyageurs regardent la scène de loin. Enfin, le texte originel est en allemand (en mau¬ vais allemand écrit Cuvier). Ce texte a été traduit comme l’indique une mention matuiscrite par « un petit traducteur peu instruit >» dont nous ignorons l'identité. Cette traduction, qui n’était pas une version définitive, a le mérite d’exister ; les expressions et les mots employés datent mani¬ festement du XIX*^ siècle ; le mot * élève » est employé pour le moi « élevage » c]ui sera utilisé à partir de 1836. J’ai donc conservé à quelques mots près le texte de cette traduction qui rend bien compte du style, des tournures et de la spontanéité du récit en allemand de Cuvier avec l’aide précieuse de Mme Kneip-Jéquier qui a rec¬ tifié plusieurs erreurs et bon nombre d’inexacti¬ tudes. J’ai donné une brève présentation orale relative à ce voyage de Cuvier devant les membres du Comité français d’histoire de la géo¬ logie (COFRHIGEO) le 21 juin 1993 et intitu¬ lée ; Les premiers pas d'un naturaliste sur les sentiers du Wurtemherg : récit inédit d'un jeune étudiant nommé Georges Cuvier, avec un résumé publié dans le bulletin de ce comité (troi.sième série, t. IX, 1995, n''5 : 87-88). Voyage dans les Alpes souabes rédigé par G. L. Cuvier alors Chevalier de l’Ordre AC'^DÉMIQUH RHISE AUK DIE WURTEMBERGISCHE Ai.B Zu Schrifi an Herrn Baron Marschall von Biberstein, Ritter des klcinen Ordens der herzoglichen Carlshohenschulc, zu Stuttgardt. [Récit aiirographt* et en Tangue allemande d'un petit voyage fait par mon oncle en Wurtemberg du 20 au 2S avril 1788 (il manque le feuillet 12).] Lettre à Monsieur le Baron Marschall de Biberstein, chevalier de l’ordre mineur de TUniverbicé ducale de Charles à Stuttgart. (Ms 33)2 Petites feuilles écrites recto verso, sans paragraphes, dimensions : 1 80 à 200 mm de haut pour 110 à 120 mm de large ; feuilles doubles ou simples. En tout trente-cinq folios : voir inventaire des feuillets en annexe). 294 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2} Récit inédit de Georges Cuvier Très cher ami, Vous avez ici la description de notre voyage dans les Alpes souabes. Elle ne me parut pas fort intéressante et bien pauvre en faits reniarouables. Votre jugement a été prononcé d’après cela. Elle n’aurait jamais dû quit¬ ter mon portefeuille, ni I obscurité qui lui convenait si bien. Mais c’est votre désir et je ne saurais rien refiiscr à raniirié. bleureux seulement-, si je pouvais vous ofirir quelque chose qui tiiï a la mesure de vos talents et qui satisnt aux sentiments avec lesquels je resterai pour la vie. Votre très chaleureux ami et serviteur G. L. Cuvier Caen le 2 octobre 1788 VOYAGF. HE HUIT JOUR.S A PIED À TRAVERS LES ALPES SOUABES PAR QUFXQURS Exf-VF.S DF U\ FACULTÉ COM¬ MENCÉ LE 21 AVRIL 1788 ET ÉCRIT PAR G. L. CUVIER ALORS Chevalier de l'Ordre académique mineur Il n’y a quUne manière de voyager, dit quelque part J.-J. Rousseau, qui soit plus agréable que le voyage à cheval : c’est le voyage à pied-" i et Rousseau était bien au fait de l’un et de l'autce, on le voit par tous ses écrits. Trois élèves de la faculté de Stuttgart firent dans l'hivct de 1787 à PRS le projet de parcourir de cette façon une partie du Wurtemberg et de profiter pour cela des vacances de Pâques liVI. Ibm de Hanau, M. le chevalier baron de M.uschal! de Wallerstein et moi), tous troiç étaient jeunes, tous trois avalent pa.ssé plusieurs années â l’Université Caroline et obsei'vé strictement la discipline de cet établissement, tous trois enfin s craient toujours consacrés avec tout le zèle qu’une forte inclination peut produire à l'étude de rhistoirc naturelle, de réconomic et des sciences qui s y rattachent ; ils devaient donc tous trois avoir le plus grand désir d'observer correctement la nature, de jouir de ses beautés à grande échelle. Cette envie avait été nécessairement accrue par.., [manquent quelques mots], M. Ihm et moi. nous avions encore un autre motif à ce projet, nous étions étrangers, nos études étaient achevées, et il nous Ëillait quirtet le Wurtemberg sans avoir l’cspérancc d’y remettre jamais le pied. Cependant cette contrée, peut-être la plus belle de P Allemagne, méritait bien d’être connue de nous exacicnicnt, et après le séjour de quatre ans que nous y fîmes c’eût été une honte de ne pas en savoir davantage que ce que tout K- monde peut lire dans Büsching-^ Donc pour sarisfaire â tous ces désirs nous 24. «< Pour moi qui me plaisois presque autant à cheval qu'a pied, je n’aurois pas mieux demandé que de voyager ainsi toute ma vie. » {Rousseau 1987). Rousseau J.-J. 1987. — Œuvres complètes. I Les Confessions. résolûmes le 21 avril d’entreprendre un voyage 4 pied jusqu’aux .^pes, de gagner Münsiitgcn en passant par Nüningen, Kirclieiin. Tcck, en con.séquence de com¬ pléter le cercle en passant par Efüllingen et Tübingen et de regagner notre prçmjer point Stuttgart. Noirç eûmes aussi le bonheur de gagner à la même résolu¬ tion ['excellent gentilhomme et professeur de M. de Marschall ci nous nous préparâmes de notre mieux à la réalisation de ce que nou.s nous proposion.s. C'est donc ce voyage que, d après ma promc.ssc. je vais décrire. Un autre s’en fur peut-être acquitté mieux, mais certainement ii nV eût pas mis plus de zèle, je ferai tout ce que mes forces me pc-rmeitent, il n’y a qu’une chose qu'il me faut demander 4 mes lecteurs, c’est de me pardonner incorrections qui pourront se rencontrer ali .sujet du langage : né en Fr.înce, j’y ai été élevé jusqu’à l'âge de 14 ans ; ce n’est qu'à cet ige que j’ai appris la langue allemande et cela en Souafïc où, comme l'on sait, Ton ne parle pa.s une langue trè.s pure. En conséquence, il n y a pas trop â m'en vouloir si je n’écris pas fallcinand dan.s la perfection. D’abord, parlons des préparatifs. Qu on se figure trois jeunes gens qui viennent de faire de plaisants projets : h fidstanu tout est en niouverncru ; il faut sur le champ savoir tout ce qui peut arriver en rourc, Quelle.s localités iion.s-noiis voir ? Irons-nous à U Forêt-Noire, dans les Alpes ou dans le b.as pays ? Où pourrons-nous nous procurer des lettres de recom¬ mandation ? Vite une cane routière ; une pauvre carte du pays tombe entre nos ma'ms ; clic est bientôt déchi¬ rée sur les divers chemins que nous voulions même y dessiner ; l’un aurait bien voulu voir des salines et des mines ; aus-sitôt il cciiiit à Suiz, .Mpenspach, jusqu'en Furstemherg et plus loin encore ; en .sept étapes il veut parcourir 60 lieues de chemin et avoir tout bien exa¬ miné. Un autre féru d'entomologie, veut bondir et de droite et de gauche à U poursuite des insectes ; pas une mouche, pas un scarabée ne doit échapper à sa pointe meurtrière ; naturellement il veut marcher plus lentement : cependant afin qu'on puis.se quand même aller un peu loin, il veut au.ssi de temps à autre user du cheval. Moi, à qui la faiblesse de mes membres ne j.^r- mer pas une grande agitation, je m’efforce en vain de miidcrer leur ardeur Le contraste ne (ait que rendre le tout plus risible. Moi aussi j ai mes propres idées. Les longues heures de cheval ne sont pas très adaptées à ma peau, qui déjà sans cela est percée pai mes os. D'un autre côté j’ainietais examiner bien ce que je ver rai , aussi proposai-je une route un peu plus courte. Au début personne ne veut entendre et par malheur toutes les fois que nous nous réunissons h trois autour de la cane du Wurtemberg de Tobmayer, diaqiic fois nos débats recommencent. Cependant après bien des La Pléiade, Gallimard. Paris ; 156, 25. Büsching Anton Friedrich ; auteur d’une géographie univer¬ selle en quatorze tomes (1767-1769). GEODIVERSITAS • t99B • 20(2) 295 Taquet P. étapes, on donne à mon projet la sanction légale et le point est arrête, nous allons dans les Al(>es souahes. Le choix des habits, on le laissa à la discrétion de cha¬ cun : ils devaient être chauds, commodes et légers ; quant à ce qui est arrivé à chacun, surtout à l’égard des bottes, nous le vern>iis plus bas. On noinnic un secré¬ taire du voyage, moi. et de fait au moment même oh j'écris ceci, je m acquitte de mes fonctions. Lhi grand livre blanc qui doit en même temps servir de presse pour les plantes et un crayon effaçable (de mine de plomb) fompo.sent tout mon attirail > Monsieur le Professeur du Chevalier Marschall est trésorier du voyage. Les devoirs et les exigences auxquelles il aura à satisfaire restent au choix de chacun Aux Irais de la communauté on remplît quelques llacons d*e:ui dissol¬ vante, d’huile de vitriol, de sirop de violette, d’esprit de salmiack et de noix de galle dissoute''-'. On les four¬ re dans des émis de carton et elles constituent la phar¬ macie de voyage a laquelle M. Ihm est préposé avec le titre de chimi.ste du voyage, linfm M. le chevalier de Marschall promet de s'occuper de la capture des insectes. Comme les épingles qui y sont nécessaires ne rembarrassent pas beaucoup, il se charge au.ssi du transport du Linné. Note infrapaginale de Cuvier : Car. a Linné Systema vegetabi- lium: edit XIV cura And. Murray. Les insectes peuvent aussi être examinés secs, mais les plantes non. C’esi pour cela que ce livre était nécessaire. Nous avions aussi avec nous quelques lettres de recommandarion a différentes personnes et ici je dois» au nom de ma société, adresser les remerciements les plus vils à tous les toiiciionnaircs, employés ci autres personnes auxquelles nous nous sommes adresses Partout on nous a accueillis avec une extrême amitié, tous Ie.s concours nous ont été prêtés. Nous ne pour¬ rions pas mieux nous louer de l'hospitalité vvurtem- bergeoise qu'en racontant ce qu’ont éprouvé quatre étrangers desquels il n'y avait pa.s à attendre de retour. Cette honnête nation est bien digne du bonheur que son excellente constitution lui assure. Maintenant à notre sujet. Le 21 avril nous fûmes, comme on peut facilement le supposer, tous de très bonne heure sur pied. En géné¬ ral, le premier jour des vacances est pour la faculté le jour du tumulte le plus grand : chacun fait tour pour se dégager au plus tin de .ses liens ci traim de dilTércr sa liberté ne scraii-cc que d’un rnomcnc. Nous avions en plus des motifs particuliers. Notre imagination déjà en voyage nou.s avait roc réveillés, ou plutôt ne nous avait pas permis de dormir. À peine nous fut-il pos¬ sible d’accueillir la politesse de M. le colonel W. de Wolf qui nous invita au chocolat, parce qu'il différait 26. L’huile de vitriol est l'acioe sulturique, le saimiac est le nom marchand du sel d’ammoniac ; la noix de galle est une excrois¬ sance globuleuse produite sur un chêne par la piqûre d'un notre deparr d’une demi-heure. Une pareille impatien¬ ce enfantine s'e.vplique pour nous par une captivité de quatre années. Enfin notus partîmes. A sept heures, montés sur le Bopser, nous abaissâmes encore nos regards sur le nuage de brouillard qui enve¬ loppait Suingan et nous en primes congé pour la der¬ nière fois. On sait que le Bopser. pour ainsi dire le dernier éche¬ lon du haut pays, est la monréc par laquelle on arrive au second étage du WurtemlxTg, cc qu’on appelle les Fildcrn (Ic.s cnanip.s) ; car lc.s Fildcrn sont à propre¬ ment parler la contrée c^ui s'étend entre les Alpes et la Forêt-Noire. C'est du coté de Stuttgart une vallée très largt!, muU qui. vers le sud oh les deux monragnes se rapprochent ton, devient beaucoup plus étroite Cette vallée singulière est con.sidérablemera plus e'Ievée que le resri- du duché et elle est elle-même traversée par pîusieurç vallées plus profondes en comparaison des¬ quelles elle devient une montagne. La vallée du Neckar, en particulier, en occupe roui le milieu et est presque Je niveau avec le bas pays avec lequel clic communicluc. La vallée du Ncckar envoie, de part et d’autre, plusieurs vallées moindres, le.squetles coupent les Fildcrn dans plusieurs directions. Ivcs Fildcrn eux- inêiMcs envoient aussi un irês gi:nul iiombie de vttllées dans les bailleurs de la l^orêl-Noire et de l'Alpe, et c'est de cene façon que le Wurtemberg tour entier csr cxcellcrrimenr fourni d'eau ; car chaque vallée a aussi ses petits cours d'eau. Les sommets des montagnes sortent isolément des vapeurs qui s'élèvent dans Fair, vapeui's qui lorment ces ^lefits cours d’yao. de avrtc qu il n’y a aucun endroit pour la circuUuion des cours d'eau qui ne soit mieux onireienu qu ici 11 n’y a que dans qiicb^ues régions des Alpe.s souahes qu'on manque d’eau ei cela vient sans doute de la configura¬ tion de ces montagnes. En s'élifvant, c’est, comme nous le verrons ci-après, un plateau, ce qui n’est propre ni à aitirer lc.s nuages, ni a former ûc.s cours d'eau, puisque pour cela tics hauteuns et des vallées soni néce.ssaire.s. Mai.s pour en revenir au Bopser» dont je me suis au fair un peu éloigné, je rcmarciucrai ici que c'est pro- premeiu une hauteur formée par les eaux ; c’est ce que constatera quiconque a Fait des promenades autour de Stutig.irt : les bandc.s vents, noires cl rouges qui embellissent cciic montagne en témoignent claire¬ ment. il est de nature assez sablonncu.se : on trouve mernt* â quelques endroits des grés as.sez durs. Cela me semble particulièrement rcniaiqu.ible, car le Rotbberg qui, du côte droit de la vallée du Netkar, coiresponu au Bopser, se compose, comme le sait tout Wurtembergeols, de couches de gypse et l'on en extrait du gypse cl de l’albàtre. Cela prouve clairement que la vallée du Neckar n’est pas une séparation primitive de ces montagnes ; et la insecte ; sa richesse en tanin permet de Tutlliser en médecine comme astringent. 