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Revue de l'Orient chr etien

PVUE

JDE„,

L'ORIENT CHRÉTIEN

DEUXIÈME SÉRIE, Tome IX (XIX). 1914. 1

Dirigée par R. GRAFFIN et F. NAU

SOMMAIRE

Pages.

I. M. Chaîne. Catalogue des manuscrits éthiopiens des biblio-

thèques et musées de Paris, des départements et de col- lections privées :;

II. S. Grèbaut. Les manuscrits éthiopiens de M. É. Delorme

(suite) 17

III. P. Dib. Une mission en Orient sous le Pontificat de Pie IV. 1?4

IV. F. Nau. La version syriaque de l'histoire de Jean le Petit

(fin) X\

V. L. Delaporte. Quelques textes coptes de la Bibliothèque

nationale de Paris sur les XXIV vieillards de l'Apocalypse

(suite) 58

VI. J. Babakhan. Essai de vulgarisation des Homélies métriques

<le Jacques de Saroug (suite) . 01

VII. E. Porcher. La première homélie cathédrale de Sévère

d'Antioche (texte copte et traduction) 69

VIII. A. Périer. Lettre de Pisuntios, évêquedeQeft, à ses fidèles. 79

IX. Mélanges. I. S. Grébaut, Les miracles du saint enfant

Cyriaque 93

II. S. Grébaut, Dix proverbes éthiopiens 98

III. F. Nau, Note sur le manuscrit du British Muséum or.

1300 (Hexaméron d'Emmamiel bar Schahharé) 101

IV. Une lettre de Théophile, patriarche d'Alexandrie, d'après la légende de Sérapion le Sindonite . ' 103

V. Note sur la date et la vie de Cheikh 'Adi. chef des Yézidis 105

X. Bibliographie. EuG. Tisserant, Specimina codicum orienta- lium (F. Nau). F. Nau, Barhadbesabba'Arbaïa, Histoire ecclésiastique (II'^ partie); Théodore de Mopsueste, Contro- verse avec les Macédoniens (iM. Brière). H. Pognon, Lettre à M. Doumergue, président du Conseil, au sujet d'une réforme du ministère des Affaires étrangè-res (F. Nau). 109

PARIS

BUREAUX DES ŒUVRES D'ORIENT

BUE DU BEGABD, 20

LIBRAIRIE PICARD ET FILS

BUE BONAPABTE, 82

OTTO HARRASSOWITZ, LEIPZIG Recueil trimestriel. —Prix de l'abonnement: J-2; t'r. Étranger : IV fr.

Les communications relatives à la rédaction doivent être adressées à M. le Secrétaire de la Rsvue de l'Orient chrétien

A LA LIBRAII^IE PICARID

RUE BONAPARTE, 82, PARIS.

Il sera rendu compte de tout ouvrage relatif à- l'Orient dont on enverra un exemplaire à la précédente adresse.

La Revue de l'Orient chrétien (recueil trimestriel) paraît en avril, juillet, octobre et janvier par fascicules formant chaque année un volume de près de 500 pages in-8°.

Prix de l'abonnement : 12 francs. Étranger : 14 francs. Prix de la livraison : 3 francs net.

R. GRAFFIN. - F. NAU JPatrologia orientalis

Tome I. Gr. in-8° (format de Migne), xii et 706 pages. Prix : 43 fr. Tome II, 690 pages. Prix : 41 fr. Tome III, 646 pages. Prix net : 38 fr. 60.

Tome IV, 728 pages. Prix net : 45 fr.

I. Les Homélies de Sévère d'Antioche (syriaque et français), fasc. I, par R. DuVAL,5fr. 70. II. Les plus anciens monuments du Christianisme écrits sur papyrus (textes grecs avec traduction et commentaires, planches), par leD"" C. WESSELy,7fr. 90. —III. Histoire nestorienne inédite (Chronique de Séert) (arabe et français), par M^'' Addaï Scher, avec le concours de J. Périer, fasc. 1, 6 fr. 20. IV. La cause de la fondation des écoles, par Mar Barhadbesabba 'Arbaïa, évèque de Halwan (syriaque et français), par M^''' Addaï Scher, 5<fr. 50. V. Histoire de S. Pacôme et de S. Jean-Baptiste et Miracle de S. Michel à, Colosses, texte grec avec une traduction française ou latine, traduction française de la Vie syriaque de S. Pacôme, analyse des trois manuscrits palimpsestes, deux planches, par F Nau avec le concours de J. Bousquet, 10 fr. 25. VI. The Life of Severus, patriarch of Antioch, by Athanasius (éthiopien et anglais), par E.-J. Goodspeed with ihe remains of the coptic version by W. E. Crum, 9 fr. 50. / Tome V, 808 pages. Prix net : 48 fr.

I. History of the Patriarchs of the Coptic Church of Alexandria (arabe et anglais) (Agathon toMichael I), par B. Evetts, 12 fr. 85. II. Histoire Nes- torienne, 1,2 (arabe et français), par A. Scher et P. Dib, 7 fr. 60. III. Le Synaxaire arménien de Ter Israël. I. Le mois de Navasard (arménien et français), par G. Bayan, 12fr. 60. IV. Chronique de Mahboub {'h~(iruoi)y I, 1 (arabe et français), par A.Vasiliev, 8 fr. 10. V. Les Légendes syria- ques d'Aaron de Saroug, de Maxime et Domèce, d'Abraham, maître de Barsoma, et de l'empereur Maurice (syriaque et français), par F. Nau ; les Miracles de saint Ptolémée (arabe et français), par L. Leroy, 6 fr. 90.

REVUE

L'ORIENT CHRÉTIEN

Par R. GRAFFIN et F. NAU

DJEXJXIEME SERIE

Tome IX (XIX)

19^ volume. 1914

CATALO&UE DES MANUSCRITS ÉTHIOPIENS

DES BIBLIOTHÈQUES ET MUSÉES DE PARIS, DES DÉPARTEMExNTS ET DE COLLECTIONS PRIVÉES

Par M. Chaîne.

La description des différentes collections du fonds geez et amharique de la Bibliothèque Nationale, que nous venons d'a- chever, offre les notices de 582 manuscrits (1). Cependant, ce chiffre considérable ne représente pas encore le catalogue complet des richesses manuscrites de la langue éthiopienne, conservées en France. Il faut y ajouter la liste des manuscrits contenus dans les autres bibliothèques publiques soit de Paris soit des départements ainsi que ceux appartenant à des biblio- thèques privées. Nous avons essayé de dresser cette liste; nous donnons les résultats de notre première enquête.

A Paris, nous avons trouvé des manuscrits éthiopiens dans cinq bibliothèques. Ce sont : celle de l'Institut, celle de l'École des langues orientales vivantes, la bibliothèque Sainte-Gene- viève, celle du Muséum d'histoire naturelle et celle du Musée ethnographique du Trocadéro. Dans les départements, Aix- en-Provence, Arras et Besançon seuls nous en ont fourni jus- qu'ici, et parmi les bibliothèques appartenante des particuliers nous avons pu enregistrer celle de M. Ducliesne-Fournet (2),

(1) Voir M. CjHxitiE, Catalogue des manuscrits éthiopiens de la collection Antoine d'Abbadie, Paris, 1912. Ce dernier ouvrage contient en appendice, p. 152, le Supplément au Catalogue des manuscrits éthiopiens de H. Zoteaberg. Le même : Catalogue des manuscrits éthiopiens do la collection Mondon-Vidailhet, Paris, 1913.

(2) Une notice détaillée de ces manuscrits a été déjà donnée par M. J. Blan- cliart dans : Jean Duchesne-Fournet, Mission en Ethiopie (i90I-J!J0.1}, Paris,

4 RE\UE DK L ORIENT CHRETIEN.

celle de M. Hugues Le Roux, celle de M. Marcel Cohen (I), chargé de cours à l'École des langues orientales vivantes, et celle de la maison mère de la Congrégation de la Mission.

L'ensemble de ces fonds nous présente une somme de 75 manuscrits. Nous sommes persuadé que dans ce nombre, plus d'un éthiopisant trouvera matière à études. Signalons en particulier la belle collection de pièces magiques réunie par M. Marcel Cohen, l'exemplaire du livre de l'Exode en amha- rique de la bibliothèque de l'Institut, enfin le volume des six premiers mois du Synaxaire du Trocadéro, le plus ancien des manuscrits de cet ouvrage que nous connaissions.

Sans aucun doute, les manuscrits éthiopiens qui se trou- vent dans les bibliothèques de f'rance, publiques ou privées, et dont les notices n'ont pas été publiées, sont encore nom- breux. Nous souhaitons que notre travail engage ceux qui les détiennent ou qui les connaissent, à en donner bientôt la des- cription; nous sommes disposé, pour notre part, à en dresser les notices, lorsqu'on nous les aura signalés (2). Nous estimons qu'en le faisant, ce sera rendre service aux études et assurer en même temps, d'une manière efficace, la conservation de ces manuscrits.

M. ChaIne.

1909, vol. 1, pp. 289-440. La Vie de Takla HâjmCmot du manuscrit 8 de cette collection y est traduite en entier.

(1) Voir sur la provenance de ces manuscrits Marcel Cohen, Rapport sur une mission linguistique en Abyssinie (i9i0-i9il) dans Nouvelles Archives des mis- sions scientifiques. Nouvelle série, fasc. 6.

(2) Récemment, M. Grébaut, dans la Revue de l'Orient Chrétien, t. XVII, p. 114, a commencé un travail sur les manuscrits de M. É. Delorme; c'est une excellente contribution aux études éthiopiennes.

TA^LE DES MATIÈRES

I. Bibliothèque «le l'Institut 1-

II. Bibliothèque Sainte-Ocneviève <j-

III. Bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle M.

IV. Musée ethnographique du Trocadéro T.

V. Bibliothèque de l'École des langues orientales vivantes L.V.

VI. Bibliothèque d'Aix-en-Provence A.P.

VII. Bibliothèque d'Arras A.

VIII. Bibliothèque de Besançon B.

IX. Bibliothèque de M. Duchesne-Fournet D.F.

X. BilDliothèque de M. Marcel Cohen M.C.

XI. Bibliothèque de M. Hugues Le Roux H.R.

XII. Bibliothèque de la Congrégation de la Mission L.

BIBLIÛTHÈC^UE DE L INSTITUT.

1 (4« C, 32, aj.

Sermons pour les fêtes annuelles de Saint Michel.

Le 12 de chaque mois, le Synaxaire éthiopien célèbre la mémoire de l'Archange Michel; le présent ouvrage renferme les sermons ou lectures assignés à chacune de ces fêtes.

1. Fol. 2. 12 Hedâr : Sermon de Timothée, ^«^-fcîPft i, évêque d'Alexandrie.

2. Fol. 8 v". 12 Tdhsâs : Récit d'un miracle de Samt Michel, accompli en faveur d'un certain Dorothée et de sa femme Théopiste.

.3. Fol. 14 v**. 12 Ter : Sermon sur la gloire de Saint Mi- chel.

O REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.

4. Fol. 23 V". 12 lakàtit : Récit d'un miracle opéré par Saint Michel en faveur d'un homme pauvre qui avait une grande foi.

5. Fol. 27. 12 Magâbit : Sermon de (Sévère) patriarche d'Antioche prononcé le samedi saint coïncidant avec la fête de la mémoire de Saint Michel.

6. Fol. 44. 22 Mijâzejâ : Sermon de (Jean d'Axoum), l'or- thodoxe.

7. Fol. 48 v°. 12 Genbot : Sermon d'un anonyme.

8. Fol. 50. 12 Saiw : Sermon de (Jean), l'évêque d'Axoum.

9. Fol. ~)1. 12 Hamlê : Sermon de (Jean d'Axoum), l'or- thodoxe.

10. Fol. 61 v°. 12 Nahasé : Sermon.

11. Fol. 04 v". 12 Maskaram : Sermon d'un anonyme.

12. Fol. 67 V". 12 Teqemt : Sermon sans nom d'auteur; les noms magiques de saint Michel.

13. Fol. 72. Récit de quatorze miracles de Saint Michel. I. Fol. 72 V". II. Fol. 73. III. Fol. 74. IV. Fol. 75. V. Fol. 76. VI. Fol. 77 v^ VII. Fol. 79 v°. VIII. Fol. 81. IX. Fol. 82 v\ X. Fol. 83 v°. XI. Fol. 84 \\ —XII. Fol. 87 v°. XIII. Fol. 90 v'\ XIV. Fol. 92.

14. Fol. 93 V". Un miracle de l'enfance du Sauveur.

15. Fol. 94 V". La doctrine des mystères, ^^"VCi' ' "iOr ht- •■.

En geez.

xix'= siècle: parchemin; 0"\2b sur 0™,18; 97 feuillets; 22 lignes; reliure indigène.

2 (8° A. 22 Z ***).

L'Exode.

La traduction amharique de ce livre a été exécutée, au Caire, au début du XIX*' siècle, par un abyssin nommé Abou-Roumi, sous les auspices du consul général Asselin de Cherville. La Genèse et le Lévitique que possède la Bibliothèque Nationale proviennent du même auteur. Voir H. Zoten- berg, Catalogue des manuscrits éthiopiens de la Bibliothèque Nationale. mss. 25 et 26. C'est un rapport de M. de Sacy qui nous fournit ces détails. Il annonce à l'Institut l'envoi de la Genèse et du Lévitique. « Précédem- ment, dit-il. la Classe avait reçu de M. Asselin un autre volume contenant

CATALOGUE DES MANUSCRITS ETHIOPIENS. /

l'Exode » . Rapport sur les travaux de M. Asselin de ChervUte, fait à la classe d'histoire et de littérature de l'Institut royal de France, au nom d'une commission, par M. le Baron Silvestre de Sacy, dans Magasin ency- clopédique ou Journal des sciences, des lettres et des arts, rédigé par A. L. Millin, année 1815, t. V, p. 297. Une copie de cet ouvrage fut offerte par M. Asselin de Cherville au Pape Pie VII. Cette copie se trouve actuelle- ment à la Bibliothèque vaticane, fonds Borgia, ms. 30. Elle porte le titre suivant : L'Exode en amharique, dédiée à Sa Sainteté Pie VII par Asselin de Cherville, agent du consulat de France en Egypte. Février 1818.

xix° siècle; papier: 0'",21 surO'M4; 148 feuillets; 18 lignes; reliure arabe.

II

BIBLIOTHÈQUE SAINTE-GENEVIÈVE. 1 (8», 3541).

Psaumes, Cantiques et Office de la Vierge.

1. _ Fol. -2. Psaumes avec Je cent cinquante et unième apo- cryplie.

2. _ Fol. 144. Cantiques des Prophètes de l'Ancien et du Nouveau Testament.

3. Fol. 158. Le Cantique des cantiques.

4. Fol. 167. Les louanges de la Vierge. ahS\(y s «^C^jT* «

Quelques notes du Comput ecclésiastique ont été ajoutées sur le pre- mier feuillet de garde. Les feuillets 183 et 184 .sont blancs.

Ce manuscrit appartint à Walda SelûsP (fol. 182 v") puis à Walda Mikâ'el (fol. 166 v»), qui a gratté le nom du premier propriétaire pour y mettre le sien. Il fut acheté en 1907 en Abyssinie par un hongrois, à un moine du monastère de Dabra Lihanos. Une note, en français, insérée dans le volume, fait remonter ce manuscrit aux xiv et xv^ siècles, mais il est, en réalité, beaucoup plus récent.

xvH'-xvni» siècle ; parchemin ; O-^.IG sur U"-,!? ; 184 feuillets ; les feuillets 1-143 sont écrits à longues Hgnes, les autres .sur 2 colonnes; 17 lignes; reliure indigène.

b REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.

III

BIBLIOTHÈQUE DU MUSEUM d'hISTOIRE NATURELLE. 1.

Vie d'abba Bula surnommé Abib.

Ce personnage, appelé Bulâ Çiy, hataoc), vécut du temps de l'empereur Maximien. Son père se nommait Abraham et sa mère Harik '\^\i :, Ils habitaient le pays de Loufi t^é» sur le territoire de Rome. Bula âgé de dix ans subit une première fois le martyre. On lui coupa la langue, les mains et les pieds; mais Saint Michel le guérit. Ayant eu, dans la suite, la tête tranchée, Saint Michel lui rendit de nouveau la vie, le condui- sit dans le désert et le revêtit de l'habit monacal. Là, Bulâ eut à subir les assauts de Satan; il fut sauvé par l'intervention de Notre-Seigneur, qui lui donna le surnom d"Abib : J^fl.»!! : v_,...;-o., ami. Sa fête au synaxaire est marquée au 25 de Teqemt.

En geez.

XIX' siècle; parchemin; O"",!! sur 0™,11; 45 feuillets; i colonnes; 13 lignes.

IV

MUSÉE d'ethnographie DU TROCADÉRO.

i (N-^ 6588).

Amulette.

Recueil de prières pour écarter les démons et les maladies.

Ce manuscrit a été rapporté d'Abyssinie par l'explorateur Paul Soleillet. En geez.

xix« siècle; parchernin; 1"',20 sur O^jO?; rouleau.

2.

Lettre du ras Gusna.

Cette lettre, adressée à Paul Soleillet, est rédigée sur papier,

CATALOGUE DES MANUSCRITS ETHIOPIENS. y

en amharique; elle ne porte aucune date. Elle est renfermée dans une enveloppe de toile huilée mesurant O^'jOS sur 0'",06.

Lettre d'un officier de la cour d'Ethiopie à Paul Soleillet.

Comme la lettre qui est décrite sous le numéro précédent, elle est rédigée en amharique sur papier et datée du 12 du mois de Sané de l'année 1877 (1885). L'enveloppe de toile hui- lée qui la contient, mesure Û^jOO sur 0'",09.

4 (6683). Les Livres de Salomon.

1. Fol. 1. Les Proverbes de Salomon.

2. Fol. 22. Le Livre de la Sagesse de Salomon.

3. Fol. 34. Le Cantique des cantiques.

4. Fol. 38. L'Ecclésiastique.

Dans l'intérieur du volume, se trouvent quelques feuilles manuscrites détachées.

1. Une lettre du roi Menilek II, en amharique, adressée à Paul Soleil- let. Sur papier; 11 lignes.

2. Collection de dessins à la plume, représentant des sujets tirés des manuscrits éthiopiens. Sur papier; Il feuillets.

3. Le début de la première épître de Saint Jean, communément désigné sous le nom de « Lettre de Jean », qui sert d'exercice de lecture, dans les écoles d'Abyssinie, pour les commençants. Sur parchemin; Om. 23 sur Om. 11.

Le volume qui renferme les Livres de Salomon, provient de la mission Du Bourg de Bozas. En geez.

xix= siècle; parchemin; 0"',25 sur 0"',20; 67 leiiillots; 2 colonnes; 26 lignes; reliure indigène.

5.

Le Synaxaire.

Ce recueil contient les six premiers mois du martyrologe éthiopien, du mois de Masharam à celui de Iakàtit inclus. Il

lu REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

a été détruit à moiti<'- par le feu; la première colonne du recto des feuillets et la deuxième colonne du verso ont été seules conservées. De la mission Du Bourg de Bozas.

En geez

xv-xvr siècle; parchemin; 0"',o7 sur 0"',24; 208 feuillets; 2 colonnes; 30 lignes.

V.

BIBLIOTHÈQUE DE l'ÉCOLE DES LANGUES ORIENTALES VIVANTES. 1

La doctrine des mystères.

-Ue volume, d'une forme très réduite, avait été fait pour ser- vir d'amulette.

Le.s feuillets 1-2 et 13-14 ont été laissés en blanc. En geez.

xix' siècle; parchemin; 0"',06 sur 0"',04; 14 feuillets; 18 lignes; reliure indi- gène.

VI

AIX-EN-PROVENCE.

Bibliothèque Méjanes.

4.

Psaumes, Cantiques et office de la Vierge.

1. Fol. 1. Les Psaumes avec le cent cinquante et unième apocryphe.

2. Fol. 117. Cantiques des Prophètes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Fol. 161 v°. Le Cantique des cantiques.

3. Fol. 170. Les Louanges de la Vierge. (D'fià, •• *^C^

r «

4. Fol. 187. Le Symbole de Nicée. En geez.

CATALOGUE DES MANUSCRITS ÉTHIOPIENS. 11

xix-^ siècle; parchemin; Û-Jô sur 0™,13; 187 feuillets; les fol. 1-169 sont écrits à longues lignes, les autres à 2 colonnes; 18 lignes; reliure indigène.

2.

Recueil de traités de magie.

1. Fol. 1. Formules magiques diverses. Fol. 3. Tables et cercles de divination.

2. Fol. 4 V". Recueil de seize tableaux divinatoires, suivis de seize chapitres en indiquant Tusage. Voir M. Chaîne : Cata- logue des Ma^mscrits éthiopiens de la collection C. Mondon- Vidailhet (Paris, 1913); numéro 22, fol. 22 v°, ao^dié.' 9^Tn

3. Fol. .jo. Traité en seize chapitres, pour la prédiction du temps.

4. Fol. 67 V . ^^n ao^-W^ «

5. Fol. 76. Mystère de David: pour la prédiction du temps.

6 Fol. 82. dxm ' hlià' ••

7. Fol 93 ,hfta î A.A.-> « - Fol 103 ,h^n ïl'Pïl'fl^ «

8. Fol. 130 v\ Wi^fl JÇ-flïje. •'

En geez.

xix" siècle; parcheuiin ; 0"',18 sur 0'",l(i; 141 feuillets: 23 lignes; reliure indi- gène.

3.

Recueil de salam.

Cet ouvrage appelé « Dieu règne », composé d'après les ordres du roi Zara lâ'qob (1434-1468), renferme des sald.m adressés aux principaux saints du Synaxaire éthiopien. Ces salâm sont différents de ceux de ce dernier. Ils sont disposés dans l'ordre du calendrier.

Fol. 4. Maskaram. Fol. 14. Teqemt. Fol. 23 v°. Hedâr.

Fol. 34 r. TàhmL Fol. 47 v°. Ter. Fol. 60. Iakâtit.

Fol. 70. Magûbit. Fol. 80. Mijâzejù. Fol. 89. Genbot.

12 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Fol. dd.Sanc. —Fol. 107 v"'. Hamlê. Fol. WdWNahasë.

Fol. 129 v". Pâgnemrn.

Sur les feuillets de garde et à l'intérieur de ce recueil, plusieurs pièces ont été ajoutées. Fol. 1. Fragment de prière. Fol. 2. Extrait du Sy- naxaire, 29 Tâhsas : Mort d'i^bgar, roi d'Édesse, mémoire des Martyrs d'Achmim. Fol. 45. Prière magique. Fol. 131. Autre prière magique.

Fol. 131 v°. Extrait du Synaxaire, 10 Ter : Sur le jeune établi par les Pères et docteurs de l'Église, pour la vigile de l'Epiphanie. Sur les marges de plusieurs feuillets, des salâm ont été ajoutés. En geez.

xix* siècle; parchemin; 0"',17 sur 0", 16; 132 feuillets, 2 colonnes; 16 lignes; reliure indigène.

4. Psaumes, Cantiques et office de la Vierge.

1. Fol. 1. Les Psaumes avec le cent cinquante et unième apocryphe.

2. Fol. 89. Cantiques des Prophètes de TAncien et du Nouveau Testament. Fol. 98. Le Cantique des cantiques.

3. Fol. 103 v°. Les Louanges de la Vierge. aa^fMy -. *»7C

^r «

En geez.

xix" siècle; parchemin; 0'",<S1 sur 0™,25; 116 feuillets; 29 lignes; reliure indi- gène.

5. Amulette.

Recueil de prières magiques pour écarter les démons. En geez. XIX' siècle; parchemin; 1™,79 sur 0"',07; rouleau.

CATALOGUE DES MANUSCRITS ÉTIHOl'IEXS. 13

VII

lillîLIOTHÈQl'E d'ARRAS. 1.

Psaumes, Cantiques et office de la "Vierge.

1. Fol. 1. Psaumes avec le cent cinquante et unième apocryphe.

2. Fol. 106. Les Cantiques des Prophètes de l'Ancien et du Nouveau Testament.

3. Fol. 117. Le Cantique des cantiques.

1. Fol. 123. Les Louanges de la Vierge. a>*^A> -• ^C

yr •••

Sur le feuillet de garde du début, fin d'un miracle de la Vierge et com- mencement d'un autre. Fol. 137. Extrait de catéchisme. Ce dernier morceau est en amharique, tout le reste est en geez.

xix" siècle; parchemin; 0"',85 sur 0",09; 138 feuillets; les feuillets 1-122 sont écrits à longues lignes, les autres sur 2 colonnes; 25 lignes; reliure indigène.

VIII

BIBLIOTHÈQUE DE BESANÇON. 1.

Psaumes, Cantiques et office de la Vierge.

Même ouvrage que celui de la Bibliothèque d'Aix en Pro- vence, numéro 1. Fn geez.

xvHp siècle; parchemin; 0"\17 sur 0™,15; 132 feuillets; reliure indigène.

2. La Bandelette de Justification.

Recueil de prières magiques, pour être placées sur le corps d'un défunt. En geez.

xix-^ siècle; parcheuun; 1"',79 sur 0,079; rouleau.

14 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

IX

COLLECTION DUCHESNE-FOURNET. 1.

Les Louanges de Dieu.

1. Fol. 2. Recueil de prières, pour tous les jours de la semaine, intitulé « Les Louanges de Dieu » .

Fol. 2. Lundi. Prière de Saint Basile de Césarée.

Fol. 15. Mardi. Prière de Saint Ephrem le syrien.

Fol. 36. Mercredi. Prière du même.

Fol. 51 v°. Jeudi. Prière de Jean Saba, surnommé le Vieil- fard spirituel.

Fol. 71 V". Vendredi. Prière d'Abbâ Sinodâ, Schnouti, l'ar- chimandrite. hC^^ •• OO^C^^lï K

Fol. 87. Samedi. Prière de Saint Athanase, le patriarche.