296 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier Fig. 4. — L’affaire des bottes de M. Ihm. En citation : Direptis stat crura cothurnis [Il est debout, aux jambes les cothurnes déchirés] (Virgile, Géorgiques, livre II, vers 8). Il s’agit du prologue du livre II (et non I), qui est une invocation à Bacchus. Ce cothurne (diffé¬ rent du cothurne tragique) est une chaussure montante, que porte en particulier Bacchus sur les monuments. Stat est un mot ajouté par Cuvier ; il n’est pas dans Virgile , nous ne voyons pas quel autre verbe restituer. Dessin au crayon de GeorgesXuvier (150 x 110 mm).©Bibliothèque de l’Institut de France. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 297 Taquet P. raison de leur différence, vient à mon avis, de la nature diverse des hauteurs plus élevées contre les¬ quelles sont rangées ces hauteurs inférieures. Sur le côté droit par exemple, vers l’est, est située l'Alpc ; elle est toute calcaire et à son pied est le Rothberg gypseux et la colline qui s’y rattache» contre laquelle à l’ouest au contraire est la Forêt-Noire où les hauteurs princi¬ pales sont certainement des hauteurs de soulèvement, et se composent pour la plupart de granités. Au pied de celui-ci, il a bien pu se ramasser plusieurs couches de sable que les eaux ont dû constamment entrainer avec elles et de la sorte peut-être, après des milliers d’années, ont pu sc Former les Fildcrn, tour comme dans leur voisinage se sont formes le Rossberg et ses frères. l.eur nature témoigne de leur origine. Ce système me paraît hautement vraisemblable, mais comme système il est impossible qu’il explique tout et Ton aurait be.soin encore de beaucoup d’observations pour pouvoir le démontrer complètement. Le profes¬ seur Rosier, dans son histoire narurelle du Wurtemberg a bien quelque chose là-dessus. Le lec¬ teur ne m'en voudra pa.s, je Tespère, de cette digres¬ sion, elle tend à mon but. Poursuivons maintenant. Par très beau temps, dans une remarquable fraîcheur la plus délicieuse nous entrâmes dans le bois par un chemin qui devait nous mener à Ruyd^^. D abord apparurent de.s sapins ; puis vinrent une quantité de bouleaux avec leurs branches pittoresquement pen¬ dantes. Le sentiment de solitude n'était pas encore troublé par le chant d’un grand nombre d'oi.scaux ; le triste coucou se faisait seul entendre, mais le soleil ne tarda pas à s’élever, le brouillard léger qui rend si belles les inaiinécs de printemps devint bientôt imper¬ ceptible, les petits flocons de vapeur se dispersèi'enr et peu à peu il rît très ch.aud. Alors toutes les petites créa¬ tures s’animèrent ; les alouettes surtout nous récréè¬ rent par leurs agréables concerts aussi bien que par leur vol singufier. Quelques perdrix également jouaient dans les champs tour juste verdoyants. La première figure humaine que nous vîmc.s nou.s annonça un malheur ; mais un petit : distraits par les beautés ci-dessus décrites, nous avions, à un embran¬ chement de chemins, pris précisément la mauvaise voie et nous serions allés à Hôhejihcim, si une femme qui vint à notre rencontre en tricotant ne nous eut indiqué notre erreur. À droite quelques chênes devaient représenter un bois ; derrière étaient quelques vallées dans lesquelles 27. Aujourd'hui Ruit. 28. Dilienius Jean Jacques, botaniste allemand, né à Darmstadt en 1687, mort en 1747. Il apporta une attention extrême à la distinction des genres au moyen de la fleur et du fruit et fut appelé par Sherard à l'Université d'Oxtord. Il a publié deux ouvrages remarquables : Hortus efthamensis (1732) et Histoire des mousses (1741). {in Biographie universelle Michaud. Nouvelle édition 1855. Tome XI : 60-62.) nous pouvions voir surtout la vallée du Neckar, qui nous montrait son château Wirtemberg. À g.iucne était un bois de bouleaux ; un quart de lieue plus loin on commençait à descendre un peu la côte, et là appa- airent en face des monu^nes très éloignées que nous prîmes pour l Alpe et pour le Icckbcrg. Va: sol qui jusqu’ici .ivair été plus sablonneux, commença dès lors à contenir un peu plus d’argile, mais nulle part il ne faisait d'cfPervescence avec tiês .teides. À un endroit il était tout couvert de lichen L'ricetorum, cette jolie mousse a presque la physionomie d'une éponge et quelques auteurs l’ont rangée parmi les champignons, nommément Dillcnius^^ qui en fait une coralToïdc ; mais probablement sa texture ligneuse a probablement porté Linné, et d'après son avis scs innombrables imi¬ tateurs, à la ranger dans la Famille déjà bien assez char¬ gée sans cela, des lichens. H y en avait là trois très grands ; les uibt rcules avaient presque k grosseur d’un pois ; leur couleur de chair claire ciair tlu plus bel effet. À la sortie du bois s’ouvrii un horizon rrès étendu de tous côtés enfermé dans des montagnes lointaines. À droite et à gauche de notre chemin étaient des champs avec quelques villages, comme par exemple» Rosacker, Hcnnrtaden, Kcmnath. Nous i^cmarquàmes quelques insectes : Pdp'flio urticdty par exemple, voltigeait à rcncoiir ; plusicuR* scarabées sc remuaient dans leurs habitations immondes, mais les Carabi, déjà à cette époque si communs dans le bas, dans la vallée du Neckar, étaient ici excessivement rares. Ils aiment trop Ic.N coins argileux humides, pour aller chercher à .se loger là-haut dan.s le .sable. Cependant un gros échan- tiflon du Carabits pkeus se montra ici, mais aussi ce Rit le seul. Comme je n’ai encore rien de meilleur à dire, je signalerai aussi lc.s herbes que nous rencon¬ trâmes. Il y en avait peu ; la saison ne leur permettait pas encore de paraître. Bdlisperenms-^ qui n’a souci de la tempérarurc pullulait partout ; la Draba hàllvc-^® était aus.si à quelques endroifs. Ieonloto7i tanixacon^^ encore tout petit semblait ne montrer que son nez. Fnfin Veronka tfiphyllos^* rendait quelques champs tout bleus, IcsqueLs sans doute se seraient passés de cette beauté aussi bien que de \‘Hqtàsctw qui les couvrait également. Ainsi nous allâmes jusqu'à Ruid où lïous prîmes du lait C’est une paroisse dans le.s Fildcrn. Les gens nous parurent à leur aise, ils éraient très accueillanrs. Leurs maisons sont assez joliment bâties et décorée.s d'ins¬ criptions pieuses, mai.s les rues et les pièces sont relati¬ vement malpropres. 29. La pâquerette. 30. La drave printannière, Draba verna L. est une crucifère. 31. Taraxacum Dens-Leonis L, le pissenlit. 32. Veronica thphytlos L., la véronique à trois lobes. 33. Equisetum arvense L., la prêle des champs. 298 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier M. Ihm avait des bottes trop étroites ; il alla chez le cordonnier 4) pour voir s’il ny avait pas moyen de corriger cela et nous le suivîmes pour tirer de cct homme quelques renseignements sur son village. Un barbier, il est vrai, eût mieux valu pour cela ; car notre homme, qui n’était pas du tout enclin à causer, se fai- sair arracher les réponses. Cependant nous extirpâmes que le pasteur avait un revenu d'environ 1000 avec une ftlle ; que les habitants, la plupart maçons et charpentiers travaillaient à Hohenheini et Suutgan. et qu'il y avait dans l'endroit aussi quelques tisserands. Nous vîmes chez lui un joli poêle Gaclid ; ces poêles sont très bon marclic (le sien ne coûtait que 5 fl.), assez propres, car on pourrait encore en embellir la forme et ils durent longtemps, err s il en saute un seul morceau, on peut le remettre en place. Us se fabri- quent à la poterie de Neuhausen. Cependant les bottes paraissaient raccommodées, nous prenon.s congé de cct homme ; mai.s â peine avions nous fait cent pas, que le mal revient de plus belle et que les douleurs recommencent. Qu'y a-t-Ü donc à faite ? Mon Dieu, il ne faut pas pourtant que les bottes nous feiiemient. Nous essayons de changer de bottes ; presque toutes les combinaisons se font, en vain ; que ce soir l'un ou l'auire, quelqu'uti doit en souffrir. Pendant que r-affairc csr en suspens, nous entamons un colloque très approfondi .sur 1 importance des botte.s dans le voyage a pied ; si seulement il y avait eu lù un artiste en chaussures pour utiliser notre théorie : en pure perte ; les bottes restèrent trop étroites aussi bien après qu'avanc ; bref nous finîmes par nous en aller et nous approchâmes du village de Nellingen. Il serait trop ennuyeux de raconter ici tous les chaxtge- menis succes.sifs de bois, prairie.s, champs, etc. ; mais ce qui est plus important, c'est que nous avions tou¬ jours en face les hauteurs de l’Alpe. l:lles nous olTraicnt distinctement leur superficie toute unie où sc distinguaient un petit nombre seulement de pointes plus élevées. Nellingen nVst pas si joliment bâtie que Ruid , il doit y avoir lâ environ 1.^0 habiiauis ; ils vivent de ragriculrure, rnajs il y a aussi dans le nombre Quelques arrisans. Fn avwiu du village, c’est tout champs cultivés, et route très ennuyeiisc. Par ci par là dans les fb-ssés fleurissaient Juncus glomernms et effu~ ; la Cardnminepratensis^^''. Nous soupirinn.s déjà pour ainsi dire à découvrir quelque point de vue. lorsqu’apparut tout d’un coup Denkendorf dans le aeux. l^a belle et verte vallée, le joli petit cours d’eau, la situation romantique du ch⬠teau, son ardtiteciure quelque peu ancienne et par de.ssu.s tout le désert que nous venions de traverser. tout contribuait à représenter le paysage pour nous comme tout â fait excellent. La plupart des couvents réunissent tous les traits d'une belle situation. Les moines ont bien renoncé à la société, mais non pas au monde, du moins ont-ils cherché toujours par la beauté de leur résidence h se dédommager des plaisirs qu'ils ont quittes. I.c couvent de DcrikcndorJ est .sur une petite hauteur et se compose de plusieurs bâtiments communiquant l’un avec l’autre et qui ne paraissent pas dater tous de la même période. Près du couvent se trouve un lac ariificicl dont Peau coule dans un bassin inférieur sirué au bas de la montagne ; la superstition catliolique leur a rendu en bien des raisons fc poisson necessaire ; il leur fallait avoir des viviers constanimcnc remplis, l/église du couvent u'a pas de beauté particu¬ lière ; on y trouve plusieurs tombes d'anciens prieurs dont les images sont assez mal sculptées j la plupart n'ont plus de nez •. les caracrères gothiques amour de leurs rombc.s ne peuvent se lire qu avec peine cl n'ont pas assez d'intérêt pour mériter cette peine. Nous visi¬ tâmes aussi l’endroit où se tiennent les collèges, les chambres des élèves ; c’étaient autrefois les cellules des moines. Nous demandâmes aussi des nouvelles d’un de nos camarades qui a jadis étudié à Denkendorf ; chacun recontuîira bien qu'il s’agit de N. De vrai, le temoigrtage â son égard ne fur pas très bon ; il avait joue bien trop de tours plaisants et sans une puissante protection il aurait etc souvent châtié. Nous venions de Stuttgart, nous avions vu tout ce qui vient d'être raconté, et cependant nou.s n’avion.s pas encore dîné Pensez l estomac était vide ; notre pre¬ mière affaire fut donc de nous hâter vers l’auberge : en route nous trouvâmes les apprêts d'une foire qui devait .se tenir le jour suivant ; elle est très peu consi¬ dérable, tour comme le village qui ctmiient â peine 180 habitant. À « I^mnv^^ » nous mangeâmes avec le plus grand appétit notre dîner, tandis que M. Jhm fai¬ sait venir l’un apres l'autre tous les cordonniers de l’endroit et sc mettait en relation avec eux au sujet de ses bottes ; enfin comme il pouvait à peine faire un pas, il sc résolut à aller â cheval et en loua un à un homme qui devait Fallcr quérir â Nürtingen. M. l'hAte de Lamni et Mme l'hôtesse de Lamm nous honorèrent de Itair haute présence, fis noui: entretin¬ rent entre autres choses de leur généalogie et nous apprîmes avec étonnement que l’hotesse était la sœur de notre grand profcs.seur MoU^^. Il vient quelquefois les voir et, de là, se rend dans les endroits avoisinants ; ainsi un jour à Kongen, Ü se fit pu.sser pour un notaire impérial d'Esslingen. Nous rîmes fort de cette fantai¬ sie, nous payâmes et nous partîmes. Il faut avouer que rhôrcsse voulait tirer profit de sa parente ; elle deman- 34. fl. ; florins . le Rheinische Gulden ou florin utilisé dans le Wurtemberg valait, après 1750, 2,5 livres françaises. 35. Juncus conglomeratus L . jonc employé pour faire des liens et J. effusus L., jonc épars. 36. La cardamine des prés. 37. Probablement le nom de rhôlellerie, Lamm (l’agneau). 38. Le professeur MoH enseignait la physique à TUniversité Caroline (Uhland 1969 :9). Uhland R. 1969. — Georges Cuvier, in Cuvier und Würtîemberg. Schwâhische Druckerei. Stuttgart. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 299 Taquet P. dait trois Fois plus cher que de raison. Au départ, le chemin de Denkendorl à Kongen n'est pas très beau ; il traverse une bruyère peu fertile ; çà et là fleurissaient quelques buissons de prunelliers (Prunus spirwsus). Nous trouvâmes aussi quelques petites carrières de grès jaune. Nous tnoniâmes de la sorte quelque temps ciKorc, lorsque tour d’un coup la plus somptueuse de toutes les perspectives s’ouvrit à nos yeux. Nous avions en effet traversé une partie des Fildern et m>üs traversâmes de nouveau la vallée du Ncckar. Les montagnes que le matin nous voyions dans le bleu lointain» s'étaient rapprochée.s : déjà on y distinguait ce qui était bois et champs cultivés. De vertes collines s'étalaient à leur pied et, devant cts col¬ lines, dans la vallée s’étiraient plus de vingt vÜlage.s sur les bords du Ncckar. A droite. Ncuilcn s'élevait fière¬ ment au-dessus de la surkice unie des montagnes voi¬ sines ; à gauche» au premier plan était le village de Kongen avec scs maisons blanches Un ciel magni¬ fique, le soleil complètement libre de nuages, emoel- lissaient encore le roui» Pleins de ravissement, nous restâmes immobiles en contemplation. |e ne peux pas mieux décrire la beauté de ccrtc perspective ; à Kongen nous prîmes du vinaigre avec de Ffau. C’esr là que je vis des anguillulc.s du vinaigre d’au moins 1”. Puis nous voulions voir également les restes du camp romain qui sc trouvait en cet endroit, dit-on ; ces restes se composent d«r plusieurs cellules quadrangu- laircs enterrees de trois pieds environ dans le sol ; leurs murs sont bâtis très solidement en petites pierres \ la manière romaine. Sur un ou deux côtés se trouvent quelques perircs niches voûtées qui sans doute ser¬ vaient de casiers ; quelques-unes de ces niches sont quadrangulaires et sont formées de quatre pierres taillées de biais, de telle sorte que le côté de derrière est beaucoup plus éuoir ejue le côté de devanr. Les cel¬ lules sont rangées en lignes droites, et le camp tout entier est dans le chamf? .sur la hauteur, de sorte qu'il commande toute la vallée. J'ai dessiné une cellule. Nous quittâmes le camp et descendîmes dans la val¬ lée ; cet endroit est très semblable à la contrée située entre Berg et (jabelberg ; nou.s traversâmci- le village important d'Obeam/mgen tn pass.uil par des champs jusque face à Oberboibingen où nous trouvâmes un moulin ; il avait trois roues ; toutes trois dans un seul courant d’eau étaient d’une forme pailiculière ; les planches sont (rès longues, mais les leviers très courts, de sorte que la force de l'eau gagne à la largeur des unes ce qu'elle perd à l'étroitesse des aiirres. Ln cer endroit on pas.se le Ncckar sur un batardeau de 140 pas de longueur tjui est si étroit et si faible qu’il oscille sous les pieds ; ceci conduit dans une belle et large prairie bordée de collines avec quelques parcelles de vignobles ; ce sont bien les dernières de ce côté. Nous suivons un sentier qui est assez parallèle au 39. Les marques d'honneur étaient les cicatrices que les étu¬ diants avaient sur le visage, le nez et les oreilles à la suite de duels au sabre. Neckai et nous arrivons .sur une petite éminence offrant encore une belle perspecti\’e. mais d'une beauté différente ; à gauche sc trouve maintenant Neuffen avec la scrit des montagnes qui .s’y raicachenr ; en cet instant elles sont toutes dorées sous le soleil couchant ; à dmite est la ville de Nürtingen, notre lieu de balte pour aujourdliui. Cela nous tait oublier à tou.s notre peine et nous nous bâtons d’y arriver. Nûreingen est une très jolie petite ville ; nous arrivons du côté de rhôpital qui est un bâtimenr important et qui fait fort bon elTet ; il y a au.ssi autour de la ville de belles avenues de tilleuls ; la porte est peinte de fresques avec goût ; les rues soni larges, droiie.s et bien pavées ; i! e.st seulement dommage qu elles soient si tncgaics. Apres avoir dépo.sé notre petit bagage à l'auberge, nous allâmes au bureau du grand bailli, où le jeune H, Bülfjnger avait déjà annoncé notre arrivée. Se trou¬ vaient 1,1 deux élèves de la faculté : le bon chevalier Uertinger qui sç pavanait avec le.s niarques d’hon¬ neur^’^ qu’il avait obtenues la veille et M. le comte de Coranini. Toute la maison nous accueillit avec beau¬ coup de civiliïé ; on nou.s conduisit dan.s le verger sur un bras du Ncckar et cn.suiie nou.s vi.siramcs Ic.s mou¬ lins qui sont sur le fleuve. Ils appartiennent tous à la ville qui en tire un revenu assez considérable ; un très long batardeau sur le Ncckar a besoin d’étte entretenu consLammem pour Iciu procaiei Peau qui est néces¬ saire. Le moulin à farine sc distingue entre autres par son caractère nouveau et sa dimension • il a liuii meules, toutes dans un excellent état ; cependant ce remarquable ouvrage n'avait presque pus fbnerionne depuis irois mois à cau.se de la rude concurrence des autres moulins, l^e pauvre meunier sc plaignait fort, car il faut qu'il donne aus.si ii la ville un lermugc de rrenre-cinq siniris'*** de grain par semaine. 11 y a aussi un moulin a sciei le marbre qui allège fort ce rude labeur : il con.si.sce en une scie qui c.st maintenue vlan.s un mouvement horizontal con.stant au moyen d'une mue à dents Un mécanicien connu chez nous, Michel, a construit ce moulin. A notre retour, M. le grand bailli nous entretint de riiôpiial impcri.ll de NUrtingcn ; Ü esc .soumis à la lurldictlon vvurtembergeoise^ mais c’est un Fief immé¬ diat de remplrc, L’admiiiLstraiion en appaniciu aux magistrats de Nürtingeii sous la présideneç du grand bailli. En ce qui concerne les aliaires ordinaires, ils n'ont 3 rendre compte absolument à personne ; mais quand ils veulent se procurer des avantages, par exemple des augmentations de traitemciu, il faut que le conseil privé du duché en prenne connaijksaricc et en juge. Chaque année Ü passe par les mains des adminis¬ trateurs environ 60 000 fl. sans les avantages en nature : et ils- bénéficient outre cela de tous les droits considérables de l’hupital, avec par exemple, 40. Simri : mesure de capacité usitée aans le Würiemoerg, et valant 22,61 litres. 300 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier Fig. 5. — La promenade sur le Teckberg. En citation : ... altos venîum in montes atque invia lustra [... on parvint à de hautes mon¬ tagnes et à des escarpements inaccessibles] {Virgile, Énéide, livre IV, vers 151). Dessin au crayon de Georges Cuvier (180 x 110 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 301 Taquet P. rexercice du patronage sur plusieurs villages. Une fondation de cette richesse est excessivement utile aux pauvres de la contrée ; clic leur dispense des secours de toute espèce. Si le désordre se mettait dans les finances de la ville, rhôpiral pourrait aussi y sup¬ pléer un peu de ses revenus. A la maison, Dertinger, l'éternel musicien avait monté un concert ; quelques violons, une flûte et un clavier en faisaient le fond : Mme la conseillère aulique chan¬ ta ; assurément clic n'est plu.s toute jeune ; sa voix non plus. Un bon souper fut la conclusion de tout. Toute la maison nous accompagna à notre hôtel et mainte¬ nant je puis dire, i! y eut un matim il y eut un soir, ce fut le premier jour. Le second iour de notre voyage était destiné à la visite du Teckberg. Mme U conseillère aulique avait aussi depuis longtcmp.s le projet d’y faire une promenade avec Sa Grâce, Mlle de Bernardin ; clic voulut donc profiter de Toccasiun et y aller avec nous. On annonça la nouvelle la veille aassl bien à Sa Grâce qu'au bailli de Dettingcn, village en contre-bas de la montagne, et tout fut préparé pour l’excursion. Avant le départ cependant, nous voulûmes voir quelques curiosités de Nürtingen. On nous conduisit dans le jardin de l’intendant de l’hôpital situé sur une éminence à peu rès à un quart de lieuc-de la ville et d’oü il y a la plus elle de routes les vues, Rnsuifc nous visitâmes l’hôpi¬ tal ; ce bâtiment est très considérable, tout neuf, et peint de fresques du plus bel effet ; il ne sert pas comme la plupart des hôpitaux â l'habitation des pauvres, mais seulement aux assemblées des adminis¬ trateurs, assemblées auxquelles une très grande salle est destinée ; il sert aussi à la levée des impôts en nature ci à l’habitation des fonctionnaires et employés. La cave est très profonde, creusée dans le roc, et elle contient quelques tonnes qui sont très grandes ; l'une d’cHc avait quarto7.c picas de diamètre et contenait quatre- vingt dix seaux. On nous fit goûter aussi un fort bon vin et Ton nous montra une bibliothèque commencée depuis quelque temps par le maître de l’hôpital pour la commodité de l’administration. Elle est installée de façon prarique et renferme majoritairement des livres d’histoire et d’économie. On nous avait vanté le cabinet de rapothicaire Clcmms ; nous voulion.s donc ne pas quitter Nürtingen sans l’avoir visité. Mais cette collection ne méritait pas tous les éloges qu’on lui .avait donnés ; il y a dans le nombre quelques jolies pièces, mais tout est très incomplet. La figure môme du propriétaire de la collection est peut-être ce qu’il y a de plus remar¬ quable. Qu’on se représente un petit bout d’hommt 41. Cuvier a sans doute lu dans Y Histoire naturelle de Buffon au chapitre Variétés dans t'espâce humaine : ■« On trouve en Laponie et sur les côtes septeninonales de la Tartarie une race d'hommes de petite stature, d'une tigure t>izarre, dont la physio¬ nomie est aussi sauvage que les mœurs. Ces hommes qui paraissent avoii dégénéiê de l'espèce humaine, ne laissent pas que d'être assez nombreux et d'occuper de vastes contrées ; les lapons danois, suédois, moscovites... » de quatre pieds environ dont la tète est excessivement grosse et surmontée en plus d'une perruque démesu¬ rée, et l’on aura le portrait de rapothicaire Clemms à peu près dans la tétc. Malgré .sa stature de Lapon"*', ce monsieur Ku excessivement poli pour nous et il fit preuve Je beaucoup d'esprit dans ses discours et mon¬ tra de multiples connaissances. Cependant Leurs Grâces étaient arrivées au grand baillagc dans leur voiture, ci on avait prépare un repas UC l'on a coutiimc, à cause de sa nature amphibie'*'', e nommer dqeurter Chacun devait en conséquence se rendre comme il le pourrait, au lieu du rcndev^vüus commun, Dettingcn ; les dames dans une chaise, quelques messieurs â cheval et nous les quatre pèlerins, à pied ; mais une destinée fort cruelle nous aciendaii. M. le profcs.seur dt Marschall que sa bravoure n'avait jamais abandonné même dans le voyage à pied s'eralt, pendant le repas, laissé aller à routes sortes de propos et entre autres choses, il avait parie avec les dames que nous arriverions à pied â Dettingcn plus tôt qu elles avec leur voiture. Comme quatre démons nous franchîmes numi, vallée, prairie, bois sous la conduite d’un (laysan de Nürringen ; mais que le lecteur me di.spense de la peine de décrire notre route ; je n'ai rien vu, nen senti, à peine même mes pieds, mais ce que je sais c'est que nous nous trouvâmes au grand baillage du village de Dettingcn, Schlos-sberg, huit minutes plu.s tôt que la voiture, â notre très grand étonnement aussi bien qu’à |:i surprise extrême de Sa Grâce et de Mme la conseil¬ lère aulique. Là donc se trouvait, comme il nous l’avait promis, notte grand conseiller Duttcnholcr^'*. qui est neveu du bailli ci qui .sc préparait avec ses deux cousines, filles du bailli, à gravir la montagne avec nous. Quelques instancs aprè.s arrivèrent encore trois c.avaliers. M. le con.vcililcr de commerce Klôckler de Kircheim duquel il ne tardera pas à être question, l'élève de la faculté Knisd et son Irère ; ils résolurent d'être aussi de la partie L’on voit de tout cela que la socicré n'érait pa.s petite : la quantité des personnes, la voiture, les chevaux en assez grand nombre, tout donnait à l’affaire un aspect solennel, et comme justement le duc"*^ était à Kircheim, les paysans des cnvlroas crurent en consé¬ quence que celui-ci allait faire une visite à la mon¬ tagne. Nous nous mîmes à grimper comme nous pouvions (Figs 5, II), ec ici je dois sincèrement et en présence de tous, rendre hommage à la plus .solide et la plus alerte de routes les jeune.s personnes, Mlle Louise Gletcin, fille de M. le bailli de Detrlngen ; un tribut 42. À double usage. 43. En français dans le texte de Cuvier. 44. Mag., sans doute magistrat. 45. Le duc de Wurtemberg. 302 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier de louanges lui esc dû, je le rends. La politesse française m*avaii engagé à offrir mon bras et je me flattais d’être le guide juqu’au Lecltberg d^unc si jolie demoiselle... Faible jeune homme ! C esr elle qui rny a fait monter. De fait, pas un homme n'eût peut-être mis plus de Icgcreré et de force A faire face à toutes les occurrences possibles que ne le firent cette noble dame et sa sœur ; er cela sam qu’il se manifestât ni dans leurs traits ni dans leur tenue la moindre trace d'une impression fâcheuse. Que cela vous donne à réfléchir, jeunes demoiselles de nos villcs^^ ! Nous gravimes dont la montagne * j’espère que de tour mon bavardage précédent on aura tiré cette conclusion : le l eckberg est 1 un des points extrêmes de l Alpe ; son pied s enracine dans plusieurs collines assises l’une sur l'autre et ne porte que du gazon ; et il est vrai un assez pitoyable gazon, pour autant que je puisse en juger alors : la belle GaUtana irerriUy très fré¬ quente y llcuri.ssait, alors que celle-ci pousse en géné¬ ral au pied de route la chaîne des Alpes. Ln qudques endroits le sol devenait très matéeugeux. Quand on a franchi toutes ces collines on arrive sur la montagne propretnenr dire qui les domine toutes ; la pente devient très raide et elle est toute revelue d’un épais taillis. Nous suivions un petit sonner tout en étant souffletés fréquemment par les branchages ; mais nous supportions tout et nous arrivâmes sur la pointe chauve du Teck... avant la voiture et les dames. C'était donc la seconde fois que nous faisions nos preuves dans l’exercice de la course. Sur le sommet de IsL momagne où il y a encore quelques restes des anciennes murailles du chàreau, on jouit de la plus vaste des perspectives. C’était bien l’endroit le plus commode UC toute la contrée pour y bâtir un nid de brigands ; car les ducs de Teck, malgré leur beau litre, ne valaient pas beaucoup mieux que le commun des gen- tilhommes. Leur ancêtre, Berrhold de Zehringen ponait. comme tout le monde le saie, le titre ducal, tant pour le duché de Souabe qu'il ne posséda jamais que pour le duché de Carinthic qu’il ne garda pas longtemps, et il trans¬ mit ce titre à la ligne de ses descendants qui habitait Teck ; de la meme manière, il ti'ansmit â une autre ligne le titre de margrave qui lui avait été apporté par le margraviat de Vérone lequel fut quelque temps entre ses mains. Je ne veux pas disputer leur titre aux ducs de Tcck ; mais ce qui est certain c^est que leur résidence devait être très nclie, mais aussi très froide ; Il règne là-haut un vent qui, bien que devant paraître une chose fort habituelle à des gens arrivant tout juste de la vallée du Neckar, ne se pouvait comparer à celui dont nous parlerons ultérieurement. 