Fol. 99 v°. Dimanche. Prière de Saint Cyrille d'Alexandrie.

2. Fol. 113 v°. Prière commençant par ces mots : î\A"i* •• 'h'^iî^T ' (ïhrMn -■ *Ç.O^ î, etc

Des prières magiques ont été ajoutées sur le premier feuillet. Au fol. 45 v», un dessin représentant Saint Michel. Extrait de l'évangile de Saint Jean, ni : t II était un homme d'entre les Pharisiens, appelé Nico- dème... »

XIX" siècle; parchemin; 0"',18 sur O"",!?; 115 feuillets; 2 colonnes; 20 lignes; reliure indigène.

2.

Anaphore de Cyriaque de Behnesa.

Ce volume, d'un format très réduit, a été fait sans doute pour servir d'amulette.

XIX' siècle; parchemin; 0"',10 sur 0'",07; 50 feuillets; 12 lignes; reliure indi- gène.

CATALOGUE DES MANUSCRITS ÉTHIOPIENS. 15

3. Les Prophéties d'Isaïe.

Sur les feuillets de garde du début, un des possesseurs de ce manuscrit a ajouté la liste chronologique des rois de Juda et d'Israël.

xvii'-xviii" siècle; parchemin ;0'", 21 surO"',lS;57 feuillets; Z colonnes; 20 lignes; reliure indigène.

4.

Évangile de Saint Jean.

Sur le feuillet de garde de la fin, fol. 79 \°, un fragment du comput ecclésiastique a été ajouté.

XIX* siècle; parchemin; 0"',13 sur 0'",08; 80 feuillets; 17 lignes; reliure indi- gène.

5. L'Orgue de la Vierge.

Recueil de prières à la Vierge, divisées en sections, pour les sept jours de 1^ semaine.

Le manuscrit a appartenu successivement à divers possesseurs; l'un d'eux, au fol. 88 v", a ajouté une prière magique contre les serpents.

XIX' siècle; parchemin; 0"',18 sur O^jOS; 88 feuillets; 2 colonnes; 18 lignes; reliure indigène.

6. Le Cantique de la fleur.

Composition poétique en l'honneur de la Vierge.

XIX" siècle; parchemin; 0"',12 sur 0'",07; 37 feuillets: 12-16 lignes; reliure indi- gène.

16 REVUE DE l'orient CHRETIEN.

7. Chronologie abrégée des rois d'Ethiopie.

1. Fol. 1. L'ouvrage débute par l'établissement de l'ori- gine salomonienne des rois d'Ethiopie. Viennent ensuite les listes des successeurs d^'Ebna ^Elhakim, des rois Zàgiiê, des successeurs de lekuno ',4 ?/^/âA: jusqu'à Tèwoderos (1853-1868) et lohannes (1868-1889).

2. -- Fol. 66 v^ Coutumes et Institutions du royaume d'Abys- sinie; cérémonial de la cour.

Au fol. 84, quelques notes concernant la chronologie monastique ont été ajoutées.

XIX' siècle; parchemin et papier; 0'", 12 sur O',!?; 85 feuillets; 2 colonnes; 16 lignes; reliure indigène.

8. Vie de Takla Hajmanot.

1. Fol. 1. Récit de la vie de Takla Hajmanot. Rédaction Dabra Libùnos.

2. Fol. 81. Miracles de Takla Hajmanot.

Le début de révangile de Saint Jean a été ajouté au feuillet 96 v°. Le feuillet de garde de la fin, fol. 97, contient la préface ^e la Transniigra- tion des Patriarches, Abraham, Isaac et Jacob.

xvm* siècle; parchemin: 0"',22 sur 0'",16; 97 feuillets; 2 colonnes; 25 lignes reliure indigène.

{A suivre.)

LES MANUSCRITS ETHIOPIENS

DE M. É. Delorme {Suite) (1)

Introduction aux Quatre Évangiles; Traité d'Évagrius sur les huit mauvaises passions; Hexamèron d'Épiphane de Chypre; Gadla 'Adam; Mélanges.

1. Les premiers feuillets sont en grande partie illisibles. Au fol. 2 Salomon et la Reine de Saba, morceau édité dans i?OC., 1912, p. 315.

2. Introduction aux Quatre Évangiles. a) Introduction proprement dite. Incipit (F. 4 r'' a) flft^w» î K-fl : œatfii^ : (Dao'id.il '- 4»-^

'flrh.C ï K-fl î K*^^ ••:• Au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit, un seul Dieu éteimel. Nous commençons avec l'aide du Seig7ieur gloire à lui! Que son nom soit béni!... à écrire r Introduction aux Quati-e Évangiles glorieux et les Dix Canons dans la paix du Seigneur Père. Amen.

V Introduction est divisée en sept chapitres. (F. 4 r" b in fine) aiH-fc •• JZ-îi-fc I l-flC +^«7*1? \ (Dh^ih •• rM»^*i.^ '<- w

{l) Cf. ROC, 1912, p. 113.

OAIGMT CHRÉTIEN. 2

18 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

h^-b « flï'^je^A- î^ft«^h « (Ofi-nh^ : hChil'i' -• MC : Voici cette {division).[Chapitre)premier: nature; deuxième : utilité; troisièîne : règle; quatrième : signification du nom; cin- quième : d'où? [= origine]; sixième : but; septième : divi- sions [= titres] du récit.

Chapitre I. (F. 4 b in fine) "î-nc -' 4*-S<^*e •• flï*7'fl4-rt •• A 'U'ii: ! ao^di^ •• '^'Vf ' tum : ^CflA fl* Aje.flJ'^ HA "/A?" AA«fe+ M^ hooUy^Oh : ©nx, (F. 4 a) xr-^-a^ •■ "ÏA •• é.f}àlft^ l fl^A 1 flïfl9"*10C I (Chapitre) premier : nature. La nature de ce livre vivificateur est de {faire) gagner la vie éternelle aux fils de l'hoînme ainsi que leur arrivée veî^s leur Créateur par la parole et par r action.

Chapitre II. (F. 4 b in medio) ID^]A(^ •• fl'f'^'kîh 1 a}(\^%

^n-fl ïir*%0' : ^flLie.4» ■- hTCf- •• tn^^^i^i: î AMr î flïHC K- ! h9°ï*P*S ! rt^^'> I {Chapitre) deuxième : utilité. L'uti- lité de ce livre pur, de nouveau, {consiste) en ce que lui- même, pour {autant) qu'on en lit, démontre l'acquisition de la délivrance d'Adam et {de) sa postérité de la captivité de Satan.

Le récit de la chute d'Adam mérite d'être cité. (F. 6 a in initio) (D-t-'^-nh h'iïl ' fl>•ft'^ /^J^ h/î-A. I ffl^Af î^h '>^'^ Ar/iT^A l (DhM'CK^ Arh-^P^ WilC "TO-r HT

fi-à ■• r-ihà"t ':•• flj^n.A •■ nriii- 9^1^ •• j2-n.Ayi«»»- mh. K-firh-c Â,^'flAl^ hrw-A- àeoi : -îv^ : fliîhn.A" ^nA

^ ï îil^W-A- •• d0fl>- ï ©fl^Ki-fï •■ *?<{. î AôA n*^à\\^ 1V^-

jE.n.A> : MltK-nrh-C /uîh'nAl^ : hnV \\00 : h^^a^-p : 'P't I lDie.n.A •• hïi- f^-t- \l^tn»(D-i: : fliniîil: fh9"C •• h

IH.h'ilih.C ïioo : Afl ' nAdîn*»^ hnv ^^hw:^ -. hà?.

Vhf :•: flïKÇ'h'P î îl<w> : Th-TlAd î hl^fl^h-l-- î ' (D^-n^P s AK^9" : ho» •• jZ-ïhV- î HeKi'"4- i*"ï"f flJhïhf 1 ©Afl Xi

LES MSS. ÉTHIOPIENS DE M. É. DELORME. 19

'i^tD' ! îiî^Vl4- :: (Dïi'h ï +;^ (F. 6 b) A^> * ChCtao^ I fli

i-rt.?. hrff:/: ' 1ï^ -lin r^-^, •- àx'ir* l [Satan) se cacha alors (1) dans le corps d'un serpent et prit {cet) expédient pour la perte [d'Adam et d'Eve). Il apparut à Eve avec des paroles douces qui étaieyit remplies de ruse, et il lui dit : « Pourquoi le Seigneur vous a-t-il dit : Ne mangez pas de tous les arbres du paradis? » Elle lui dit : « Nous mangeons de tous les arbres; cependant pour le fruit de l'arbre qui est au milieu du paradis, le Seigneur nous a dit : N'en mangez pas, afin que vous ne mouriez pas certainement. » // lui dit : « Non certainement vous ne mourrez pas; mais le Seigneur sait que, lorsque vous en aurez mangé, vos yeux s'ouvriront, que vous deviendrez comme Dieu et que vous connaîtrez le bien et le mal. » // Vexcita du désir de manger de cet arbre et d\en) faire manger à Adam, afin qu'ils connussent le bien et le mal. Lorsqu'elle se fut soumise {'i.) à ses paroles, le désir de goûter (3) (le fruit) devint foi^t en elle avec une pensée d^ orgueil; elle se hâta de manger de cet arbre et d\en) faire manger à Adam. Ils outrepassèrent V ordre du Seigneur et transgressèrent ses paroles. Ils devinrent leurs propres meurtriers et ils fw^ent chassés de la terre du paradis vers la terre de la souffrance.

A reproduire aussi est le passage suivant sur les miracles de Notre-Seigneur. (F. 7 a in initio) fl)*J^ i Ç['t'h9°^'t î Îi7

4-^1- :•: (Ddx'PX ' ^fl ■• '^je. (Dh^nd : hÔ^4^^ '• 'h^'l î ft/V- ATl'î'f: :•: flJ?-!!^ •• H'î'f' : '^^î^'^'^ î (ûxi-f- -flH-'V ••

viA-j^ : . fl^^lA^l;^5: XïoD î ^^1.7 . .^n4'A"'^ .■ aîiA ch

(1) M. à m. : donc. (2) M. à in. : se fut inclinée. (3) M. à m. : rfw goût.

20 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN-

ii-i-P^ti^-f-an. j (DK! (F. 7 v" b) ^ .- M^^^'^a^ :•: Oï^'d «V.^ .■ \\ao : ^rClfa^ •' ^ît-t iih^ ^^«wfriv (1) hr^

"7* A 1 (2) (D^i'^ay' •• ^rj^'^* •• C"es^ surtout par les miracles que fit {Notice -Seigneur) que {les hommes) crurent : ouvrir les yeux des aveugles; purifier les lépreux; faire se lever les paralytiques; chasser les démons des malades; guérir les {êtres) atteints de diverses {maladies) (3); gourmander les vents; marcher sur l'eau; rassasier des milliers {de gens) avec peu de pains; ressusciter les morts des tombeaux; {faire d'autres miracles) qui ressemblent à ceux-là. Il a fait ces miracles pour plusieurs raisons : la première (4) d'entre elles, c'est afin que Satan regardât sa grandeur et sa puissance;... la deuxième, c'est afin que sur^vint la punition sur ceux qui avaie^it vu ces miracles, ne l'avaient pas suivi et s'étaient éloignés de lui;... la troisième, c'est afm qu'ils fussent la force de ceux qui C7^oiront en lui, l'énergie de leur dévotion et la force de leur foi; la quatrième, c'est afin qu'ils conduisissent ceux qui se converti7^ont de la perdition et suivront la justice.

Chapitre III. (F. 9 r" b in initio) «^Aft •• A^C'iH' I a)^*'C''i't '-

fi-i-P a^K^ih^ •' înn-c •• w-fcïfc 1 K'^-nn* -. w-a» ^H. i

{Chapitre) troisième : règle. La règle de ce livre illustre est donc de le lire tout le temps.

Chapitre IV. (F. 9 b in medio) (D^'iKh s îhKî^C^ I (D^ïi 9^0- H'i't: '• aofcdx^ .- hn-C «D'îïA I fflflï^lA (5) -WL A riA^îr ' bCô 1 (D^C^*^ih ft-flh^ '- Itxtïoo •. ^-rt-flh tD-

J^^i- : 'n*'iiLfl 4»^.ft ' ^ÙM ' (DtD-n-b^^ M: (6) {Chapitre) quatrièyne : signification. Signification {du nom) de ce livre illustre : l'Évangile. Évangile veut dire en langue grecque et signifie : « prédication », car il a été prêché au sujet de l'Incarnation du Verbe du Seigneur dans notre famille

(1) j6 est en surcharge. (2) T* est en surcharge. (3) M. à m. : les malades variés. (4) M. à m. : l'une. (5) Le «d copulatif est en surcharge. (6) f| est en surcharge.

LES MSS. ÉTHIOPIENS DE M. É. DELORME. 21

{humaine) et {an sujet) de Vhabitation de r Esprit-Saint sur nous et en nous.

Chapitre V. (F. 9 v" a in medio) (D^9^t\ -. hî^h^'fr i œaow

1' ! ïflJëhA '^C.^o^ ' ?i*1H?i> ï hî^W-A- : KCJ^d^ i flïrt<w

ira^ nhrhCR'ài' ih9C^^ l 6Îi9"Jiirai»- : *^C*ft : ©

HliV ^J^>» AAfl>-A-ft :•: (D?,^4^ î ?t7h ! a^ft'^ : K'ir-C : Crh^J*^ (F. 9 b) œhll'l'i [•■] fl>-A-^^ l flA^^ s HHH.

hO' :•: {Chapitre) cinquième : d'oii? Le fondement de ce livre illustre est auprès du Seigneur grand et puissant. Il a quatre rédacteurs : deux d'entre eux {font partie) des douze apôtres, que Notre-Seigneur a choisis parmi tous les disciples et {qu')il a appelés apôtres; ce sont Matthieu et Jean; deux d'entre eux {font partie) des disciples des apôtres; l'un d'entre eux est Marc : c'est lui qui fut le disciple de Pierre; Vautre est Luc : cest lui qui fut le disciple de Paul. Ils ont même écrit dans des pays éloignés {les uns des autres), {à) des époques différentes {et) dans des langues diverses.

Chapitre VI. (F. 9 V b in medio) (Df^^{l .- 9"tl^Yl '<•■ (D9^{i

'^h li-i-U ! <w»^^^ : hn-C « (1) iih^ : l-ilC ' 9>»UX (D

'flOi* s A-tl '<' {Chapitre) sixième : but. Le but de ce livre illustre {est) d'être excellent pour n'importe quelle œuvre et n'importe quel cas, il est besoin d'un peu de sagesse. En effet, le but de ce livre illustre ainsi que son dessein {est) de f noies) attirer vers la discipline de l'intelligence.

Chapitre VIL (F. 10 a in fine) (Dfi'(\ô '• hCùh'ï' '- *i1C ''.• a)

(l) Ces quatre mots sont en surcharge.

22 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Tr^ l flIfl^ft'fc;^ •■ -tlfi •• *li*»«^ : H^A flJIfUC 1 [Chapitre) septième : divisions du i^ëcit. Les divisions du récit de ce livre illustre {sont utiles). En effet, elles sont clawes et {elles contiennent) en elles-mêmes une explication nette pour les paroles et les faits.

b) Les dix canons d'Eusèbe et d'Ammonius.

(F. 10 r b in fine) œ-^M. '• hCà (F 10 v" a) ft^ : ^ihO^ •■ ït-ii- î -tu^a •• K4"^C ! h'ia^^ îtKV I nh'idC'P h(\(D-

A- î î^ftA.* 1 h'^t :•: ï? flJAg ! XflJë : hCdA^ I «^-feîPA :

r? î î AtCdA^' I '^C^A ëg ! mfli| : ^Cdft^ 1 /V-.*ft : r

hcùti^ ' hnje.^ nJiAh : oo?;:,hç^ •• n^nT : eg î -g-i s k

^tl '• -g-l hCdA^ I P-rh^ft : ^1 ! hCbîï^ 1 A^om6/ 6 c/es joe/Z/s chapitres, à cause desquels ont été fixés les canons qu'ont établis les Pères illustres et saints Ammonius et Eusèbe. Que leur prière soit avec nous! Amen. {Total) : il65 chapitres. Matthieu : 355 chapitres; Marc : SS6 chapitres; Luc : 34-3 chapitres; Jean : 232 chapitres. Nombre des grands chapitres dans l'autre livre, en copte : {total) : 287 chapitres; Matthieu : iOl chapitres; Marc : 51 chapitres; Luc : 86 cha- pitres; Jean : 46 chapitres.

Les Dix Canons d'Eusèbe et d' Ammonius proprement dits sont édités dans ROC, 1913, p. 314.

c) Lettre d'Eusèbe a Carpien. (F. 11 a in medio) >ia)-A.'n[p-]A = h^Ck^^îh l (1) Mh

^ :•;: (D'h9°'ïi •• hChh't •- 9°'}(\(\^ 'i' Eusèbe à Carpien. Joie

(1) Ms. : A-f^^C^yfi.

LES MSS. ÉTHIOPIENS DE M. É. DELORME. 23

santé à toi, iuon frère rjue j'aime, de ta part du Seigneur! Ammonius d'Alexandrie avec beaucoup de diligence et de soin a donc fait et laissé pour nous l'ouvrage : « Comment concordent les Quatre Évangiles », puis {la liste des) cha- pitres [= titres] des leçons.

d) Dissertation sur la concordance des Quatre Évangiles.

(F. 11 V- b in medio) ^H'B A^'Ci^ •:'■ fih'i'i' 'V'Tl^li' : fi*

ftao' tj: ^/[ : (WioD î jR^<(.4»J^ :•: Dissertation sur la concor- dance des paroles des Quatre Évangiles. Alors que l'aide {du Seigneur les) suivait, deux seulemeyit d'entre les apôtres ont donc écrit l'Évangile ainsi que deux de leur suite : l'un, le propre disciple de Paul; l'autre, de Pierre. Avec Jean et Matthieu ils ont donc écrit les Évangiles, sans rechercher la gloire pour eux-mêmes, mais comme il convient.

A cette dissertation est ajouté un court résumé sur la rédac- tion des Évangiles. (F. 12 v" a in medio) Oft^w : K-fl ' flJflïA

o^'iCl ' (D'iT^fi^ i Au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit, un seid Dieu. Gloire au Seigneur, principe des Évan- giles!... (F. 12 b in medio) Rrh^?* •• o(D'i1f[(D'^'} s flKUT-C î A.A-^7 (DahU'^'i ahà'm'i ï maM'i ' nnnhih •• atohli ^ao^ : <^-fc{Pft : fl)"7C*ft ' /V-^ft •' (D?-di'ill l- Les quatre Évangélistes ont écrit {l'Évangile) dans des pays divers, à des époques variées et dans des langues différentes. Ce sont Matthieu, Marc, Luc et Jean. Vient ensuite la Notice sur Matthieu VÉvangéliste, éditée dans ROC, 1913, p. 312, qui forme le desinit du traité : V Introduction aux Quatre Évan- giles, que nous venons d'analyser.

{A suivre.) Sylvain Grébaut.

Neufmarché (Seine-Inférieure), le 2 Janvier 1911.

UNE MISSION EN ORIENT SOUS LE PONTIFICAT DE PIE IV

Le ms. 2125 (Barb. lat.) de la Bibliothèque Vaticane contient une copie des lettres pontificales de Pie IV (1559-1565). Les fol. 180-186 et 187 v"-188 contiennent des lettres données en 1565 par ce même pontifie à propos d'une mission envoyée par lui en Orient. Le but de cette mission, c'est lui-même qui nous le dit dans sa lettre à son Nonce : « Cum Michael et Neemas, « dit le Pape, Primates, sive Patriarchae, ut appellantur, ille « Armeniorum in loco, qui Eccimiazin dicitur, hic Jacobi- « tarum, in oppido Merdin, résidentes, missis ad Nos literis, « et Nunciis suis, communionem Sedis Apostolicae sese expe- « tere, eique debitam obedientiam una cum his, quibus prae-

« sunt, praestare paratos esse ostenderint, Nos, de tua fide,

« solertia, industria multum in Domino confisi, ad eorum

« voluntatem certius explorandam, et fidem cognoscendam

« [tej Nostrum, et Sedis Apostolicae Nuncium, tenore praesen- « tium, constituimus, et destinamus, tibi in virtute sanctae « obedientiae mandantes, ut primo quoque temporead ea, quae

« diximus, exequenda te conféras Volumus quoque, et

« in eadem obedientiae virtute mandamus ut in eodem itinere « invisas venerabiles fratres, Nicolaum, Nescivanae in Arme- ce nia majore Archiepiscopum, et Petrum Maronitarum, atque « Abdissu de Mussal, in Assyria, Primates, sive Patriarchas. »

Il ne serait donc pas inutile de faire connaître ces lettres pon- tificales aux lecteurs de la ROC qui s'intéressent à l'histoire des Églises Orientales. Aussi avons-nous préféré en donner dans cette même Revue la publication textuelle, en suivant l'or- dre selon lequel elles sont insérées dans le manuscrit de la

UNE

[ISSION EN ORIENT SOUS LE PONTIFICAT DE PIE IV. 25

Vaticane, sans suivre pourtant, toujours et partout, la ponc- tuation du copiste.

La première lettre, écrite le 10 mars 1565, est celle par la- quelle le Pape constitue Nonce Jean-Baptiste évêque des Abys- sins domiciliés en l'Ile de Chypre. Abyssinien lui aussi, mais élevé et formé à Rome, Jean-Baptiste a été sacré évêque à l'occasion de cette mission pour mieux remplir son mandat et avoir plus de crédit et d'autorité auprès des susdits Prélats, ainsi que le Pape lui-même le dit dans sa lettre adressée à Mi- chaël, Patriarche des Arméniens (let. n. III).

La deuxième lettre est adressée à Nicolas, Archevêque de Nescivana de la Grande-Arménie. Elle porte la date du 23 fe- rler 1565. Le Pape y déclare avoir donné à Jean-Baptiste l'or- dre de visiter en son nom Nicolas, son clergé et son peuple. De plus le Pape envoie à Nicolas, par l'intermédiaire de son Nonce, les Décrets portés par le Concile de Trente et lui prescrit d'en accepter « ea, quae ad fidem pertinent ».

C'est à ce même Nicolas que Pie IV avait écrit, trois ans auparavant, c'est-à-dire en 1562, et lui avait ordonné d'envoyer au Patriarche des Chaldéens, Abdissu, un homme versé dans l'étude de la langue syriaque et les sciences ecclésiastiques. Cette lettre de 1562 fut publiée par Raynaldus (I).

La troisième lettre fut écrite le 22 février 1565 à Michaël, Patriarche Arménien de l'Obédience (Catholicat) d'Etchmia- dzin (Eccimiazin) (2). Il s'agit de Michaël de Sébaste (ou de Sepastatzi), qui a été Coadjuteur de son prédécesseur immédiat, Stépanos V, de 1542 jusqu'à son élévation au siège patriar- cal (3). Or il a été nommé Patriarche, croyons-nous, avant 1564, parce qu'il avait écrit, comme Patriarche, à Pie IV une lettre datée du P'' avril 1563, et qui commence ainsi : « A porta « Eccimiazin, et ab omnibus Sanctis ibi commorantibus, et a « cunctis Archiepiscopis, et ministris illius loci, et a Michaele

(1) Continuât. Annal. Baron., ad an. 1562, n. 30.

(2) La nation Arménienne, qui compte trois millions d'hommes, a actuelle- ment sept hiérarchies différentes : les quatre Catholicats indépendants d'Agh- tamar (1113), de Jérusalem (1311), de Sis en Cilicie (1441) et d'Etchmiadzin dans la Grande-Arménie (1441), les deux Patriarcats uni et non-uni de Constan- tinoplc et l'Archevêché autonome de Léopol en Autriche (L. Petit, Diction, de Théol. cath. Vacant- Mangenot, au mot « Arménie », col. 1505).

(3) L. Petit, 1. c, col. 1905 et 1924.

26 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

« Patriarcha, et ab omnibus fratribiis dilectis, qui omnes simul « dévote osculamur pedes Patris nostri S. Pii IV, qui vere (f Petrus est », etc. (1). De plus les lettres envoyées par le même Patriarche à Pie IV en 15G2 et la réponse du Pape à ces lettres (2) montrent que Michaël était déjà Patriarche à cette époque, puisqu'il en appert qu'il demande au Souverain Pontife de le confirmer : (( sperantes ac petentes, écrit le Pa- triarche, ut confirmetis et reno vêtis Condacium nostrum (3) ».

Le Patriarche Michaël envoie à Rome, le 20 mai de l'an 1562, Abgar, accompagné de ses deux fils : Sultan et Alexandre, et les charge de présenter, en son nom et au nom de son peuple, la soumission et l'obéissance au Pontife Romain et de lui deman- der de le recevoir dans la communion du Saint-Siège. Arrivé à Chypre, Abgar écrit une lettre au Patriarche. Or ce dernier, ne recevant plus de lui après cette missive aucune nouvelle, s'adresse directement à Pie IV par sa lettre de 1563 pour lui demander si ses envoyés étaient arrivés auprès de lui (4).

Abgar était, en effet, arrivé à Rome avec ses compagnons. Il y a émis au nom des Arméniens une profession de foi aussi importante que solennelle, écrite le 10 novembre 1564 par lui et par le prêtre Alexandre, son fils. La traduction en latin de cette profession de foi est publiée par Raynaldus (5).

Après quoi, Pie IV a répondu aux lettres du Patriarche par sa lettre de 1565, dont il s'agit, et lui a envoyé l'évêque Jean- Baptiste en qualité de Nonce Apostolique.

La quatrième lettre porte la date du 23 février 1565. C'est une lettre adressée par le Pape à Abdissu, patriarche des Chaldéens (6). Élu patriarche en 1555 par son clergé et son

(1) Raynaldus, up. cit., ad an. 1564, n. 51.