46. Cuvier enverra depuis Montbéliard au cours de l’été 1788, un dessin à Louise Gleltin car dans une lettre à Pfaff (Pfaff 1858: 50), Il éorlî â son ami : « Mademoiselle Louise Qlettin. à Dettingen, la plus robuste des femmes, a-t-elle reçu le dessin qui lui était destiné ? Tu pourras Note inlrapaginale : nous ne voulions pas quiiter Teck sans avoir vu le fameux trou de ta Sybille. Des gens pensent que c'est une rssue secrète que les ducs s'étaient ménagé pour, dans les cas urgents, sortir de leur fort- Je n'ai pas été dedans, je ne puis donc en dire grand-chose ; mais I entrée est trop sau¬ vage et ressemble trop aux entrées de toutes les cavités natu¬ relles pou' que cette iradition ad lieu de rne paraître vraisemblable. Elle est tournée, cette cavité vers la petite ville d'Owen qui esi siiuèe au pied de la montagne et qui était le chef lieu du domaine de Teck. S'y trouvent encore les tombeaux des ducs de Teck, ainsi que leur arbre généalogique. A la maison une belle collation avait été préparée par Mme la bailÜve^ et afin que nous perdissions complè¬ tement tour ce que nous avions de forces, nous dûmes encore danser. De la sorte nous oubliâmes presque entièrement le but de notre voyage et, de l’érat de naturalistes, nous énon.v passés à celui de purs petits maîtres, lorsque M. KIdckler, lequel avait jusque-là donne peu de signes de vie, s’approcha de mon oreille cr me dît tout bas que nous lui avions etc recomman¬ dés dans une lettre par M. le consçillei d'expcdicion Wci.sscr à Stuttgart et que c’était pour cela qu'il clult venu nous chercher pour nous conduire u sa tourbière. Son zè|e était si grand qu il me proposa de I y suivre sur le champ ; à peine voulut-il prêfrr l’orfille à mes objections : que nous crions fort las, et que par ailleurs ce ne serait pas un grand témoignage de politesse de quitter les dames si vite. C'est un nonnêce Souabe tout pur, de bonne semence et de bon grain, et il est aussi étrungei a la fatigue qu'à la politesse : toutefois, il me dit du ton le plus honnête : n Qu il en soit comme vous voudrez ; comme bon vous semblera « ; et c’est ainsi que furent pat la suite scs réponses à toutes nos demandes. Pendant la danse cependant il ne voulut pas perdre tour à faîr son temps. « Venez, dic-ü, en me prenanr p.ar le bras : je veux vous montrer quelque chose. » Nous descendons dans le jardin oü il y avait une espèce de ruche réellement peu commune. Elle est garnie de planches qui laissent aux abeilles des ouver¬ tures uniquement pour l'entrée et la sortie. Il y a der¬ rière la ruche un passage qui peut sc fermer. Cette disposition n'est pas sans utilité, car le miel est moins chauffé pai le soicÜ et ne peut fondre ; et ceci rend moins facile faction des voleurs^^. Après que nous eûmes pris conge de route la société nous allâmes avec notre conseiller en commerce, dans la fraîcheur du soir, jusqu'à Kircheim où nous arrivâmes à la nuit close. Là, il nous mena chez son beau-frère le jeune M. le docteur Osiander. Celui-ci possède un joli cabinet d’histoire naturelle qu’il nous fit voir avec fobligeance la plus extrême. Cette collection se compose en majeure partie de coquillages et de minéraux. Nous y le savoir près du magister Duttenhofer *». 47. Sur cette page, à la plume deux ébauches de dessins d’oiseaux faites par Cuvier. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2} 303 Taquet P. remarquâmes particuJtêrcment une rrès grande corne d’Ammoji p^rrifiee en jaspe et plusieurs (fchanrillons des ardoises de Mannsfeld. Mais, à mon avis, ce qu'il y J de plus précieux, dans ia collection, c'esi la réunion, faite par M. le docteur lui-même, d'embryons à presque cous les stades de la grossesse ; on y distingue d’une fort belle façon les dilîérents degrés de croissan¬ ce du corps humain. Il y a aussi dans le nombre plu¬ sieurs fœtus monstrueux- Il nous fit voir aussi une pièce curieuse, c'est le crâne d'un homme qui s'était pendu à cause de douleurs de tête consraniea et incurables. On voit clairement la cause de cela et la complète impossibilité de la guéri¬ son ; il s’était formé une petite excroissance osseuse pointue longue d à peine une lignc^^ et cette excrois¬ sance appuyait sur une ancre de sorte üu’à chaque pulsation il se produisait nécesÿairement les douleurî les plus affreuses. M. le docteur Osiander possède aussi une jolie collec¬ tion en plâue de bas-relief; d’après l’antique, mor* ceaux qui doivent tous provenir du musée de Cl.assel et dont l’examen nous a fait beaucoup de plaisir. KlôckJer nous força à prendre nos qu.inier.s chez lui cm nous permit, au moyen d’un bon souper et de bon.s lits, de renouveler nos forces. Mais dès six heures, il nous éveilla pour que nous fissions nos apprêts de marche vers sa tourbière tant vantée. Nous quirrâmes donc Kircheim sans même l’avoir vu. Le soleil était couché lors de notre arrivée et il ne paraissait pas encore lorsque nous pariirnes. Mais Klocklcr nous raconta en chemin beaucoup de choses : par exemple, il nous parla des chapeaux qui, ici, sont très bien fabriques ; dus quatorze moulins que la Laurer fait marciier : de la iabrique considérable de mouchoirs et de ci*avate^, laquelle a été Ibndée par je marchand Kolb, etc,, etc. Ce serait bien ici le niorncnl de décrire le lever du sc»lril et, suivTinr l'exemple de beaucoup de voyageurs, de réassembler à partir des poètes anciens et modernes toutes les descriptions per¬ tinentes ou non pour composer un rablcau de ce que chacun peut voir iui-meme sans avoir à sortir de cnez lui. Mais il y a pour mol un obstacle qui s'oppose à ce dessein, c est que nous n’avons pas vu le soleil de la journée er moins encore â son lever, puisque le ciel était couvert de nuages sombres ; de sorte que si j’en parlais ici chacun de mes compagnons de voyage me taxerait de menreur le plus effronté. La route qui va de Kircheim à la Tourbière de KJôckler passe par les villages de Nabern, Bissingen et Ochsenwangen ; la tourbière esc entre cc dernier village et Schopfloch, c’est-â-dirc sur le versant le plus abrupt de TAlpc. Entre Kircheim et Bissingen, le terrain est très uni ; les champs de cette région produisent le 48. Douzième partie d un pouce. 49. Pleins • toujours exploités dans les célèbres carrières Hauff d'Holzmaden qui livrent une faune splendide du Lias {Jurassique inférieur). meilleur froment tn rarpcni sc paie jusqu'à 400 fl. Leurs terres sont pleines de pcritc.s pierres provenant sans doute des calcaires voisins du Teck er de Breirenstein. Le déjeuner eut lieu à Bissingen : les petits pains blancs de cet endroit sont particulière¬ ment bons ; ils se font dans des plats et sont pétris d’une iaçon particulière, Em cc lieu habite un homme qui travaille le marbre ; il n’a pas à aller loin pour quérir les matériaux ; le.s mon¬ tagnes d'alentour ne contiennent presque pas d'autre pierre. En général, la majeure partie de l'Àlpe en esc composée et si cela était c.sploiié en grand, cela pour¬ rait devenir pour le Wurtemberg un nouveau maté¬ riau pour le commerce. Nous vîmes chez cet homme les plus belles sortes de marbre, et il y a plusieurs personnes à Stuttgart aussi bien que dans ]e.s autres villes qui possèdent des aïllecriôns complètes d^Ahan- lillons paririi lesqiiels règne la plus grande diversité. On peut encore mieux s'en convaincre en conskléranc la salle de marbre er les autres travaux en marbre au palais ducal de Sturrgart : car tout a été tiré du pays même. Du bol à polir, on en trouve sur le Teck, il n’y .1 cpic la pierre de Bim.scn qu'on .soit obligé de faire venir. Il avait au.ssi une espèce d ardoise qu’alenluur on nomme Elein*-'*’' ci qui sert au mvciemcur des sois* ; la couleur en e.st grise et elle lait médiocrement efferves¬ cence avec les acides ; on l'exploite à Ohrnden. Zell, Hanenhofen, du baillage de Kircheim. Il doit faire venir Ealbâtrc de Rothenberg ; on sait que par là les minéralogistes allemands entendent une .■jorte de pierre de gypse qui reçoit aussi k poli quoi- qu’à un degré moindre que le marbre. Cette dénomi¬ nation n'est pas acceptée par les Erançait: qui eux conscAcnt le nom d alalviMi'om à une sorte de marbre fin à laquelle elle appartient de louie ancienneté, et ils nomment la pierre dnre de gypse alabcstrit'’*^. C’est une chose qu'il faut bien noter, parce que VogcL dans son système de minéralogie, est de l’opinion erronée que les noms d’alabastcr et d'alabcsrrir dé.signenr .sim¬ plement deux degrés différents de dureté. 11 n'y a là cependant qu'une dispute dt noms, c’est pourquoi nous ne devons pas nous y arrête!. Avanc Bissingen, on arrive à ce qu'on nomme le Breitcnscein ; c’esr une h.iurcur qui apparcient à l'/Mpe et qui est toute plaît au sommet et c'csi deccMte conri- guration qu'elle a tiré son nom. C'c.st la raison pour laquelle il y a un gradin qui conduit à l'Alpe. Sur ce gradin nous trouvâmes en llcurs les plantes suivanic.s : PnmuliX vem elutîor, Gentjam verna. Pam ^ x folia, Vincit mtnor, Orobm ^fernus^ Pulmonaria ojficinalis, Helleborus foetiduSi Actea spicata, Phyteuma spkata^^. Dans les pierres on voit quantité de cornes d’Ammon, 50- Alabastrite. 51. La primevère-, la gentiane. Paris quadnfoHa ; ia parisette, la pervenche, l’orobe printanier, la pulmonaire, l’hellébore, l'actée, la raiponce. 304 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier Fig. 6. — Le tricoteur de bas à Mùnsingen (?). En citation : Hic irresectum saeva dente livido, Canidia rodens pollicem . Ouid dixit ? aut quid tacuit ? [Alçrs, furieuse, Canidie, rongeant de sa dent bleuâtre son pouce qu’elle ne coupait pas, qu’a-t-elle dit ? Ou qu’a-1- elle tu ?] (Horace, Épode V. vers 47-49). Canidie désigne une parfumeuse napolitaine (Gratidie dans la réalité) sombre magicienne. Dessin au crayon de Georges Cuvier (170 x 120 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France. GEODIVERSITAS • Î998 • 20(2) 305 Taquet P. des plus grandes et des plus belles. À ceiie occasioti il faut aussi que je relève une erreur commise par un grand nombre, entre aulres par un écrivain devenu très célèbre depuis quelques années : M. Bernardin de Saint-Pierre, l'auteur des Études de Nature. Les petites pierres de silex qu’on trouve parcout dans les lits de craie, il les explique comme une cristallisai ion des corps des anirnaux dont les coquilles ont formé la craie**-. îl est vrai que dam tous les coquillages pétri¬ fiés qui se trouvent encore entiers sont attaches de petits cristaux aux parois intérieures : mais pour que ropinion de M. de Saint Pierre fût exacte, il faudrait que ces cristaux fussent de nature siliceuse et l’on trouve le contraire. Dans rom ceux que j'ai examinés, noniménicnr dans les cornes d'Ammon du Breitenstein. il y a un simple spath calcaire qui hiir bien effer\‘esccnce avec les acides et ces cristaux atironi été formés vraiscmblüblt-mcnt par les rraecs d’humidité traversant la coquille. En un endroit, i! y avait aussi quantité d'un ocre de fer très rouge tombé d'une cre¬ vasse de la montagne. Enfin, après une longue montée nous arrivâmes au sommet de la montagne où tout redevenait plat. C’était bien l Alpe et la vraie^^. Le cli¬ mat change du tout au tout ; on se croit îiansporté au moins en Suède : les ;irbrcs, qui dans la vallée du Neckar commençaient en partie à fleurir, avaient ici à peine ouvert leurs boutons, et de toutes les herbes, aucune n’était en fleur, si cc n'est le très précoce Ornitbagalum luteuni^^. Ce qui, au premier coup d’œil, paraissait le plus misérable, c’était l’étonnante quantité de pierres de craie blanche qui jonchaient les champs ^ certaines de ces pierres ont un pied de lon¬ gueur cc la moitié au moins de !a surface de la terre en est couverte. Cependant, je crois que c’est malgré lotir un bienfait pour ce pauvre pay.s ; si ce.s pierres blanches ne renvoyaient f>as les rayons du soleil et avec eux la chaleur, ( avoine même ne pourrait pas y arriver à maturité. Le vent froid nous fori^ait à nous protéger les oreilles. Le premier village que nous rencontrâmes est Ochsenwangen, un lieu avec un bureau d'enregis¬ trement. Lin peu plus loin, on voit au milieu du pla¬ teau muntagneiix une vyllée profofide ou s’élève dans un isolement complet le mont Nellinger ; il a une forme conique et il nous semble avoir été autrefois un volcan ; si le temps de notre voyage n’avait pas été si court, nous l’aurions bien examiné de plus près : mais M. le Professeur -Storr à Lübingen nous a assurés depuis qu'U est bien possible qu’il n'y ait pas eu de volcans sur l’AJpe et que dans 5C.s voyages il n'en a jamais rencontré trace. A un quart de lieue au-delà d'CVbsenwaugen se trou¬ ve la tourbière ; elle est particulièrement remarquable parce que M. le conseiller de commerce Klôcklcr a 52. Bernardin de Saint-Pierre H. J. 1792. — Études de la Nature. Tome 1. Étude quatnème. Didot jeune. Paris : 316-318. 53. En fait, Cuvier écrit seulement « undzwardie aechte ». inventé un moyen de carboniser la tourbe dans des charbonnières ordinaires comme pour le bois, donc à moindre frais qu'avec la manière habituelle dans les fours. Le district où l'on trouve la tourbe esi an peu déprimé et occupe une surface de quarante-cinq à quarante-buir arpents wurrembergeois. La tradition populaire veut que jadis une ville ait été engloutir en ctî endroit. La première couche, de deux pieds de pro¬ fondeur, contient de la tourbe qui peur .se brûler pour les u.sagcs ordinaires ; mais on ne carbonise que la rourbe de ta seconde couche parce qu elle est bien plus pesante et plus noire, et conrient donc plus de lioiiilic ; ccuc couche a six pieds de profondeur. Sous cetre dernière cxisie une troisième couche qui a trois pieds de profondeur et dont I aspect ne parait pas dif¬ férer du foin numillé ; un distingue presque botani- epicmenr le-S herbe.s dont elle se compose et des chevaux en ont même mangé, ainsi que M. Klockler nous le raconta. Dans les trois couches se trouve une grande quantité de r.îcincs d’atbies mais de racines qui SC coupent à la pelle aussi facilement que du beurre, quoique leur forme et leur couleur leur soient demeu¬ rées. La rourbe est un peu ferrugineuse, mais elle ne conrient que des traces de .soufre ; elle e5t donc de la meilleure espèce. Avec raide des bcchcs représcmcc.s - fig.'^^ - elle est coupée en morceaux régulièrement parallèles de 13” de longueur, 5 1/2" de largeur er 3 l/I" d’épaisseur. Quant elle e.sr séchée les morceaux n om que 1 L\ 4”, et 2 1/2 ”. Mille de ces morceaux coûlem à la fosse même 1 fl.40 et a KiRbeini 2 fl .40. Les meules à charbon .sont couvertes d'un éceignoir, c esi-à-dire qu elles sont bouchées avec le déchet des carbonisations antérieures ou. pour parler propre¬ ment, de cendre et de tourbe ; pour le reste, elles se construisent et s allument absolument comme celles du charbonnage du bois. Une pleine voiture pour la combustion ne coûte que 30 fl. de frais. Cette tour¬ bière occupe parfois jusqu'à vingt rravaüleurç. Les talents de M. Kfockler pour ces tourbières lui ont valu du duc le titre de conseiller de commerce. Après qu'il nous eût tout fait voir avec .sa « bonho¬ mie « habituelle, nous remarquâmes qu'il était temps de poursuivre notre chemin. Bien, comme vous vou¬ lez. •» Nous le remerciâmes pour son bon accueil et nous nous finies conduire à Borbingen par un de ses rravaillcurs. Le chemin passe par le village de Schoploch, dans une plaine inculte. Tout y était conmic dans l’hiver le plus triste : des bois sans aucun feuillage ; sur l'Aine à cause du manque de sable il y a très peu de bois à aiguilles'’'^ ; des champs pleins de pierres, et ça et là, encore de petits monticules de neige. À cette hauteur 54. L'ornithogale. 55. La figure n’est pas dans le manuscrit. 56. Peu de conifères. 306 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier Vm4 ^•;i/t . 1;» Fig. 7. — L’épouvantable coup de vent dans la prairie de Frohnthal. En citatipn : Hic... Luctantes ventes tempestatesque sonoras Imperio premit... [Ici... Aux vents en lutte et aux tempêtes retentissantes II - Éole - impose son pouvoir...] (Virgile, Enéide, livre I, vers 53-54). Junon demande à Éole de déchaîner la tempête contre les Troyens. « Ici » : dans l’antre d’Éole. Dessin au crayon de Georges Cuvier (140 x 110 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France. GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) 307 Taquet P. il n’y a pas un seul arbre fruitier ; les villages paraissent aussi dans une profonde misère ; partout des toits de chaume hideux ; des habitants en haillons ; tout contribue à rcprcscrucr celte contrée comme la plus misérable du duché. Auprès du triste état de h montagne, la belle vallée de Guttemberg'’^, qui est derrière Schopfloch, Htii un contraste des plus surprenants. Elle n est pas lai^e ci, de trois céités, des rochers presque à pic Pcnvironiieni- En haut, dans les rochei's, c’éiaii parmut Thiver ; en bas dans la vallée, c’était le plus agréable des prin¬ temps ; dans la vallée, ce n'est que gazon et ce gazon était alors du vert le plus frais, a dans sa plus grande partie couvert d'arhres en Heurs. Le joli petit cours d'eau de la Laurcry décrit toutes sortes de méandres, et fait tourner un moulin dès sa source, Au milieu de la vallée se situe le village de Guttemberg qui n‘a pas de champs labourables, mais dont les prairies valent I 600 fl. Parpent et les vergers 2 000 Autant la vallée est agréable, autant sont terribles ces murailles rocheuses verticales qui l’entourent ; murailles toutes nues et d'une hauteur étonnante. Je crois que cette vallée est"^’^... II manque le feuillet 12. c’est à dire un recto et un verso. La figure 6 (le tricoteur de bas de Münsingen) correspond à ce feuillet manquant. ...hors de la chambre ; mais en montant elle ren¬ contre une autre femme qui venait aussi chercher son mari. Alors la bacchanale recommença de plus belle et les maris furent forcés de céder aux clameurs réunies des deux : ils sVn allèrent. On rejette la faute de toutes ces dissensions dttmcstiqucs sur Pcspni de piétisme qui a été inspire aux femmes de Penaroit d'une façon inintelligente par le pasteur en place. Le 24 avril On déjeuna de très bonne heure de la manière rappor¬ tée ci-dessus, et nous quittâmes Münsinçen pour gagner Gravcncck'-'^. Tout contre la ville s étendent des champs qu’il nous fallut traverser et, à mon cha¬ grin extrême, ce fut assez long. Ce qui causait ma peine c’était le vent de PAlpe qu'icj, pour la première fois, je sentis dans mute sa force. Les oreilles et le nez en souffrirent excessivement cc I on peut être a.s.surc que c’est bien la plus grande incommodité qui soit particulière à cette région. Cc vent était si fi>rt que je pouvais â peine respirer ; mes compagnons de voyage 57. Aujourd'hui Gutenberg. 58. La mesure des surfaces est donnée en « morgen », unité en vigueur dans le Wurtemberg. 59. Lackne : Cuvier peut vouloir dire avec ce mot, vernie, chan¬ ceuse. qui, probablement, n’étaient pas plus à leur aise que moi, rirent néanmoins beaucoup de la façon dont je me protégeais du froid et trouvèrent que j'étais bien tendre ; .sans doute faisais-je aussi une figure un peu ridicule ; j’avais peur, à vrai dire, de laisser la largeur d’un pouce de rna peau exposée à la rigueur de I air. Aux champs succéda un joli faillis qui alors était encore dépouillé de se.s feuilles, mats qui dans Pété et fiarriculièrcment dans le temp.s assez bref où le vent est absent, doit être très agréanle. Le duc y venait très .souvent lorsqu’il habitait Graveneck, soit simplement pour la promenade ou bien lorsqu'il s y faisait donner In collation, i.â flcurissniettr ; Hellehnru> foetidus, Gentianu verna-, Asaritm eurofieum, PoitndHa t'frud et Ramomdus htdbosu^'K Ce dernier, à cause de la froi¬ dure était resté excessivement petit. Au bout de ce bois se trouve Graveneck, vieux château de chasse que Son Altesse le duc actuel a fort agrandi et pour ainsi dire refait tout à neuF'^. Le bâtiment principal a été augmenté* d'un «« corp.s de logis 0 et il y a encore prè.s de vitigr pavillons en enfilade qui y ont etc ajoures ; ils ne sont séparés que par des portes grillcos ci servent au logement de la cour, l.’un d’eux contient la salle de spectacle ; il y a là un joli théâtre où durant tout le séjour du duc, c'est-à-dire environ six semaines par an (car cette contrée n’est pas habitable plus longtemps), on jouait la comédie en français. La salle elle-mcme est petite et était destinée simplement à la cour. La situation de Graveneck n'est rien moins qu’agrcablc, quoique sur une montagne qui, soit dit en passant, a dii être terrassée au prix de frais horri- Piques ; il n’a vue que sur doux vailées ermites et Pair est si rude que, asmme il a été dit plus haut, il n’est habitable que six semaines dans Pan née. On nous montre tout l’intérieur ; l’appartement prin¬ cipal, qui est dans le château neuf, a un beau salon et, de Pun et de l'autre côtés, plusieurs pièces fort bien meublées ; mais les autres charniires .sont petites., dis¬ tribuées et garnies avec une parcimonie presque ridi¬ cule. L)epuis bien des années ce cliâtcau est abandonné et Pon a même remarqué que le duc, quant il est venu \isitcr Ces atnirces, n’a jamais demande à le revoir. Au pied du château se trouve une vallée d’un très bel aspect pour celui qui la contemple d’une chambre bien chauffée. Lc.s deux collines, qui en font croi-s, sont tapissées çà et là de petits groupes de sapins très pifto- 60. Aujourd'hui Grafeneck. 61. L’hellébore, la gentiane, l’asaret, la potentille et la renon¬ cule. 62. Sur cette page se trouve l’ébauche à la plume d’un cheval vu de trois quarts arrière. 308 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Fig. 8. — Trois cavaliers et leurs chevaux. En citation : Ouadruped. Peut-être dessinés par Cuvier lors du passage au haras de Marbach. Dessin au crayon de Georges Cuvier (140 x 110 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France. GEODIVERSiTAS • 1998 • 20(2) Taquet P. resques. Au milieu coule un joli ruisseau qui sc nomme aussi la l^uter, c;^uoiqu’il .soit très différent de celui qui passe près de Kircheim ci dans la vallée de Guttemberg. Sur les montagnes plus élevées qui cou¬ ronnent les collines. W y a des bouquets de bois majes¬ tueux ; tout cela fait un fon: beau paysage où la nature agreste et l an s équilibrent dans de justes proportions, mais, imprudents voyageurs, ne vous laissez pas séduire par l’apparence. Dans cotte si belle vallée règne le plus détestable de tous les vents que j'ai jamais sentis ; dans la caverne d'ÉoIe iî est impo.ssible que ce soit pis (Fig. 7). La vallée doit faire à peu près l’effet d’un cornet acoustique, et les collines doivent repous¬ ser tous ces vents oui souftlcnr sur elles de telle façon qu’ils sont portés dans une seule et même direction ; car je doute fort que corijurés, les trente-deux vents de l’horizon fussent d'une plus âpre furie que le vent unique qui a élu domicile dans (a prairie de la vallée de Frohn. Au bout des prairies de la vallée de Frohn se trouve le haras de Marbach, comme si Ton avait voulu, comme aurrefoLs le faisaient les poètes des fables ibères, engen¬ drer les chevaux par le vent. Le fait est que l’endroit serait le mieux choisi pour cela. Pour parler sans plai¬ santerie, je considère comme un des principaux avan¬ tages de l’élève des chevaux >vurtembergeots, qu’on ait place les haras pour la plupan dans les régions froides de FAIpe ; car bien que les bonnes races de chevaux proviennent aussi de pays chauds, comme l'Espagne, la Barbarie, l'Arabie, néanmoins la vraie patrie ou che¬ val est la grande Tatarie ainsi que les pays dont les cli¬ mats sont semblables à celui d’ici, et il doit aussi y croître et s’y multiplier le mieux. Je ne puis pas non plus laisser ce sujet sans louer raneofion particulière dont on peut se faire gloire dans le Wunemberg pour cette branche de* l’élève des bestiaux. Ce soin a dejè produit les meilleurs effets ; maintenant l’agriculrure a des animaux de forces convenables ; par là aussi on se procure aisément des chevaux de selle et d'attelage, et l’on peut encore ouvrir au commerce de nouvelles perspectives. A la cétc du haras de Maihach est un res¬ pectable vieillard, le vieux M. Hartmann, père du conseiller d expédition R. de Stuttgart. Vu son grand âge, son second fils, qui a aussi la surveillance du haras, a Fceil sur presque toutes les affaires. On nous fit voir les étalons ; dans le nombre il y en a de très beaux (Fig. 8). Les paysan.s sont tous obIigé.s de faire couvrir ici leurs juments, moyennant une somme tour à fait minime, et de la sorte la race du cheval .s'améliore petit à petit dans le pays. Près de Marbach. la vallée se sépare en deux ; nous prîmes le côté droit qui nous menait à Oflénhausen ; il n’est pas aussi joli que la prairie de la vallée de Frohn, mais comme cela faisait un détour, on y sentait moins le vent, circonstance qui pour moi était très notable. Offenhausen se cornpose seulement de quelques mai¬ sons et nous (Cimes forcés de dîner chez le gouverneur du cloître. Il se trouvait par bonheur qu’il était oncle du D. Scholl, lequel était même venu avec nous )u.squc-là et nous servit d’introducteur. Cet homme doit percevoir les revenus de Funcicn couvent de nonnes. La l^uter prend sa source dans .son jardin et ce ruis.scau en est le plus bel ornement et supplée à un certain point au manque d'arbres fruitiers, car on ne peut voir un seul de ces arbres dans toute la contrée, si ce n'est peut-être les misérables petits pieds qu’on élève en caisses et que Ton rentre l’hiver dans la mai¬ son. La Lduter, dès sa source, fait, tourner un moulin. L'endroit comporte également un haras, où les jeunes juments sont élevées jusqu'à un certain âge (si je m'en souviens bien deux ans) et elles sont ensuite conduites à Marbach. Aprè.s le dîner, le gouverneur du cloître eut encore la bonté de nous taire conduire par son fils au village le plus proche, Kohlensiciicri, d’où un paysan nous ser¬ vit de guide vers le village suivant : Holzelfingen ; sur cette route Àsaez longue il n'y avait aucune curiosité. Toujours une rempératurc de I Alpe, des champs de i'Alpc, des arbres de TAlpe et, plus souvent que je ne l’eusse souhaité, du vent de l'Alpe. Derrière Holzelfingen. jI y a un sentier qui descend de l’Alpe vers Pfüllingcn. On arrive d’abord dans une vallée tout à fait sauvage, d’une beauté formidable ; elle est toute étroite, très profonde, environnée de montagnes élevées, presque a pic et qui sont toutes garnies de broussailles ; on ne voir pour ainsi dire de ciel que large comme la main. Les ruines de quelques anciens châteaux font le dernier trait de tei ensemble mélan¬ colique. Mais plus on .s'enfonce, plus la vallée s’élargit, plus le climat s’adoucit. Tout semble prendre une teinte plus vive, enfin tout à fait en bas nous trou¬ vâmes des arbres fruitiers en (leurs et toenu' des vignobles. A l’examen de cette gradation, nous ne pûmes prêter l’aucfnion qu’il aurair fallu ; une pluie qui .survint nous chassa si vite que nnu.s gagnâmes Pfùllingen à la courte : mais il semblait que les gens se fussent entendus pour nous désespérer ; À quelle dis¬ tance est Pfüllingcn ? dcrn.ind.