(2) La réponse de Pie IV est celle dont nous parlons ici et que nous publions aujourd'hui dans la ROC.

(3) Le mot « condacium » est un mot Arménien qui signifie : bulle, bref, décret (A. Balgy, Hisloria Doclrinae catholicae inter Amenas, p. 165; Raynal- dus, op. cit., ad an. 1564, n. 51).

(4) Raynaldus, op. cit., ad an. 1564, n. 51-52.

(5) Op. cit., ad an. 1564, n. 52.

1^6) En 1551, à la mort de Siméon V, une scission éclata dans la nation Chal- déenne et en bifurqua le Patriarcat. Deux Patriarches, en effet, succédèrent au Patriarche défunt : Siméon VI Bar Mama et Jean Sulaka. Ce dernier se soumit au Souverain Pontife et vint à Rome il fit le 10 février 1553 sa profession de foi aux pieds de Jules 111 qui le proclama, le 9 avril de la même année, Patriar-

UNE MISSION EN ORIENT SOUS LE PONTIFICAT DE PIE IV. 27

peuple, Abdissu était venu à la Ville Éternelle à Tépoque du Concile de Trente et y avait reçu \epallium et professé sa foi et sa doctrine exprimées par lui en langue Chaldéenne, inter- prétées ensuite et traduites en latin. Cette profession de foi, écrite de sa main, est datée de Tan 1562. En outre le Patriar- che, ne pouvant pas prendre part au Concile de Trente, a dé- claré par écrit qu'il était disposé à accepter tous les Décrets qui seraient portés par les Pères ainsi qu'il acceptait tous les Conciles OEcuméniques et qu'il y adhérait pleinement. Il a affirmé sa déclaration par serment et a promis de rester, lui, ses évêques et son peuple, en parfait accord avec l'Église catholique (1).

L'original syriaque de cette profession de foi, copié par le R. P. S. Giamil sur l'autographe conservé à la Bibliothèque Vaticane (ms. syr. Vat. n. 99), a été édité par lui (2).

Pie IV fait allusion à cet événement dans les lettres que nous publions. Il rappelle, en effet, au Patriarche sa promesse, faite en 1562 sous hi foi du serment, et raconte à l'Archevêque de Goa par sa lettre de 1565 (n° V) qu'il a donné, lui-même, le pallium à ce Patriarche qui était venu « abhinc circiter trien- nium, communionis Ecclesiae Romanae obtinendae causa, ad Sedem Apostolicam usque ex Assyria ». Cet événement est aussi relaté par la lettre du Pape adressée en 1565 à l'Évêque de Cochin, lettre que nous publions ici sous le n" VI (3).

che des Chaldéens. Le premier, c'est-à-dire Siméon VI, gouverna ceux de la nation Chaldéenne qui étaient restés Nestoriens. ;Abdissu fut le successeur im- médiat de Jean Sulaka (Assemani, Bibl. Or., t. III, p. II, pp. 164-166, 407, 412).

(1) Panvinius, De vit. Pontifîcum Roman. [Vita PU IV), p. 413; Raynaldus, op. cit., ad an. 1562, n. 28-29; Assemani, Bibl. Or., t. 1, p. 536 sq.; t. II, p. 557; t. 111, p. 1, p. 621; Le Quien, Oriens Christ., t. II, col. 1159-1160. Le patriarche montre dans sa déclaration toute l'étendue territoriale de sa juridiction et y énumère les Évêchés et Méti-opoles qui relèvent de son Patriarcat.

(2) Geminae relationes inter^Sedem Apostolicam et Assyriorum Orienlalium seu C haldaeorum Ecclesiam, nunc majori ex parte primum editae, historicisque adnotalionibus illustralae. Cura et studio R. mi Abbatis Samuelis Giamil, etc. Roma, Erm. Loescher, 1!J02, in 8°, xi.vui-648 pages, p. 41 et seq

(3) Les trois lettres pontificales que nous venons aujourd'hui publier dans la ROC, c'est-à-dire celles que Pie IV à adressées au Patriarche Abdissu, à l'Ar- chevêque de Goa et à l'Évêque de Cochin, ont été publiées par le P. Giamil [op. cit., p. 69-73). IMais le P. Giamil n'a pas copié ces lettres sur les originau.x; il les a copiées sur une copie conservée aux Archives Vaticanes {Arcliiv. Cas- tel. Armad., Vil, caps. V, n. 9).

28 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Il s'agit dans la lettre adressée par le Pape à Abdissu de l'Archevêque Abraham, qui vint à Rome a la suite de graves démêlés qui surgirent entre lui et le Métropolite Joseph. C'est qu'en effet ce dernier, ordonné et nommé Métropolite des Malabares par Abdissu, a été ensuite accusé de nestorianisme et exilé au Portugal. Les Malabares prièrent alors le même Abdissu de leur donner un autre Métropolite, ce que fit le Pa- triarche en leur envoyant le dit Abraham. Mais le Métropolite Joseph trouva enfin le moyen de se délivrer de l'exil et de re- tourner à son siège. Et à peine arrivé en Malabar, il chercha à en expulser Abraham et obtint du Vice-Roi qu'il fût renvoyé. Abraham se rendit alors auprès d'Abdissu qui lui conseilla de prendre le chemin de Rome. Abraham, armé de lettres de recommandation, écrites par le Patriarche au Pape, vint à Rome (1) et fut reçu par Pie IV. Voilà pourquoi le Pape écrivit ses lettres à Abdissu, à l'Archevêque de Goa et à l'Évêque de Cochin. Ce ne fut donc pas sous Pie V, comme le dit le célèbre Assemani (2), que cet événement eut lieu, mais ce fut Pie IV, ainsi que les lettres pontificales le montrent, qu'il reçut Abra- ham en question.

Les susdits Joseph et Abraham furent les derniers évêques indigènes des Syriens de Malabar, qui n'ont plus été gouvernés par des évêques de leur rite jusqu'à l'année 1896 (3). Léon XIII, par le Bref « Quae rei sacrae » du 26 juillet 1896, confia les fidèles Syro-Malabares à des évêques indigènes de rite syriaque.

La septième lettre, écrite le dernier jour de février 1565, est adressée a Neemas (ou Nehemes ou Nehematalla), Patriarche Jacobite, connu sous le nom d'Ignace XVII (4). La conversion de ce dernier à l'Église catholique a été, ainsi que nous l'avons dit, l'une des causes de l'envoi de Jean-Baptiste en Orient, muni de cette lettre pontificale écrite au Patriarche. Mais Neemas n'a pas persévéré dans la foi. Non seulement il a aban-

(1) Assemani. Bibl. Or., t. III, p. II, pp. 165-166, 446-447; Le Quien, Oriens Christ., II, col. 1280; Giamil, op. cit., p. 31-32; /ÎOC, t. XVII, (1912) p. 80.

(2) Bibl. Or., III, p. II, p. 165.

(3) R. Janin, dans Echos d'Orient, an 1913, p. 532-534.

(4) Assemani, Bibl. Or., t. I, p. 536; t. Il, Dissert, de Monoph.. n. VII et p. 482.

UNE MISSION EN ORIENT SOUS LE PONTIFICAT DE PIE IV. 29

donné le Catholicisme, mais il a complètement renié la foi chré- tienne par l'apostasie. Déchu, à la suite de ce crime, de la di- gnité patriarcale, il est venu à résipiscence; il est même venu à Rome pour faire sa pénitence et se faire recevoir dans la com- munion de l'Église. C'était sous le Pontificat de Grégoire XIII. Il était encore à Rome lorsque Léonard Abel, Évêque de Si- don, fut envoyé en mission par Grégoire XIII auprès des di- verses communautés chrétiennes de l'Orient. Le Patriarche Jacobite était alors Ignace XVIII, frère du Patriarche déchu (I).

La lettre VIII (23 février 1565) est adressée au Patriarche Maronite. C'était Moïse Ackari, qui a été Patriarche des Maroni- tes de 1524 à 1567 (2).

Cette lettre, que nous publions dans la ROC, manque dans le « Bullarium Maronitarum » publié en 1911 par le R. P. T. Anaissi (3).

Rome, le 28 décembre 1913.

Pierre Dib.

*Venerabili fratri Joanni Baptistae, Episcopo Sancti Salva- toris in Cypro, Nostro, et Sedis Apostolicae in Armenia, et Orientis partibus Nuncio.

Venerabilis Frater, salutem etc.

Cum Michael, et Neemas Primates, sive Patriarchae, ut ap-

(1) Assemani, loc. cit. Voir aussi le vol. 137-138 (fol. ?8 v) des Archives Vati- canes (fond. Borghese; Ser. I) et l'Armad., XI, caps. 7, n. 7 (Archiv. di Castel.). Voir aussi le vol. 124 d, fol. 282-283, Ser. 111, fond. Borghese des mêmes Ar- chives. Voir aussi l'original d'une supplique arabe envoyée à Grégoire XIII, conservé à la Bibl. Vat. (Ms. Vat. Arab. n. 48, fol. 63).

(2) Annales du Patriarche Maronite El-Douaïhi (1670-1704) au Ms. de la Biblio- thèque Vaticane écrit en 1710 (Vat. Arab. 683, fol. 80 et 87 v"); voir aussi Assemani, Bibl. Or., t. I, p. 522.

(3) Bullarium Maronitarum complectens bullas, brevia, epislolas, constiliUiones, aliaque documenta a Romanis Pontificibus ad Patriarchas A ntiochenos Syro-Ma- ronilarum missa. Roma, Max. Bretschneider. Via del Tritone, 60, in-8% 578 pages. Prix : 15 francs.

fol. 180

30 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

pellantur, ille Armeniorum in loco, qui Eccimiazin dicitur, hic

fol. 180' Jacobitarum, *in oppido Merdin, résidentes, missis ad Nos lite- ris, et Nunciis suis, communionem Sedis Apostolicae sese expe- tere, eique debitam obedientiam una cum his, quibus praesunt, praestare paratos esse ostenderint; Nos, qui pro commisso Nobis officie, omnibus Nos esse novimus debitores, cupientes eos, et populos illis subiectos ab erroribus, in quibus versari dicuntur, abducere, et ad unitatem Ecclesiae Catliolicae revo- care, atque ita, et divino honori inservire, et tôt animarum precioso Christi sanguine redemptarum saluti consulere, ac providere, de tua fide, solertia, industria multum in Domino confisi, ad eorum voluntatem certius explorandam, et fidem cognoscendam, eosque in tam sancto, et salutari proposito con- firmandos, et fidem Sanctae Romanae Ecclesiae eiusdemque caerimonias, ac ritus sacramentorum ecclesiasticorum edocen- dos, [te] Nostrum, et Sedis Apostolicae Nuncium, tenore prae- sentium, constituimus, et destinamus, tibi in virtute sanctae obedientiae mandantes, ut primo quoque tempore ad ea, quae diximus, exequenda te conféras; ac si, ut 'ostendunt, Ecclesiae Romanae Primatum agnoscentes, ei debitam obedientiam prae- stare, fidemque eius suscipere, et sibi subiectos docere, para- fes eos esse repereris, volumus, ut libellos, quos tibi dedimus, fideliter, et diligenter sibi per te interprétâtes, manibus suis subscribant, et sigillis propriis obsignent, eorumque exempla authenlica itidem subscripta, et obsignata, per fidèles Nuncios sues tecum una cum mandalis idoneis venturos ad Nos mitti cures. Volumus quoque, et in eadem obedientiae virtute man- damus, ut in eodem itinere in visas Venerabiles Fratres Ni- colaum Nescivanae, in Armenia maiore, Archiepiscopum, et Petrum Maronitarum, atque Abdissu de Mussal, in Assyria, Primates, sive Patriarchas, et iis, quae apud eos geruntur, per- spectis, si quos, vel in fide errores, vel in ritibus abusus apud eos repereris corrigas, et emendes; nisi si quid eiusmodi fuerit, de quo Sedem Apostolicam duxeris consulendam. Commissum igitur tibi a Nobis, Dilecte Frater, officium prompte animo, alacrique suscipiens ad id obeundum accingere, ac Dei auxilio fretus, et Beati Pétri, cuius a Sede mitteris, patrocinio, ea fide,

fol. 181 Mntegritate, abstinentia, sedulitate, iisque virtutum exemplis id exequi stude, ut quantopere Dei honorem, et liuius Sedis

UNE MISSION EN ORIENT SOUS LE PONTIFICAT DE PIE IV. 31

existimationem diligas, actiones tuae déclarent, pro piis obse- quiis, ac laboribus tuis, propter paratam tibi a Domino merce- dem remunerationis aeternae, Nostram, et huius Sanctae Sedis uberius gratiam acquisiturus.

Datum Romae apud S. Petrum etc. ; die X Martii M. D. LXV., Pontificatus Nostri anno sexto.

II

Venerabili Fratri Nicolao Archiepiscopo Nescivanae, in Ar- menia maiore.

Venerabilis Frater, salutem etc.

Longissima, quibus disiungimur, maris, et terrarum inter- valla, et itinerum, per tôt infidelium Provincias, pericula Nobis facultatem eripiunt Fraternitatem Tuam saepe nostris literis alloquendi, et ex tuis literis de tua incolumitate, tuaeque eccle- siae statu cognoscendi : quo fructu sane dolemus Nos privari. Sed qui locis distamus, spiritu copulamur. Hoc autem tempore oblatam nobis occasionem esse gaudemus mittendi in istas partes Nuncii Nostri, cujus mittendi causam attulit Patriarcha Armeniorum, ut vocatur, in loco qui Eccimiazin dicitur, rési- dons. Scito enim illum, superiore anno, misisse ad nos Nun- cium, et Oratoremcum literis, per quem significavit Nobis de- siderium suum obtinendae Communionis Nostrae, ac Sedis Apostolicae, cujus Primatum agnoscere se ostendens, ei humi- liter se cum clero suo subjicere, et obedire velle professus est. Itaque nos ad explorandam certius mentem, et voluntatem eius, misimus Venerabilem Virum Joaniiem Baptistam Abys- sinorum, Cyprum Insulam incolentium, a Nobis coiistitutuin Episcopum, opportunis mandatis, et facultatibus instructum; eique mandavimus, ut in eo itinere Fraternitatem etiam tuam invisat, teque, et dilectos filios clerum, ac populum tuum Nostris verbis salutet, vosque omnes diligenter. Quia vero pro ecclesiarum omnium sollicitudine, et cura Nobis commissa ve- hementer cupimus, te, et clerum, ac populum tuum salutarem dûclrinam S. R. E. integram, illibatamque retinere, etsi credi- mus vos fideliter in ea persistere, et eos ritus diligenter, ac dévote * observare, quos ipsa Komana Ecclesia servat, vobisque * foi. isi'

32 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

servandos tradidit, tamen, si quid aliqua correctione egere ipsi Episcopo visum fuerit, poteris ac debebis pia ejus monita, salu- briaque consilia tanquam Nostra suscipere. Fuit enim jam inde usque a puero alumnus Ecclesiae Romanae, eiusque ritus, ac ceremonias optime didicit. Debes autem Nobiscum una preces ad Deum, Frater, assiduas fundere, ut dictus Patriarcha una cum clero, ac populo suc cum bac Sede sese coniungat, eiusque fidem suscipiat. Ad quam coniunctionem, et unionem perficien- dam scimus charitatem [tuam] non esse hortandam a Nobis, ut divini lionoris, et animarum salutis causa, quicquid poterit, studiis conférât, consiliisque suis ipsum Nuncium nostrum juvet. Accipies ab eo librum Decretorum Sacrae Oecumenicae, et generalis Synodi Tridentinae, quae, necessitatibus Ecclesiae ita flagitantibus, Nostra cura, et diligentia nupercelebrata, et, Deo favente, féliciter est peracta. Cujus Nos décréta auctoritate apostolica confirmavimus , et ab omnibus Chrisli fidelibus suscipi, observarique praecepimus. Proinde tu quoque ea, quae ad fidem pertinent, suscipere, ac servare debebis. Omni- potens, et misericors Deus, te, Dilectissime Frater, et clerum, ac populum tuum crantes pro Nobis incolumes custodiat, et ea vos patientia, atque virtute tribulationes, et angustias, quas, eo permittente, suffertis, ita perferre concédât, ut pro brevibus laboribus aeternum vestrae constantiae praemium ab eo acci- pere mereamini.

Datum Rornae apud Sanctum Petrum sub annule Piscatoris, die XXIII Februarii M. D. LXV., [Pontificatus Nostri] anno sexto.

{A suivre.)

VERSION SYRIAQUE DE L'HISTOIRE DE JEAN LE PETIT

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(Ij Voy. ROC.y 1912, p. 343; 1913, p. 53, 124, 283.

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34 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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LA VERSION SYRIAQUE DE l'HISTOIRE DE JEAN LE PETIT. 35

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36 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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LA VERSION SYRIAQUE DE l'hISTOIRE DE JEAN LE PETIT. 37

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38 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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LA VERSION SYRIAQUE DE l'hISTOIRE DE JEAN LE PETIT. 39

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40 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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LA VERSION SYRIAQUE DE l'hISTOIRE DE JEAN LE PETIT, 41

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42 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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LA VERSION SYRIAQUE DE l'HISTOIRE DE JEAN LE PETIT. 43

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44 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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LA VERSION SYRIAQUE DE l'hISTOIRE DE JEAN LE PETIT. 45 ^^O ^J^ j.^ .t-^/o f.^^ •)^t-A9 )^^^ N^OU)^ ^9 P

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(92) A * les trois yods de la lin de ces mots. (93) ^0,^1./ A. (94) A + Pu f^.. (95) ^,oî;o A. (96) .roo-^aa, p.

46 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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(A. loi. 112 v) .'^'^)[)L-w^a-jL ij-.;! )lo j.v>.ot^ oilo-iCLso .ovJLiw^a^ ^^ JLiIbo «Jua^o .ot^^o ) .... » ^ Xol^ '^.iu^i/o ^l ^K^/ Ub, U^-'h, -.oC^; vQ-^^o|-^ vpo po/î ^/

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(97) A + )°°i- (9^) A -]- )oo,. (99) Les mots entre crochets sont grattés dans le manuscrit P et on lit en marge : pLio-opo jio 00, 1;

(sic) ^r^^^a; ItsJL^^xs ^ûDOjJomi. p.ao) ww-j» ^io ooi. (100) ipotsJO A.

(101) ^îo^ta^i A.

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LA VERSION SYRIAQUE DE l'HISTOIRE DE JEAN LE PETIT. 47

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(102) iNViojLioo A. i.ire |i.aj..^o. (103) A -|- |N.ûi>3. (104) i-ii.. A. (105) A + ^/o iio-H^^;. (106) vrj^ P. (107) ^vûla.o ^oov^; p. (108.) A * po, p«ùoo, (109) ^o, iJvjLo; A. (110) wooiutLo A,

48 ' REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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(lllj iLcii^ A. (112) P * ^-uL^xic. (113) ^i^^^jo A. (114) A * ^toj ).^^^ ^^o. (115) A * depuis po, iv^ooco^o. (116) P * les trois derniers mots.

TRADUCTION

Le bienheureux abba Jean les quitta rempli d'une joie grande et spiri- tuelle. Comme de coutume, il s'écarta un peu, et la nuée le reçut, l'em- porta au-dessus de la terre et le déposa en dehors d'Alexandrie. Quand il entra près du patriarche, il lui indiqua ce que sa route avait été et ce que les saints lui avaient dit. Il fit réunir tout le peuple, les prêtres, les

LA VERSION SYRIAQUE DE l'hISTOIRE DE JEAN LE PETIT. 49

diacres et aussi les évêques qui se trouvaient en ce jour (i). Tout le peuple entra au temple et ils commencèrent à faire là, fête, c'est-à-dire la dédicace, de cette église. Au milieu de la nuit, tout à coup, une grande lumière brilla dans Téglise et y exhala une odeur douce et suave; les lampes vides elles-mêmes qui y étaient pendues s'allumèrent, et une grande lumière parut au-dessus de la ville. En conséquence tout le peuple crut à la bénédiction de l'arrivée des saints, ou plutôt {[iSIXom oi) ceux-ci vini-ent et apparurent face à face au patriarche et il fut béni par eux. Et tous ceux de cette foule qui en furent jugés dignes, eurent la consolation de les voir, et ils aidèrent le patriarche à faire la dédicace de l'église et leur vue fut connue des évêques, des prêtres et des frères qui étaient pré- sents et tout le peuple, d'une seule voix, donna louange à Dieu. Ensuite le patriarche s'approcha et communia la foule : des signes et des prodiges innombrables apparurent en ce jour dans l'église : beaucoup de malades furent guéris, des lampes demeurèrent allumées sept jours et sept nuits sans huile et sans eau ; la lumière et le parfum agréable demeurèrent longtemps dans l'église.

[Quand apparut l'iniquité du concile maudit de Chalcédoine, lorsque l'impiété qu'il enseigne fut révélée ainsi que l'apostasie qu'il créa, la grâce et le don de guérison furent enlevés parce que ce concile renia le don céleste et s'écarta du chemin de la vérité. Alors s'accomplit ce qui est écrit (2) : Mo)i esprit )ie demeurera pas dans, ces hommes, parce qu'ils sont chair (3)J. Lorsque cette fête fut terminée, saint abba Jean fut béni par le patriarche, il retourna en paix à son monastère et il fut reçu avec grande joie par les frères; il commença à raconter son voyage aux frères et il leur dit : « J'avais entendu dire autrefois qu'il y avait beaucoup de monde à Alexandrie et, en vérité, ô mes frères, je n'y ai vu que le seul patriar- che. » Les frères furent dans un grand étonnement et dirent : « Comment (àpa)! La ville sacerdotale d'Alexandrie est-elle détruite et privée de ses habitants? » 11 leur dit : « Il n'en est pas ainsi, mais, comme je l'ai dit, je n'ai pas laissé mes pensées et ma volonté me dominer pour lever les yeux sur tout et regarder les hommes, aussi je n'ai vu le visage de per- sonne, si ce n'est le patriarche seul; je n'ai pas été attiré ici et et je n'ai

(1) La présente anecdote, relative à l'égiise des trois enfants, figure encore dans une vie de Jean le Petit, écrite en dialecte sahidique, et dont M. Améli- neau a édité les deux fragments conservés, loc. cit., p. 414-425. Il n'y est pas question de la nuée qui emporte Jean; il revient à pied et il est reçu à Alexan- drie par .. l'archevêque, avec tout le clergé, les amis du travail et presque toute la ville ■.. M. Amélineau suppose, p. 421, note 9, que les « amis du travail « sont les moines. Ce sont en réalité des laïques « zélés », célèbres, à Alexandrie à la fin du V" siècle, cf. Pair, or., t. Il, p. 26. La vie sahidique contient une plus ancienne rédaction, sur laquelle Zacharie a brodé par composer celle que nous traduisons.

(2) Gen., vi, 3.

(3) Les phrases entre crochets ont été encadrées dans le manuscrit P et une main récente a ajouté en marge : « Maudit celui qui a écrit cela au sujet du saint concile de Chalcédoine qui aime la vérité et détruit le mensonge. »

ORICNT CUKÉTIEN. 4

50 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

vu personne du tout; car il ne convient pas au moine d'errer, et il ne doit s'appliquer qu'à ce qui lui est utile; il aura grand soin de purifier son cœur et ses pensées, parce qu'il est le temple de Dieu et le temple (vao;) du Saint-Esprit. » Lorsque les frères comprirent le but de son discours, ils confessèrent et louèrent Dieu, et ils le quittèrent, avec beaucoup de profit (I).

13. Il se retire a Qolzoum. Saint Jean marchait de vertu en vertu, comme l'a dit le prophète David, car il s'était fait lui-même un exemple devant les hommes pour qu'ils imitassent sa conduite, et il les poussait à poursuivre la perfection de toute leur force. Après que ce saint abba Jean fut revenu d'Alexandrie à son monastère, il arriva que les barbares se fortifièrent dans le désert, leur méchanceté envers les moines s'accrut: ils les frappèrent et les tourmentèrent partout ils les rencontraient; ils détruisaient aussi et ils pillaient leurs saintes retraites (2). A cette vue, le saint prit à cœur la parole de Notre-Seigneur qui dit dans l'Évangile : Lorsqu'ils vous persécuteront dans cette ville, fuyez dans une autre (3). Cela arriva par un effet de la Providence divine, afin que, par ses mains, le salut s'étendît aux âmes de beaucoup ; car, dans le pays il allait, il y avait un reste de paganisme et d'idolâtrie qu'il devait extirper. Lorsque le départ du bienheureux fut décidé et qu'il eut pris sur lui d'émigrer de son habitation, à cause des barbares, cela causa une grande douleur aux frères et au reste des moines; ils se réunirent près de lui en disant : « Fais-nous connaître l'endroit tu vas, ô notre père. Est-ce que (apa) tu as peur des barbares? » Il leur dit : c Au nom de Notre-Seigneur Jésus - Christ et par la vertu du Saint-Esprit je ne crains pas; mais le bien parfait et acceptable devant Dieu consiste en ce que personne ne cherche son seul salut, mais encore celui de son frère et de son compagnon. Le bar- bare, bien qu'il soit séparé de nous par la foi, n'en est pas moins un homme comme moi, créé à l'image de Dieu. Si je demeure ici, il viendra me tuer, et il entrera, à cause de moi, dans la Géhenne, et il sera sup- plicié. Il me parait que je ne dois pas me dilater dans le bien et être cause que celui sera tourmenté en mal. » Telle fut la cause pour laquelle le bienheureux abba Jean quitta son monastère et personne ne put l'en empêcher. Il partit et il alla demeurer dans le saint désert d'abba Antoine, à un jour de distance de Qolzoum, dans une caverne qu'il bâtit et construisit avec des pierres, au sommet d'un rocher, au-dessus du fleuve des eaux, comme il s'était trouvé dans son monastère auparavant. Il y trouva le repos, car il louait et confessait Dieu, et, avec intelligence, il augmentait chaque jour ses belles actions, Dieu, qui ne s'éloigne pas de ses serviteurs ni de ceux qui le craignent et qui font sa volonté, lui envoya un homme séculier, pur, craignant Dieu, qui le visita et s'occupa de ses affaires. Cet homme était de Qolzoum même; il avait une grande foi dans

(1) Voirie texte grec de cette ancedote, ROC, 1908, p. 53. Cf. Ibid., 1913, p. ilO.

(2) On sait qu'une incursion analogue a obligé Arsène à quitter Scété en 395. On pourrait peut-être adopter aussi cette date pour Jean.

(3) Matth.,,.\, 23.

LA VEUSIOX SYRIAQUK DE l'hISTOIRE DE JEAX LE PETIT. 51

les Pères et les moines et surtout dans le bienheureux abha Jean; il avait constamment recours à lui pour le salut de sa vie, car il était zélé pour Dieu et pur dès son enfance, comme on le raconta à son sujet, il était adonné aux jeûnes et aux prières, il avait beaucoup de vigilance sur lui et sur ses actions; des faits remarquables et des révélations de Dieu étaient aussi sur lui. A toutes ses perfections que nous venons d'énumérer, il ajouta le service du saint abba Jean et les courses pour son service. 11 le visitait (1) un jour par semaine, le dimanche. Il arrivait que saint abba Jean entrait à la ville et il était cause d'un grand profit d'amélioration pour ceux qui étaient aftligés de diverses maladies. Le saint abba Jean s'occu- pait de déraciner l'erreur de l'idolâtrie qui subsistait dans cette ville, il y tendait par tous les moyens ; comme un soleil brillant qui éclaire ceux (pli sont dans les ténèbres, telle était sa parole pour cette ville; il éclairait les cœurs de ses habitants; il les conduisait et les dirigeait vers le salut de leurs âmes ; chaque fois qu'ils entendaient dire qu'il était sorti de ce désert pour les visiter, tous les habitants de la ville allaient à sa rencon- tre, petits et grands; ils s'inclinaient et ils étaient bénis par lui, et chacun était secouru selon qu'il le demandait : guérison pour les malades, déli- vrance pour ceux qui étaient dans les péchés et salut pour ceux qui étaient engagés dans l'idolâtrie, au point qu'il extirpa et détruisit toute Terreur des idoles de toute la ville. Il délivra le cou de ses habitants du joug du Tentateur et il le soumit au joug de la croix vivante de Dieu, au point qu'il n'y resta lui résister) qu'un homme riche qui abondait en possessions et en richesse. C'était un tyran au cou rebelle; il s'exaltait et s'enorgueillissait de sa grande richesse et de ses biens; il avait de nom- breuses idoles d'or et d'argent; il les honorait selon la volonté de son père le Tentateur. Il affligeait beaucoup les chrétiens, surtout ceux qui étaient revenus de l'erreur des idoles à la connaissance du Dieu vivant. Il méditait le meurtre du saint abba Jean, et souvent même il le tenta, mais Dieu sauva (Jean) de ses mains. Le saint abba Jean ne se laissait pas troubler par cela, mais il pinait et il demandait à Dieu qu'il fût sauvé et se convertît de l'erreur à la connaissance de la vérité. Lorsque Dieu voulut le bien de celui-là, il lui envoya une maladie cruelle et un ulcère fétide, au point que sa chair se corrompit et pullula de vers, .sa lumière s'obscurcit à cause de la violence de la maladie au point que ses servi- teurs tiraient de lui et jetaient des vers, tandis qu'ils priaient et pleu- raient devant leurs idoles abandonnées, pour qu'elles l'aidassent. Cela ne leur réussit pas, aussi sa souffrance augmenta, il ne trouva pas de repos, les douleurs l'environnèrent de tous côtés et il approcha de la mort parce quïl était comme un bois desséché. Tandis qu'il était dans ce supplice, il s'éveilla comme d'un sommeil et il dit : « .\menez-moi l'homme de Dieu, Jean le chrétien, car c'est par ses mains que le soulagement m'ar- rivera; il demandera à son Dieu de me sauver. » Quand il eut dit cela, ses serviteurs, ses enfants et tous les gens de sa famille partirent et vin-

(1) Sic copte. Ma copie porte : •■ il nous visitait ».

j2 revue de L orient CHRETIEN.

rent au désert près du saint abba Jean. Lorsqu'ils frappèrent à la porte de sa cellule, le médecin des âmes et des corps sortit près d'eux. A sa vue, ils se prosternèrent devant lui et le supplièrent au sujet de la cala- mité (arrivée) à ce malheureux, pour qu'il eût pitié de lui. Il leur dit : « S'il n'abandonne pas toute l'erreur à laquelle il était attaché et s'il ne se convertit pas à l'adoration de la sainte Trinité, il ne sera pas guéri. » Ils s'en retournèrent et ils lui rapportèrent ce qu'avait dit saint abba Jean. Il gémit devant eux et il dit ; « Qu'il vienne, qu'il me délivre de l'affliction dans laquelle je me trouve et j'accepterai tout ce qu'il me commandera. » Les serviteurs retournèrent pour rapporter ses paroles au saint. Abba Jean se leva (et) alla avec eux comme l'un de ces apôtres qui furent envoyés par Dieu pour le salut. Lorsqu'il arriva à son habitation, toutes les idoles qui y étaient tombèrent et furent mises en morceaux; les démons qui habitaient en elles s'enfuirent dans l'air en criant et disant : « Malheur à nous, qui avons été chassés de tout endroit et de tout pays et maintenant on nous a enlevé le lieu de notre demeure et de notre habi- tation. » A cette vue, le saint abba Jean fut fortifié en Dieu et dans le Saint Esprit: il se signa de la croix vivante contre les démons et il entra à la maison jusqu'à ce que tous les démons se fussent évanouis et l'eussent quittée et elle fut purifiée par la vertu de la croix vivante de Dieu, par les prières du saint abba Jean. Le malade se plaignait à cause de sa souf- france et disait : « Aie pitié de moi et aide-moi, Seigneur. » Le saint prit pitié de lui, et commença à le consoler, à le diriger et à l'instruire sur la foi en la sainte Trinité. Celui-ci crut et dit : « Je crois qu'il n'y a qu'un Dieu, Créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui s'y trouve, Père, Fils et Saint-Esprit, Trinité adorable; l'une de ces trois saintes person- nes (1), qui est Jésus-Christ, Verbe éternel du Père, qui lui est consubs- tanliel avec le Saint-Esprit, s'est incarné à la fin des temps, pour notre salut, de Marie^ Vierge sans tache et sainte, qui est Mère de Dieu, et il fut homme en demeurant dans sa divinité et il n'est pas divisé après l'union (des natures) : il fut crucifié, il souffrit, il mourut, il fut enseveli, il ressuscita d'entre les morts le troisième jour, il monta au ciel et il siège à la droite de son Père et il viendra dans la gloire pour faire le jugement et la justice. (Je crois) aussi au Saint-Esprit, qui est égal au Père et au Fils en éternité, en essence (oùaia) et en puissance. » Quand il fut fortifié dans cette foi, et qu'il eut renié de tout son cœur le Tentateur, ses anges, les démons et les idoles qu'il adorait, alors abba Jean le bap- tisa, au nom de la Trinité adorable, avec soixante-dix personnes de sa maison, et ses fils et ses filles et ses serviteurs; tous furent illuminés de la lumière de la vie nouvelle qui reposa sur eux par le moyen du saint du Seigneur, d'abba Jean.

Il y eut encore un grand prodige : On raconte qu'au moment il monta du saint baptême, des écailles blanches tombèrent de ses yeux, car sa maladie l'avait rendu aveugle, sa peau revint aussi sur lui, il dé-

(1) Ce inème mot syriaque traduit aussi « substance •• et « hypostase ».

LA VERSION SYRIAQUE UE L HISTOIRE DE JEAN LE PITIT.

53

pouilla cette maladie cruelle et il redevint comme il était d\i sein de sa mère et comme s'il n'avait pas été malade. Les habitants de la ville et tous les étrangers qui se trouvèrent se réunirent et virent le prodige qui avait lieu, tous louèrent et confessèrent Dieu et ils se réjouirent en- semble en ce jour dans la maison de ce fidèle parce que leurs âmes étaient délivrées de cette erreur, par le moyen de saint abba Jean. Cet homme, qui était devenu fidèle véritable et craignant Dieu, distribua aussi de nombreuses aumônes et fit des offrandes dans toutes les églises pour le salut de son âme. Il brisa toutes ses images, ses statues et ses idoles, et il en fabriqua des patènes (^lâXri), des coupes et des croix pour les églises. Lorsque saint abba Jean vit que toute la ville était purifiée de l'erreur et de l'adoration des statues, ainsi que le salut qui avait lieu par ses mains pour les habitants, il les recommanda au grand pasteur Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme le messager fidèle et droit, Paul, apôtre et saint, et il partit pour aller à son monastère en emportant des fruits de joie qu'il avait acquis par ses larmes et par son travail.

14. Sa mort. Quand il arriva en paix à son monastère et, avec un bon viatique, à sa cellule, il comprit que le moment de sa mort appro- chait. Que dirai-je de cet homme prodigieux, et de combien de milliers de louanges ne devrais-je pas louer celui qui était le compagnon et lemule des prophètes, des apôtres et des martyrs, ou plutôt (;xâX>.ov M) il fut apô- tre courageux de nombreuses fois, en secret et en public; parce qu'il ne cessait pas, tous les jours de sa vie, et qu'il ne se fatiguait pas du travail de la perfection, et parce qu'en lui fut accompli le bon plant qui pousse et monte de la terre bénie et grasse qu'il ne cessait pas d'arroser et de travailler, le temps de la moisson arriva, pour être porté dans les trésors célestes se trouvait son cœur depuis qu'il demeurait sur la terre, comme l'a dit Notre-Seigneur : Il désirait à chaque imtant d'être délivré de cette vie et d'aller vers le Christ son maître (1) qui devait lui donner le repos dans son combat. Il tomba dans une maladie, et son corps fut affaibli. L'homme fidèle dont nous avons parlé était assidu près de lui et augmentait ses bienfaits, depuis qu'il était malade; certaine nuit qu'il était éveillé et attentif à son temps de garde, il vit venir le maî- tre de maison : Tandis que (Jean) était accablé par sa maladie, Abba An- toine (2) entra tout d'un coup près de lui, avec abba Macaire le grand et abba Bamouyah (Bémouyéh), père de saint abba Jean; ils lui donnèrent la paix, le réconfortèrent, le consolèrent, et fortifièrent son esprit par leurs paroles spirituelles, comme par l'espérance de la vie nouvelle et de la joie qui lui était préparée. Les Pères qui étaient près de lui entendirent lorsqu'il lui fut dit : « Réjouis-toi et exulte; que ton cœur se fortifie en Dieu et sois prêt, parce que nous viendrons près de toi dans la nuit du dimanche, pour te conduire avec nous à la vie bonne et bienheureuse, selon le précepte de Notre-Seigneur. » Ensuite les Pérès le quittèrent.

(1) Cf. Phil., I, 23.

(2) Le copte ajoute : « et le grand Djidjôi », p. 399. Ce nom est rendu pUis bas dans le syriaque par Sisoès.

51 iu:vuE DE l'orient chrétien.

Lorsque vint le jour du vendredi, saint abba Jean appela Tliomme qui le servait et il l'envoya à la ville pour une certaine cause afin qu"il n'y eût personne près de lui au moment de sa mort. Lorsque ce fut la nuit du dimanche, au chant du coq, les Pères vinrent ainsi que la foule des anges, avec honneur et gloire, à la rencontre de saint Jean, selon leur promesse, pour conduire cette âme sainte du serviteur de Dieu, leur frère. Quand le bienheureux les vit briller de cette gloire et de cette lumière, tandis qu'un parfum agréable et immortel montait d'eux, il se prosterna devant eux avec grande joie et, au moment même, il remit son âme aux mains du Dieu vivant et il reposa en paix, le dimanche, le dix-sept de Tisri pre- mier (octobre), selon le comput des Syriens, et, selon le comput des Égyptiens, le vingt de leur mois de Babeh (1). La vie du saint abba Jean fut de soixante-dix années ; son âme s'en alla au milieu de ces saints et des anges jusqu'à ce qu'elle parvînt aux hauteurs élevées, sous la pro- tection de la droite du Seigneur, près de la lumière qui ne passe pas et de la vie qui ne cesse pas, à l'endroit dont il était digne, parce que Dieu l'éprouva comme l'or dans le feu ; il monta pur et brillant, comme un bon onguent qui n'a pas de tache.

Le vieillard qui le servait, sortit de la ville pour aller trouver le vieil- lard abba Jean et voir son état, parce qu'il savait qu'il était mal. Quand il arriva â: certain endroit, il entendit la louange des anges et la voix des saints. Il leva le regard au ciel et vit les camps des anges et la foule des saints, ordre par ordre, qui louaient et chantaient, et saint abba Jean, brillant de lumière, était parmi eux. Un homme de haute stature, remar- quable et brillant comme le soleil, se trouvait au milieu d'eux et louait le saint abba Jean. Lorsque cet homme vit le prodige qui avait lieu, il en fut dans l'admiration et il se prit à penser et à désirer savoir quel était le sens de cette grande vision. Par l'ordre du Seigneur, il lui fut envoyé un ange qui lui dit : » Puisque tu désires connaître ce mystère, pour ton avantage et pour celui de beaucoup, écoute bien ce que je te montrerai. Ceux-là sont les anges de Dieu avec les foules des saints qui ont été en- voyés par (Dieu) pour emporter de ce monde l'âme du bienheureux abba Jean, pour qu'elle hérite de la vie et du repos dans la Jérusalem céleste. L'homme qui louait Jean et qui était de haute stature, était abba Antoine le grand et, après lui. abba Pacôme et abba Macaire avec le reste des Pères qui leur ressemblent » ; et l'ange les indiquait (au vieillard) comme du doigt vers chacun de ceux qu'il lui désignait jusqu'à ce qu'il connût bien le tout, et il lui dit : « Tu as vu ces Pères; nous voulons glorifier Jean avec eux et le rendre avec eux héritier du royaume du ciel parce qu'il a travaillé comme eux quand il était dans le monde et qu'il a marché dans

(1) Copte : " Paophi ■■. Si l'on admet que Jean a été le maître d'Arsène (voir Inlrod.), il y a chance qu'il ait quitté Scété en même temps qu'Arsène par ci'ainte des barbares, soit en 395. Le 17 octobre est -ensuite un dimanche en 398 et en 409. Il ne paraît pas que Jean ait été plus de trois ans à Qolzoum. II serait donc en 328, se serait fait moine en 346 dix-luiit ans), et serait mort en 398.

LA VKRSIO.X SVRIAQUK DK L'hISTOIRE DE JEAN LE PETIT. 55

leur voie. Toi aussi, qui l'as servi, tu es bienheureux d'avoir été jugé diii:ne de la bénédiction et de l'honneur de Dieu et de ceux qui lui don- nent satisfaction. » Ensuite l'ange fut enlevé de près de lui et l'homme alla au monastère du saint abba Jean et entra dans sa caverne; il le trouva agenouillé et la tête courbée devant le Seigneur, comme un homme qui prie et qui adore devant Dieu; de ce saint corps s'exhalait un parfum suave et agréable. L'homme tomba sur ce corps et pleura d'un pleur grand et douloureux; il l'enveloppa d'un vieil habit avec respect et révérence, et il le mit à l'écart dans l'angle de la caverne. !1 courut à la ville et il annonça la chose à ses habitants qu'il rencontra. Tous ensem- ble, petits et grands, avec une foi fervente et un zèle parfait, sortirent au désert près du corps du saint abba Jean ; ils pleuraient, se lamentaient et se plaignaient parce que leur père et leur aide leur avait été enlevé. Quand ils arrivèrent, ils mirent le corps du saint sur une bête de somme et le firent entrer dans la ville comme un trésor de vie. Des prodiges nombreux apparurent en ce jour ; en particulier il y avait dans la foule un jeune homme possédé d'un démon Quand il vit le corps du saint, il cria et il dit : « Qu'y a-t-il entre nous et toi, ô Petit? Tu m'as tourmenté, tu m'as affligé, tu m'as chassé de notre demeure. » Il s'élança, se jeta sur le lit (funéraire) et tomba à terre; il cria comme un sanglier sauvage d'une voix agressive, il ouvrit la bouche et Tesprit impur sortit de lui- sous l'aspect d'une étincelle de feu, et il fut guéri.

Encore lorsqu'ils l'ensevelissaient au milieu de l'église, il vint des hom- mes ([ui apportaient leur fils tel qu'il était né, paralytique et impotent de tous ses membres; dans leur foi, ils le placèrent sur le lit (funéraire), lorsqu'il ne pouvait remuer ni les mains ni les pieds, et aussitôt la gué- rison lui fut accordée, il sauta et se leva en dansant, il courut de ses pieds et il loua Dieu. De nombreuses guérisons furent encore accordées à qui- conque s'approcha avec foi; par la vertu du Saint-Esprit il ne fut jamais privé des prodiges (1) qu'il opérait ni durant sa vie ni après sa mort, comme l'a dit Notre-Seigneur : Celui qui croit en moi et qui fait ma Volonté fera aussi les œuvres que je fais et même de plus grondes.

Les foules enterrèrent le saint corps, elles firent l'office sur lui et. offri- rent l'oblation, et tout le peuple communia. Ils lui firent aussi un caveau par honneur et il y fut placé ei côté des ossements des saints abba Atha- nase, saint martyr, abba Sisoès (Sousàîs) (5) et abba Bgima (3). Les osse- ments de ces saints opéraient beaucoup de prodiges, mais, le plus sour vent, c'est des ossements de saint abba Jean que l'on voyait beaucoup de prodiges, car quiconque venait avec foi, près de lui, d'un endroit quelcon- que, recevait du secours.

I^Lorsque le concile maudit de Chalcédoine eut été réuni, la terre fut souillée de l'enseignement impur qu'il donna. Mais Dieu dit, comme pour

il] Nous lisons Uii»*.. ^

(2) Copte : - Ddidjoi ■■, p. lOO, ou <■ Djidjoi », p. 399.

(3) Copte : « Djimi «•. Jean semble donc avoir été enterré à Qolzoum. Le synaxaire arabe jacobite dit qu'il a été porté au couvent de Mina,' P. 0., J, 355.

56

REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.

sa gloire : Je ne donnerai pas mon saint aux chiens et je ne Jetterai pas mes pertes devant les porcs (1). Pour que les fidèles fussent réconfortés et que le saint nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne fût pas blasphémé il suscita le saint abba Jean, avec zèle et grande puissance: il poursuivit tout hérétique qui fut combattu par lui; car il était précieux aux yeux du Seigneur et il brilla dans la foi orthodoxe durant sa vie et à sa mort (2)] et il arriva près du Christ son Seigneur et il revêtit la couronne à sa droite, comme Notre-Seigneur l'a dit dans son Évangile : je suis, sera aussi mon serviteiir{3).

15. Épilooue. Et maintenant, mes bien-aimés, ce que vous avez entendu que nous avons dit des belles actions de saint abba Jean est ce que nous avons trouvé selon notre force, qui nous est arrivé par la vue des yeux ou par l'audition (de la part) d'hommes dignes de foi. Nous vous avons écrit peu de beaucoup de &es excellences et de ses belles actions, pour en faire mémoire, comme un trésor avantageux et un héritage sublime, afin que nous soyons les émules et les imitateurs de sa conduite remarquable et divine, que nous marchions dans ses droits sentiers et que nous demandions, en tout, le salut de nos âmes et de notre vie. Cha- cun de nous, autant qu'il le pourra, combattra, saura et sera convaincu que nous devons rendre compte et il n'y aura pas moyen d'y échapper, comme en témoignent les saints Livres. Donc, mes bien-aimés, tant que nous avons place pour cela, donnons satisfaction à Dieu et, comme le disait abba Jean le Petit : « Res.semblez-moi comme je ressemble au Christ et rendez droites vos voies dans toutes les bonnes actions, comme des serviteurs de Dieu, en paix et tranquillité avec douceur, modestie, force, et observation des commandements, en vous tenant tranquilles et purs, dans les afflictions, dans les prières, dans les sueurs, dans les travaux, dans les jeûnes, dans les veilles, dans la pureté, dans la piété, dans la faim, dans la soif, dans la charité sans hypocrisie envers tous les hommes qui est la force de la foi. » Si nous entreprenons ces choses et si nous y de- venons parfaits, alors il nous rendra lumineux devant tous les hommes et nous louerons notre Père qui est au ciel, à la résurrection d'entre les morts, lorsque Dieu nous fera revêtir l'immortalité; nos âmes récolteront leurs fruits devant lui et devant ses anges. Et parce que nous aurons assumé en notre personne la ressemblance de notre père abba Jean le Petit, et que nous serons fortifiés dans la foi, nous travaillerons par la parole et par les œuvres à marcher dans ses voies, afin qu'en nous voyant de ses yeux spirituels, il augmente ses prières pour nous pour que le Seigneur rende droit ce qui nous concerne dans ce monde, selon sa volonté et que ceux qui nous verront disent : « Ceux-là sont les fils de cet abba béni et saint Jean le Petit. » Ainsi ses prières en notre faveur

(1) Matth., vil, 6.

(2) Les phrases entre crochets sont grattées dans P et on lit en marge : « Renégat et infidèle est celui qui blasphème ainsi le saint concile de Chalcé- doine. »

(3) Jean, xu, ii(î.

LA VERSION SYRIAQUE DE L HISTOIRE DE JEAN LE PETIT. 57

seront exaucées aussitôt et facilement ; le Seigneur nous couvrira de ses miséricordes, sauvera nos âmes et répondra à nos demandes. Sur nous s'accomplira la parole du psalmiste David qui a dit : Les miséricordes du Seigneur sonl sur ceux qui le craignent et sa justice est sur les fils de leurs fils, sur ceux qui observent soti pacte, qui se souviennent de ses comman- dements et qui les observent (1). Nous aurons le ferme espoir de prendre part avec lui à cet héritage céleste par les prières et les supplications de la sainte Vierge Mère de Dieu Marie et par les prières de saint abba Jean le Petit et de tous les saints ses amis. Amen.

Sur tous ceux qui font mémoire du saint abba Jean et qui l'honorent selon leur force, sur leurs pères et leurs frères qui sont morts dans la foi orthodoxe et sur le pécheur qui a écrit se trouveront les miséricordes de Notre-Seigneur Jésus-Christ, notre roi et notre Sauveur. Sur ce monastère dans lequel nous sommes, et sur les frères qui s'y trouvent, le Seigneur fera régner sa paix, son salut et sou amour parmi eux ; la droite de sa miséricorde les ombragera maintenant et toujours et dans les siè- cles des siècles, Amen; et il écartera les querelles intestines. A lui la gloire et la confession de tous avec son Père et son Saint-Esprit, dès maintenant et jusque dans les siècles des siècles. Amen.

Fin de l'histoire de Jean de Petit gouverneur du désert de Scété.

APPENDICE

Zacharie, auteur de la présente biographie, a été fait évêque de Sakha par Simon 1, patriarche de 689 à 701, cf. P. 0., V, 46. Sa biographie figure au 21 Amschir dans le synaxaire arabe jacobite, cf. P. 0., XI, fasc. 5, et Wiistenfeld, Sgn., II, 300. Zacharie était d'une famille de scri- bes, il apprit les sciences ecclésiastiques et profanes, et le vizir le prit pour secrétaire au divan. Un moine du monastère de Jean le Petit l'éclaira plus tard sur sa vocation.

Nous croyons donc maintenant que Zacharie écrivait en arabe (ou même en grec) et non en copte, puisque c'était un ancien secrétaire du vizir, hypothèse confirmée par la mauvaise allure et les non-sens du texte copte. Il resterait, pour rendre cette conclusion certaine, à comparer mot pour mot le copte et l'arabe, ce qu'on fera peut-être un jour.

Le transfert du corps de Jean le Petit de Qolzoum à son monastère est raconté P. 0., IX, 418-422. Païsie, convertie par Jean le Petit (cf. l'intro- duction), est appelée Athanasic dans l'éthiopien, P. 0., IX, 250-253.

F. Nau.

(1) Ps. eu, 17-18.

QUELQUES TEXTES COPTES

DE LA Bibliothèque nationale sur les XXIV Vieillards DE l'Apocalypse

(Suite) (1)

VI. Ps3i\\[e Adam : auov ^.

Ce chant est conservé dans feuillet 100 verso (= ia).

Auov ^y^poij u(|)oov tu nieeoAoroc icuAiiiiHc ninape uevArreAiCTHO

rfi TcVp TAPUA IIIB6II

lire iii(t)Hovi cetroci

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evxoA? j)eii 2AiieTOAM ertoB^ evTAiHOVT epe 2Aiict)VAAH iiceoi [iiorqi

(1) Cl. ROC, 1913, p. 411 ss.

.vpoij-

le manuscrit boliaïrique 96,

j)eii iiov^'i:^ eoovAB evije2 unpocevxH iiTe iiiAnoc evo'i uiitoov ebovij iinequoo eBOA

ev+2o iicHov iiiBeii eeBe neiiov:ïAi xe uApe neKiJAi ,"Jtoni es:eii TeKeiKtoii

liceilil IJOTTAIO

iieuoTtoov lieu ovcuov e nep(l>uevi ufiika unpecBTTepoG

QUELQUES TEXTES COPTES. 59

Viens ^ers nous aujourd'hui, ' ô théologien. ' Jean ' Tévangé- liste vierge,

Car toute la milice ' des cieux est exaltée ' et honorée * en présence de Dieu.

Mais les XXI\' ' \'ieillards, ' eux, près ' du Père tout-puissant,

Sont couverts de vêtements, ' se reposent, sont honorés ; ' des coupes d'encens sont ' dans leurs mains saintes.