àmcs-nous à quelqu’un : à une heure. *' Au bouc d’un quart d’heure de marche précipitée, nous demandons à un autre ; léponse : « une lieure •>. Un quart d’heure après, réponse encore « une heure »» et deux fois encore de même. Il en était de cette s ille comme de ce.s châteaux de fées qui fuient devant ceux qui les cherchent. Cependant nous vîmes enfin ce lieu et nous pûmes devam un bon (eu nous sécher, nou.s chauffer et nous reposer dans de bons lies. Dans la vallée que nous venon.s de décrire nou.s Trou¬ vâmes en haut : hurnaria hulbout, Gentianu verna-, Hyacinfhus hotrioides ; vers le milieu Ariemone ranun- citbidrSy Prirnuln et une plante qu’alors je n’ai pas pu e.xaminer, parce que M- de Marschall avait oublié le Linné à Dcttingen. Depuis ce temps, je n’en 63. La fumeterre, la gentiane, la jacinthe, l’anémone et la prime¬ vère. 310 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier ai pas revu de fraîche, mais pour plusieurs moiih je la considère ncamnioins comme z Adoxa moschateUind''^. Afin que les connaisseurs soieni en érat de vérifier cette opinion j’ai dessiné planche... une copie de I echanrillon alors séché. Tel fur le quatrième jour. Le 25 avril À Nürtingen, le chevalier Dcrringcr nous avait donné une lettre de recommandation pour son oncle Brecht, le greffier de la ville de Pfullingen. En conséquence» cc M, nous invita à déjeuner le 25 cl nous donna alors tous les renseigTicments necessaires sur la meilleure manière de visiter la comrée, les plus beaux endroits dans la région de Pfiillingen. Elfe est extrêmement remarquable, tant parce qu elle est au pied de TAIpc et que, par là. U différence entre les lieux hauts et les lieux bas se Ininchc davamage, qu'à cause de quelques cavernes qui s'y trouvent, et à cause enfin du grand nombre de produits qu elle offre des crois règnes de la nature surtout pour les plantes cr les péirlficarions. La brièveté de notre séjour ne nous permit que de considérer le puj'xuge en général, et nous ne pûmes entrer dans aucun cléiail. Nous nous en allâmes donc au.ssiiôt après le déjeuner avec un guide. Moi, que l.i gelée sévère de l'étape précédente avait un peu atteint, je pris un cheval à PKillingen et je suivis de la sorte mes compagnons qui couraient à pied. M. le secrétaire de la chambre d'enregistrement de l...l^^. Pfeiffer, qui. comme l’on sait, est natif de Pfullingen, nous avait f )romis de se trouver là, pour nous faîa- voir lui-nicine es curiosités qui sont aux alentours de sa ville natale ; mais il n'avair pas encore paru et c'eût été peut-être la première fois en efïei, pour autant que je sache, qu’il eût tenu sa promesse. Les objets de notre promenade d'aujourd'hui furent le Rossberg, le Ncbclloch et le petit château de Lichtenstein. Le Rossberg est une des pointes les plus avancées de l'AIpe, ou plutôt c'c.st une montagne en forme de cjuillc qui est située à l'extrcmité même de |a chaîne de 1 Alpe. Elle n’est connue que par la vaste perspective qu’on a de son sommer, et dans le fuir c’est peut-être l'une des plus remarquables du Wurtemberg. Devant soi, l’on a tout le bas pays, comme sur un plan géogr.i- phique ; et particulièrement les contrées les plus voi¬ sines, celles du baillagc de Pfüliingeti, et celles qui le touchent, lesquelles comme on le sait sont, pour la plus grande partie» plantées d arbres fruitiers» représentanr ce qu’il y a de plus beau en fait de jardins ; au mo¬ ment où nous étions présents, tout était en pleine flo- 64. L’Adoxa. 65. Reuss ou RennI. Mot difficile à lire et qui n’a pas été repro¬ duit par le traducteur. 66. Le muguet. 67. À la plume sur le texte : « Vue d’un globe terrestre représen¬ mison et tout en était embelli autant que faire se peut. Vers le sud, se trouve à doîitc, la Forci-Noire qui montre ses pointes dan.s le bleu lointain ; tandis qu'à gauche s’étend la surface plane de l’AIpe, où le mont Âchalrn jouant le rôle principal, dresse sa tête couron¬ née de bois ; le chemin qui mène au Rossberg traverse d’abord une brge vallée qui e.sr formée entre le mont Achülni et le mont Jàger. Celui-ci est longé par un sentier très pénible qui porte le même nom et ramène sur l Aipe à travers un taillis. Aux alentours poussaient encore des herbes déjà souvent observées : Finnariu bîdbos/h Anrtmne rdnunculüjdes^ Aînrtinald perennts, ei surtout en grande quantité Convalinna En haut on traverse des plaines de gazon, .sans rien rencontrer de préciscmcni rcmarc]uable, jusqu’au village de (lenklngcn, une paroisse de 120 habitants avec un pa.sreur. En cet endroit nous commandâmes le dîner et nous prîmes un .secxmd guide quj nous monrra le chemin en coupant à travers un taillis, puis des champs cultivés» vers le Rossberg distant d’une lieue environ. Jbi déjà décrit en partie cette montagne et Ibjoutervii ici seulement que sa partie inférieure est tapissée de gazon, mais que sa partie supérieure Veut de bois, taillis et broussailles. Vers le hau(, il devient si raide que je fus obligé de mener mon cheval à la main. En haut ncurissaient : Mercunalh perennis^ Puhnonaria officinitHs^ Anemone nemorosa^ Primulu veris el/itior ; au milieu : AnenionepulsaüUd ; tout en bas, dans le gazon : Cftntuim venui en quantirc éton¬ nante ; cela formait çà et là de.s monticules tout bleus/’^ À Genkingcn il fallut nou.s contenter de lard et de choucroute. Le maire qui est en même temps auber¬ giste, en dépit des lois xvurtembergeoises, n'avait rici\ de meilleur à nous donner ; mais il nous rendit un grand service en nous conduisant au Nebctloch^^. Le chemin est d environ une lieue et demie ; à un endroit où il ne traverse qu’un plateau ojltivé, on a une vue jolie cr assez étendue : on v»vit le Rossberg, Bebenbausen, l’Ermitage, etc. On descend dans un taillis qui appartient aux paysans de PRillingen et de Genkingcn et comme cela doit être avec de pareils maîtres, ces bois ne .sont pas peu maltraités ; après eda on arrive devant l’ouverture du Nehdloch qui n’est pas autre chose qu'nn trou au liane de la mom.igne d'environ dix pieds de hauteur. Le roc est ici tout revécu à'Hypvum et tout près poussent : Anenwne raniivculoides et Polypodium filix inas '^. Là. le maire du village voisin d'Oberhausen nous altcndalt: tant esquissées l'Afnque et la Méditerranée. » 68. Aujourdhul Nebelhôhle. 69. L'hypne, une mousse. 70. Aujourdhul Dryopteris filix mas (L.) Schott, la fougère mâle. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 311 Taquet P. déjà avec quatre ou cinq de ses paysans, tous armés de torches de bois et de quelques livres de chandelle. M. Brecht, le grefFiei de la ville leur avait annoncé l’afFaire et suivant son message ils avaient fait ces préparatifs. Torches ci chandelles sont fournies au frais de la com¬ mune d’Oberhausen ci le petit bénéfice qu'il est pos¬ sible d'en tirer lui revient ; mais les guides sont tous payés par les voyageurs. Le Nebelloch esi une caverne comme il y en a tant dans les pays de montagnes ; pour rhistoirc naturelle, elles n’ont rien de très impor¬ tant, mais cela n*empéche pa.s qu elles .voient visiiéc.s par la plupart des voyageurs. U esc commode en effet de brodci à des clioses si mysrérieiises toutes sortes de f irodiges cnhmré-s pai l'imagination. Rn déduisant tous es détours, le Nebelloch est un souterrain qui peut avoir une demi lieue de descente, mais la pente n est pas très r.iide. Près tic l'ouverture gît un morceau de roc moussu qui parah l'avoir recouverte autrefois. On peut pénétrer facilement partout sans être obligé de ramper, mais le sol est extrêmement inégal ; l’humidité qui dégoulie de la voûte a, dans certains endroits, formé des prééminences notables, lesquelles pour une imagination échauffée représentent toutes sorte.s d'objets ; je ne faiiguerai pan ici k patience du lecteur des nom.s bizarres et souvent ridicules qui ont cic don¬ nés à ces excioissances par les habitants du pays ; mais je dois noter que le grand nombre de ces inégalités du sol et surtout son huniidiic sont ires dangereuses ; presque à chaque pas, ï\ faut faire un saut et malgré tout le soin qu'on peut prendre, il est impossible qu’on puisse éviter de tomber phisieui's fois au moins. Contre cck nous nous étions prémunis forr prudem¬ ment en passant sur tH*us des blouses de paysan. Les paroi.v sont toutes couvertes de perites excrois¬ sances ayant fapparence des chandelles de glace, et comme elles sont constamment maintenues baignées par l'humidité qui flltte. ces appendices font, à la lumière des lorchc.s, l’effet le plus magnifique et brillent tout comme des cri.staux. Mais leur matière est opaque et n'est cristallisée en aucune Façon ; elle fait Fortement effervescence avec les acides : c’est donc simplement un revêtement calcaire. Ce qu’il y a de plus beau dans toute k cav’erne, c'est une espèce de coupole conique d'au moins soixante pieds de hauteur tellement festonnée de ces chandelles décrites ci-dessus qu elle en esc toute garnie. Nous nous ra.sscmhlumes tous sous cctcc coupole qui renvoyait en rayonne¬ ments les clartés des torches ci des chandelles de tous les point.s de sa surface et cm conséquence les multi¬ pliait de mille manicres, C'ela ressemblait en effet à la plus splendide de toutes les illuminations. Autant notre admiration était grande, autant hit vive notre frayeur quelques instants après. Quelqu’un lit remarquer une pierre plate qui paraissait être tombée sur le sol et en regardant s'il était possible qu elle fût venue d'en haut, observ'a, comme nous tous en même temps, que nous avions tout un lit de rochers suspen¬ dus au-dessus de nos têtes et qu à chaque instant ces rochers menaçaient de crouler ; peut-être est-ce un fait accompli au moment où j'écris ceci ; la pierre qui était là, par terre, était certainement une de celles qui com¬ posaient ce lit rocheux. Comment ne nous sauvâmes- nous pas ? Un peu plus luin, an trouve une eau très claire qui coule en truversaiu la grotte ; elle doii être très profonde et cependanr il fallui la passer sur deux perites planches érroiies et pourries. Pour nous redonner du cttur, nos guides ne manquèrent pas. comme c'est généralement le propre de ces soncs de gens, de nous raconter tous les accidents vrais ou invcnté.v qui avaient dû .se produire ici. Après avoir traversé en tremblant ce misérable pont, nous arrivâmes â un endroit ou cefte grotte projette une pettur branche au bout de laquelle se .situe en montant une petite ouver¬ ture, qui pourrait peut-être mener à des palais souter¬ rains encore plus beaux et plus vastes. Mais il n'y avait personne encore qui \ fut passé et M. le chevalier de Klarschall qui voulait s’y risquer la trouva imprati¬ cable. Comme nous étions sur le point de sortir, nous cnicndimes, venant de l'entrée, une voix de tonnerre qui nous appelait par no.s noms, ci quel ne fui pas notre plaisir, lorsque nous reconnûmes M. le secrétai¬ re Pfeiffer ; nous recommençâmes avec lui notre pro¬ menade soiiicrr.iine et il nous tint compagnie route k journée. Du Nebelloch nous nous dirigeons alors à travers des champs pierreux vers la pointe du pic sur lequel est .situé le petit château de Lichren.stcin. Nous côtoyâmes un rocher oii il y a aussi une petite caverne dans laquelle on trouva en 1779 une quantité de petites pièces d'argenr. Le grHher de k ville nous en donna quelques échantillons, j’ai dessine (pl- lt*s deux faces autant que j'ai pu (es distinguer, afin que des connaisseurs en monnaie.^ plus habiles puls.sent en juger ; quand on songe au grand nombre de calamités et de guerres dont le pays de Wurtemberg a été le théâtre, on ne s’étonnera pas que l'on trouve de l’argent enfoui dans beaucoup d’endroit-s ; il y aurait bien plus sujet de s’étonner de ce qu’il ne .s'en trouvât pas davantage. Le château de Lichtenstein est dans une position bien singulière, .sur un grand rocher â pic d une hauteur étonnante i il est cependant possible d’y accéder du côté de l'Alpe. mais il faut monter un peu. Le chemin traverse un bois qui ne se termine qu’au mur de k cour. Le bâtiment aussi esc lui-même rehaus.sé et est si vieux qu’il menace de s'écrouler tous les jours. Un vieux pont mire deux rocs est l’unique entrée. De ce lieu romantique, on jouit de la vue la plus saisissante. Immédiaiemem au pied du roc. commence k v'allée d'Ohmden qui est environnée de bois de part et d'autre ; ce ne sont que domaines boisés et sur une lar¬ geur d’une demi-lieue, elle contient trois villages : Ohmden^^ (^berhausen et Unterhausen, qui tous sont arrosés d’un joli ruisseau. Sur les collines qui bordent k 71. La figure manque. 