Remplies des prières' des saints; ils les introduisent' devant Lui.

Ils prient en tout temps ' pour notre salut : ' « Que ta misé- ricorde soit ' sur ton image ! »

Rien ne comporte plus d'honneur, ' de gloire et de bénédic- tion ' que la commémoraison des XXIV ' Vieillards.

VII. Hymne : epe^ cJiUAii^'jtoni.

Ce chant est conservé dans le même manuscrit que le précé- dent, feuillet 102 verso (= iî=:).

(ipti (|)iiAii,*ya)iii iiTti iiioviiii

•)eil III6KK\MGIA IITGniyJOpil IILIIOl

evTAAfi cBoiiiovqi (în^ico! uneueo iininAUTOKpcVTtt>j>

evco^ cîBo.v >yA r iicon

Xti llItOOV IIAK rilllcVip(OIII

T(3ii'f20 TeuTo^.^ iiiiok cvpi o'i'iiAi inni l'OK^iKtoii

?iT<;ii iiovripecBVA eov iixc iieiicioTnp

OIITmi etOII IIGII IKiK^llir. II(;U lllOCtOOV IITC; II6K()^I

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lire- HAIKA Ulip(;CliVT(;(>()<; IIIOVIIB ljr(; 'hlKHIIIIII

60 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

(lAI eTAKl)t>P"l OliO.V II2AIICTOAII IIQVtOmi

fipe zAïix-vou iiiioviiii2s:Aa:2

eV\H 21X611 IH>VAcJ)HOTI

C'est la place des prêtres ' dans les Églises du Premier-Né; ' ils font monter l'encens ' devant le Tout-Puissant.

Ils crient jusqu'à trois fois : ' « Gloire à toi, qui aimes l'huma- nité. ' Nous (t'en) prions, nous te (le) demandons, ' fais misé- ricorde à ton image. »

Par leur sainte prêtrise, ' Christ, notre sauveur, ' compte- nous aussi avec tes agneaux, \ avec les brebis de ton troupeau.

Qui pourra dire ' la gloire et l'honneur ' de ces XXIV Vieillards ' prêtres de Vérité,

Eux qui portent ' des vêtements splendides, ' des couronnes d'or massif placées sur leurs têtes.

(.1 suivre.)

L. Delaporte.

VULGARISATION DES HOMÉLIES MÉTRIQUES

DE JACQUES DE SAROUG, ÉVÈQUE DE BATNAN EN MÉSOPOTAMIE (451-521) (1)

Par Jacques Babakhan.

EXTRAITS DE L'HOMÉLIE SUR L'AMOUR DE L'ARGENT (2)

PROLOGUE

0 Christ, Verbe divin, ô lumière profonde, Parle en moi, pour chasser les ténèbres du monde! Aveugle est l'univers : Jésus, viens l'éclairer Et que, par Toi rouvert, son œil puisse admirer En Toi seul son trésor immense, impérissable Et voir en Toi son bien vrai, solide et durable !

L'amour de l'or au monde est une sombre nuit ; Le monde est un Timée : il lui faut ton enduit ; Daigne illuter pour lui, Seigneur, un peu de terre Et que sa cécité par ton geste s'éclaire ! Puisses-tu, le comblant de ton charme divin. Lui montrer ta beauté, dégager son chemin ! Pour l'aveugle, ton doigt sut enchanter la fange : Que ton verbe aux humains soit sublime mélange De rayons dévoilant à leurs yeux aveuglés L'éclat de tes trésors aux cieux accumulés ! Que seule ta parole excite en nous l'envie De rechercher en Toi bonheur, richesse et vie!

L'UNIVERSELLE CUPIDITÉ ET LA MORALE

La passion de l'or englobe l'Univers : L'ordre de toute chose elle met à l'envers.

(1) Voir ROC, 1912, p. 410; 1913, pp. 42, 147, 252 et 358.

(2) Voir édition chaldéenne de Bedjan, tome III, p. 842 à 858,.

62 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

La clameur monte haut sous les portes des princes ; Elle commande aux bourgs et s'impose aux provinces. Tout le monde en étouffe, elle envahit chacun; Près d'elle tout précepte est nul, inopportun. Malheur à qui la prend pour théine de sa glose ! Son pied heurte des dards, il peine et perd sa cause ! Le vide autour de la Morale étant complet. L'effort de ses soutiens passe pour vain sujet ! L'or étant trop chéri, la Morale est en baisse Et les puissants du jour la raillent tous sans cesse ! Oh ! le Verbe de vie en nos cercles s'est tu ; Et notre lâche temps de dire :

« Que veux-tu? « Silence ! Ta parole est banale, inutile ! « Incurable est le mal, à tout remède hostile ! « Pourquoi parler si nul n'écoute ton sermon ? « Au profit de quel homme attaques-tu Mammon ? « Quel homme de Mammon n'est-il enthousiaste ? « Devant tes griefs seuls, l'indifférence est vaste ! « Le monde entier se plie à son joug arrogant : « A l'univers .entier peux-tu jeter le gant? »

Oh! si l'amour de l'or était un chancre rare.

Si les pauvres du moins n'avaient point cette tare,

La Morale, en honneur sur places et parvis.

Pourrait à haute voix formuler ses avis.

F'orte des partisans acquis à son école !

Si les riches l'avaient, eux seuls, pour monopole,

Les pauvres flétriraient la convoitise en bloc.

Mais à tel point chacun chancelle sous le choc

De cette épidémie affreuse, universelle,

Que du Flambeau sacré la dernière étincelle

Tombe, faute d'appui, dessous son piédestal !

Vienne, dès maintenant, lugubre et glacial. Le silence voiler l'auguste Moribonde. Pour que l'indifférence, en nos centres, profonde, N'en accentue encoç l'hiimiliation !

De qui jamais l'audace ou la prétention Masqua le front du Jour avec de l'étamine. Interceptant ses traits dardés sur la colline ? De qui donc, s'appliquant sur l'orbe du .soleil. La toile en put capter tout le globe vermeil '! Voile son Verbe qui sous les ténèbres traîne I- Ouvre sa bouche qui dessus les astres peine ! Le Verbe souverain affronte tout dédain : La gloine et la beauté gonflent son chaste sein !

VULGARISATION DKS IIO.MÉLIES MÉTRIQUES. 63

« A la bouche lépreuse un voile! » dit Moïse, De crainte que ce mal ne se généralise.

Ma parole est sans tare, irai-je me draper

La bouche et mes pensers de silence frapper?

De mes lèvres le verbe est clair comme une étoile :

Sa belle nudité nul défaut ne la voile !

Oui, le Verbe de vie a corps immaculé :

Dans l'ombre il ne peut point être dissimulé !

L'AMOUR DE L-ARCENT ET LE CLERGÉ

J'irai jusqu'à clamer, dussé-je en perdre haleine , Que ce Serpent d'Eden, noir monstre de Géhenne Jusqu'au centre rampant de notre paradis, Vient sous l'Arbre de Vie ériger son logis ! Les prêtres harassant, Mammon l'incendiaire A, dans sa rage, mis à feu le sanctuaire. Et sa flamme s'attaque aux ministres de Dieu !

de la Trinité le culte saint a lieu,

Lucre, cupidité, affreuses convoitises !

Le Christ institua, sur terre, en ses églises

Des séraphins de chair, pour chanter le Sanctus ;

Mais la soif du Mammon fausse leurs nobles us !

Ouvrir son gousset d'or, fermer, sceller sa bourse,

Pour venir, ô stupeur, consacrer quelle Source !

Du Baptême la porte ouvrant et refermant,

Le prêtre a-t-il besoin d'un autre émolument?

Tant au ciel qu'ici-bas, sa main lie et délie :

Faut-il que l'or à son rôle divin s'allie?

Il tient les clés de Pierre et Mammon en sa main.

Lui qui devait filer sans bâton son chemin !

11 immole, à l'Autel, le Fils devant son Père,

Capital et produit il compte en numéraire !

Abomination lamentable en tel lieu !

Le Reptile occupant du Jardin le milieu.

Sans que sévisse un bras, sans qu'une main le chasse !

La Flamme est embourbée et sa couleur s'encrasse!

Qui sans brûler rendra propre le Feu sali ?

Le soleil est dissous, la lune a trop pâli,

Les astres sont éteints, plus rien ne nous éclaire !

Au monde sans clarté qui rendra la lumière?

Si les disciples sont gorgés d'or, c'en est fait !

La Morale est en bas, l'Enseignement défait !

Qu'inventer si le sel s'évente de la Terre?

64 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Et pour rendre aux saveurs leur goût perdu, que faire? Le monde putrescent veut du sel; point de sel! Que faire si le sel affadi reste tel?

Le mot d'ordre, pour qui jalonnerait la route

Royale de la Croix, fut. sans le moindre doute.

Celui de « n'acquérir nul or et nul argent > !

Et précisément c'est ce même contingent

De disciples d'élite auquel, comme ressources

Suprêmes. Jésus dit : « Point de cuivre en vos bourses ! »

Qui s"empare de l'or de notre globe entier

Et jouit de Targent, en vulgaire rentier!

Oui. du haut de la chaire, ils clament le principe

Qui n'admet, pour trousseau, la moindre double nippe!

Mais qu'importe ! en dépit du précepte sacré.

Ils ont en tout le double au simple préféré !

Point de médecins pour la purulente plaie !

Nul remède à cela, nul simple qui l'enraye !

Quand souffrent les docteurs, chercher un secours?

Quand les chirurgiens sont brisés, le concours

De quelles sommités réduira la fracture?

Et le bandage, enfin, sinon pas la suture.

A quelle autorité sera-t-il confié?

LE TRIOMPHE DE L'OR

A ce mal en songeant, soucieux, indigné . Ému. bouleversé, plein de juste colère. J'apercevais sa flamme incendier la Terre ! Je voyais sa fumée aveugler les humains ! Je vis l'or colossal corrompre tous chemins. Comme si nul mortel n'eût aucune espérance ! Je vis les riches tous valets de sa puissance! Les pauvres y courir avec avidité ; Les pasteurs y puiser prestige, autorité: Les Prélats le palper, à ses soucis en proie!

Tel dans un lourd .sommeil un noir rêve tournoie. Une lugubre angoisse au fond de mon esprit Mes pensers égara, mes élans engourdit! Je crus que toute vie était enfin perdue : Que nulle àme vers Dieu n'était plus attendue ! Que voire, au monde, nul n'avilissait le prix De l'or, pour demeurer fidèle au Crucifix ! ' Qu'aucun riche, ici-bas, n'était jamais capable De tendre aux malheureux une main secourable !

VULGARISATION DES HOMELIES METRIQUES.

LA BEAUTE DE LA CHARITE

Tandis que m'étreignait, lancinante douleur,

La triste vision et me serrait le coeur,

Un sage en action vint confondre mes gloses :

Je vis sa main, prodigue en excellentes choses. Empoigner l'amas d'or de sa provision Et le semer au vent avec profusion. Comme s'il eût voulu combattre un incendie !

L'homme rapace a moins iîévreuse maladie

A tout accaparer, que n'a de noble orgueil

Ce riche à voir son or désencombrer son seuil !

Il sait vivre et, son âme étant sérénissime. Tirer du vil métal amitié, joie, estime! Et. ce faisant, le but de son superbe effort C'est que son bien au ciel le précède d'abord ! Il veut sans coup férir qu'arrive sa pécune A l'ultime étape, grossit toute fortune.

Un tel homme, qu'on doit saluer, applaudir. Mon esprit abattu de joie a fait bondir ! Ravi, j'ai poussé des vivats enthousiastes Et flétri les amis de l'or, esprits néfastes !

Arraché donc au bras d'un sommeil odieux ,

Je sautai de Tangoisse au sein d'un radieux

Bonheur, en contemplant des choses aussi belles!

Alors, lui dis-je : « Ami, tes pensers ont des ailes :

» Un éclair de génie inspire tes desseins,

< Puisque ton âme seule est l'objet de tes gains !

« Tu voudrais acquérir la perle rarissime

« Et, parmi les rentiers, briller en richissime !

4 Loin de vouloir rester indigent, miséreux,

» Tu tiens à devenir suprêmement heureux ! i>

C'est qu'en l'homme est inné l'amour de la richesse Le genre humain n'est point épris de la détresse ! Qui laisse profiter de ses biens l'indigent, S'assure une fortune au prix de peu d'argent : Ne voulant de son or se séparer sur Terre, Il le transfère au Ciel, pour qu'il l'y récupère!

Ainsi l'agriculteur aux champs vanne ses grains. Sachant que les rendront multiples ses terrains. Sans nul ménagement, sa maison il en vide, Et sur monts et coteaux il les disperse avide,

ORIENT tDP.ÉTIF.N.

66 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Sûr que plus son geste en semaille est libéral. Plus sur l'aire sera son produit colossal ! Si tu ne mets au sein des guérets ta semence, Ton champ peut-il avoir sa meule d'abondance?

HONNEUR AUX ENNEMIS DE MAMMON !

L'amour de l'or le cède à l'amour du Seigneur : Qui sait Mammon combattre est un triomphateur ! Qui sait au Lucre immonde infliger la défaite, En écrasant à la Cupidité sa tête, A le geste plus beau que l'intrépidité De celui qui, dans son anfractuosité, Écrase la vipère !

En la présente époque, Cette calamité grandit tant, qu'elle évoque, Bien que plus qu'eux hostile à la conversion, Les temps Jean prêchait sa grande mission. Qui commet un bel acte, en cette époque lâche, Sera félicité, puisque sa noble tâche D'une lambruche aura récolté du raisin ! Aussi beau que celui d'un cep parfait et sain !

MALHEUR AUX RAPACES !

Tout disciple épris d'or lance à son maître outrage : 11 veut rompre son joug, lui refuser hommage ! Oui, le sang d'Ananie aux prêtres clame encor, Si le parti du Christ est le parti de l'or ! Celui-là, de son bien propre usant en rapace, Fut, par Pierre, aussitôt étendu mort sur place (1). 11 peut servir ainsi de fidèle miroir tout homme véreux doit son image voir ! Si la mort d'Ananie est une mort typique, Que le Clergé l'imite, est-ce vraiment logique? Ou blâme Pierre, enfin, qui lui donna la mort. Ou bien, cupide, avoue et reconnais ton tort !

Tout avare s'insurge et soutient double guerre Contre l'ordre du Christ et le geste de Pierre : Le Messie ayant dit à tous les siens : « Point d'or! » Pierre a su se passer de ce clinquant décor. Et lorsque Ananie eut commis son vol inepte, Pierre en fit un cadavre, afin que le Précepte De son Maître échappât à l'insulte, à l'affront. Le cupide est en bas, Pierre lève le front !

(1) Voir Actes des Apôtres, ch. v, vv. 5-10.

VULGARISATION DES HOMÉLIES MÉTRIQUES. 67

PERORAISON

Trésor toujours prospère et tortune suprême, Seigneur, sois seul le bien florissant de qui T'aime ! Heureux qui trouve en Toi son véritable avoir! Par Toi seul étant riche, il ne peut point déchoir. Fais que Ta pauvreté, richesse sans déboire, Seule nous rende heureux ici-bas !

A Toi ûloire!

EXTRAITS DE L'HOMÉLIE SUR LA DÉCOLLATION DE SAINT JEAN-BAPTISTE (I)

LES CONVIVES D'HÉRODE

Tandis qu'en son cachot, grâce aux monstres d'Hérode,

Jean, astre en la nuit noire, allait sa période.

Du monarque arriva l'anniversaire, alors :

Grand jour, royal festin, éblouissants décors !

Hérode convia pour célébrer sa fête

De son royaume tous ceux qui venaient en tête :

Les corps constitués, les chefs, les généraux.

Les princes, les seigneurs, les grands, les commensaux.

Tous les Galiléens d'élite et la noblesse

Accoururent du roi partager l'allégresse.

L'Hypocrisie y vint parader sous le dais :

Chacun, fùt-il en deuil, s'y donna des airs gais!

La basse flatterie ayant l'enthousiasme

Facile, chacun rit. mais d'un rire de spasme.

Leurs compliments au roi et leurs vœux précieux

Se traduisirent par : « Quel vin délicieux ! »

Le démon, la Luxure et le Vin, chez Hérode, De tout sentiment noble abolissant le code, L'ombre s'enfuit de de toute gravité, Laissant la place libre à l'impudicité! Table rase on y fît de toute bienséance ; Et de la dignité seule y brilla l'absence ; L'insolence épuisant la gamme de l'affront, L'ivrognerie y vint empourprer chaque front! Boire, boire toujours, boire encore une jarre C'était pour chacun d'eux des exploits le plus rare ! Ainsi, le vin, à tort et à travers versé,

(1) Voir édition ciialcléenne de Bedjaii, tome III, p. 664 à 687.

68 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Dans les coupes tombait, trouble, bouleversé;

Le bon sens y sombra, fondant au fond des verres.

Dotant l'air ambiant de germes délétères !

Présage d'un forfait, l'orgie alla son train

Tant que l'auguste chef de Jean n'y mit un frein !

LE CONSEILLER D'HÉRÛDIADE

Satan, qu'avait chassé du Juste la voix mâle. Vint se glisser, sournois, dessous la bacchanale : Attisant des déments les malsaines fureurs, La débauche avivant en tous ces lâches cœurs. 11 jeta le délire en leurs chansons bachiques Et leurs sens il souilla par des danses lubriques. De là, tel un serpent sous des volubilis, Le Démon fait un saut et tombe dans les plis Du cœur trop dépravé de son Hérodiade, Et lui siffle sa plus perfide sérénade :

» Debout! Hérodiade, écoute mon conseil :

« Va de ton ennemi, par moi, piquer l'orteil!

« Debout pour la vengeance et sus droit à ce Juste !

« Fais tomber sans pitié son chef de bronze aduste !

<c Que l'homme du désert tombe ! c'est le moment ;

« 11 te dessert auprès de ton royal amant.

« Jean, voilà l'ennemi! que ton arme le touche!

« Et que son propre sang ferme à jamais sa bouche!

« Pourquoi faut-il qu'il vive un semblable insulteur,

« Puisque son invective a fait ta défaveur?

« Apôtre intempestif, de sa langue emballée

« 11 te diffame, amie, en pleine Galilée !

« Assez ton déshonneur partout il a prôné :

^^ Son accusation honteuse a trop tonné !

« A mort ton ennemi ! à bas ton adversaire ! c. Que de son sang ton sabre aille rougir la terre ! « Jean n'a point ménagé sa langue à ton endroit ; a Debout ! Hérodiade, en avant ! C'est ton droit ! « Si Jean est supprimé, tu seras reine, en somme ; « Lui seul te brouille avec le Maître du royaume ! »

i

LA PRE3IIÈRE HOMELIE CATHEDRAr.E

DE SÉVÈRE D'ANTIOCHE

Éditée et traduite par E. Porcher (1).

(Fol. 68 r. 1) riAi ne ri>yopn iiAoroo MTA()TAVoq iioi ri2Ai-io(i ceTHpoG- iiTopovxipoAoïiei niioc) IIApXllfi-

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(1) D'après le manuscrit copte de Paris 131'. fol. 68-73. Voir l'analyse que nous avons donnée de ce manuscrit, ROC, t. Xll (1907), p. 119-124.

(2) Ce début, avec un titre un peu différent, et un passage de même longueur sur le verso, est tout ce qui reste du texte syriaque, contenu dans l'add. 12159 du British Muséum. Nous tenons ce renseignement de M. Kugener. La traduction de ces fragments qu'il a eu la bonté de nous envoyer nous a permis de cons- tater qu'il n'y a pas de difTérences notables entre le texte syriaque et la version copte.

70 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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LA PREMIÈRE HOMÉLIE CATHÉDRALE. 71

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72 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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LA PREMIÈRE HOMÉLIE CATHÉDRALE. 73"

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74 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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G^ATIIAV CpOC 211 TG(|)AIITAGIA rin2IIIHB. 2(JUC AG AOI" nOIl GTpGTpTOIKOllOUIA CinGIIOT:XAI OnGCIIOT IIOV- pACOT GIJIITCTA3CpO.

AAHetOC OTHOCT HG riGIIIOBG ATCD q20piy. ATtU IJGT" U6AGTA nilGlUIITpGq^CIOTA IJTGIUIIIG IJGG^OBG GAAAT AU (fol. 71 r. 1) GUIOTAAI IITAVCTOT OUXOGIC KAI TAp Gi^XG KATA UGT^AXG TAI TG SG IIAUG GIG UGUTA^GOGI^y ^OTGIT. AVCX) G^yOTClT fiCTl TGUUICTIG AVO) GIGUApOG nilGT2KAGIT GTOTCUU 2U OVpAGOT AVCjU fJTGpOTTCJUOTII GTUGT^fJOTGIT TG TGTpACOT- ATO) HOG UUGTOBG GTCOJ 2U OrpACOT. ATtD AqTmOTU OU GqOBG RTGq^'TXU I1A2TG GUnGT^OTOIT.

KAA(1)C TAp A nGnpO(t)HTHC HCAIAC p^yopu nKVpUCCG UTUUTP2AA IITAVAHATA UUOOV U2HTG 2ITU UGI^^AXC OTGIUUJG- UGABHA TAp XG A UAOrOG UnGlUUT KOIUUJUGI GTGIOVCIA UOVCOT UUUAU. GAqAUA2TG iTinGGUGpUA UABPA2AU- GAq^ytOUG UpCUUG 2U OVUG- UA^J U2e AUOU GTUAUOTTG GpOU XG ^yUpG QnUOVTG. GUGUUGq^:! TUCApg TAp U(VI 6UUAIIOTHA UGUA^^I (fol. 71 T. 2) AU U6 UUGUUA UTUIIT^UpG. ATOJ GUGUn6qUUJ2T DUOq 6BOA DUUJ UUOq G2UAq GAqp2UKG GTBHHTU GTpUUAO UG. KATA TUUTUUTpG ÎJ H AUOCTOAOC IIGUA:XI AU UG

GBOA 2U nGq:;ïajK. aiiou Tupu uovtou2 uu ovxApic

KATA BG nTAq2LOOG fUTl UGTArrGAICTHC GTOTAAB*

I102AUUHC ueGOAoroc.

LA PREMIÈRE HOMÉLIE CATHÉDRALE. 75

TRADUCTION

Ceci est le premier discours (lôyoç) que prononça saint (ayioç) Sévère, lorsqu'il fut ordonné (xei^orovetf) archevêque (cç;fte7rtoxo7roç) de l'Église (Ixxlrjaia) de la ville (noXiç) d'Antioche, et qu'il prononça encore une fois deux jours après dans le lieu (jônoç) du saint martyr (//a'çrvç) Romain ÇPiôfxaroç), à la demande (d^iovv) d'un grand nombre, qui n'avaient pu l'entendre à cause du tumulte (Oô^veoç) et des clameurs (x^avyiî) de la foute nombreuse qui s'était réunie au jour il fui ordonné (x^iQOToveïy), le 21 du mois de choiak, au temps de la 6^ année du cycle {xvxXoi).

Jadis dans son voyage (àTcoSrjpLerv) vers la Mésopotamie, le patriarche (narpiapyr)?) admirable par ses vertus (àp£Tri) Jacob, après avoir fait une partie du chemin, [s'arrêta] un soir [et se coucha] : car la fatigue du chemin l'y engageait (rcapaxaXeïv). S'étant endormi, il eut une vision (gpapia); il vit une grande échelle qui s'élevait jusqu'au ciel; son pied s'appuyait sur la terre, tandis que sa tête atteignait le ciel. Et le Seigneur était appuyé sur le haut, comme l'a dit la Sainte Écriture (1).

Or le bienheureux ([xaxdtpioç) Jacob, qui fut digne de cette vision {pT.za.<s[cL), et qui profita (li-oXausiv) de cette grande grâce (/.âptç), comprit (voe^v) par cette révélation le mystère ([xuaiT^ptov) plein de merveilles, qui avait été figuré (tjjîoç) dès le principe.

Il prit une pierre, la dressa en colonne (aTïiXri) rappelant un lieu sanctifié et la voix de Dieu qui lui avait expliqué la vision (Spaatç) ; il ne s'en tint pas simplement (à::Xwç), mais il répandit de l'huile sur la pierre, puis (slxa) dit ainsi : « Ceci est la maison de Dieu; ceci est la porte (;uûXr]) du ciel (2) ».

Avec de telles paroles, n'était-il pas près (a/£ôdv) de s'écrier ; Quand brillera sur les habitants de la terre le soleil de justice (ôtxaioajvr)), le Verbe (Xop?) de Dieu le Père (3), la pierre angulaire choisie et précieuse, selon le mot d'isaïe (4), celui qui a été oint de l'huile d'allégresse de préférence à ceux de son entourage (5), et qui s'est humilié de lui-même et s'est fait chair (adpÇ) pour nous, alors (tote) il sera pour nous une échelle; il nous fera monter au Ciel, nous qui gisons sur la terre, par le péché de transgression (uapàgaatç) d'Adam ; il sera pour nous la porte (Tt'jXr)) du ciel : il nous révélera la gloire de son Père, et se montrera lui-même à nous avec l'Esprit (::v£î5[j.a) Saint, nous enseignera la Souve- raineté une et la Divinité une dans la Trinité (i-ptà;) sainte établie sur l'échelle, qui est notre Sauveur (awxrîp) Jésus-Christ, celui par qui ceux du ciel sont réunis à ceux qui sont sur la terre.

(1) Gen., xx\in, 11-19.

(2) Gen., xxviii, 17.

(3) Isaïe, XXVI, 9; Mal., iv, 2.

(4) Isaïe, xxvni, 16.

(5) Is., Lxi, 3; Ps., XLiv, 8.

76 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

C'est pourquoi Notre-Seigneur lui-même dit dans l'Évangile (sùaYysXiov) à Nathanaël : « En vérité, je te le dis, vous verrez le ciel ouvert, les anges (à'yyEXo;) de Dieu montant, et descendant sur le Fils de l'Homme (1) ».

Et encore dans un autre endroit, il dit : « Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira et trouvera un pâtu- rage (2) r,.

Et maintenant, moi, pécheur chétif (ïkdiiGzoi), j'ignorais le dessein qui a été formé sur moi par la prescience (jipdvoia) et la sagesse (ao^fa) de Dieu dépassant toute pensée, jusqu'à ce que je sois placé au delà (::apa) de mes mérites sur cette chaire (xaOÉopa) sacrée.

Et voici que maintenant je contemple (OEwpaîv) cette grande église (è/.-/.Xr)aîa) pleine de monde, effervescente par l'Esprit (Tiveu^jia) et resplen- dissant de tous côtés par les rayons de lumière de la foi (Tifanç) régulière (orthodoxie).

C'est le moment pour moi de vous rappeler les paroles du patriarche (TOxpiap^riç) Jacob, et de dire : Voici la maison de Dieu : et voici la porte (îtjXYi) du ciel. Voici le troupeau spirituel (Xoff/.ov) que le plus grand des apôtres (aTOatoXoç), Pierre, a fait paître en le nourrissant des dogmes (S6Y[xa) sains de la religion (sùasSrj'ç).

Voici la pierre (réxpa) sur laquelle le Christ Dieu de tout l'univers a établi la base de l'Eglise (IxxXriat'a) qui est partout (3) {catholique).

Voici le peuple (Xa6?) sur lequel a été écrit le saint nom du Christ, et qu'avant tous les autres on a appelé les Chrétiens (4) (xptaxiavd;) : nom nouveau qui sera béni sur la terre, et qu'Isaïe le prophète (ripocpi^Triç) a indiqué (arjfjiai'vEtv) à l'avance (5).

Mais (àXXfi) cette ville (to'Xiç), si peuplée d'amis du Christ, portant (cpopetv) à tel point toutes les grâces (/^àpiaiia) spirituelles (TtveufxaTixôv), a été troublée par la tempête (ystfAtiv) de l'impiété (àa£6ir)'ç), qui fut d'abord soulevée par Diodore et par Théodore, les promoteurs (àpxvjYo'ç) de l'hé- résie (aïpiatç) impure produite (IvEpyErv) par les esprits (TivsQfjia) de la per- versité (TOvr)p(a); qui fut excitée encore davantage par leur disciple (u.a9yixr)ç) du même type, Nestorius, quand il s'écarta comme eux (ôjjiotw;) par la folie du diable (ôcàSoXoç).

Après lui, le synode (auvoBûç) qui se réunit à Clialcédoine l'excita encore plus haut, à la façon de la mer (OaXaaaa), lorsque (oxav) elle est agitée par une grande tempête (y^stjxwv), qu'elle devient plus sauvage («ypio;) et qu'elle soulève très haut ses flots.

En effet (ydtp) ce synode (aûvoooç), s'il a porté remède à l'hérésie (aî'peat;) mauvaise d'Eutychés d'une façon (t/Jî^ix), a introduit par ailleurs (Xomdv) dans l'église (èzxXriaia) la folie ({javîa) qui perd les âmes («j^uy^ïi) de Nes-

(1) Jean, i, 51.

(2) Jean, x, 9.

(3) Cf. Matth., XVI, 18.

(4) Act., XI, 26.

(5) Is., Lxii, 2.

LA PREMIERE HOMELIE CATHEDRALE. 77

torius; et entreprenant de guérir le mal par le mal selon (xa-rd) l'adage, il est devenu cause (alTtoç) d'une grande maladie, et non d'une guérison, pour le corps (aSjaa) du Christ, qui est l'Église (ÈxzXriata).

En effet le Fils unique (jj.ovoy£vt|ç), le Verbe (kôyoi) de Dieu, celui qui s'est fait chair (aâpÇ) et s'est fait homme pour nous, sans changement ni transformation, il l'a divisé en deux natures (-jj^i;) après l'union inef- fable et incompréhensible, se prononçant (ÔoyfAaTÎÇstv) à tort (/.azcSç) comme si c'était un homme qui aurait souffert (uTvojjisvstv) la mort avec la croix (!3Taup6;), et non le Seigneur de gloire qui aurait été crucifié, après avoir souffert pour nous en chair véritablement, quoique (zaïToiye) Dieu incom- préhensible et impassible dans sa nature (9jaii;). Car si le Verbe (X6yo;) immortel de Dieu le Père ne s'était pas fait un seul par l'hypostase (uxrdaTaaiç) avec le mortel, je veux dire le corps (oôiijia) appartenant à la même essence (oùa(a) que nous où. il y a une àme ('lu/.rj) intelligente (vospà), il n'y avait pas moyen du tout (2Xw;) que la mort le touchât tout entier.

S'étant fait chair (aap?) et homme, il a continué également à être Dieu sans changement; lui, le même que le Verbe (X6yoç) de Dieu, il a goûté la mort pour nous parce qu'il s'est fait chair (aapÇ) pour nous; et il a continué à être immortel, parce qu'il était immortel selon sa nature («pjatç). Aussi (wjte) celui qui d'abord confessera (Ô[j.oXoyjî'v) avec un cœur droit, une pensée ferme et une foi [r.hzic,) immuable que le Verbe (Xoyo?) de Dieu s'est fait chair (loépç) dans une chair appartenant à la même essence {oùaia) que nous, confessera encore que le même est vraiment Dieu et homme; il attribuera au même la passibilité et les miracles, les choses qui conviennent à la divinité, et celles qui appartiennent à l'hu- manité, la croix (aTaupdç), le tombeau (xacpoç) et la résurrection (àvàaraatç), l'immortalité et la mort, il ne changera pas du tout (5Xwç) les principes de l'immortalité puisque (iT.siori) l'immortel par sa nature (^jat?) a iden- tifié avec lui le mortel, c'est-à-dire la chair dans laquelle il a souffert et est mort pour nous.

Fuyons maintenant, ô peuple (Xao?) ami du Christ, la folie (ixav'a) des nouveaux Juifs, c'est-à-dire de ceux qui se sont réunis au concile (<juvoooç) de Chalcédoine, qui ont divisé en deux natures (çjatç) cet indivisible; recherchant, d'après le tome (toij-o?) de Léon le blasphémateur, quelle nature a été clouée sur le bois de la croix (dTaupôç), afin d'attribuer la passibilité à la nature (©j^iç) de l'humanité seule, ils ne l'attribuent pas au Seigneur de gloire notre Sauveur (aw-YÎp) le Verbe (Xéyo?) du Père, et de cette façon ils divisent désormais (XotTtov) l'indivisible en deux natures (^ûai?) : car ce mot deux dissout l'unité; et la thèse entière de l'économie (o?xovop.ta) de notre salut, il la détruit (iÔETelv) complètement. Oui, des idées d'impiété {àQ^^c,) comme celle-ci, fuyons loin d'elles.

Confessons (ôpLoXoyerv) un seul Seigneur de gloire, c'est-à-dire Emma- nuel, une seule personne (7:pdaco7:ûv), une seule hypostase (u7:6a-caCTt;), une seule nature (çûaiç) de Dieu le Verbe (X6yo;) qui s'est fait chair (aâpÇ), selon (xaxa) la manière transmise à nous par nos saints pères inspirés (-v£U[j.a-6-jopoç) : et ne supportons pas (àvéysaeat) du tout (SXoji;) de prier avec ceux qui osent (xoXaàv) diviser la chair (aâpç) de notre Sauveur

78 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

en deux natures (cpuaiç) après l'union ineffable et incompréhensible, pen- sant ainsi honorer la divinité.

Comme (xati) l'a dit le rebelle (avo[xoç) Eutychès et d'autres hérétiques (alpsTixô;) qui ont divagué avec lui dans la même folie ([j-av(a), en disant qu'il ne convient pas (rpsTrEtv) que nous abaissions la divinité à une géné- ration selon la chair (xaià oàp?) ; ils n'ont pas reconnu (Xoyf^jaGat), les insensés, que sa naissance est de la Vierge (^tapôÉvo;), qu'elle ne vient pas d'un sperme (arrÉpjjia) mâle, mais d'un Esprit Saint.

Et trouvant prétexte dans des péchés, insinuant que ce serait chose honteuse si Dieu supportait (/.aTr/^siv) la génération remplie d'impureté (àxaôapaîa) de notre pauvre nature («pûatçj, ils dirent qu'il parut en fan- tasmagorie (xaxà yav-aa(a); ils n'ont pas SU, ces malheureux, que est Dieu avec l'impeccabilité, il y a toute pureté et toute sainteté; car la tache de l'impureté (àxaOapat'a) n'est pas autre chose que (£t[i.rlxt) la souillure venant du péché.

En outre (;i:Xr]v) s'égarant (àTuaxav) dans des idées aussi vaines, ils osèrent (ToÀ[j.av) dire que Dieu le Verbe (k6-(o;) ne s'est pas fait chair (aapÇ) en vérité ; mais ils dirent qu'il prit l'apparence d'un homme, qu'il parcourut ((J7io8yi[ji£î"v) ce monde (xdajjioç) comme une vision (opaaiç) qu'on voit dans l'imagination (çavxaafa) du sommeil; de sorte qu'enfin (konzôv) ils firent de l'économie (o?xovo[jn'a) de notre salut une espèce de songe sans fonde- ment.

C'est vraiment ((J^rjeàj?) un grand et grave péché : et ceux qui entre- tiennent (fj-sXeTàv) de pareils blasphèmes ne diffèrent en rien des Juifs qui ont crucifié (axaupoUv) le Seigneur. Car (xa\ ydip) s'il en est comme (xaTi) ils disent, alors vraiment notre prédication est vaine, vaine est notre foi (Titaitç); et nous sommes comme les affamés qui mangent en songe, et qui une fois levés voient que leur songe est une vanité; ou comme celui qui a soif et qui boit en songe, et qui se lève toujours altéré, alors que son âme ('\i^-/ji) croyait à l'irréel.

Le prophète (-poçTJTri;) Isaïe a magnifiquement (xaXwç) annoncé (xrjpûaaetv) d'avance l'erreur de ceux qui sont trompés (à::aTàv) par de telles pa- roles (1). Car (yap) si le Verbe (Xôyo;) du Père n'a pas eu en commun (xoivwvetv) avec nous la même essence (ouata), en prenant le germe {anip[i.a.) d'Abraham et devenant homme véritablement, comment nous, serons- nous appelés fils de Dieu? Car (yap) si Emmanuel n'avait pas pris notre chair (adtpi), nous n'aurions pas reçu l'esprit (TivEupiaj de filiation [?] : s'il ne s'était pas anéanti de sa propre volonté, en se faisant pauvre pour nous, de riche qu'il était selon le témoignage de l'Apôtre (àTc^atoXoç) (2), nous n'aurions pas reçu nous tous de sa plénitude la vie et la grâce (x'^pt?), comme l'a dit le Saint Évangéliste (suaYYeXiaTrjç) Jean le Théologien (eeoXéyoç) (3).

{A suivre.)

(1) Est-ce une allusion à la prophétie d'Emmanuel, Is., vu, 14?

(2) Gai., IV, 5. (3) Jean, i, 16.

LETTRE DE PISUNTIOS, ÉYÉQUE DE QEFT, A SES FIDÈLES (i;

INTRODUCTION

Cette lettre conservée dans quatre manuscrits de la Biblio- thèque nationale aurait été dictée par l'évêque de Qeft Pisun- tios, à son secrétaire Jean, quand il apprit l'invasion des Arabes en Egypte, et avant que Qeft eût été prise. Un passa.ii'e (2), l'on relate l'altération que certains hérétiques font subir au dogme de la Trinité, donne à croire que nous nous trouvons en face de la traduction d'un texte copte. Rien d'ailleurs n'établit l'authenticité de cette pièce. L'auteur écrivait probablement après la conquête musulmane, mais pour donner plus de force à ses exhortations à garder la foi chrétienne, il aura voulu les attribuer à Pisuntios qui apparaîtrait ainsi comme un homme inspiré du ciel pour prédire à ses fidèles les succès des Arabes, et leurs persécutions contre l'Église d'Egypte. On pourrait remarquer dans la première partie de cette lettre de fréquents emprunts aux Canons des Apôtres {'S).

Nous reproduisons le texte du ms. 6147 de la Nationale, A, fol. 39-56% manuscrit égyptien du xvi" siècle, qui donne cer- tainement la rédaction la plus ancienne. Nous avons seulement fait disparaître certaines fautes d'orthographe provenant de l'ignorance du copiste, et corrigé quelques leçons vicieuses, à l'aide du Ms. 150, B.

Ce dernier manuscrit, du xvii" siècle, présente, fol. 1-13, un texte peu différent du précédent pour le sens, mais les va-

(1) Cf. Pairol. Or., t. VII, 320 (Pesynthius).

(2) Page 89, ligne 18; traduction, page 82.

(3) Voir notre édition des Canons des Apôtres, te.xte arabe et traduction fran- çaise, dans Palrologia Orienlalh, t. VIII, fasc. \.

80 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

riantes de mots sont nombreuses. C'est toujours B que nous suivons quand nous nous écartons de A.

Les deux mss. 4794, C, fol. 164-193; et 4878, D, fol. 118-150% tous les deux du xix^ siècle, le dernier très récent, reproduisent un texte tout à fait identique, mais plein d'incor- rections et qui est un rajeunissement, une amplification des précédents. Nous n'y avons fait aucun emprunt, pas plus que nous ne relevons dans un apparat critique toutes les variantes de B, C, D. Ces notes auraient demandé plus de place que le texte lui-même.

Augustin PÉRiER.

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82 REVUE DE l'orient rilUKTIEN.

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LETTRE DE PlSl XTIOS ÉVÊQUE DE QEFT A SES FIDÈLES. 83

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84 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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(1) texte est altéré; B donne : O-s^ j-*>F^' «J» «.^j^^ /*^ ^^^'j ^jj^ ^^l) ; CD : ^Jjdî ^^y î ^^îb j.3r^ ^_^r J ^^îl ^jLv» qui est un non-sens. (2) A I^^jù' ; CD ^^-^t- o j**«j J--^M ïiUlj îj

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LETTRE DE PISUXTIOS ÉVÈQUE DE QEFT A SES FIDÈLES. 85

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(1) B om. X^.-^J!. CD i^^^'. (2) A 'i^\ ^ jsj^^lj.

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REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.

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.Lettre de pisuntios évèque de qeft a ses fidèles. 87

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(1) Mss. p^^^ {2j A X^h\. (3) B li^ Ji.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, un seul Dieu, gloire à lui toujours.

Nous commençons avec le secours et la bonne assistance de Dieu à transcrire la lettre que le saint, le grand devant Dieu et les hommes pour toutes les connaissances divines, l'illustre parmi tous les saints, notre Père Pisuntios, évèque de la ville de Qeft, adressa à tout le peuple contenu dans les limites de son diocèse, au sujet de la foi droite, orthodoxe.

Cette lettre contient la prophétie qu'il fit au sujet de la nation arabe,

88 REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.

lorsque, gardant le lit durant cette maladie qui fut pour lui la dernière, et celle de son départ pour le ciel, il apprit que cette nation s'était emparée de l'Egypte (Qeft n'avait pas encore été prise), et il prédit encore les maux qui fondraient alors sur la terre à cause de cette nation.

Il mourut le treize du mois de Abib. Que la liénédiction de sa prière nous garde et soit toujours avec nous. Amen.

« La paix soit avec vous, pères, frères et fils; que le Seigneur vous accorde sa bénédiction et la joie de TEsprit-Saint. Je supplie et j'invoque Dieu pour vous avec d'abondantes larmes et des prières assidues, afin que vous receviez mes exhortations, pour que vous connaissiez quel est le gain de vos âmes, et la perte qui vous priverait des fruits de l'Esprit-Saint. [J'entends par là] ces choses qui vous raviraient la tranquillité du cœur, et mettraient à la place les maux et les vices, chasseraient l'humilité et la remplaceraient par l'orgueil, banniraient les fruits de la pureté, et appor- teraient à l'àme des fruits de souillure, détruiraient la charité et produi- raient la jalousie et la haine ; arracheraient à l'âme sa foi, et sèmeraient, à la place, les pensées mauvaises qui conduisent à l'impiété.

Sachez, ô mes fils bénis, que j'ai mission de yous instruire de ces choses et de vous découvrir les secrets qui m"ont été révélés par le Saint-Esprit. Je vous ferai connaître ce qui sauvera vos âmes, édifiera, fortifiera, con- firmera vos cœurs dans la joie du Paradis, dans la brillante lumière qui écartera loin de vous les ténèbres de vos consciences, [je vous dirai] ce qui renouvellera vos âmes par l'Esprit-Saint, éloignera de vous l'impiété et mettra à sa place la vraie foi, chassera les pensées impures et mettra à la place des fruits de pureté, bannira la jalousie et la haine et les rempla- cera par la charité, écartera le souffle de la médisance et de la calomnie, et établira la paix qui répandra l'odeur suave de ses parfums dans vos cœurs et vos âmes, extirpera la vanité, l'orgueil, l'arrogance et fera luire la douceur de l'humilité dans vos cœurs et dans tous vos sens intérieurs et extérieurs, dissipera loin de votre esprit la fumée et l'agitation de la colère, et les remplacera par la douceur, la bonté, le calme dans tous les membres de votre corps. Ainsi vous deviendrez la demeure et le temple de Dieu; l'Esprit-Saint se lèvera et brillera dans vos âmes, et l'image du Fils de Dieu se formera dans vos esprits et dans vos corps: vous serez la demeure des douze vierges qui glorifient le Fils unique de Dieu de con- cert avec les anges et le saluent pour leur Seigneur; vos cœurs endur- cis seront changés et deviendront des temples de louange, et vos âmes s'illumineront de la lumière divine qui se lèvera en elles, comme l'a dit Notre-Seigneur Jésus-Christ dans son saint Evangile : « Celui-là m'aime qui garde mes commandements, et mon Père et moi nous viendrons et nous établirons en lui notre demeure (1) », car il possède les douze vertus. Em- pressez-vous, ô mes chers enfants, d'acquérir ces douze vertus, et de vous armer de la foi saine et droite ; enrichissez-vous de charité les uns à l'égard des autres; attachez-vous à la loi orthodoxe que certains ont abandonnée pour suivre des erreurs qui leur ont valu la perte éternelle.

(1) Jean., xiv, 23.

LETTRE DE PISUNTIOS ÉVÈQUE DE QEFT A SES FIDÈLES. 89

L'apùtre vase d'élection dit en effet : « Sans la foi, personne ne peitl plaire à Dieu (1) », et Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit à ses saints apôtres : i Si vous aviez de la foi comme un (jrain de sénevé, vous diriez à cette mon- tagne de se déplacer, et elle changerait de place (2) ». Lorsque les deux aveugles placés sur le chemin lui crièrent de les guérir, il leur répondit : « // vous est fait selon votre foi », et aussitôt leurs yeux s'ouvrirent. Lorsque la Chananécnnc encore lui demanda la guérison de sa fille : « Il n'est pas juste, dit-il, de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. Si, Seigneur, reprit-elle, car les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres »; et alors Jésus lui dit : « Que votre foi est grande, ô femme! Il vous est accordé selon votre désir », et au même instant sa fille fut guérie (3).

Maintenant donc, mes fils, conservez les préceptes de la foi droite et sainte qu'ont abandonnée beaucoup d'hommes en ce monde, pour les aises de leurs corps et leur gourmandise dans le manger et le boire. Pour jouir un peu de temps [de ces biens terrestres], ils se sont fait exclure du royaume des cieux et de la demeure des justes. Tels furent Léon Tim- pie, le prévaricateur, Lucanius au bonnet monastique, l'impie Arius qui niait [la divinité du Verbe], Lucius, Hermogénès, l'ignoble Xestorius, Eutychès, Méléce, et tous ces ennemis [de notre foi] qui blasphèment contre la sainte Trinité et profèrent d'orgueilleuses paroles que nous ne saurions répéter de crainte de souiller les oreilles pieuses. Les uns di- sent : le Père Fils Saint-Esprit, en supprimant le mu et le nu (4) qui équivalent à [notre conjonction] et. Selon d'autres la divinité n'a pas souffert avec l'humanité, l'humanité seule a souffert; pour d'autres, le Hls de Dieu est créé et il n'existait pas avant de naître de la Vierge Marie; pour d'autres, il est un prophète. Dieu garde chacun de nous de telles doc- trines! En conséquence, quiconque ose dire que la divinité n'était pas unie avec l'humanité, au moment des souffrances que Jésus-Christ notre Sei- gneur, notre Dieu et notre Roi a acceptées sur la croix, pour notre salut, et prétend que la divinité s'est séparée de l'humanité, ne serait-ce qu'un clin d'œil ou une seule minute, celui-là sera ignoré du Père, du Fils et du Saint-Esprit, en cette vie et en l'autre; sa demeure sera le puits de l'éternel abîme, il sera à jamais oublié, et il n'aura point part à l'héritage préparé pour chacun [des enfants de Dieu]. Quiconque dit : le Fils de Dieu est une créature, il n'existait pas avant sa naissance et avant tous les temps, sentira durant l'éternité les tortures de l'enfer passer sur son àme. Quiconque se révolte [contre la foi] et dit : le Christ est seulement un prophète, aura l'enfer en héritage; les pleurs ne quitteront jamais sa demeure durant tous les jours de sa vie, et sur lui se refermera le puits de l'enfer. Quiconque se révolte contre la foi et dit : le pain et le vin que l'on offre au Saint Autel ne sont pas le corps et le sang du Verbe de Dieu.

(1) Ilébr., xi, 6.

(2) Matth., wn, 19.

(3) Matth., XV, 22-28; Marc, vu, 25-30.

(4) C'est la conjonction copte sahidiquo UN-

9U REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

ils ne sont pas le corps qu'il a pris de Marie, sera exclu de la société des chrétiens et des sajnts mystères, en cette vie et en l'autre, et il ne trou- vera pas de soulagement dans l'enfer durant l'éternité. Quiconque se ré- volte et dit : celui qui a été crucifié pour nous n'est pas le Seigneur. Sau- veur [Jésus-Christ], c'est un autre que lui qui a été crucifié et lui ressem- hlait (1), lever ([ui ne dort pas torturera l'âme de ce malheureux dans l'enfer durant toute l'éternité. Quiconque se révolte et dit : le Christ n'a pas habité dans le sein de la Vierge Marie pendant neuf mois, Marie ne l'a pas enfanté sans peine et souffrance, et elle n'est pas restée après l'enfan- tement vierge comme auparavant, sera plongé dans les ténèbres exté- rieures qui deviendront sa demeure pour l'éternité, il sera soumis aux divers genres de supplices de la géhenne. Quiconque se révolte et dit : celui qui est de la Vierge Marie n'est pas le Verbe de Dieu existant avant tous les siècles, sa naissance n'est pas incompréhensible, la Vierge ne l'a pas enfanté sans douleur, et il ne nous a pas arrachés à la puissance du démon, sera dans les ténèbres, les pleurs et les grincements de dents.

Pour nous, 6 mes amis, nous ne proférerons jamais de tels blasphèmes, mais nous dirons plutôt en toute occasion, dans un langage clair, de tout notre cœur, et de toute notre Ame : « Nous croyons en Dieu, le Père tout- puissant, créateur du ciel et de la terre et de toutes les choses visibles et in- visibles, et en un seul Seigneur et maître Jésus-Christ, parfaitement fils de Dieu en vérité, engendré et non créé, consubstantiel au Père, comme le Saint-Esprit est uni consubstantiellement au Fils, par qui tout a été créé, vrai Dieu de vrai Dieu ; le Verbe s'est fait chair en descendant dans le sein de Marie, il a pris la nature humaine, pour le salut de nous autres pécheurs, et il est de Marie sur cette terre, Dieu incarné; il a été baptisé dans le Jourdain par Jean, fils de Zacharie, nous a arrachés à la main de Satan, a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, alors gouver- neur [de la Judée], a été enseveli dans un sépulcre neuf, est ressuscité vivant d'entre les morts le troisième jour, est monté aux cieux, y est assis à la droite du Père, doit revenir pour juger chacun selon ses oeuvres; dans tout cela, sa divinité n'a pas quitté son humanité, une seule minute ou un clin d'œil, car sa divinité est unie à son humanité en toutes choses ».

Telle est la foi que moi, pauvre Pisuntios, je garderai jusqu'à mon der- nier soupir, et que je confesserai jusqu'au moment ou je retournerai vers le Seigneur. Et maintenant, ô mes amis, veillez, ne laissez personne vous égarer loin de la vraie foi ; car beaucoup déserteront la foi du Christ pour suivre une foi étrangère, abandonnant ainsi la bonne nouvelle du saint Évangile, les enseignements et les préceptes que nos pères les saints apôtres ont établis dans leurs canons. Évitons surtout de suivre nos pas- sions mauvaises, de crainte que notre ennemi Satan avec sa malice ne s'empare de nous ; ne permettons pas à cette courte vie de nous attacher à la terre, autrement nous goûterions le supplice éternel; gardons-nous des pièges de Satan perfide et trompeur, ennemi de notre race dès l'ori- gine ; il rôde en tout instant autour de nous, cherchant à nous faire sortir,

(1) Cf. Qoran, s. iv, I5G.