312 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier Fig. 9. — La pluie à Ohmdenerthal. En citation : Interea magno miscetur* murmure caelum... ruunt de monîibus amnes [Pendant ce temps, le ciel se mélange à un vaste grondement... les torrents se précipitent des montagnes] (Virgile, Énéide, livre IV, vers 160- 164). *, Virgile dit « misceri incipit » : commence à se mélanger. Dessin au crayon de Georges Cuvier {180 x 100 mm). © Bibliothèque de l'Institut de France. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 313 Taquet P. vallée, on découvre la toralité de^ fildern, Ohenheim et toutes les localités avoisinantes ; c’était à cet instant une vue superbe parce que tout érait sous la lumière du soleil, tandis que sur nous le temps était Ton triste. On dit cjue le duc est demeure une fois presque une heure durant à la fenêtre du château k regarder avec une longue-vue cette belle portion de ses lltats. Dans ce château habite un garde forestier lequel, sous rinflucnco cKcrccc sur soit esprit par sa résidence» nous reçut avec une hospitalité toute chevaleresque ; aiiranr sa résidence est belle, autani d'un autre coté elle est aussi désagréable. En hiver, le froid permet à peine dc- metire le nez dehors et tout le long de l'année on tremble que la bâtisse tout entière ne soit précipitée par le venr dans la vallée. II y a d'un côté de la muraille une fissure importante. La chambre des Domaines, malgré le nombre de demandes qui lui a été adressée pour une habitation moins dangereuse, n’avait pu encore prendre de décision à ect t^ard. et notre garde foresrier s efforçait pour cela de .se gagner la protection de Pfeiffer ; peut-être étaii-ce aussi le motif des politesses qu’il nous témoignait. De Lichtenstein un sentier long ci ennuyeux conduit dans la vallée ; le long de gc sentier sc trouvaient beau¬ coup d’ouvertures dans le roc, lesquelles laissaient aussi suppcïser des cavernes ; on assurait que quelques- unes avaient déjà été visitées ; il y avait aussi des restes de neige. A peine ftimes-noiLS dans k vallée qu’il se mit à pleuvoir de k plus belle kçon (Tig. 9) : je fus fort heureux d'avoir pri-s un cheval ci ic me mis .lu galop de toute.s mes forces, tandis que mc.s pauvre.s compagnons de voyage pour me suivre en courant fai¬ saient les plus grande.s enjanibécs possible.s. Je du.s subir cette lessive pendant tout un quart d'heure, mais enfin je trouvai sur le chemin un moulin k papier où,, tout ruisselant, je heurtai ei là devant vin grand feu j’attendis le reste de k société; ils arrivèrent en cou¬ rant, l’un après l’autre, dans mpn reluge, et tout le temps que le acl prit pour se décharger de son super¬ flu de fluides, nous Je passâmes h k visite du moulin ; mais comme le moulin n’avait rien de particulier, il n'est pas nécessaire que j'en fasse la description. Quand la pluie cessa nous allâmes tout droit à Pfùllingen où le souper nous attendait chez le notaire de la ville. Avec quelle bonté, quelle bonhommie, quelle amitié nous accueillirent Je notaire de la ville, le bon M. Brecht et k notairessc, k bonne Mme Brecht. Il est vrai que le mari a une mine et un ton du siècle passé, mais les prévenances à notre endroit faisaient tout oublier, ou plus encore rendaient tout aimable. Nous demeurâmes ainsi jusqu'à minuit avant de don¬ ner du repos à nos membres fatigués. 72. Différente de la localité d'Ohmden située plus à l'est ; elle a livré des ossements de la patte d'un dinosaure sauropode, cf. : Wild R. 1978. — Ein Sauropoden*Resî (Reptilia, Saurischia) aus dem Posidonienschiefer (Lias, Toarcium) von Holzmaden. Stuttgarter Beitràge zur Naturkunde, Ser. B 41:1-15. Le 26 avril Nous déjeunâmes avec M. Pfeiffer chez sa mère, et il fil encore avec nous une petite promenade dans k ville cr à rernour. l.’ancicn couvent de nonnes est déjà 3 moitié écroulé de vieillesse et il eût été imprudent de vouloir en visiter coûtes les parties. Il y a aussi à Pfüllingcn un vieux château assez vaste où habite aujouruhui le grand bailli. Nous visitâmes enfin deux jolies chutes d'eau dans une prairie voisine de k ville ; elles sont formées par k rivière. Ensuite nous revîrtmcs pour foire notre visite d'adieu à M. le notaire de k ville, et. après beaucoup de compliments de part et d’aurre, nous le quittâmes et prîmes le chemin de Reurlingen. Ce chemin côtoie le mont Achalm ; quiconque voy^e dans ces pays où le grand nombre des montagnes offre aux clievaliers une résidence commode, qui voyant les ruines de leurs châteaux et qui rencontrant dans le nombre quelques-uns de ceux dont les posse.s.seurs se sont fair le plus remarquer dans l’hisroirc, éprouve toujours une certaine tristesse en conternplatjt les restes misérables de leur paissance ; il songe à leurs de.stinées si diverses ; il s intéresse à leurs malheurs. Tel était l’effet que nous fit en particulier le mont Achalm, non pas qu'il représentât plus dans l'histoire qite Wurtemberg, Teckv Tùbingcn et beaucoup d’autres . mais Je pauvre Conradin^-^ l’avait possédé ; c'était bien assez pour émouvoir chacun. Conradin eut au.csi bcauaiup de droits à Reutlingen ; ensuite on a une pièce mafiascritc où Ü reconnait avoir vendu horm sua dans Achalm et Reurlingen au comte Ulrich avec le pouce. De quelle nature étalent ces droits ? C'est ce que les historiens ne peuvent assurément pas préciser. Maintenant Reutlingen est une ville libre impériale, et bien qu'elle ne soir pas de k première richesse, ce n'est néanmoins pas une ville in.signifianie. Il ne s*y est encore glissé aucun luxe ; le peuple arrive aux plus hautes dignités et il ne connaît pas du tout k domma¬ geable distinction entre patriciens et simples citoyens. Nou.s ne pouvions pas nous y arrêter, parce que nous n’y avions pas une seule personne de connaissance ; c’est pourquoi nous ne vîmes que les édifices publics. [ 'église, quoique gothique, a des beaaié.s. Ce qui nous étonna le plus, e est La qu.antité de ba.ssins ; dans k seule grande rue nous en comptâmes quarante-neuf. De Reutlingen il y a encore deux Üeucs jusqu'à liibingen où devait se terminer notre voyage à pied. Lfédfer qui ce jour k était à cheval, s'y rendit, com¬ manda nom* dîner et, sans artendre notre arrivée, alla tout droit à Siuttgari, Après une longue lutte contre le vent qui, dans ces 73. Le duc Ulrich de Wurtemberg (1503-1519, 1534-1550) réus¬ sit à réprimer l’insurrection du « pauvre Conrad », provoquée par ses dépenses excessives, en faisant d’importantes conces¬ sions mais fut mis au ban de l'Empire et chassé de ses États par la Ligue souabe (in Le Robert des noms propres). 314 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Récit inédit de Georges Cuvier Fig. 10. — L’orgie de table à Tübingen. Scène de banquet. En citation : Fit strepitus tectis vocempe per ampla volutant Atria... [Il se produit un vacarme dans le palais et ils font rouler leurs voix à travers les vastes salles...} {Virgile, Énéide, livre I, vers 725-726). Dessin au crayon de Georges Cuvier (160 x 110 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 315 Taquet P. contrées élevées, s'obstinait à ne pas nous quitter, nous descenclîmes enfin par un bois de sapins la vallée du Neckar et nous découvrîmes le châreau et la ville de Tübingen. Nous prîmes nos quartiers h l>amm. Ce fui pour nous un coup d'œil fort inaccoutumé de voir là, à plusieurs tables, une quantité de figures d'ecclésias¬ tiques en costume complet, jouer, boire, fumer, ou même sc livrer à ces crois occupations à la fois. Bien plus grand encore fut mon éionncmcnif lorsque, sans préambule, une de ces figures me sauta au cou eti me disant (en frant;aiB), « Eh mon cher Cuviet. commciu vous trouvez-vous ici ? Vous portez-vous bien ? » fe ne savais vraiment pas comment je me trouvais dans sa société, cVsr qiic c’éui( un de nies camarades d'école à Mompel^.ird^**^ : quelques instants après arrivèrent encore plusieurs de mes o'impatiiotes ; fl fallut que je me conformasse à leurs tâçons de vivre, et il y eut à vider avec eux quelques bouteilles. Je rejoignis mes compagnons de voyage ei ntms visi¬ tâmes le cloître et assistâmes au souper des étudiants. Il n’y a pas de description possible du désordre et de la malpropreté avec lesquels cette cérémonie s’accomplit. D’abord c’est un rélcrroirc antique, tout ce qu'il y a de plus noir, où chacun court à sa guise dans tous les sens ; ensuite une foule 4ç voix se lait etitendre ; « Messieurs, asseyez-vous ! Asse^^ez-vous messieurs. » Ce sont les garçons qui crient cela sans discontinuer jusqu’à LC que tous soient assis à chaque table ce qui dure bien dix minuics. Alors commencent les choses sérieuses. Les aliments viennent dans des plats d’étain. 11 y a des tables où Ton a de l’appétit ; là tous .sautent vers le plat et, avant que les garçons ne l'aient posé sur la table, il n'y a déjà plus rien dedans, h d’autres tables on ne veut pas manger ; là les aliments servent à d’autres choses ; on se les jcfce à In tête, dans la gueule ; sur les vêtements, et quand il n'y a plus d'.ilîmcnts, ce sont les assiettes et les os qui entrent dans la danse. Ou bien) là où l'on est plus civili.sé. on dispute dans le plus grand vacarme et tous Je.s di.scours sont as.S3ison- nés d’un grand nombre de jurons et d'autres expres¬ sions fortes ; ci pendant ce tapage infernal il y a un professeur en chaire qui prêche. Je dois avouer que malgré la quaiuiié de scs gestes et de ses grimaces, je n’ai pas compris un mot de tout son sermon (Fig. 10). À quel point tout cela devait nous édifier, nous élèves de la faculté de Stuttgart, le lecteur peut se l'imaginer, et afin que nous eussions le spectacle au grand com¬ plet, nous arrivâme.s à un moment où pas un des sur¬ veillants du se-Tvice n'était présent t après le souper une partie des érudlants retourne à l’auberge qu’ils venaient de quirter une demi-heure à peine aupara¬ vant, de sorte que toute la journée on peut y voir une quantité de robes noires. Les choses étant en l’état, il n y a pas à s’étonner que M. l’aubergiste de Lamm soit 74. Montbéliard. 75. « Les grands esprits se rencontrent. » un savant. En ma qualité de *< ca.méral *> il me fit part sur le champ qu’il était membre de l'Académie de Burghausen et que rccemmcnr il avait envoyé un mémoire sur les coccinelles lequel avait été déclaré digne de fimpres.sion. Fait aussi parue de cctic acadé¬ mie, aux côtés de M. l'aubergiste Je Lamm à Tübingen. le conseiller aulique Kerner à vStuttgart : par nohile jratrmn^^. Le 27 avril ti’apparticm pas proprement à notre voyage ; nous menâmes à Tübingen une vraie vie de citoyens. Chacun allait voir ses connaissances ; mais nous allâmes in corpore chez M. le chancelier Lebret qui nous invita à souper, et chez M, le professeur Storr. Comme naruralisce, une visite chez ce dernier s’impo¬ sait ; et la richesse de son entretien nous fut d'une uti¬ lité presque aussi grande que tout norre voyage. C’est un .savant d’un bien grand mérirc ; il est dommage que le style étiangc de son hi.stoire naturelle rebute un grand nombre de lecteurs. J'eus l'occasion à Tübinguen d acheter une de ses dissertation.s où il dasse les mammifères suivant une méthode neuve et fori commode^'’* Nou-S allâmes voir .lu.ssi les Luritisiiés de Tübingen. mais comme toutes le.s géographies en sont pleines, ce serait une vraie perte de temps que d’en parler ici. Je ne me permettrai pas davojiuge de faire des obsera- tion.s sur l’univcrsftt ; meme les plus dignes de ses représentants reconnaissent les défauts de son régime. Le 28 avril L’histoire esr encore plus courte. Nous prîmes quatre chevaux, et regagnâmes Stiictgarr aussi rapideraenr que pos.siblc, et là nous trouvâmes cous nos amis aux- ciuel.s nous fimes le récit de tout ce qui vient d’être décrit ; lout ! après-midi se passa à raconter, de sorte qu’ils en curent les oreilles pleines Remerciements [e tiens à remcTcier vivement toutes les personnes qui ont favorisé mes recherches et qui m’ont aide au cours de la réalisation de ce travail ; Mme Mireille Pastoureau, directrice de la Biblio¬ thèque de rin.stitut de France m’a permi.s de consulter les manuscrits de Cuvier et a donné l'autorisation de reproduire les dessins et aqua¬ relles. Mme Monique Ducreux, conservateur en chef de la Bibliothèque centrale du Muséum 76. Le prolesseur Storr avait publie en 1780 un ouvrage intitulé Prodromus methodt Mammafium avec une très intéressante classification des mammifères que Cuvier commentera dans ses ouvrages. 316 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Récit inédit de Georges Cuvier Fig. 11. — Jungser Louise Gleîtin. zum Andenken des Spatziergangs auf den Teck Berg. T. 21 Aprit 1788; gewidmeî von G. L. Cuvier Mômpelgard D. 16 May 1788 [La jeune Louise Glettin, en souvenir de la promenade au Teckberg ; le 21 avril 1788 ; dessiné par G. L. Cuvier. Montbéliard le 16 Mai 1788]. Aquarelle de Georges Cuvier (160 x 160 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 317 Taquet P. national d’Histoire naturelle m’a grandement facilité la tâche en m’autorisant à travailler sur le fonds Cuvier déposé dans les archives du Muséum ; Melle Françoise Fievez a traduit les citations de Virgile et d’Horace ; Mme Françoise Caby a recherché des informations relatives à cer¬ tains des personnages cités dans le récit ; M. Denis Serrette s’est chargé de prendre les clichés des dessins ; M. Daniel Lavina a dessiné la carte et Mme Eliane Molin a assuré la mise en forme du texte ; je ne saurais oublier enfin tous les habitants du Jura souabe, au premier rang des¬ quels je place mon collègue et ami, le Professeur Rupert Wild, du Musée d’Histoire naturelle de Stuttgart, dont l’accueil et l’hospitalité méritent tous les éloges. Soumis pour publication le 30 juillet 1997; accepté le 12 mars 1998. P 1 lettre P 2 double P 3 double P 4 double P 5 double P 6 double P 7 simple P 8 simple P 9 double P 10 double Pli simple P 12 manque P 13 double P 14 double P 15 double P 16.double P 17 double P 18 double P 19 double P 20 simple P 21 simple ANNEXE INVENTAIRE DES FEUILLETS DU MANUSCRIT (Ms 3312). papier blanc papier bleuté papier blanc papier bleu papier bleu papier bleu papier bleu papier bleu (monté à l’envers ; esquisse d’oiseaux au verso) papier bleu papier bleu papier bleu papier bleu (au verso, esquisse de cheval) papier bleu papier bleu papier bleu (au verso, esquisse d’un globe terrestre) papier bleu papier bleu papier bleu papier bleu papier bleu 318 GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) Instructions aux auteurs La ligne édttoruile Elle prendra en compte divers aspects de la recherche en Sciences de la Terre, en particulier l’histoire et le comportement des bassins sédimen- taires, la paléobiodiversité et les paléoenvironne¬ ments. Un numéro de Geodiversitas par an pourra être consacré, exceptionnellement, au débat contra¬ dictoire sur un sujet d’actualité, ou sur un thème donné et sous la responsabilité d'édiieur(s) invilé(s). Les manuscrits, dont le nombre de pages n’esr pas limité a prioriy devront suivre rigoureasement les recommandations aux auteurs (voir ci-dessous) et seront adressés à la revue : Service des Publicadons Scientifiques du Muséum, Geodivei'sitas, 57 rue Cuvier, l•-75231 Paris cedex 05 Tel : (33) 01 40 79 34 38 Fax: (33) 01 4079 38 58 c. mail : bullctin@mnhn.fT Les chapitres de systématique devront se conformer aux règles du Code International de Nomenclature Zoologique. Tout manuscrit non conforme à ces instructions sera retourne pour mise au point. Chaque manus¬ crit CSC évalué par deux rapporteurs, ou plus. Instructions aux auteurs Chaque manuscrit soumis (y compris les illustra¬ tions) doit être présenté en trois exemplaires (un original et deux copies) au formai A4, avec un double interligne et des marges d’au moins 3 cm ; chaque page sera numérotée, l-cs illustration.s origi¬ nales seront jointes au manu.scrit dé+mitif, ain.si qu’une disquette 3.5” de format Apple Macintosh ou compatible IBM (traitement de texte Word de préférence), qui devra contenir égaleinenr les tableaux et éventuellement les illustrations (Adobe Illttstrator, Photoshop ; Deneba Canvas). Le format Les manuscrits, écrits en français ou en anglais, doi¬ vent être structurés comme suit : - titre si possible bref, en français et en anglais ; un titre courant doit être proposé ; - nüni(s) Cl prcnom(s) de(s) aureur(s) suivis de leur(s) adrcssc(s) professionnelle(s), en indiquant si possible le numéro de Fax et l’adresse électronique ; - résumés écrits en français ci en anglais (800 signes au maximum chacun), $uivis des mors clés et M key words » ; - dans le texte courant, utiliser les italiques pour tous les noms en latin (taxons de rangs générique et spécifique, et al ...) ; - dans le texte courant, les références aux auteurs seront en minuscules, ex. Dupont (2001), Dupont (2001. 2002), (Dupont 2001 ; Durand 2002), Dupont (2001 : 1), Dupont (2001, fig. 2). - dans le texte courant, les références aux illustra¬ tions et aux tableaux de farticle seront présentées ainsi : (Fig. 1). (Fig. 2A, D). (Figs 3, 6), (Figs 3-5), (Tableau 1) ; - les remerciements .seront placés à la fin du texte, avant les référence.s bibliographiques ; - les références bibliographiques doivent suivre les exemples donnes ci-dessous ; - indiquer dans la marge remplacemenr des illus¬ trations dans le texte définiiit ; - donner les légendes des figures sur une feuille scparce. Les illustrations Une attention particulière sera portée à la qualité et la pertinence de fitlusrrarion. Les illustrations au trait doivent être réalisées à l’encre de Chine ou être fournies en impression laser. Les photographies, bien contra.srée.s, seront sur fond noir ou blanc. Elle.s pourront être regrou¬ pées, et dan.s ce cas, identifiées par une lettre en capitales (A, B, C...). Les planches photogrâ- phiques, placées dans le corps de l'article et non regroupées à la fin de celui-ci, doivent être traitées et numérotées comme des figure.s. Le.s illustrations pouiTonr être assemblées sur une largeur de colonne (70 X 190 mm) ou sur toute la largeur de la justifi¬ cation (144 X 190 mm). La rédaction encourage la présentation de photographies avec tout ou partie de leur interprétation par un ou des dessins au trait. Aucune légende, ni lettrage ne sera placé sur le.s ori¬ ginaux. Ils figureront sur un calque joint avec chaque figure, la rédaction se chargeant de les pla¬ cer. Chaque figure doit comporter une échelle métrique. Les tableaux et graphiques, à inclure dans GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 319 Instructions aux auteurs le manuscrit, doivent nécessairement pouvoir être imprimés sur une page et rester lisibles après réduc¬ tion cvcntucJic. Des planches en couleur pourront être publiées moyennant une participation finan¬ cière de ou des auteurs. Références bibliographiques Denison R. H. 1978. — Placodermi, in Schultze H. P. (ed.), Handbook of Paleoichthyology., Volume 2. Gustav Fischer, Stuttgart, 128 p. Marshall C. R. 1987. — Lungfish: phylogeny and parsiniony, in Bemis W. E., Burggren W. W. & Kemp N. E. (eds)> The Biology and Evolution of J^ungfishes, Joumnl of Mvrphology 1: 151-162. Schultze H. P. & Arsenault M. 1985,- — l'he pan- derichthyid fish Elprstostege: a close relarive to tetrapods? PnleontôlogŸ 28; 293-309, Schultze H- P. 1977a. — 'The origin of the cctra- pod limb within the rhipidistian fishes; 541-544, in Hecht M. K., Goody P. C. & Hecht B. C. (cds), Major Patterm in Vertebrate Evolution. Plénum Press, New York and London. Epreuves et tirés à part Les épreuves seront adressées à l’auteur ou au pre¬ mier auteur (sauf indication contraire) et devront être retournées corrigées sous huiraîné- Les correc¬ tions, autres que celles imputables à la rédaction ou à rimprimeur, seront k la charge des auteurs. Le(s) auteur{s) recevront gracieusement vingt-cinq tirés à part, les tirés k part supplémentaires seront à com¬ mander sur un formulaire joint aux épreuves. Soumettre un article pour publication dans Geodîversitas suppose que celui-ci ou tout article proche dans la même langue ou une autre langue, n’ait pas été soumi.s dans une autre revue, même dans ruitcnte de son acceptation. Les droits de reproduction de Particlc, y compris des illustra¬ tions, sont réseivés à la revue. La reproduction de tout ou partie de rarcîcle doit faire l’objet d’une demande écrite préalable adressée à la rédaction. Scope of the Journal publishes papers wbich concern varied aspects of Earrh Sciences and particularly history of sedimenraty basins, palaeobiodiversity and palcoen- virnnmcnr. A complète issue of Geodiversitas may be devored ro several papers on a single lopic under the responsabiliry of guest editor(s). Papers with a systemaric content should fcdlow the International Code of Zaologicnl Nomenclature. Maniiscripts, wilhout limitation of the number of pages, musc conform sirictly with the instructions to authors, and will be sent to die Editor: Service des Publicarions Sciennfiques du Muséum, GeodiversitaSy 57 rue Cuvier, F-75231 P.iris cedex 05 Tel ; (33) 01 40 79 34 38 Fax: (33) 01 40 79 38 58 e. mail : bullctin@mnhn.fr Instructions to authors Manuscripts, with illustrations, musr be submitted in iriplkatc (onc original and two copies) in A4 formai, double spaced, with margins of at ieast 3 cm and al! pages numbered, The original figures should be sent with the revised manuscript, as wcll as n 3.5” diskette Apple M;icintosli or IBM-compa- ribie (Word, Word Pcrfcct...) format, which will also contain tables and possibly figures (Adobe Illu-strator, Photoshop; Dencba Canvas). Format Papers are to be writren in simple and concise Frcnch or Engbsh. They should be organized as fol- lows: — a brief tille in French and English; — a Miggested runnîng head; — name(.s) of- author(s). followcd by their full pro- fes-sional addrcss(es) and, if possible. Fax number and e-mail; — abstracts (in English and French) not exceeding 800 signs each, with key words and *'mois clés”; — text with itallcized words for Latin (taxa of gene- ric and spécifie tanks, et al., ...); — réferences to authors in main texr should be pre- setued, in lower case, as follows: Smith (2001), Smidt (2001, 2002), (Smith 2001), (Smith 2001; Cary 2002), Smich (2001; 1), Smith (2001, fig. 2); — référencés to illustrations and tables should be indicaied as follows: (Fig. I), (Fig. 2A, D), (Figs 3, 6), (Figs 3-5), (Table I); — keep acknowledgements short and place them at the end of the text before références; plcasc do not 320 GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2) Instructions aux auteurs forger the revisers; - give captions to illustrations on a separate sheet. Illustrations The éditorial board will pay spécial attention to the quality and rclevancc of illustration. Line drawings must be in Indian ink or high quali¬ ty laser printouts; high contrast photographs, pla- ced on white or black backgrounds, are required. These can be groupcd into figures and identified by Icttcrs A, B, C Plates arc not placcd at the end of the article: they will be considered as figures and numbered as such. Arrange figures to fit onc or two columns (70 x 190 mm or 144 x 190 mm). Associate interprétation of photograph with line drawing. No diagram or table is to exceed one page. Letters, numbers, etc., for each figure, are to be indicated on an accompanying overlay, not on the original figure (line eut or half-tone). A scale bar is needed for each figure. Référencés Denison R. H. 1978. — Placodermi, in Schultze H. P. (ed.), Handbook of Paleoichthyology^ Volume 2. Gustav Fischer, Stuttgart, 128 p. Marshall C. R. 1987. — Lungfish: phylogeny and parsimony, in Remis W. E., Burggren W. W. & Kemp N. E. (eds), The Biology and Evolution of Lungfishes, Journal of Morpbology 1: 151-162. Schultze H. P. & Arsenault M. 1985. — The pan- derichthyid fish Elpistostege'. a close relative to tetrapods? Paleontology 28: 293'309. Schultze H. P. 1977a. — I he origin of the tetra- pod limb within the rhipidistian fishes: 541-544, in Hecht M. K., Goody P. C. & Hccht B, C. (eds), Major Patterns in Vertebrate Evolution. Plénum Press, New York and London. Proofs and reprints Proofs will be sent to the first author for correction and must be returned within eight days by express mail. Authors will receive twenty-five offprints free of charge; further offprints can be ordered on a form supplied with the proofs. The submission of a manuscript to Geodiversitas implies that the paper, or a similar one, is not being offered for publication elscwhere. Copyright of published paper, including the illustrations, beconies the property of the journal. Requests to reproduce material from Geodiversitas should be addressed to the editor. GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2) 321 Mise en page Noémie de la Selle Packaging Éditorial Achevé d’imprimer sur les presses de l’Imprimerie Durand 28600 Luisant (France) Dépôt légal n® 10152 Printed on acid-free paper Imprimé sur papier non acide Date de distribution du fascicule 1 : 6 avril 1998 Couverture : Flysch à helminthoïdes (Crétacé supérieur, France) © Muséum-Paléontologie-Paris/D, Serrette geodiversitas 1998 * 20 ( 2 ) Vente en France Muséum national d'Histoire naturelle Diffusion Delphine Henry 57, rue Cuvier, 75005 Paris, France Tél. : 33 - 01 40 79 37 00 Fax : 33 - 01 40 79 38 40 e.mail : dhenry@mnhn.fr Sales Office (France excluded) Universal Book Services Dr. W. Backhuys P.O. Box 321 2300 AH Leiden The Nethertands Tél. :31 -71-517 02 08 Fax: 31 -71 517 18 56 e.mail : backhuys@eun>net.nl Conception Graphique : Isabel Gautray ISSN : 1280-9659 Clément P. & Giannesini P.-j. 153 • Les sédiments métallifères des fosses Atlantis II, Néréus et Commission I de la mer Rouge. Campagne MD 29 du Marion Dufresne (1981). Collections Lithothèque marine du Muséum 229 Ginsbur^ L., Arnaud M., Lary C. & Monleau C. Le Miocene du bassin de Vence (Alpes-Maritimes, France) : stratigraphie et paléogéographie 239 263 285 Cavagnetto C. & Tambareau Y. Palynologie du Selandien d'Oraas (Pyrénées-Atlantiques, France) du Danien-Selandien connu dans le monde Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall ).-C. & Nel À. • Le Toarcien inférieur des régions de Bascharage et de Bettembourg (grand-duché du Luxembourg) : évidences paléontologiques et sédimentologiques d'environnements restreints proches de l'émersion Taquet P. • Les premiers pas d'un naturaliste sur les sentiers du Wurtemberg nommé Georges Cuvier comparaison avec le microplancton «TW récit inédit d'un jeune etudiant