LETTRK DI-: l'ISU.NTIOS KVKQUE DE QEFT A SES FIDÈLES. 91

à nous écarter des ordres de Dieu pour que nous acc-omj)lissions les mau- vais désirs de nos cœurs. Fuyons, fuyons donc les œuvres mauvaises qui font de l'honnue un objet d'aversion pour Dieu et ses anges. Ne laissez à Satan aucune place dans vos cœurs il sèmerait ses désirs mauvais qui sont les péchés mortels, c'est-à-dire la calomnie, la souillure, l'impureté, le vol, le parjure, la haine, la rébellion, les coups, l'adultère, les injures, les dissensions résultant des mauvais rapports, le blasphème, le manque de foi, l'amour de la plus grande part, l'amour du gain blâmable. Toutes ces œuvres, ô mes amis, éloignent et détournent de Dieu leurs auteurs. J'ai commencé par vous recommander d'éviter ces grands péchés qui résultent du manque de foi, ne laissent subsister dans l'homme aucun bon fruit et attirent la colère de Dieu. Je vous recommande donc de fuir la vanité et l'orgueil qui ne laissent dans l'homme aucune bonne action et écartent l'ange de la paix. Malheur à tout homme qui meurt souillé de ces fautes qui irritent Dieu et les anges! Souvenez-vous que nous ne res- terons pas toujours en ce monde. Le commencement de toutes choses, c'est que nous devons mourir, retourner à Dieu qui nous accordera en retour de nos œuvres précédentes la récompense ou le châtiment. En vérité, ô mes enfants chéris, ce monde vain et sa gloire caduque sont dignes de toutes nos larmes, car il trompe quiconque le suit et en tire vanité, il se moque de lui et de beaucoup d'hommes qu'il entraîne pour l'éternité dans l'abîme de l'enfer. Maintenant donc, ô mes fils, fuyez toutes ces œuvres mauvaises qui sont l'impureté, la haine, le blasphème, les disputes, la discorde, la calomnie, le vol, le parjure, l'adultère, les actions infâmes, les faux témoignages, le meurtre, les désirs coupables, le liberti- nage, les actes contre nature, les relations avec des hommes, la sorcellerie, la magie, la divination, l'observance des heures, l'injustice, les [fausses mesures, trop grandes quand il faut recevoir, trop petites quand il faut donner, les faux poids. Toas ceux donc, ô mes amis, qui resteront dans ces mêmes péchés et ne voudront en faire pénitence seront exclus du troupeau du Christ, et des saints mystères.

Tout homme chrétien, prêtre ou laïque, qui s'irritera contre un de ses frères, chrétien comme lui, le livrera à un autre plus fort, l'oppressera, le persécutera pour cause d'argent ou de biens périssables, sera exclu du royaume et de l'assemblée de Jésus Notre-Seigneur il n'y a pas accep- tion de personnes; l'enfer sera sa demeure et son séjour durant réternité.

Tout prêtre ou chrétien qui est injuste et porte un faux témoignage contre ses frères chrétiens ou ses ennemis, sera étranger au Père, au Fils et au Saint-Esprit, en cette vie et en l'autre. Tout chrétien qui aura été bigame de deux femmes vivant en même temps, aura pour héritage le feu durant l'éternité, mais s'il se repent et confesse sa faute, l'Eglise le recevra [dans sa communion]. Tout prêtre ou chrétien qui voyant ses frères les fidèles dans la pauvreté, la misère, en butte aux vexations des païens, n'a pas pitié d"eux, alors qu'il pourrait les sauver, et ne les aide pas, n'est pas vraiment chrétien et disciple de Jésus-Christ. Dieu à son tour n'aura point pitié de lui au moment pénible des angoisses de la mort, et il sera exclu de la reconnaissance divine. Tous prêtres qui boivent du vin au

92 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

point de s'enivrer, tiennent des propos bouffons le jour des fêtes, sont orgueilleux, obscènes dans leur langage, commettent des .actions coupa- bles en public ou devant des témoins, seront torturés dans l'enfer par le ver qui ne dort pas.

Tout chrétien qui contracte une union illégitime, sera exclu du troupeau de Jésus-Christ et de la société de ses frères chrétiens en cette vie et en l'autre. Tout chrétien qui ne respecte pas le lit de son père ou de son frère, sera plongé au fond de l'abîme il y aura des pleurs et des grince- ments de dents; le feu de la géhenne le torturera durant l'éternité. Toute femme qui connaît la mauvaise conduite de sa fille, et ne la corrige pas, Dieu fera tomber sur elle le souffle de sa fureur et la flamme de sa colère; elle sera plongée dans l'abîme du châtiment douloureux et éternel, l'on est à jamais oublié.

Toute femme qui fréquente des femmes insensées, dissolues, blasphé- matrices, prenant des libertés séductrices devant de;i hommes étrangers de manière à scandaliser ceux qui les voient, aura pour héritage l'abîme de la géhenne pour l'éternité. Toute femme qui trompe son mari, prend son gain, [le fruit de] son travail et de sa fatigue, et le donne à un homme étranger, aura son âme soumise aux tortures de la géhenne durant toute l'éternité.

Toute femme qui maudit ses enfants et répond à son mari sans respect et crainte, sera soumise à ces diverses sortes [de supplices] de la géhenne, et elle n'obtiendra pas miséricorde au jour du jugement. Toute femme qui trouve opportun de se délivrer du fruit qu'elle porte dans son sein avant la formation parfaite de l'enfant, le Seigneur la jettera au plus profond des abîmes de l'enfer. Tout prêtre qui mange le pain des ofl'randes avec les femmes de mauvaise vie n'aura point part avec la sainte Trinité, ni en ce monde, ni en l'autre, et son âme sera la proie du ver qui ne meurt pas, dans les flammes de la géhenne. Tout prêtre qui distribue le corps et le sang de Jésu.s-Christ en faisant acception des personnes auprès de l'autel, aura pour héritage durant l'éternité le feu de la géhenne et les ténèbres de l'abîme. Tout prêtre qui manque d'estime pour le service de Dieu et le néglige, sera maudit en ce monde et en l'autre, il sera noirci par le feu de l'enfer. Tout prêtre qui agit en hypocrite dans l'organisation du service de Dieu, sera banni, exclu des biens et de la félicité du royaume des cieux.

Maintenant donc, ô mes chers enfants, quittons ces péchés, avant d'être frappés, de crainte que l'on ne nous trouve pas préparés pour le voyage, et que l'on ne nous entraîne de force, et contre notre volonté. Malheur à nous qui sommes nés sur cette terre! malheur! oui, malheur! ô mes chers enfants, pour les humiliations, le mépris qui nous atteindront en ce temps de la part d'hommes qui viendront nous chercher et nous emmèneront par des chemins que nous ne connaissons pas; semblable est mon propre état en ce moment, car je sais qu'est proche le jour je vais être visité, finira mon pèlerinage, je m'en irai, prenant le chemin réservé à tout homme.

(.4 suivre.)

MÉLANGES

I

LES MIRACLES DU SAINT ENFANT CYRIAQUE

{Suite) (1)

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(1) Cf. /fOC, l'Jllî, p. 119 sqq.

(5i) Ici et plus bas la place pour les noms proi)i'es a été laissée en blanc.

(3) Ms. : f.lClX.

94 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

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(Om ' Ar^J : l-h^ (D(D/:fl : (U-f- : (F. 4J a) (DhKii

at-h-p^ •■ tUao : 011*»^- ï flhïl-jî. : *?»'> " (D-i'^-m. '■ 'M ftoyVi *feC*A

(1) Ms. : ^?,-/H.^l•n/h.C.

(2) Ms. : ATrT"/". A a été biffé après coup.

(3) Ms. : ifl ! ïiiTCrh-*.

(4) Ti-VH est suivi do ,B^if„"/;ib, dont les quatre dernières lettres sont biffées.

MÉLANGES. 95

f'/A- 1-114. -• . A^A : "/A ^''X :

XA-* flïn/.h (F. 41 r b) f: : f/A- ^ftA A^ J "/ :

>^ flïAu^nh. : fl>-A'h î (F. 41 V" a) Aj&^ flîMJr ÏICÏI- f/A- : r{l^lî\. . A*J J 'JA : h^ï-i '<•

TRADUCTION

III. (F. 39 V" a) Miracles dit bienheureux et saine Vy- riaque, enfant, martyr de Jésus-Christ.

Que sa prière, sa bënédictioti, l'intercession de sa clé- mence et la victoire de son combat soient aver... (2) pour les siècles des siècles! Amen.

Il y avait un homme dépravé, méchant, pervers, colé- rique, débauché et orgueilleu.r. Il n'estimait pas l'église {de Cyriaque).

Il arriva un jour (F. 39 v" b) {que) révéque (du lieu) vint et lui dit : « Un tel, viens, {allons) travailler à l'église de Cyriaque. » // lui dit et lui refusa : u Qui me commandera {et) qui me soumettra^? Je te refuse. » {L'évéque) lui dit : « Comme tu refuses {de travailler) à r église {de Cyriaque),

(1) Ms. : ttfi*f:r'Kr'.

(2) Cf. p. 93, note 2.

96 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

prosterne-toi, puisque tu te trouves dans son enceinte. » « Je (te) refuse, lui dit-il. Je suis le satellite du roi. Moi- mmie {je devrais) me prosterner au pied de ce sanctuaire (l)? » // lui dit [cela).

Ayant entendu [cela, rêvéque) alla vers le roi. Il exposa (cela) au (F. 40 r" a) roi et lui dit : Ton satellite, qu'on appelle un tel, nia refusé {de travailler et de se prosterner à r église de Cyriaque). Que le Seigneur f expose (cela) et que Notre-Dame Marie te (le) fasse entendre! Que (vais-je) devenir? Il a refusé de bâtir (et) de se prosterner. Pour moi, fai exposé [cela) à Cyriaque et à toi aussi. »

Le roi dit à l'évêqne : « Qu'il t' obéisse (2)/ Après avoir pris mes satellites avec toi, va. S'il refuse {de f obéir), que mes satellites, après {r)avoir enchaîné, V amènent (F. 40 r** b) vers moi! Moi-même je jugerai selon ma puissafice. » // dit {cela à Vévêque et aux satellites).

Ayant entendu {cela), révêque s en alla avec les satel- lites (3). Ils parvinrent auprès de cet homme. {L'évéque lui) exposa la parole du roi. « (Jue {vas-tu) devenir, toi qui ne te prosternes pas devant l'église {de Cyriaque)? Le l'oi te dit qu'il {te)' jugera selon sa royauté. Viens, allons, nous deux, parler au roi. » Ils parvim^ent {auprès du roi).

Lorscjue le roi Veut vu, {il lui dit) : « Toi-même, dépravé, (F. 40 Y" a) retourne à V église de Cyriaque et accomplis l'œuvre {que Vévêque te commandera) (4). » // dit {au) roi : <• Pour moi, je m'en vais vers un pays éloigné {et) cet évêque ne m'atteindra pas. » // dit {cela).

Ayant entendu [cela), le roi {dit à Vévêque) : « Puisqu'il a récusé ce que {le roi) a jugé le {concernant), prends ses richesses, ses biens et ses champs; je te {les) donne. Pour toi, n'{en) tire pas profit, [mais) donne-[les) à Véglise de Cy- riaque. » Le roi dit {cela) à Vévêque.

(1) M. à in. : bas lerriluire. fjiDÈi semble avoir ici un sens analogue à celui de flwViTr, TÔTTo;, lieu et sanctuaire.

(2) M. à m. : quHl te parle!

(3) M. à m. : le roi. Nous avons laissé le texte tel quel. Il faut lire les satel- lites. Le contexte l'indique ici et plus bas.

(4) M. à m. : son œuvre.

MÉLANGES. 97

Ayant entendu cela, (F. 40 b) l'évêque s'en alla, en se réjouissant et {en) exultant. Il retourna à son pays.

Lui aussi, l'homme jjervers retourna {chez lui), en étant triste. Après qu'il s en fut retourné, il refusa de se proster- ner. Tout le peuple dit{\) et {le) maudit : « 0 Cyriaque, hais celui qui te hait et outrage celui qui te déshonore. » {Le peu- ple) dit [cela) à Cyriaque. Il exauça leur prière et leur demande.

Lorsque le roi eut appris {cela), il s empara de sa maison, {F. 41 r" a) engloutit (2) ses richesses et tous les biens de sa maison.

Lui-même, {l'homme pervers) fut malade et mourut d'une mauvaise mort. Il fut enterré près du sanctuaire [-ibr.cq] de Cyriaque.

Par l'accomplissement (3) de {ce) miracle et de {ce) pro- dige, [opérés par) l'intrépide martyr, que la prière et la bénédiction de saint Cyriaque avec sa mère Juliette soient {avec) son serviteur... pour les siècles des siècles! Amen.

IV. Miracles du bienheureux et saint Cyriaque.

Que sa prière et sa bénédiction (F. 41 r" b) soient avec... pour les siècles des siècles! Ameti.

Écoutez, ô mes frères. La charité mutuelle est supérieure à tout. Ensuite {c'est) : « N'e jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par un autre serment. » Ne jurez jamais, {ni) aucu- nement. Que votre parole soit une : « Oui, oui » ou bien : H Non, non », afin que vous ne soyez pas condamnés et que vous n'entriez pas dans (F. 41 a) le supplice! Moi-même je vous [V)ai exposé. {Si vous jurez) par la terre, {vous rece- vrez) le châtiment; {si vous jurez) par le ciel, vous descen- drez dans la géhenne. Que ce conseil vous suffise!

Que {la prière de Cyriaque) soit avec... pour les siècles des siècles! Amen.

(A suivre.)

Sylvain Grébaut.

. Neufmarché (Seine-Inférieure), le 3 Janvier 1911. (I) M. à m. : leur dit. (2) M. à m. : obscurcit. (3) M. à m. : en faisant.

ORIENT CIIKÉTIEN. 7

98 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

II

DIX PROVERBES ÉTHIOPIENS

Les Dix proverbes éthiopiens qui suivent, sont contenus dans le ms. 3 de M. É. Delorme (fol. 26 r" b ù fol. 27 a). Pour mettre de la clarté, nous avons divisé le texte {scriptio continua) en paragraphes, auxquels nous avons ajouté des numéros d'ordre.

TEXTE (F. 26 r*" b in fine) iP^A^'^ .- 'ilC : ï :

M

(F. 26 a) M «^^ : «"V-d ? ^^V ' .e.î\fl>-fr I ^«^T ^'V-d l ô i flJAA KJ^r : ^oom-h 1 AtDAA ' Mr K-V-d -TiH^ .•

m

^'%^'i' "ÏJ??" (Dhti (F. 26 b) -f-^nh •• Ka>-ôK ëmï' j&'Ji' .- «wi^<: .. aïrt9"'J ï ôîfiï : ^ç/^Ai« (i) tm^^^ flA

(1) /*• est en surcharge.

MÉLANGES. 99

M

hAf I

TRADUCTION

(Fol . 26 r" b in fine) dix proverbes.

[IJ

L'autre vainc l'un; un autre aussi vainc (cet) autre-là. Le fer est fort; le feu le vainc. Le feu est fort ; Veau le vainc. (F. 26 v" a) Veau est forte; le nuage la porte. Le nuage est fort; le vent le disperse. Le vent est foî^t; la terre le vainc. La terre est forte; le fils cVAdam {\) la vainc. Le fils d'Adam est fort; la tristesse le vainc. La tristesse est forte; le vin la vainc. Le vin est fort; le sommeil le vainc. Le sommeil est fort; la mort le vainc. La femme est plus forte que toutes {ces choses).

(i) Sens : l'homme.

100 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN,

m

0 homme, observe tous les enseignements, afin que tu at- teignes beaucoup d'œuvres. Ne demeure pas dans un seul enseignement, car celui qui demeure dan^ un seul enseigne- ment est paresseux. Regarde donc Vabeille. Lorsqu'elle a butiné les fleurs des champs et (F. 26 b) qu'elle a amassé, elle produit deux éléments : le miel et la cire; l'un devient la joie du jour par son breuvage et Vautre devient la lampe de la nuit par sa lumière.

[3J

Le sage dit que l'homme est {orné) par r homme. La parure de l'oiseau est son jjlumage ; la parure de l'épée est son four- 7'eau; la parure du roi est son armée.

|4|

En outre, il dit : «. Prends garde à ton ennemi (1) une fois et prends garde à ton ami mille fois, car ton ami divulguera ton mystère, {alors que) ton ennemi, lui, ne connaît pas ton n^y stère. »

[5]

Le sage dit : « Ne sois pas suave, afin qu'on ne te mange pas; ne sois* pas amer, afin qu'on ne te laisse pas; (F. 27 r" a) sois moyen. »

(A suivre.)

Sylvain Grébaut.

Neufmarché (Seine-Inférieure), le 10 Janvier 1914.

(1) M. à m. : tes ennemis. Ici et plus bas, le pluriel se trouve dans le texte éthiopien.

MÉLANGES. 101

III

NOTE SUR LE MANUSCRIT DU BRITISH MUSEUM OR. 1300 (HEXAMÉRON D'EMMANUEL BAR SCHAHHARÉ)

Le manuscrit oriental 1300 n'est pas intitulé « l'iiexaméron d'Emmanuel Bar Scliahharé... en vingt-huit chants » (Rubens Duval, La littérature syriaque, Paris, 1907, p. 280), mais « le quatrième volume des homélies du prêtre Emmanuel bar Schahharé sur l'hexaméron » (Margoliouth, Descriptive list of syriac and karshuni mss., Londres, 1899, p. 2). Ce manuscrit implique donc que le prêtre Emmanuel avait composé trois autres volumes sur le même sujet. Cependant son contenu est identique à celui du ms. de Cambridge adcl. 1994 qui porte le titre : « Livre de l'hexaméron fait par le moine et le pieux Rabban Emmanuel (mort en 980), interprète de l'école du monastère supérieur (monastère de Mar Gabriel et de Mar Abraham à Mossoul). » W. Wright et S. A. Cook, A catalogue of the syriac manuscripts, Cambridge, 1901, p. 391 à 400 (1). Voici le sujet des 28 chants :

1. Sur Inprincipio erat Verbum. 2. (Manque dans les manuscrits). 3. Sur la création des anges et de la lumière et le premier jour de la semaine. 4. Sur la création du Firmament au second jour. 5. Sur le troisième jour et la constitution des mers. 6. Sur la production des semences et des arbres. 7. Sur la création du Paradis. 8. Sur les astres et le quatrième jour. 9. Sur les animaux marins, les oiseaux et le cinquième jour. 10. Sur la création des animaux et le sixième jour.

11. Sur la création de l'homme. 12. Sur Adam et la création d'Eve.

13. Sur l'ordre donné à Adam et sa transgression. 14. Sur la punition d'Adam, d'Eve et du serpent. 15. Sur le samedi, et sur les mystères et les types que Notre-Seigneur montra. 16. Sur la résurrection au septième jour de la création. 17. Comment la liberté de l'homme fléchit jusqu'à la révélation du Christ. 18. Sur les prophètes et la venue du Christ. 19. Sur la vision de Moyse au mont Sinaï. 20. Sur l'apparition du Christ et la rémission de nos péchés. 21 à 23. Sur les prodiges, les miracles et les paroles vivifiantes de notre Seigneur et notre Dieu le Christ.

24. Sur les paroles vivifiantes de iNotre-Seigneur ; quil n'y a de salut

(1) Le ms. or. 4072 (tronqué) a aussi les mêmes titres de chapitres et repré- sente donc le même ouvrage.

102 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

qu'en lui. 25. Que la religion du Christ est véritable. 26. Sur la résurrection du corps d'après la nature et l'Ecriture. 27. Sur l'àme et sa nature. 28. Sur la vie future et la récompense.

On ne voit pas bien comment Emmanuel aurait encore pu écrire trois volumes sur le même sujet, car il semble l'avoir épuisé. D'ailleurs un manuscrit de Séert, daté de 1437, porte (1) le même titre que le ms. de Cambridge et nous conduit à croire, en dépit du manuscrit or. 1300, qu'Emmanuel a écrit un seul volume, et non quatre, sur l'hexaméron (2).

Voici le colophon du ms. or. 1300, fol. 196\

.ot.id WM^ J Ml •^ts^l ^oa.«l^ jQ^ol sA*V~<w^ .)jUa^ J ).^^.«^S^ ^'f^; oiK^V^ :).^Q^1 jKov^^ )Ky^ ^bo ,\A^

.JjlSCSL^^ >«.tVlO .)pOCL39 )Ld90 {jOiO <.j».iL»V9 \Â'9 w»J>OcLo.:5 .... .^V^ ^99 ).N»«^A f^OOOllo .> V>S.> ^3 0|»â >&^^a^9 Jl^O^

|<.yf.^eLd yeuj^Kj .JL^^^oa iwU |.^Jf.^ Ô|J^9 ^^a^aw-^^

Fin de ce livre abondant en perles précieuses, eu l'année 1996 des Grecs (1685), le mardi 28 Tamouz (juillet).

A écrit ce livre le misérable et le pécheur \\bdisô\ fils de ,Sib(K fils

(1) Le second chant manque aussi. M"' A. Scher (^crit : - Les »e\ze premiers chants sont sur les prophéties, la venue du Christ, ses miracles... •> Il faut sans doute lire : « les seize derniers chants « ou même » les dix derniers chants... ». car la mention que le second chant manque semble bien indiquer que ce traité doit être identique au nôtre. Cf. Catalogue des manuscrits syriaques et arabes de Séerl, Mossoul, 1905, p. 85.

(2) Les trois autres « volumes », nous écrit M. Brooks, pouvaient être sur d'autres sujets. Le nom ■• bar Schahharé >• ne se trouve dans aucun manuscrit. Assé- mani l'a pris dans Amr (trad. Gismondi, p. 89).

MÉLANGES. 103

de Sabà, du village béni Tehômâ, village de Mar Salilà et de Rabban Pétion; que leurs prières soient un mur pour ses habitants. Amen... Aux jours du chef des chefs des prêtres, qui oint les pasteurs, mer fermente toute sagesse, abîme profond de toute science, saint dans son essence et ses propriétés, notre Seigneur et mon Seigneur Simon (Sem'oun), catho- lique patriarche de tout l'orient orthodoxe. Qu'il soit affermi dans le Sei- gneur Christ pour un long temps, sans souffrance ni mauvais accident, par la prière de tous les saints de Notre-Seigneur. Amen.

Au fol. 176', l'auteur est appelé ij^^l^ -tii£^ v»', « Rabban 'Am- mawai le prêtre » (avec deux points (•.) sur le ^o et sur le o). C'est sans doute une variante de (^))ajoai,.

F. Nau.

IV

UNE LETTRE DE THÉOPHILE, PATRIARCHE

D'ALEXANDRIE, D'APRÈS LA LÉGENDE

DE SÉRAPION LE SINDONITE

La légende de Sérapion le Sindonite est une des plus ancien- nes compositions hagiographiques égyptiennes, car sa version syriaque figure déjà dans plusieurs manuscrits du vi** siècle, dont l'un daté de 569 (Add. 14597 du Brit. Mus.). Elle a été éditée par le P. Bedjan, Acta martyrum et sanctorum, t. V, p. 263 à 341 , et nous l'avons résumée, Annales du Musée Guimet, t. XXX, p. 55 à 59. C'est une compilation d'anecdotes, emprun- tées en général à V Histoire lausiaque ou aux Apophtegmes et longuement paraphrasées. Par exemple : l'histoire de Sérapion et des mimes, qui occupe une page dans Pallade, éd. Butler, p. 109 à 110, occupe treize pages dans la version syriaque, p. 265 à 278; en voici la première page :

A cette époque, lorsque le feu de l'amour de Dieu nous brûlait pour aller recevoir la bénéiliction des saints hommes qui sont au désert, des Pères parlaient devant nous des actions remarquables de Séra])ion l'ana- chorète :

Cet ami de Dieu entendit parler une fois de païens qui étaient mimes (etj qui tournaient en dérision les mystères augustes de la sainte église; aussi le zèle le brûla comme un feu, il se leva aussitôt et il pria un de ses amis, et il lui dit : « Mon frère, souviens-toi de ton maitre, qui a été

104 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

vendu par Judas pour nous, afin de nous racheter des liens du péché ; écoute ma voix, fais charité avec moi, accueille la demande que je t'adresse : viens avec moi près de certains hommes infidèles, et vends-moi à eux comme esclave. » L'ami de Sérapion lui dit : « Non, Seigneur (Mari), ser- viteur de Dieu, ne compromets pas, avec des hommes infidèles, la grâce de Dieu qui t'accompagne. » Et Sérapion lui dit : « 0 homme, tu as parlé comme un inintelligent : Dieu ne se complaît pas dans l'honneur de ce monde qui passe, mais dans une âme délivrée des souffrances du péché: si tu fais cela pour moi, la promesse du Christ est fidèle et vraie de te don- ner la rémission des marques de tes péchés. » Cet homme, pour tenter Sérapion, lui dit : « Accorde-moi deux jours. Seigneur, et je ferai ta volonté. ï

Toute la narration se traîne avec les mêmes longueurs. A la fin, p. 340 à 341, on trouve une lettre du patriarche Théopliile dont le fond est peut-être authentique, si l'auteur s'est borné, ici comme ailleurs, à adapter et à remanier un document préexistant. Même si elle n'est pas authentique, on a encore chance de la retrouver en grec, en copte ou en arabe, et il y a donc intérêt à la faire connaître :

Lorsque Théophile, archevêque d'Alexandrie, apprit la mort du bienheu- reux Sérapion, il écrivit et il envoya la lettre de consolation suivante au monastère de Pacôme :

Mes frères, l'homme grand a perdu le monde; et le vieillard grand a trouvé le ciel. Le juste illustre est mort pour la terre; et l'homme spiri- tuel a été joint aux troupes des anges. Ceux d'en bas ont perdu celui qu'ils ne recherchaient pas ; et ceux d'en haut ont trouvé celui qu'ils vou- laient. La terre a été privée de son enseignement; et le ciel .s'est réjoui de son couronnement. Les hommes qui ont été privés de sa conversation se sont affligés; et les anges aux troupes desquels il a été mêlé se sont réjouis.

Voici que les afflictions (provenant) de ses travaux et la flamme de ses belles actions l'ont précédé dans les hauteurs (des cieux). Ne vous affligez pas, mes frères, de ce qu'il a quitté le corps des souffrances pour le pays des joies. Soyez plutôt centristes et affligés si vous êtes privés de sa vue dans la cité qui est au ciel. Son maitre, à qui le labeur de sa conduite a plu, l'a attire, de la profondeur, jusqu'à la hauteur du ciel. Voilà qu'il siège dans la splendeur des cohortes des anges ; il est aussi mêlé aux troupes des solitaires. Il repose dans la demeure dont l'époux ne meurt pas ; sa lampe brûle avec l'huile de ses (belles) actions.

Que ses prières et son intercession nous rendent tous dignes de la vie et de l'allégresse des saints; pour que nous puissions le voir à la droite, avec tous ceux qui font la volonté de Dieu, dans les siècles des siècles. Amen.

Nous avons respecté le parallélisme, bien sémitique, des

MÉLANGES. 105

phrases. Cependant le syriaque n'offre pas trace de vers, et n'a pas chance d'être l'original.

F. Nau.

NOTE SUR LA DATE ET LA VIE DE CHEIKH ADI, CHEF DES YÉZIDIS

Les Yézidis sont une petite secte dont les chefs demeurent vers le mont Sigar, à l'ouest de Mossoul. Ils ont aussi un cer- tain nombre de villages sur le mont Simân (Siméon) près d'Alep et quelques-uns vers Van et Erzeroum. On les nomme impro- prement « les adorateurs du diable ». Leur centre religieux est à Test de Mossoul, autour des constructions et du tombeau de Cheikh 'Adi, un de leurs chefs, qui est pour eux une incarna- tion de la divinité.

M. Siouffi a réuni les passages de trois historiens musulmans qui mentionnent Cheikh Adi. Le plus important et le plus an- cien est tiré d'Ibn Khallikan qui écrivait au Caire entre 1256 et 1274. 'Adi aurait été un saint solitaire, à Beit-far, non loin de Balbek, et mort, à l'âge de 90 ans, en 5.55 ou 557 de l'hégire (1160 ou 1 162 de notre ère), au pays de Hakkaria, à Test de Mos- soul. Il aurait été enterré dans sa cellule et sa tombe est un lieu de dévotion pour les habitants, Journal Asiatique, VHP série, t. V, (janv. 1885), p. 78-82.

Ces données sont légendaires : Cheikh 'Adi vivait encore au XIIP siècle, il est sans doute mort après J222. Ce n'était pas un solitaire, c était un chef kurde, peut- être un Kurde Taï- rahite, procureur du couvent nestorien de Jean et Jésusabran, qui finit par massacrer les moines et par s'emparer de leur couvent (nommé aujourd'hui Cheikh 'Adi), en l'année 1219.

Trois fils d"Adi sont mentionnés par Bar Hébraeus leur con- temporain : Le sultan d'Iconium, 'Azz ed-Din, appela à son secours le chef kurde Charaf ed-Din Mohammed, fds de Cheikh 'Adi, et lui donna Hesn Zaid (Kartabert); mais Charaf ed-Din fut rejoint et tué par les soldats du mongol Augure-

106 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Noyan en 1257. Chron. syr., éd. Bedjan, p. 498; Histoire des dynasties, éd. Pococke, p. 509 (texte); Chron. eccl., éd. Lamy, 1, p. 726. 2" Deux fils de Cheikh 'Adi se firent la guerre en 1275 : Tun (Fakhr ed-Din) avait pris une femme mon- gole, ce qui lui assura sans doute l'appui des envahisseurs et obligea l'autre frère (Chems ed-Din) à fuir en Syrie avec 400 personnes; l'année suivante, 1276, le frère qui avait pris une femme mongole dut aussi s'enfuir en Egypte. Enfin, en 1281, celui qui avait fui en Syrie, et que Bar Hébraeus nomme l'aîné, vint à l'ordou (la cour d'Abaga), pour s'excuser de sa fuite, mais on le mit à mort, Chron. syr., p. 532, 535, 544.

11 s'agit certainement de notre Cheikh 'Adi, car Bar Hébraeus écrit, p. 532 : « Deux fils de Cheikh Adi que tes Kurdes du pays de Mossoul tiennent pour un prophète. » 11 est donc im- possible de le faire mourir en 1162, à l'âge de 90 ans, puisque l'un de ses fils a été mis à mort par les Mongols en 1281. De plus ses fils étaient les chefs kurdes dont les Arabes se sont assuré le concours, il ne pouvait donc être lui-même qu'un chef kurde.

Un court texte syriaque, qui aurait été compilé en 1451 par Ramiso', moine de Beit Abé, nous permet de compléter les don- nées de Bar Hébraeus (1) :

Le couvent nestorien de Jean et Jésusabran possédait, au xii" siècle, environ trente villages, avec des moulins et des trou- peaux de brebis, de chèvres, de chameaux et de vaches. Les parents d"Adi étaient les chefs des pasteurs de brebis. Le père d"Adi, nommé Musfir (Moussafer), fils d'Ahmed, était un kurde Taïrahite, il conduisait les troupeaux du couvent aux montagnes de Zozan durant l'été et il les ramenait l'hiver à la région de Mossoul. Ses parents, les Yézidis, le suivaient dans cette allée et venue et ils étaient regardés comme ses serviteurs. 'Adi fut élevé au monastère et il y apprit le syriaque et l'arabe. Le su- périeur le prit en affection, et c'est 'Adi qui gérait toutes les af- faires du couvent lorsque le supérieur allait annuellement, avec

(1) Mï'- Graffin nous a remis une copie et une traduction de ce petit texte. Le Père Ephrem Barsom a eu l'amabilité de nous en donner une seconde copie. Nous avons commencé à compiler tous les témoignages relatifs aux Yézidis pour en donner im sommaire dans la préface que nous comptons ajouter en tète de l'édition de la petite compilation faite en 1451 (si l'on en croit le scribe) par Ramiso'.

MÉLANGES. 107

quelques moines, à Jérusalem. 'Adi donnait de grandes fêtes aux gens de sa tribu, les Yézidis, lorsqu'ils passaient chaque année en se rendant de la montagne à la plaine avec leurs troupeaux (nous avons sans doute l'origine des fêtes de nuit des Yézidis). Ceux-ci étaient une fraction des Kurdes Taïrahi- tes, comprenant environ 600 tentes; de plus un millier détentes de Kurdes Taïrahites musulmans comptaient parmi les familiers d"Adi.

En 1219, pendant que le supérieur était à Jérusalem, Adi massacra les moines et prit le couvent. Le supérieur, à son re- tour, se rendit dans le Khorassan pour réclamer près du chef des Mongols et, lorsque ceux-ci vinrent dans la région d'Arbèle, après 1222, ils envoyèrent 'Adi à Meraga, pour rendre compte de sa conduite envers les moines. Il y fut mis à mort. Bar Hé- braeus nous à appris l'histoire de ses tîls Charaf ed-Din, Chems ed-Din, Fakhr ed-Din (les noms sont dans Ramiso'). Les Yézidis des environs d'Alep descendent sans doute des 400 personnes qui s'y sont expatriées avec Chems ed-Din. Les Kurdes réfugiés en Egypte le maître de Sigar lui-même s'y réfugiait en 1260 {Cliron. sijr., p. 514) y ont porté la légende d"Adi et elle a été consignée par Ibn Khallikan. Enfin le roi Ahmed, qui s'é- tait fait musulman, donna, vers 1283, le couvent de Jean et Jésusabran aux fils de Charaf ed-Din et de Chems ed-Din, qui vinrent, ainsi que leurs mères mongoles, le lui demander.

La suite du travail de Ramjso' traite des coutumes des Yézi- dis et nous avons des doutes fondés sur son authenticité, mais ce qui précède répond bien à ce qu'on sait par ailleurs : M. Menant écrit de Cheikh 'Adi : <' Un archéologue un peu exercé ne tarde pas à distinguer le caractère de la construc- tion primitive de ce monument et à y découvrir les restes d'un ancien monastère ciirétien »; Les Yézidis, p. 132. Iso yahb bar Mqadam, métropolitain d'Arbèle au xv^ siècle, raconte que Cheikh 'Adi a pris le couvent de Jean et Jésusa- bran avec tous ses biens. Nous avons vu une copie de cet écrit dont M. Siouffi a déjà cité un passage, Journal As., janv. 1885, p. 82. Les Yézidis ont d'ailleurs conservé eux-mêmes le sou- venir de cette dépossession; IbicL, août-sept. 1882, p. 262, et S. Giamil, Monte Singar, Rome, 1900, p. 28-29. La tradition musulmane seule est complètement inexacte depuis Ibn Khai-

108 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

likan. M. Blochet a bien voulu nous apprendre que Maqrizi lui-même commence par reprendre tout ce qu'a dit cet auteur, lorsqu'il raconte comment les Persans ont massacré en l'an 817 (1414) un grand nombre à." Adouviyés ou es-Sohba- tiyés et ont détruit la coupole et le tombeau de Cheikh 'Adi ; ms. arabe de Paris, n** 1727, fol. 288. Les Kurdes qui descen- daient des Taïrahites, familiers d"Adi, ne portaient sans doute pas encore le nom de Yézidis.

Bar Hébraeus nous apprend encore, p. 420, que les Kurdes Taïrahites étaient restés adonnés au paganisme et à la religion de Zoroastre (magousouta). Nous avons donc tous les éléments de la religion des Yézidis : c'étaient des Kurdes sauvages et igno- rants, qui avaient de vagues pratiques païennes et mazdéennes. 'Adi et ses fils, à l'école des nestoriens, apprirent à leur consti- tuer des traditions bibliques, avec une hiérarchie religieuse et monastique. Tout doit s'interpréter dans cet ordre d'idées. Rap- procher Tàôs, nom de leur divinité, de « paon » est faire une espèce de calembour; le rapprocher de Tammouz est beau- coup trop savant. Nous proposons d'y voir simplement ©écç (1). Quant à sa représentation par un oiseau qui a égaré nos sa- vants, elle est toute naturelle, si l'on songe que Zoroastre don- nait à Dieu une tête d'épervier (2) et que les chrétiens orientaux représentaient les anges sous la forme d'oiseaux à tête hu- maine (3).

F. Nau.

(1) Malek Tâôs s'interprétait « l'ange paon ». En réalité Malek est un titre (roi) qui sert à former des noms propres : Malek Nasser; Malek-Shah ebn Olub, etc. Malek Gsoç rappelle Joinville commençant ses prières par : Beau « sire Dieu ». Le livre >' Al-jilwah » attribué à 'Adi débute par : ■■ Avant toute création, cette ré- vélation était avec Malek Tàôs (Malek Béoç = le roi Dieu) qui a envoyé 'Abd Tâôs ('Abd 0ÉOÇ =i:le serviteur de Dieu) en ce monde pour séparer la foi de l'er- reur... », Am. Journ. sem. lang., t. XXV(1908-9), p. 218. La revue Anthropos, t. VI, 1911, p. 20, traduit : « Le premier de tous les êtres est Melek-Taus. » La manière d'écrire n'a pas d'importance puisque les traditions des Yézidis sont orales et très variables. 'Adi et ses fils ont pu apprendre chez les nestoriens, en sus du syriaque et de l'arabe, le sens du grec ©éoç.

(2) Eusèbe, Prép. évang., I, x, 52.

(3) ROC, 1913, p. 378 (note). Les petits-fils de Cheikh 'Adi ont déifié leur père et leur grand-père à Vimitation des Ismaéliens qui déifiaient leurs imams. Nous ne savons pas comment M. R. Frank, J. As., Sept., 1911, p. 385, peut justifier la légende mnsulmane.

BIBLIO&RIPHIE

EuG. TissERANT, Speciminci codicum orientaUum (Tabulae in iisum scho- larum editae siib cura lohannis Lietzmann), 4-^, xlvii pages et 80 plan- ches, Bonn, A. Marcus et E. Weber, 1914, reliure toile, 20 Marks.

Cette édition destinée à familiariser les étudiants . avec les diverses formes, aux diverses époques, des écritures chrétiennes orientales, com- plète les éditions analogues relatives aux manuscrits grecs du Vatican et aux papyrus de Berlin annoncées plus haut, 1910, p. 447; 1911, p. 441.

Les quarante-sept pages d'introduction donnent la date et l'histoire de chaque manuscrit dont on reproduit un spécimen, avec les observations paléographiques utiles et la transcription du texte lorsqu'elle peut être nécessaire.

Les reproductions sont presque toutes en vraie grandeur; elles sont empruntées pour la plupart aux manuscrits du Vatican; quelques-unes seulement sont empruntées à des manuscrits de Londres, de Paris et de Milan.

Un grand nombre de planches portent deux manuscrits, de sorte qu'on ne trouve pas moins de cent vingt-quatre fac-similé, trois de manuscrits samaritains; 24 de manuscrits hébreux (12 en écriture carrée et 12 en écriture rabbinique); 31 de manuscrits syriaques; 1 du manuscrit man- déen n" 1 de Paris; 43 de manuscrits arabes de diverses provenances; 6 de manuscrits éthiopiens et 15 de manuscrits coptes (9 sahidiques, 1 fayoumique: 5memphitiques). La collection, qui débute par le Pentateu- que samaritain acheté par de Peiresc en 1G31 et légué par lui au cardi- nal Fr. Barberini, se tez'mme par un spécimen d'un psautier quadri- lingue acheté deux fois par le même Peiresc et intercepté chaque fois en cours de route pour être offert enfin par le grand maître de Malte au même cardinal Barberini (cf. P. 0., X, fasc. 2).

Nous sommes particulièrement sensible au choix judicieux qui a été fait d'un grand nombre de spécimens syriaques (31) en écriture estranghélo. de l'an 411 à Tan 1000 (10) en écriture occidentale (7); orientale ou nes- torienne (6); melkite (4); palestinienne (3). La langue araméenne a diver- sifié volontiers, beaucoup plus que les autres langues orientales, sa manière d'écrire ; elle a utilisé jusqu'aux caractères cunéiformes et hébra'iques ; lorsqu'elle a eu constitué ses beaux caractères estranghélos, elle les a prêtés, en les modifiant plus ou moins, au pehlvi, au soghdien, au turc ouigour, au mongol, au mandchou et jusqu'au coréen.

110 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.

Le mauvais état des manuscrits sahidiques n'a pas permis d'en repro- duire qui soient exactement datés par un colophon ; ils le sont seulement d'après le caractère de l'écriture, mais rien n'est impersonnel comme l'écriture onciale, la mésaventure du Marchalianus qu'on avait antidaté de deux siècles suffit à le montrer, cf. ROC, 1911, 432-433; il est donc à souhaiter que les nouvelles découvertes fournissent enfin des manuscrits sahidiques avec colophons : jusque-là l'antiquité de la littérature copte ne sera qu'une question de préjugé, et certains pourront continuer à croire que l'Egypte, après cinq siècles d'occupation grecque, était devenue assez grecque pour que le copte y ait eu aussi peu d'importance, à côté du grec, que le breton en a aujourd'hui en Bretagne à côté du français. C'est à la fin du siècle seulement que les dissidents de Chalcédoine ont créé une église copte opposée à l'église grecque. Les plus illustres Pères égyptiens d'origine copte étaient ignorants (iStwTai), Pair. Or., t. VIII, p. 180, et « ne connaissaient que quelques psaumes ».

Les spécimens arabes sont les plus nombreux (43) : du Coran (7) ; d'écri- ture arabe musulmane orientale (10); méridionale (5); occidentale (5); d'écriture arabe chrétienne (16); ces spécimens s'étagent d'ailleurs dans chaque catégorie du viii'^ ou xvni« siècle.

L'ouvrage répond donc à tous les besoins des études.

F. Nau.

F. Nau, Barhadbesabba 'Arbaïa, Histoire ecclésiastique (11<= partie) ; Théo- dore de Mopsueste, Controverse avec les Macédoniens, 190 pages gr. in-S*^ {Patrologia Orienlalis, t. IX, fasc. 5), Paris, Firmin-Didot, 1913, 11 fr. 40.

C'est un nouveau document nestorien de la fin du vf siècle que M. Nau vient de tirer de l'oubli. Il l'a transcrit sur le manuscrit or. 6714, récem- ment acquis par le British Muséum (I). L'auteur était clief des surveil- lants de l'école de Nisibe; c'est peut-être lui qui est devenu évêque de Halwan au commencement du vu*' siècle et qui a prononcé plus tard à Ni- sibe le discours Sur la fondation des écoles édité dans la Patrologie, t. IV, fasc. 4, par M?"" Addaï Scher. L'ouvrage, intitulé Histoire des saints Pères persécutés à cause de la vérité, est rédigé d'après des sources grecques, il est divisé en 32 chapitres; M. Nau a donc commencé par nous donner la seconde moitié (ch. xix-xxxii), et il nous promet pour plus tard la publi- cation de la première moitié (ch. i-xvni) qui renferme moins d'inédit. Le chapitre xix est consacré à Théodore de Mopsueste (pages 15 à 28), les chapitres xx-xxx sont consacrés à Nestorius et aux événements qui ont suivi le premier concile d'Éphèse (pages 29 à 99). Les deux derniers chapi- tres XXXI et XXXII sont consacrés l'un à Narsès, fondateur de l'école de Nisibe, et l'autre à Abraham, son premier successeur (pages 100-143). Le chapitre consacré à Théodore de Mopsueste nous -apprend qu'il a été fait évêque, afin de pouvoir discuter avec les évêques macédoniens qui ne

(l)Cf. ROC, 1911, p. 234.

BIBLIOGRAPHIE. 111

voulaient pas se commettre avec un simple prêtre. Théodore a ensuite écrit lui-même le résumé de cette controverse; c'est ce résumé, tra- duit en syriaque, qui nous est conservé dans le même manuscrit que l'his- toire ecclésiastique précédente. M. Nau l'a donc édité et traduit, p. 147 à 179.

Dans les chapitres qui ont trait à Nestorius et au concile d'Éphèse, Bar- hadbesabba fait de nombreuses citations; on trouve en particulier la cita- tion textuelle, sous le nom de Nestorius, d'une page du Livri' d'Héradide, p. 59 à 60. Ceci nous confirme l'authenticité du Livre d'Hévadide, qui a été traduit en syriaque vers 540 et qui était étudié par cœur peu après par Bar 'Edta. D'autres citations de Nestorius ne se trouvent pas dans les fragments connus jusqu'ici, cf. 37 à 39, 52, 57, 58, 59, 80. M. Nau suppose que ces textes, de belle allure historique, sont empruntés à la « Tragédie » qui contenait l'histoire du concile d'Éphèse ; voir la table des citations, p. 181. On trouve encore de nombreuses citations des lettres écrites par le concile des Orientaux de 436-437, à Proclus et à l'empereur. Ces lettres n'étaient connues jusqu'ici que par les fragments cités par Facundus d'Hermiane. Lorsque nous aurons encore dit que l'histoire de Barhadbe- sabba est la source l'église nestorienne semble avoir puisé, plus ou moins directement, tout ce qu'elle sait de Nestorius, en particulier, elle est la source de la Légende sijviaque de Nestorius que nous avons éditée et traduite dans BOC, t. XV, 1910, p. 1-25, nous aurons suffisamment indi- qué que cette histoire ne le cède pas en intérêt au Livre d'Hèrodide pour qui veut évoquer les luttes christologiques du v" siècle. Le traité de Théo- dore de Mopsueste, inconnu jusqu'ici, est aussi une importante contribu- tion à la Patrologie. De nombreuses notes renvoient aux documents paral- lèles, et une table des noms propres et de certaines expressions théologiques complète cet intéressant ouvrage.

Maurice Brière.

H. Pognon, consul général en retraite, Lettre à M. Doumergue, président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, au sujet d'une réforme du Ministère des Affaires étrangères: H°. 168 pages, Paris, Figuière, 1914.

M. Henri Pognon est connu de tous les orientalistes ; il a été chargé du cours d'assyriologie à l'école des Hautes Études (p. 35), il est le seul actuelle- ment en France qui ait traduit du mandéen: cf. BOC, t. Y, p. 329; nous rendions compte récemment de son édition des inscriptions de Mésopo- tamie, BOC. 1908, p. 110-111. L'un de nos voyageurs écrivait de Bagdad en 1892 : « Notre première visite est pour notre consul ... M. Pognon a découvert et déchiffré toutes les inscriptions à vingt lieues à la ronde, il connaît tout le détail des règnes des monarques de la Chaldée et d'As- syrie et c'est un véritable plaisir de l'entendre parler de Ninive et de Ba- bylone, avec une telle quantité de documents, avec des renseignements si précis qu'on se demande ce qu'il peut désirer encore au point de vue de

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l'étude de ces pays (1). » On devine que ce consul n'a jamais pratiqué le conseil de Talleyrand : « Surtout, jeune homme, pas de zèle ! i> Aussi à l'époque certain ambassadeur, exporté à Constantinople pour en dé- barrasser Paris, subordonnait toute la politique française au recouvrement de créances contestées. M. Pognon ne craignait pas de lui signaler les vexations dont souffraient plus que jamais les protégés français et les Français eux-mêmes, massacrés ou lapidés. Pour faire taire cette voix importune, il a suffi à l'ambassadeur de changer une lettre dans un télégramme qui avait été expédié en chiffres, et, depuis 1906 jusqu'aujour- d'hui, M. Pognon n'a jamais pu avoir communication de ce télégramme qui a servi de prétexte à sa mise en disponibilité.

Son cas particulier intéressera sans doute de nombreux agents qui y retrouveront les incidents de leur propre carrière; mais l'ouvrage lui-même intéressera tous les Français qui entendent se faire une idée du fonctionnement de notre corps consulaire et de ce qu'est devenue notre politique étrangère. Nos aviateurs, qui traversent la Turquie, nous ont télégraphié leur étonnement d'y entendre partout le français ; leur manuel scolaire ne leur a pas appris que des milliers de religieux fran- çais, depuis neuf siècles, ont consumé leur vie à entretenir et à propager en Orient, pour l'amour de Dieu, l'influence du catholicisme et de la France. 11 est difficile de les remplacer, car un laïque que l'on peut y envoyer par i'appàt de l'argent coûte six fois plus et fait six fois moins de besogne utile qu'un religieux que l'on y envoyait pour l'amour de Dieu. Notre influence décroît donc et disparaîtra bientôt pour la plus grande sa- tisfaction « de quelques douzaines de députés radicaux à qui l'anticlérica- lisme tient lieu de programme parce qu'ils sont trop pauvres d'esprit pour en formuler un autre ». La douche que M. Pognon administre, d'une main et d'une voix un peu rudes, à ces députés, ne suffira sans doute pas pour les guérir; puissent-ils méditer la phrase suivante : « Lorsque, dans un ministère des Affaires étrangères, on ne s'occupe pas assez de politique extérieure et qu'on s'occupe trop de politique intérieure, ce ministère peut, à un moment donné, devenir absolument nuisible et fonctionner dans l'État comme un cancer dans un corps humain. » C'est sans doute le conseil que M. Pognon voulait faire entendre au ministre des Affaires étrangères; il sera peut-être compris, mais il n'a pas chance de changer quelque chose au régime que nous subissons.

F. Nau.

(1) Cf. Arménie, Kurdistan et Mésopotamie, par le Comte de Cholet, Paris, 1892, p. 322-323.

Le Directeur- Gérant F. Chakmetant.

Typograpliie Firmin-Didot et C'^ Paris.

Tome VI, 710 pages. Prix net : 42 fr.

I. The Hymns of Severus of Antioch and others in the syriac version of Paul of Edessa as revised by James of Edessa (syriaque et anglais;, par E.-W. Brooks. Prix : 10 fr. 70. II. Le Synaxaire arménien de Ter Israël. II. Mois de Hori (arménien et français), par le D'' G. Bayan. Prix : 10 fr. 45. III. Le Livre des mystères du ciel et de la terre [fin) (éthiopien et français), par S. Grébadt. Prix : G fr. 45. IV. L'Histoire des conciles de Sévère ibn al-Moqaffa' (arabe, éthiopien et français), par L. Leroy et S. Grék.vut. Prix : 10 fr. 45. V. Vie d'Alexandre l'Àcémète (grec et latin), par E. de Stoop. Prix : 3 fr. 95.

Tome VII, 804 pages. Prix net : 47 fr. 85.

I. Traités d'Isaï le Docteur et de Hnana d'Adiabène sur les martyrs, le vendredi d'or et les rogations, et confession de foi à, réciter par les évêques avant l'ordination (syriaque et français), par M^'^ Add.aï Scher. Prix : 5 fr. 50. II. Histoire Nestorienne, II, 1 (arabe et français), par M»'' Addaï Scher. Prix ; 6 fr. 65. III. Le Synaxaire éthiopien. II. Le mois de Hamié (éthiopien et français), par 1. GuiDi. Prix : 15 fr. IV. Histoire universelle de Mahboub ('AyâTctoç) le Grec, fils de Constantin, évéque de Menbidj (x® siècle), texte arabe, traduction française par A. -A. Vasiliev, professeur à l'Université de Dorpat (lOptcBi,). Seconde partie (1). Prix :

8 fr. 10. V. The Hymns of Severus of Antioch {fin) (syriaque et an- glais), par E.-W. Brooks. Prix : 12 fr. 60.

Tome VIII, 782 pages. Prix net : 46 fr. 65.

I. Jean Rufus, èvêque de Maïouma, Plérophories (syriaque, grec et fran- çais), par F. Nau. Prix : 12 fr. 35. II . Les Homélies de Sévère d'An- tioche. Homélies LVIIl à LXIX (syriaque et français), par M. Brière. Prix : 11 fr. 20. III. Histoire universelle de Mahboub (arabe et français), II, 2, par A. Vasiliev. Prix : 9 fr. 30. IV. La version arabe des 127 canons apostoliques (arabe et français), par J. Pékier et A. Périer. Prix :

9 fr. 50. V. La Didascalie de Jacob, première assemblée (grec), par F. Nau. Prix : 4 fr. 30.

Tome IX, 678 pages. Prix net : 40 fr. 45.

I. Le Livre d'Esther (éthiopien et français), par E. Pereira. Prix : 3 fr. 35. II. Les Acta Pilati (copte et français), par E. Revillout.